‹ Traité de magnétismeChapitre 61 sur 69 · RAVAGES · texte numérisé non relu

RAVAGES

' d’un traitement mercuriel a haute dose.

ACCÈS DE^FCREUR.

M. *** avait suivi depuis deux ans un traitement mercu-* riel très-violent ; les traces extérieures de la maladie qui l’avait provoqué , avaient disparu , pour faire place aux ravages encore plus terribles du mercure. Son sang se portait

fréquemment à la tète avec tant de violence que sa figure en devenait noire , et qu’il s’en suivait une exaltation qui menaçait de tourner à la folie dans un temps plus ou moins éloigné ; il avait des mouvements névralgiques , qui partaient des yeux, se terminaient aux plis des lèvres, et ressemblaient au tic douloureux.

Trois mois de Magnétisme réparèrent tous ces désordres et firent disparaître , avec l’aide de quelques tisanes ordonnées par une somnambule , de gros boutons noirs et pustuleux , répandus sur le front , les épaules et la poitrine , et qui avaient résisté à tous les médicaments et aux bains de mer.

M. '*** avait des crises gymnastiques semblables à celles

de M. À. S... , où se mêlaient aussi des chants, dont le rhythme accompagnait ses mouvements ; seulement , comme il arrive à tous les malades qui ont pris du mercure , avec excès, elles étaient poussées parfois jusqu’à une violence effrayante : c’était au point qu’un jour , en bondissant , dans

la même séance, il brisa son canapé et les planches de son lit*

Un fuit très-remarquable , c’est que sa voix était d’une fausseté désespérante, en état de veille, et que dans ses crises elle devenait d’une justesse irréprochable.

Lorsqu’il se magnétisait il passait fréquemment ses doigts dans sa barbe et ses cheveux ; on eût dit qu’il s’en servait , comme de fils conducteurs , pour faciliter l’évaporation du mercure , évaporation du reste tellement forte , que l’appartement était infecté de son odeur.

Un autre jeune homme, M. Y... , qui se trouvait à peu près dans la même position que M. ***, et qui venait quelquefois le voir , me pria de le magnétiser. Il fut bientôt endormi; mais au même instant, il eut une crise si terrible, que les personnes qui étaient dans l’appartement, au nombre de sept à huit , s’accroupirent dans un coin en se culbutant. M. V... s’élance sur moi avec fureur ; je reste immobile , et je ne prononce que celle exclamation : Eh bien ? À l’instant sa tète tombe sur mon épaule , il s’appuie tranquillement sur moi , et me dit avec douceur :

« N’arrêtez pas ma crise , je vous prie , vous me feriez du mal. »

a Ce n’est pas mon intention , lui dis-je , je veux qu’elle continue , mais avec moins de violence. »

En effet, la crise se calma insensiblement , et, quand je l’eus réveillé , il se trouva dans un calme parfait.

Un Magnétiseur qui n’a pas acquis la conscience de sa force, par une longue expérience , ne doit pas entreprendre de semblables traitements ; il y. a danger pour lui et pour le malade.

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