‹ Traité de magnétismeChapitre 6 sur 69 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Effets du Magnétisme.

Les effets du Magnétisme sont imprévus, variables à l’infini , jamais identiques et toujours salutaires , parce qu’ils résultent du travail de la nature.

Ils se manifestent généralement à l’extérieur par des indices plus ou moins saillants: Parfois ces indices sont inappréciables , mais les effets n’en sont pas moins réels

Un magnétiseur sage doit laisser à la nature le soin de

produire ces effets , car elle seùle peut juger de leur opportunité v il doit la laisser entièrement libre de les prolonger , de lés transporter d’une partie du corps dans une autre, ou de les suspendre. C’est un travail mystérieux , qu’un bon magnétiseur doit respecter , qu’il est seulement appelé à déterminer par son action et à soutenir par la charité.

En Magnétisme, la simplicité est la meilleure science^

Quand la maladie est récente ou accidentelle , les -effets du Magnétisme sont prompts , et , parfois , d’une rapidité

fc

qui tient du miracle.

Si la maladie est ancienne’, qu’elle soit passée à l’état chronique ou constitutionnel , lés effets peuvent être fort lents , maïs ils sont toujours efficaces , en ce sens qu’ils modifient en mieux l’état du malade , s’il y a impossibilité de le

guérir , ce qui arrive malheureusement trop souvent , parce que l’on n’a recours en général au Magnétisme qu^après avofr perdu tout espoir dans la médecine légale , et qu’elle vous a déclaré incurable. • > • '

De nombreuses cures , opérées sur ces prétendus incurables y. prouvent heureusement qu’il ne faut jamais désespérer

de la puissance du Magnétisme et qu’il est toujours bon

d’en faire l’essai, d’autant qu’il n’y. a aueun inconvénient , puisqu’on ne prend point de remèdes et que l’on court celte chance favorable que , s’il existe encore chez le malade un germe de force vitale , le Magnétisme s’en empare pour

le ramener des portes du tombeau , ou rendre à ses mem-

bres l’activité qu’ils ont perdue depuis longtemps.

Les effets du Magnétisme se manifestent constamment par quatre espèces de crises :

- 1° Crises sans sommeil ;

Crises en somnolence ; <

5° Crises en somnambulisme -,

4° Crises supplémentaires.

Les crises sans sommeil sont un appel simple à la matière essentielle , sous la surveillance indirecte de l'esprit-. Il y a chez le malade intuition instinctive.

Les crises en somnolence sont un appel plus pressant à la matière essentielle , sous la surveillance presque directe de l'esprit. L’intuition n’est plus instinctive , elle est développée et arrive parfois jusqu’à une faible clairvoyance > ,

Les crises en somnambulisme sont un appel impérieux à

la matière essentielle , sous la surveillance directe de Cesprit. Il y a par conséquent intuition complète , et , de plus , clair voyance entière.

Les crises supplémentaires sont un appel plus direct à la matière essentielle que dans les crises en somnolence , et moins impérieux que dans les crises en somnambulisme. Elles tiennent des trois premiers genres de crises et sont réservées spécialement anx somnambules, en ce qui touche aux facultés psycologiques. Quant à ce qui concerne les phénomènes physiologiques et thérapeutiques, elles peuvent se déclarer chez toutes les personnes magnétisées.

Ces crises se produisent après la magnétisation et ne sont que la continuation visible du travail de la nature , qui , sans cesse attentive , tortillée et mise en jeu par le Magnétisme , les détermine quand elles sont nécessaires , sans le concours de la volonté du Magnétiseur et en son absence , de même qu’elle provoque celles qui sont invisibles et passent inaperçues.

Pendant ces crises, chez les somnambules , les yeux restent ouverts ; ils sont voilés ou brillants. La respiration est profonde et quelquefois agitée , l’ouïe et la sensibilité subsistent et les facultés du somnambulisme se conservent , cependant à un dégré moins élevé. *

Le Magnétiseur peut donner ces crises à ses somnambules , mais il faut qu’il y ait utilité ou nécessité bien démontrée , autrement au lieu de tourner au profit de leur santé , elles deviendraient extrêmement nuisibles si elles étaient trop souvent répétées. .

Comme ,il importe de bien fixer l’emploi que peut en faire

un Magnétiseur , je vais citer deux exemples de ces crises supplémentaires provoquées dans un but diamétralement opposé, l’un utile et désintéressé, l’autre ayant uniquement pour mobile le désir de gagner de l’argent. .

Les paroles d’un somnambule étaient religieusement recueillies par, les membres de notre société magnétique. Comme il n’y avait pas de sténographe parmi nous , il était impossible de suivre le somnambule , quand il s’animait et se livrait au développement de sa pensée, et d’éviter des erreurs ou des omissions. Quelques heures après la séance, je le plongeais, en crise supplémentaire, et , dans cet état, il

rectifiait le compte-rendu avec autant de facilité que s’il eut

été en état de somnambulisme complet. Quelqu’un qui serait

entré pendant que nous faisions ee travail , aurait cru qu’il était dans son état de veille et* qu’il traitait des matières qui lui étaient familières. Si par hasard le mot propre ne lui arrivait pas , à peine mou esprit l’avait formulé , qu’il le prononçait en disant : •

« Il me semble que vous venez de me souffler ce mot. » Lorsqu’il passa son dernier examen pour être reçu avocat, je lui remis un mouchoir magnétisé , à l’aide duquel il tomba en crise et le soutint parfaitement , sans que personne put soupçonner qu’il n’était pas dans son état ordinaire.

Un habile escamoteur, nommé Hermann ,- donnait ù sa femme les crises supplémentaires avec une facilité extrême , de près comme de loin , par le seul acte de sa volonté , sans

la toucher , et la ramenait de même à son état naturel , la faisant passer d’un état à l’autre successivement et avec la promptitude de l’éclair. Dans les instants où Hermann était en crise, elle percevait la pensée de son mari avec une rapidité qu’il est rare de rencontrer dans un somnambule , et la rendait avec une précision merveilleuse.

Pour faire croire à un tour d’adresse , rehausser son habileté et attirer le public , M. Hermann mettait sur ses affiches :

« Double vue anti-magnétique » .

Ce qui donnait du poids à cette annonce, c’est qu’il apprenait , moyennant salaire, son tour aux amateurs , sans doute par des moyens de convention tout-à-fait étrangers au Magnétisme. Seulement le tour qu’il enseignait n’avait qu’une ressemblance spécieuse et circonscrite avec les phénomènes qu’il obtenait de sa femme, au moyen.de sa prétendue double vue antimagnétique. C’était assez pour que les personnes qui ne connaissaient pas le Magnétisme et ses effets , et même celles qui n’en avaient que des notions superficielles, se laissassent prendre au piège.

Comme les personnes qui ont appris de M. Hermann à faire son tour , si mon livre tombait dans leurs mains , pourraient croire que je suis dans l’erreur, ou peut-être que j’en impose , je suis obligé de rapporter ce qui s’est passé entre M. et Mme Hermann , et moi , le jour de leur arrivée à Toulouse , et quelques jours avant leur départ de cette ville.

Un voyageur qui élait arrivé de Bordeaux avec eux les invita à diner à l’hôtel où je mangeais»

Après le dessert , M. Hermann fut prié de faire quelques expériences de double vue anlimagnélique . Toutes réussirent parfaitement, et me surprirent par leur rapidité et leur précision. Le millésime , l’effigie des pièces de monnaie , les plus minutieux détails sur les objets que les spectateurs tenaient dans leur main fermée avec précaution , sur cette simple demande de M. Hermann , après \j avoir jeté un regard dessus , à sa femme placée à l’extrémité de la salle et le dos tourné : •

« Que tient Monsieur dans sa main ? »

Tout élait décrit sans hésitation et avec une telle exactitude, que je fus convaincu qu’on ne pouvait arriver à ce résultat par des moyens physiques ou des signes de convention , pour si subtils qu’ils fussent , et que le Magnétisme seul avait ce pouvoir , au moyen du phénomène de la transmission de pensée.

J’observai dès-lors attentivement Madame Hermann , que le hasard avait placée à table à côté de moi ; sa figure me parut très-fatiguée , et je reconnus que , dès que son mari l’interrogeait , les muscles de son visage se tendaient , ses yeux se voilaient légèrement , sa respiration devenait pro-> fonde , agitée , de manière cependant à ce qu’il n’y eût qu’un oeil habitué à observer les phénomènes du Magnétisme qui put s’en ^percevoir.

Enfin M. Hermann prit une épingle à la maîtresse de l’hôtel , la déposa dans ma main et demanda à sa femme ce

que je tenais. Voulant dissiper toute espèce de doute et

m’assurer de la réalité de mes conjectures , je défendis , par

ma volonté , à Madame Hermann de le voir. Madame Hermann se trouble , hésite , et se trompe pendant • trois fois. Son mari lui dit avec humeur « Quelqu’un t’influence donc P »

« Je nJy vois pas! répond la femme avec impatience,

M. Hermann prend alors un couteau , frappe avec violence sur la table et dit avec colère :

« Fais attention ! Que tient Monsieur dans la main ? — Avec effort, — Une épingle,.... ; c’est assez, je suis fatiguée. ». • .

Cette scène , les expressions dont M. et Mm« Hermann

s’étaient servis , n#e me laissèrent -pas l’ombre d’un doute ;

cependant je feignis de croire à leurs assertions contraires , et ne voulant point leur nuire , je gardai mon opinion par devers moi.

Pour attirer le public à ses séances , M. Hermann abusait de l’influence qu’il exerçait sur sa femme , et se plaisait souvent , dans la journée , à répéter son tour de double vue antimagnétique , pendant qu’il était au café et sa femme chez elle. J’avais occasion de le voir de temps en temps ; quelques jours avant son départ , je lui dis :

« Faites attention , Monsieur , que votre femme est souf- » frante. Je ne vous demande pas votre secret , j’ai mes » convictions arrêtées , mais c’est un devoir pour moi de » vous avertir que si vous continuez , et que vous abusiez »> ainsi des facultés de votre femme , vous la tuerez. »

Madame Hermann se retourna brusquement vers son mari et lui dit avec vivacité :

« Tù entends ce que vient de dire Monsieur. »

M. Hermann me fit alors l’aveu que sa femme avait été longtemps magnétisée et somnambule , et qu’ayant conservé la faculté de la perception de pensée , en gardant toutes les apparences de l’état de veille, il tirait partie de cette faculté, sans penser qu’il y eût le moindre inconvénient , ne connaissant nullement le Magnétisme.

M. et Mme Hermann me remercièrent et promirent de suivre mes conseils.

Les personnes qui ont vu , Madame Hermann plusieurs fois ont dû remarquer que lorsque son mari prolongeait trop les expériences de double vue anti-magnétique , vers la fin de la séance elle n’avûit plus la même précision dans scs réponses , elle hésitait et paraissait extrêmement fatiguée ; ce qui n’aurait pas eu lieu , si ces expériences avaient été faites par des moyens de physique ou par des signes dé convention.

Loin de moi l’idée de jeter le blâme sur les personnes

qui font un état du Magnétisme , d’autant que M. Deleuze ,

dont l’opinion doit être respectée, a décidé qu’un Magnétiseur

peut se faire payer, par la raison toute naturelle, que le temps qu’il consacre à ses malades il l’emploierait à ses affaires. Mais la société a le droit d’exiger des Magnétiseurs ? comme des Médecins , qu’ils exercent dignement leur profession. Nous arriverons à une époque, encore bien éloignée'

de nous sans doute, mais inévitable^ où il ne sera plus j)ossible de faire un état du Magnétisme , parce qu’il y aura des Magnétiseurs partout , dans toutes les familles , depuis

les chaumières jusqu’aux palais et surtout parmi les riches,

car ayant plus de loisirs , ils auront plus de temps à consacrer aux malheureux , et n’auront pas besoin de salaire.

Les riches!... va-t-on s’écrier : mais c’est un paradoxe , une utopie , une folie ! . . . .

Ceux-là ne savent pas combien la pratique du Magné-

tisme offre de douces émotions et élève l’âme , ils ignorent

qu’il est dans la nature de l’homme de s’attacher à ses œuvres. En effet : on porte de l’intérêt , que dis-je , on aime celui dont on a fait ou relevé la fortune , celui qu’on a sauvé d’un grand danger ou guéri d’une maladie grave , celui enfin à qui l’on a rendu des services éminents. Le Magnétisme , implanté dans la famille , épurera les mœurs , et au lieu de faire litière des dons que la nature nous a répartis , de nous corrompre et nous étioler dans les lieux publics ou par des plaisirs dévorants , quand ils ne sont pas honteux , nous en ferons un usage noble pour nous ,*et utile pour nos

semblables. Croire alors que le riche pratiquera la charité

. % par le Magnétisme , afin qu’elle soit complètement efficace , ne paraîtra plus une utopie , une folie , fille d’un cerveau atteint d’une idée fixe à laquelle il veut tout ramener, mais une chose simple et naturelle.

Les crises sont internes ou externes, visibles ou invisibles.

faibles ou fortes. Pendant leur cours , toutes les maladies latentes ou déclarées , anciennes ou récentes , se réveillent , se développent, prennent de l’intensité et parcourent leurs diverses périodes, pour disparaître sans retour. Aussi le malade est-il souvent étonné , et quelquefois effrayé , de res-

sentir d’anciennes douleurs qu’il croyait éteintes pour toujours. C’est un grave inconvénient en ce que , tant que le Magnétisme n’inspirera pas plus de confiance et ne sera pas généralement accepté , ce sera une cause de découragement pour les malades et un motif pour manquer de persévérance

et abandonner leur traitement, précisément quand ils sont en

voie de guérison. Heureusement la nature , en mère pFUdente , a prévu cet obstacle et y a porté remède , car souvent le malade , averti par un sentiment intérieur, résiste aux conseils imprudents, de sa famille et de $es amis , même à ses propres craintes, et persiste à se faire magnétiser. Il est donc sage de ne jamais se charger d’un traitement de longue durée, si l’on pressent que le malade manquera de constance, ou si l’on prévoit que l’on sera dans la nécessité de s’absenter pour longtemps et de le suspendre , parce qu’en donnant l’impulsion aux/ crises , on aggraverait la position du malade si on ne les conduisait pas à leur terme.

Toutes les crises provoquent un travail merveilleusement combiné pour rétablir l’ordre et l’harmonie dans l’organisation. Il en est pendant lesquelles le malade se magnétise lui-même avec une intelligence suprême , et qui prouvent que , sous l’action magnétique d’un autre , on peut se guérir

soi-même. Ces crises admirables -, qu’on pourrait appeler « Gymnastique magnétique », n’ont lieu que dans l’état de somnolence ou de somnambulisme, et se présentent plus particulièrement chez les personnes jeunes et non encore formées,

chez lesquelles la nature est trop paresseuse ou trop faible pour achever le développement du corps. 11 n’est pas rare » qu’elles soient mêlées de courts instants d’extase , lorsqu’il y a somnambulisme , et quelquefois de chants dont le rhythme s’accorde parfaitement avec les mouvements , généralement grâcieu* du crisiaque , et seconde le travail de la naure.

J’ai vu souvent des crisiaques reproduire , dans leur sommeil , les scènes de leur vie qui avaient donné naissance à leur maladie. Il est impossible de ne pas tonlber eu admiration devant ces crises, où la nature ramène le mal à son origine, lorsqu’il est ancien, pour le vaincre aussi facilement que s’il était récent. Ce phénomène est un des plus beaux enseignements du Magnétisme ; il nous fait comprendre tout le merveilleux de l’organisme humain mieux que toutes les éludes anatomiques , qui ne nous montrent à nu que la nature morte. Iei c’est la nature vivante surprise sur le fait, agissant à découvert , nous dévoilant une partie de ses secrets , et nous laissant entrevoir ceux qu’il ne nous est pas donné de pénétrer.

Dans les maladies nerveuses ou sanguines , il se présente souvent des crises très-violentes.

Chez les personnes qui ont pris du mercure à haute dose.

il s’en présente qui vent quelquefois jusqu’à la folie et à la

rage , parce que le mercure , s’évaporant par l’effet du Magnétisme , se porte au cerveau. Il est déplorable que la mé-

decine persiste à traiter certaines maladies par ce remède fatal , dont les ravages sont terribles et laissent des traces ineffaçables , et que l’opinion générale s’obstine' à croire qu’il en est l’unique spécifique , tandis que ces cruelles maladies se guérissent parfaitement par le Magnétisme , uni à un traitement doux et inoffensif. J’ai par devers moi des preuyes nombreuses de ce que j’avance. Je le répète: peut-on supposer que la nature nous ait donné une seule maladie sans nous accorder les remèdes , non pas héroïques , tels que le mercure , la quinine et le muriate d’or , qui vous luerft ou ne vous guérissent qu’à la condition de tarir les sources de la vie et de vous léguer une existence empoisonnée par d’atroces infirmités ou d*àffreuses douleurs , mais les remèdes salutaires , qui ne laissent point de traces et rendent la vigueur et la santé. Qui pourrait calculer le nombre de malheureux dont le mercure a rongé les os , enlevé les " cheveux et les dents , les estomacs que la quinine a complètement détériorés , et les jeunes personnes que le muriate d’or a privées de leur sein et des douceurs de la maternité! Que dire aussi de ces saignées fréquentes , ou régulières à chaque saison , qui , en vous enlevant une partie du sang , c’est-à-dire de la vie , appauvrissent le peu qu’elles vous laissent et vous font descendre insensiblement dans la tombe avant le terme ?

Mais si la nature,. en nous condamnant, à désaffections

morales et physiques , au lieu de nous donner un remède

souverain, ne nous avait accordé que des palliatifs funestes , ce serait une monstruosité , cl le simple bon sens repousse celte idée.

Ce remède" souverain , c’est le Magnétisme y escorté du sublime flambeau qu’il allume , ,« le somnambulisme n , et éclairé par lui.

Les crises les plus redoutables n’ont rien, de dangereux

et amènent toujours un bon résultat , si le Magnétiseur

resle calme, impassible et n’interrompt pas leur cours. Il

doit les surveiller avec sollicitude et les modérer, si elles

sont trop violentes. Il ne faut pas les arrêter , dans aucun

cas et de quelque manière qu'elles se présentent , à moins

qu'on ne les ait déterminées par imprudence ou inexpérience. Dans ce cas seulement , le Magnétiseur doit les suspendre promptement ; il suflit pour cela d’un mot prononcé avec une volonté ferme , fussent-elles poussées jusqu’à la rage. S’il hésite, se trouble ou s’effraie, au lieu de seconder et soutenir le travail de la nature , il le contrarie , fait beaucoup de mal au malade , et , dans certaines circonstances , il peut provoquer des accidents sérieux.

C’est une idée généralement reçue que le Magnétisme produit plus d’effet sur les tempéraments nerveux que sur les autres , et que ces tempéraments sont plus propres à conduire au somnambulisme.

Je ne partage pas celte opinion , sans cependant la coin-

battre, parce qu?en Magnétisme rien ne se ressemble, rien

n’est identique , qu’il existe des faits qui paraissent la jus-

tifier , et qu’à part la volonté et Y amour , bases du Magnétisme , on ne peut poser de règle absolue. Mais je crois pouvoir avancer que ces faits sont des exceptions et non pas la règle.

L’expérience m’a démontré que le Magnétisme agissait aussi directement et aussi puissamment sur les tempéraments bilieux , sanguins ou lymphatiques , que sur les tempéraments nerveux. Cela ressort de sa nature même et de ses propriétés , puisqu’il s’applique également et aussi efficacement à toutes les maladies. Les tempéraments nerveux offrent seulement des crises plus ostensibles, plus fortes et plus bizarres que les autres tempéraments.

Les tempéraments sanguins éprouvent parfois des crises très-violentes , moins effrayantes à la vue , mais plus dangereuses que celles des tempéraments nerveux.

Les tempéraments bilieux et lymphatiques présentent une insensibilité apparente; leurs crises sont toujours faibles, à moins d’une complication de maux ou d’un cas particuculier. Cette insensibilité extérieure expose le magnétisé et le Magnétiseur à se décourager ; l’un et l’autre ont besoin d’une confiance et d’une foi à toute épreuve dans la puissance du Magnétisme. Il en est de même quand la sensibilité du malade est trop grande ; la violence de ses crises peut inspirer des craintes et faire renoncer au traitement.

Quant au somnambulisme , il arrive lorsque la nature le réclame , quel que soit le tempérament du malade.

Je l’ai généralement obtenu avee plus de facilité sur les tempéraments bilieux , sanguins ou lymphatiques , que sur les tempéraments nerveux ; et c’est facile à expliquer.

Les personnes nerveuses éprouvent , presque toujours , dans les premières magnétisations , des commotions violentes qui les empêchent d’arriver au somnambulisme; il s’opère chez elles une espèce de secousse qui l’éloigne au moment où il va venir. Il faut donc plusieurs séances pour calmer cette première irritation ; aussi n’est-il pas rare qu’il faille huit et quinze jours pour l’obtenir ; tandis que sur les tempéraments bilieux , sanguins ou lymphatiques , il

arrivé doucement et sans effort , et on l’obtient à la seconde, troisième ou quatrième séance , et quelquefois à la première. Cela peut bien arriver avec, les . tempéraments nerveux, mais ce n’est pas ordinaire.

Je sais qu’à cet égard je suis en contradiction avec presque tous les Magnétiseurs , mais je ne fais ici que soumettre le résultat de mes observations , sans avoir prétention de les faire prévaloir.

Une opinion généralement accueillie , c’est que le Magnétisme irrite le système nerveux. Celte opinion est fondée sur les crises violentes qu’éprouvent les personnes nerveuses qui se font magnétiser.

Elle est complètement erronée.

Quelle que soit la maladie , l’effet du Magnétisme , effet inévitable , nécessaire , c’est de donner une recrudescence au mal , pour appeler la crise indispensable à la guérison.

Si l’on traite une maladie nerveuse , constitutionnelle ,

chronique ou accidentelle , peu importe , on détermine un surcroit transitoire d’irritation nerveuse, qui n’est que la crise

réclamée par la nature, et non une aggravation de la maladie.

Un des effets le plus infaillible du Magnétisme , et le plus favorable, puisqu’il ne se produit que lorsque la guérisou est certaine ou tout au moins qu’un soulagement est assuré , c’est l’impatience du magnétisé de voir arriver son Magnétiseur , et la faculté , même sans être en état de somnolence ni en somnambulisme , et avec l’apparence de l’insensibilité de pressentir son approche.

Cette espèce d’intuition est un avertissement secret de la nature.

Si au contraire , malgré que le malade soit sensible à l’action du Magnétiseur , il éprouve de la répugnance à se ' faire magnétiser, c’est une preuve à peu près certaine que la nature est rebelle et qu’il ne doit pas guérir. Lorsque le Magnétisme produit cet effet et que celte répugnance persiste, il doit' engager le malade à essayer de se faire magnétiser par un autre , et abandonner le traitement.

Si cet essai est infructueux et que la répugnance . pour le Magnétisme persiste , il est probable que la maladie est incurable.

Il ne faut pas confondre la répugnance avec le découragement. Le découragement provient de l’ignorance où l’on est des propriétés ou des effets du Magnétisme. La nature , qui tend toujours à se débarrasser du mal , fait éprouver aux malades des symptômes et des douleurs que le Magnétisme

ne fait que reproduire , avec des modifications ou insensibles ou violentes. »

Si ces modifications sont insensibles , le malade croit que le Magnétisme ne produit rien sur lui.

Si elles sont violonles , il pense qu’il lui fait du mal.

Dans le premier cas, il cesse de se faire magnétiser par découragement ;

Dans le second cas , il est retenu par la crainte.

C’est au Magnétiseur à gagner sa confiance , à relever son courage et à réchauffer sa foi.

Ce u’est pas la tâche la moins difficile pour les Magnétiseurs , surtout quand ils ont à combattre non-seulement le malade , mais ceux qui l’entourent et le conseillent.

- Parmi les effets du Magnétisme, il faut placer au premier rang la somnolence et le somnambulisme.

Je ne parlerai pas ici de ces deux effets , parce que leur importance exige qu’ils soient traités dans un chapitre particulier.

Le Magnétisme produit encore une infinité d’effets de détail , qui ne sont que la conséquence de ceux que je viens d’indiquer , et qu’il serait trop long et presque impossible de préciser. Leur place n’est pas dans un traité de Magné-

tisiiie ; elle se trouve naturellement dans les comptes-rendus des traitements magnétiques.

Pour si minimes que soient ces effets , il ne faut pas les

dédaigner ; il faut les observer attentivement , car il n’y en a aucun d’indifférent , et souvent ils renferment d’utiles enseignements.

Page 1