‹ Traité de magnétismeChapitre 59 sur 69 · ATTAQUE DE PARALYSIE · texte numérisé non relu

ATTAQUE DE PARALYSIE

Une pauvre femme de 69 ans fut frappée d’une attaque de paralysie ; le Médecin prescrivit des sangsues , et ne cacha pas à fa famille de la malade qu’il avait peu d’espoir de la sauver, à cause de son âge avancé. Sa fille, que je magnétisais , refusa de recourir à d’autre remède que le Magnétisme , et dès que le docteur fut sorti , elle résolut de me faire appeler. Comme il était déjà tard , on craignit de me déranger ; je ne fus averti que le lendemain matin , seize heures après l’attaque.

Quand j’arrivai la malade n’avait encore ni parlé , ni rien pu avaler , ni donné aucun signe de vie ; ses yeux étaient ouverts et fixes , sa figure injectée de sang , sa langue paralysée , son cou enflé et tendu , et sès extrémités glacées.

Cinq minutes de Passes énergiques , à grands courants , agitèrent un peu son sang , quelques minutes après il se mit en mouvement et obéit à l’imptilsion que je cherchais à lui donner. Peu à peu le sang évacua la tète , le gosier et la poitrine , il se manifesta un tremblement dans les bras , puis dans tout le corps , et bientôt ce tremblement se concentra dans les jambes , oit la chaleur ne tarda pas à se faire sentir.

Au bout d’un quart d’heure la malade prit un plein verre d’eau sucrée , et un quart d’heure plus tard elle prononça

quelques mois avec difficulté , mais d’une manière intelligible. Je la magnétisai encore pendant une heure, et quand je me relirai elle était parfaitement calme.

Je revins le lendemain ; elle avait beaucoup sué , les mêmes phénomènes se manifestèrent , et le surlendemain elle était sur pied , et ne se ressentait plus de son attaque.

Il y avait huit ans environ que la malade avait été grièvement blessée par l’explosion^ de la poudrière de Toulouse , et avait eu son mari tué à ses côtés. Depuis celle épouvantable catastrophe son sang était troublé , et la menaçait souvent d’attaques semblables. Il y a près de dix-huit mois que je l’ai guérie de la première; quelques légères magnétisations ont suffi jusques à aujourd’hui pour conjurer les autres.

Le premier jour que je magnétisai celte bonne vieille , le docteur vint le soir pour voir l’effet qu’avaient produit les sangsues. Grande fut sa surprise de la trouver assise sur son séant et causant tranquillement avec ses enfants. On lui raconta ce qui s’était passé' le malin , et on lui avoua qu’on n’avait pas appliqué les sangsues qu’il avait ordonnées.

Le docteur me connaissait : il était partisan du Magnétisme, et s’il ne l’appliquait pas dans sa pratique , c’était pour ne pas se déconsidérer aux yeux de ses confrères- et perdre sa clientèle.

Il approuva ce#qu’on avait fait et déclara loyalement , que le Magnétisme seul pouvait produire de semblables effets , tjue dans le cas même où il serait parvenu à guérir la malade, ce qui était fort douteux, sa convalescence eût été fort longue; il conseilla de continuer la magnétisation , et témoigna sans

arrière-pensée sa satisfaction de ce que sa présence était devenue inutile. J’eus l’occasion de le voir quelques jours après ; il me tint le même langage.

C’est une bien douce consolation pour les Magnétiseurs , de rencontrer des Médecins qui ont autant de franchise et de bonne foi. J’ai eu le bonheur d’en trouver plusieurs , et je puis affirmer que s’ils ne jouissaient pas de la plus grande réputation d’habileté , ils n’avaient pas le talent le moins réel.

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