‹ Traité de matériaux manuscrits de divers genres d'histoireChapitre 11 sur 29 · CHEMINS · texte numérisé non relu

CHEMINS

Nous savons et l’on saura comment sont construits les chemins d’assises de pierres cassées , les chemins anglais, dus à Mac- Adam ^ imités non pas en France^ mais dans une terre française, à l’ile Bourbon, oh le gouverneur civil, M. Betling de Landcastel, a ravivé le travail, la civilisation et le commerce dans toutes les parties de l’île par ces nouvelles et solides voies , le long desquelles son t pour ainsi dire tout à coup écloses de belles maisons, de nombreuses sucreries qui ont augmenté la fabrication du sucre, de dix millions à cinquante millions de livres: aussi, plusieurs années après sa retraite, les habitants ont-ils voulu que le nouveau canal qu’ils vieauenL de creuser portât son nom et fiit comme l’expression permanente de leur reconnaissance.

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Nous savons et l’on saura comment sont construits les chemins de fer dus encore aux Anglais^ qui avec le temps cercleront l’Europe et le Globe d’un pôle à l’autre.

Mais nous ne savons guère et peut-être ne saurons-nous jamais comment ont etë construits nos chemins au xv® siècle et aux siècles anterieurs. N’allez pas à cet egard demander des documents aux conservatoires de manuscrits ; il irj en a pas. Eh! pourquoi n’jen a-t-il pas? C’est parce que, du moins à ma connaissance , nulle part et dans aucun temps on n’en a recueillis; mais à mesure que nos histoires se videront de pages d’e'loquence , de pages de mots, qu’elles se rempliront de faits de toute sorte de faits, ces documents seront plus recherches; on en recueillera partout, et ils deviendront moins rares.

‘Portefeuille contenant quatre - vingt - quatorze pièces originales y relatives aux ponts et chaussées depuis l’année i38i jusqu’à l’année 1707. . . . . . 100 fr.

En attendant, voici ce que pour mon compte e suis parvenu à amasser :

XIV® siècle. Pièces mentionnant, mais sans details, des constructions de ponts dormants, de ponts-levis, de ponts de pierre^ de ponts de bois, mention-

nant des parties de constructions de routes, de réparations de routes, mais sans détails, A noter qu’en ces temps les ponts des grands passages étaient fortifiés par des portes et des tours , aux extrémités et au milieu. En ces temps aussi les ouvrages étaient diri gés par des i^aîlres des œuvres qui ne s’appelaient pas encore ingénieurs , qui ne portaient pas encore le collet et les parements de velours rouge brodé d’or.

XV® siècle, — Il y a plus de détails sur les constructions. Outre des maîtres des œuvres il y avait des contrôleurs , qui étaient sans doute les ingénieurs en chef. Leurs appointements étaient de six livres cinq sous par trimestre.

XVI® siècle. — Plus grands détails sur les constructions, sur les turcies et levées des rivières du Loir et du Cher, sur les eschines de paulx^ pilotis faits avec des tiges d’arbres^ de quinze à vingt pieds enfoncées jusqu’à fleur d’eau. Il y est encore parlé des empalements^ des couronnes pour l’écoulement des eaux, du hallage des terres. Il y est aussi parlé des turcies et levées de la Loire, des chemins de Paris , des pavés des chemins. On y trouve une quittance du 16 août 1578, d’un maçon entrepreneur du pont que le roi entend estre fait entre le quai des Augustins et le quai de la Mégisserie.

XVII* siècle. — Pavés des chemins. Quittance d’un

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commis à la recette generale des ponts et chaiissdes de France, 2 avril i633. Lettres de nomination. Quittances, ordonnances^ états au vrai. Comptes. Contrôleur provincialj contrôleur général des ponts, chemins et chaussées. Intendant des turcies et levées de France. Tailles qui leur sont affectées.

Lettres originales concernant une partie de chemin à construire dans la vallée de Barcelonnette ^ année 1733. Un vol. in-fol., rélié en parchemin . 10 fr.

Ces lettres offrent dans leur ensemble comme une espèce de dissertation sur les moyens les plus économiques de faire une route et des ponts ou des arches dans les gorges et les précipices des Alpes. Le ministre^ lintendant de la province , les consuls , chacun parlé à son tour. On y propose la construction par corvées. On y propose aussi d’accepter l’offre de la commune, ou^ comme on disait alors^ de la communauté de LauzeC qui voulait se charger de la construction. Le rapport du commandant, depuis maréchal deMailiebois, en forme de lettre, signé de Ini^ semble être d’un homme de l’art, d’un bon ingénieur 5 c’est un petit monument.

Mémoire sur les routes de la généralité de Moniauhauy manuscrit copié de la main du géo-

gPaphe Buache y en T année 1754* Un vol. petit in-fol. , parchemin . 12 fr.

Je n’ai pas eu, je n’ai pas même vu de plus ancien manuscrit traitant spécialement de la construction des chemins. Il doit cependant y en avoir de plus anciens, et en grand nombre; car il n’est pas possible que tous les manuscrits ante'rieurs aient e'të détruits. En attendant qu’on les découvre, fixons bien la date de celubci. J’y trouve joint une note que Buache a écrite sur un petit carré de papier, attaché avec une épingle, portant que monsieur Bornier^ ingénieur, lui a prêté ce mémoire le 8 avril 17 54 7 veille de son départ^ et qu’il le lui a rendu le lendemain. Buache avait un bon esprit; il sentait le prix de ce mémoire ; il le copia en entier en un ou deux jours, bien qu’il n’ait pas moins de quinze pages. Ce qui rend précieux ce manuscrit, ce n’est point parce qu’on y propose de faire à Byas, sur l’Aveyron, un beau pont de marbre qui ne devait pas plus coûter qu’un pont de pierre ; ce n’est pas même parce que les chemins y sont décrits, station par station, lieue par lieue, avec la plus louable exaclitude; mais c’est parce qu’il y est parié d’empierrements, genre de construction qui a le plus avancé l’art. J^ai consulté des ingénieurs, et des plus élevés, relativement à la date de l’invention des empierrertieuls. Iis m’ont répondu qu’on pouvait la

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faire remonter jusqu’au milieu du siècle dernier. Cela s’accorde assez avec la date de celte note. Cependant je ne puis être de cet avis. Le mémoire a pour objet la description d’une route de quarante ou cinquante lieues, en grande partie terminée; d’où il faut induire qu’elle avait été commencée depuis vingt ou trente ans, c’est-à-dire vers 1700 ou 1 720. Or comment supposer qu’elle a été commencée juste la première année de la mise en pratique de l’invention des empierrements ? d’où je conclus que cette invention remonte au moins à la fin du xvii® siècle. Je le crois ainsi, et je le croirai jusqu’à preuve du contraire.

Mémoire sur la construction des chemins par cordées acquittées indistinctement par les citoyens de tous les états ^ ou en argent ou en travail.

Ce manuscrit et les trois suivants. ... 8 fr.

Autre mémoire sur la construction dû une paj^tie de route dont Vévéque de Rodez propose à la ferme générale de faire en commun la dépense.

Autre mémoire sur la fixation du chargement des voitures circulant sur les grandes routes. Recueillons! conservons!

Projet Æun pont à construire à T aria s y fig.

ET DES INGÉNIEURS. loi

Carte routière de Paris à Neuf château. 4

Carte de la route de V ers ailles à RheimSj par Delisle année 1722 . 6 fi%

Profil de la route de Vitvy à Gournay.

Plan de la route de Rouen à Alençon.

Ces deux cartes renfermées dans un portefeuille . 5 fr.

Carte instructwe des chemins pour aller de Fribourg en Souahe , année 1695.

Cette carte , de trois pieds de long sur deux de large , marque les villages que le chemin traverse et les nombreuses maisons dont il est bordé.

Chemin de Fribourg à Constance ^ carte manuscrite du xviîie siècle J neuf pieds de long.

Voulez-vous savoir si un chemin est fréquenté, s’il a été fait utilement? Voyez s’il est bordé de hameaux , de villages , de villes ; partout oîi le terrain penche, partout oii il y a de l’a» gent à gagner, il y vient de l’eau, il y vient des hommes, des maisons. Les cartes itinérographes qui, dans le genre de celles du XVI® siècle ou des curieux itinéraires de ce temps , marqueraient dans l’inténeur ou bien à la marge les

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villages, les hameaux, les fabriques , les maisons^ les hôtelleries situe's le long des chemins^ seraient beaucoup plus historiques et conserveraient plus durablement le nom de leur auteur.

Carte du chemin de Fribourg à FTUlinglieny six pieds de long sur un pied et demi de large.

Carte du chemin du fort de Kell à Fribourg ^ sept pieds de long sur un et demi de large.

Dans la suite ces deux cartes deviendront utiles surtout pour indiquer les redressements de chemins qui ont ëte' faits depuis quelles ont ëtë tracëes. Ces redressements sont nombreux, car, soit dit littëralement comme mëtaphoriquement, il s’en faut bien que l’esprit humain trouve toujours à son point de dëpart la plus droite ou la meilleure route.

Un seul portefeuille contient ces quatre cartes . * . 20 fr.

Portefeuille contenant onze cartes des routes, chemins, voyeries ^ sentiers^ sentes du territoire de Goussaimille et de Tillaj, ..... 4^ fr.

Ces deux communes, situëes à trois ou quatre lieues au nord de Paris, sur la rivière ou ruisseau de Grou sont aussi petites l’une que l’autre, aussi agrëables l’une que l’autre, aussi heureuses l’une que

l’autre ; et voici quel est leur bonheur dont elles ne se doutent pas. Elles ont ce que les autres communes^ même ce que les villes, les plus grandes villes n’ont pas y elles ^ont des cartes de leurs plus petits comme de leurs plus grands chemins. Ces cartes sont d’une telle dimension que plusieurs ont de vingt à trente pieds carres. Elles sont dessinées avec tant de soin que les rangées d’arbres semblent plantées le long des chemins qu’elles bordent : si les communes de Goussainville et de Tillay ne veulent pas faire le sacrifice de vingt francs chacune^, alors ce serait à la grande bibliothèque du roi, ou bien aux archives du royaume à les acheter, pour les mettre a leur casier des Chemins^ où probablement il y aura encore un peu de place.

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