HISTOIRE DE L’ART MILITAIRE ET DES GENS DE GUERRE
Collection de quatre cent quatre-vingt-quatre pièces originales j^elatives aux diverses parties de Vart militaire^ depuis Vannée lO^Çi^jusquà Vannée 1817^ renfermées dans une boîte. 260 fr.
L’histoire que presque tons nous appelons l’histoire de France n’est réellement qu’une histoire militaire de la France ; et encore^ entendons-nous bien, elle n’est qu’une suite nominale de marches, de batailles, de sièges, de capitulations, de trêves, de
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traites J* et toujours à recommencer, depuis la première jusqu’à la dernière page. Î1 me semble que si les manuscrits de celte collection étaient imprimés , ils offriraient , seuls , de meilleurs documents de Tart ainsi qu’une plus vraie et plus profitable histoire.
Par exemple je demanderai : savait-on qu’au XVI® siècle l’état d^homme de guerre était si recherché que les soldats^ même les soldats à pied, avaient des brevets? Eh bien! la première charte de cette collection est un brevet de franc archer. On voit ensuite dans les autres chartes de Iffnfanterie que, des francs archers et des aventuriers , sont venus les bandes légionnaires et des bandes légionnaires les régiments qui ont porté des noms de provinces ; des noms de provinces, de villes, des noms de provinces, de villes, de colonels, qui portent aujourd’hui des noms de nombre. Je suis bien sûr qu’on ne savait presque rien sur la levée des troupes et rien sur l’habillement. Peintres d’histoire ! quand vous peindrez l’infanterie française au xiv® siècle , vous la représenterez habillée d’un petit et court surcot de drap mi-partie de bleu d’un côté et de rouge de l’autre, coiffée d’un chaperon mi-partie des mêmes couleurs. Il y a ici une quittance d’un arbalétrier, datée du 1 4 septembre i586, ou est mentionnée, avec la levée des arbalétriers à raison de neuf
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par village , cette forme et cette couleur de leurs habits.
Dans les chartes de la cavalerie, on voit l’ancienne gend’armeriese décomposer en grosse cavalerie, con~ servant jusqu’en 16^1, et sans doute par-delà, son ancien nom de compagnies d’ordonnances, d’hommes d’armes; et en cavalerie légère, arquebusiers à cheval , carabins , chevau-légers, dragons.
Combien les langues sont difficiles à faire, non dans les déclinaisons, les conjugaisons, mais dans l’imposition des noms où les besoins^ par conséquent les lois de la divine raison, ne nous guident pas, du moins ne nous guident guère. La preuve en est dans le nom des grades^ soit des officiers, soit des officiers généraux; et, chose à remarquer c’est que, parmi les noms des grades des officiers , il j en a trois qui sont permanents, parce qu’ils ont été formés par analogie : colonel, chef de colonne, capitaine cheftaine, lieutenant, tenant le lieu de^ tandis que, parmi les noms des grades des officiers généraux , la langue militaire a successivement employé et a successivement cessé d’employer les noms de sergents de bataille, de maréchal de bataille d’infanterie, de maréchal général des logis des camps et armées du roi^ d’aide de camp des armées du roi^ de major de brigade des armées du roi. Enfin , depuis le milieu du XVII® siècle jusqu’à la révolution de 1789, on
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s’est servi des noms de brigadier dès armëes du roi, de maréchal des camps , de lieutenant gënëi’al, rempîacës à la rëvolution par les noms de gënëral de brigade , gënëral de division , remplacës anjourd’liui par les anciens noms de marëchal des camps , lieutenant gënëral. C’est un des rapports sous lesquels ce recueil doit être ëtodië.
Les chartes des officiers à la suite des princes ou des gënëraux nous apprennent l’origine des aides de camp.
Bourdeille, abbë de Brantôme, qui ne prend jamais que le titre de capitaine de deux enseignes de gens de pied, a ëcrit en stjle de bonne femme une immortelle biographie des capitaines illustres de son temps. Il me semble qu’en recueillant ici quelques pièces signëes par eux, j’ai recueilli quelques légers dëbris de leur existence, quelques légères miettes du banquet de leurvie .
Qu’on me demande pourquoi dans la collection des chartes relatives aux troupes étrangères, écossaises , suisses, italiennes^ allemandes, on trouve que la France ne faisait pas entièrement la guerre avec ses bras! j’aurai occasion de dire qu’excepte dans le temps des croisades et des troubles religieux, la masse de la nation ne s’ngncrrit qu’à la levée des grandes armëes de Louis XIV. La noblesse seule avait jusque là fait la guerre et ne l’avait faite qu’à
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cheval. Nos voisins nous fournissaient pour notre argent de l’infanterie, comme bien d’autres choses.
La garde du roi fut, au règne de François et surtout à celui de Louis XIV, un extrait, un ab rëgë de l’armëe 5 elle en fut l’ëlite , le nojau , la force. Les chartes que j’ai rassemblëes en rappellent presque tous les difïërent ëlsëments. Il est à remarquer, et aussi remarquerai-je, que dans ces pièces on en trouvera qui concernent les gardes de la reine , passe ! des princes ; passe encore ! mais qu’il y en a aussi qui concernent les gardes des ducs, des grands seigneurs.
Chartes de l’artillerie ; au xvi® siècle le grand maître prenait aussi le titre de capitaine gënëral, et il y avait par provinces un commandant d’artillerie. Au XVII® siècle furent instituées les écoles d’artillerie. Les brevets donnés aux salpêtriers sous Louis XV sont à conserver, en ce qu’ils font l’histoire des principales parties de l’art.
Chartes du génie ; encore à la fin du xvi® siècle nos ingénieurs étaient étrangers. Plus nous avancerons , plus nous verrons que jusqu’à V Histoire des Français des dwers états on a mal connu fhisioire des différentes parties de la société, même de la partie militaire.
Gouverneurs des provinces, gouverneurs des villes. On avait divisé les gouvernements des provinces en gouvernements de province et eu gouver«
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nemeiils de ville ; on sous-divisa les gouvernements de ville en gouvernements de la ville et en gouvernements de la citadelle. Dans ce recueil de chartes de gouverneurs 5 il j en a une de 1673 mentionnant un major de brigade de ville.
Autres sont les revues d’aujourd’hui^ autres étaient les monstres ou revues d’autrefois, ainsi qu’on le verra dans une des divisions de ce recueil. Auxxy^, XVI® et xvLi® siècles , elles étaient écrites sur de grands parchemins, et tous les hommes y étaient nommés^ et rangés en plusieurs colonnes pour ainsi dire comme sur le terrain. Elles étaient scellées en queue avec de grands sceaux de cire rouge. J’assure qu’on trouve bien des notions historiques dans ces revues, quand on les lit avec attention ; entre autres on y trouve que le même régiment était composé d’hommes différemment armés , différemment payés.
On trouve aussi dans ces revues que i’adminis'^ tralion mdiitaire , comme corps d’administration, est beaucoup plus moderne qu’on le croit, et qu’il n’y a eu des commissaires aux revues en office formé, pour parler le langage du temps , que vers le commencement du XVI® siècle. Les commissaires furent d’abord classés en commissaires ordinaires, commissaires extraordinaires, commissaires généraux. Je crois qu’au xvii® siècle ceux qui résidaient dans l’intérieur s’appelaient contrôleurs provinciaux
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des régiments , au departement de Normandie , au departement de Picardie... Quand on dit que les intendants près les armées sont de nos jours , on se trompe ; il y en avait en 1078, en 1676 ; mais il n’y en avait qu’en pays ennemi, et seulement un dans chaque armée.
Il y a aujourd’hui des payeurs , des payeurs généraux des troupes ; il y avait des trésoriers , des trésoriers généraux. On peut voir dans cette collection les chartes qui leur sont relatives.
Des fonds secrets étaient destinés à récompenser les espions , lorsqu’ils ne se faisaient pas pendre aux potences du camp ennemi. Une charte du 3o novembre i552 en fait foi.
Aussitôt qu’il y a eu des armées il y a eu des munitionnaires. Les munitionnaires sont donc bien anciens. Les chartes qui leur sont relatives disent qu’ils étaient sous l’autorité d’un munitionnaire général , appelé ensuite super-intendant des vivres et des munitions, ensuite par contraction général des vivres et munitions , ensuite commissaire générai des vivres.
Je craignais que l’Assemblée constituante, qui se connaissait plus en nouveautés qu’en antiquités, eût, non de sa certaine science , mais de sa certaine puissance et autorité nationale, décoré la maréchaussée du noble et antique nom de gendarmerie 5 mais une charte du i3 avril 1672 , faisant partie des
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chartes de la mare'cliaussëe, la justifie. Cette charte est une quittance sur parchemin d’un archer garde de la connestablie et gendarmerie de France. Qui autrefois disait maréchaussée disait troupe des maréchaux 5 ses fonctions comprenaient l’exercice de la police; son organisation n’a guère changé jusqu^à la révolution, car je vois dans les anciens temps un prévôt général, et au-dessous de lui des prévôts provinciaux. En 1589 les régiments avaient aussi leurs prévôts. Veut-on d’ailleurs bien connaître la constitution de l’ancienne maréchaussée? qu’on en lise les revues ; on j trouve qu’elle était composée d’archers, commandéepar des officiers ayant à côté d’eux, à cheval et dans leurs rangs , des magistrats , des procureurs du roi, des greffiers qui, dans le cas de délits commis sur les chemins, formaient avec eux des tribunaux d’une justice fort expéditive : sitôt pris, sitôt pendu.
Pour terminerce long article il ne me reste qu’à parler des chartes de la garde nationale; je n’en ai jamais possédé que fort peu. La plus ancienne est de 1704.
La garde nationale commençait donc alors à poindre? Eh mon Dieu non ! la garde nationale, sous le nom de Bannière des communes, Milice bourgeoise, Garde bourgeoise, remonte au moins aux croisades : elle remplissait les forteresses et les tours des villes ; elle formait l’innombrable garnison de la France,
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Elle eût pu cesser d’être une armée urbaine, et devenir une excellente armée de campagne qui eût arreté toutes les invasions des nations voisines j mais l’esprit féodal, l’esprit des vieux siècles en avait peur et ne lui permettait pas de se réunir , ou, pour dire plus vrai , on n j pensait pas.
J’avoue que ce n’est là qu’une partie de ma collection de chartes militaires 5 j’ai vendu l’autre partie au dépôt de la guerre ; et si j’ai gardé celle-ci , c’est afin de pouvoir , dans mon traité de matériaux manuscrits de divers genres d’histoire , parler du plus brillant état de la société. Serait-il hors des convenances que je priasse le public français de garder à la vente de cette moitié de collection un patriotic[ue silence, afin que le plus tôt possible cette moitié se* rejoigne à l’autre?
Abrégé de la tactique^ ou la science du héros par demandes et par réponses , manuscrit du xviie siècle. Un vol. in-12, veau brun, fig. 5 If.
On ne sait guère si ce manuscrit est autographe ou s’il a été copié par un laquais. Je n’oserais pas affirmer l’un; je n’oserais pas nier l’autre. Les hommes de l’art peuvent le lire ; je l’ai bien lu, moi (|ui ne le suis pas. J’j ai trouvé plusieurs bonnes choses. Ils y en trouveront bien davantage. Ce livre paraît avoir été fait du temps ou les armées françaises se
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dépouillaient des armes défensives que l’auteur ne cesse de regretter,
Les tiroirs de Louis XLV^ ou petits manuscrits militaires^ autographes de ce prince. Un vol. iu'fol., maroquin bleu, dentelles. . . . 1,200 fr.
N’ai-je pas lu dans la vie privée de Louis XIV, vie privée si publique et si célèbre, qu’il avait l’habitude d’écrire sur des feuilles de papier les documents qu’il recueillait, les ordres qu^il voulait donner, ceux qu’il donnait , enfin qu’il aimait a se rendre compte par écrit de ses pensées et de ses actions? N’ai-je pas lu aussi qu’il gardait soigneusement ces feuilles , qu’il les pliait en quatre, qu’il les étiquetait, et qu’après les avoir plus ou moins long-temps portées sur lui, il les jetait dans les différents tiroirs d’un de ces beaux cabinets d’ébène, fort à la mode? Peut-être oui , peut-être non. Eh bien ! dans tous les cas , si on ne l’a pas dit , on a pu le dire , car ce volume renferme grand nombre de ces petites feuilles pliées en quatre et si long-temps pochetées qu’elles en ont les plis limés et tailladés. J’ai désiré de conserver à la postérité ces légères feuilles auxquelles a été quelquefois confié le secret de l’état. Je les ai fait relier en un recueil oii je les ai divisées non par chapitres, mais par tiroirs, comme il me semble que d’abord elles ont dû matériellement l’être. On verra dans le
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premier tiroir, Histoire des régiments y combien Louis tenait, et avec raison, à être instruit de cette histoire. La se'rie des questions qu’il fait est remarquable. « Quand est-ce que le re'giment de Rouërgue fut créé?)) Louvois, car je crois que c’est lui qui a écrit les réponses faites à côte, au lieu de dire qu’il n’en sait rien, dit : « Rouërgue fut d’abord MontpeyroLis M , et il s’arrête là. Le roi demande : « Depuis « quand Meiliy avait-il le re'giment de Normandie.. . « combien l’avait-il acheté?,., combien le vendit-il? )> Dans les sept grandes colonnes de questions , celles-là sont très souvent re'pe'te'es , d’oii il re'sulte que les chaiges militaires, comme les charges judiciaires^ e'taient dans le commerce. Abus, grand abus! je me garderai bien d’en disconvenir; cependant je ne vois pas que dans ces temps l’on jugeât ou l’on se battît plus mal que dans d’autres. J’en dis autre part la raison. Le tiroir Levée des troupes est forme' de plusieurs états écrits de la main du roi pour ceux de la cavalerie, et seulement en partie pour ceux de l’infanterie. Il paraît d’après ces états que les capitaines recrutaient par engagement les hommes de leurs compagnies et qu’ils les conduisaient au lieu de rassemblement. A cet égard Louis XIV a laissé aux âges futurs et les connaissances qu’il avait dans la géographie de son royaume, et celles qui lui manquaient ; on peut facilement l’induire de ces états ,
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de même que d^un placet présente par le comte de Roussillon à Monseigneur de Louvois on peut aussi induire que les capitaines nourrissaient les soldats, que les soldats d’un régiment qui portait le nom d’une province étaient levés dans cette province ; on peut aussi induire qu’originairement le nom de Normandie, de Champagne, de Dauphiné, de Provence a été donné à ces régiments parce qu’on les y levait. Une autre observation naît encore de ces pièces : quelle facilité alors dans les levées ! Il se présentait toujours plus de monde qu’on en demandait; m ais souvenons-nous que nous sommes au milieu du xvii® siècle, et toujours distinguons bien les temps. Louis XIV, doué d’un bon esprit, dut ainsi ordonner ses tiroirs: Noms et histoire des régiments ; Recrutement des régiments ; État des régiments. Ce troisième tiroir est le plus riche. Vous y voyez les différentes armées que Louis XIV eut sur pied aux différentes époques de son règne. En l’année 1678, une de ses belles années, il eut 280,000 hommes, dont 164,000 de troupes mobiles, que nous appelons aujourd’hui de ligne et 116,000 de garnison. Vous voyez aussi qu’en 1690 il y avait, comme de notre temps, trois armées du Nord , sous le nom d’armées de Flandre, de Moselle et d’Allemagne, que nous avons appelées armées du Nord, de Moselle, du Rhin. Il y avait en même temps une armée d’Italie, et une armée de
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Roussillon que nous avons appelëe année des Pyrénées-Orientales. Alors, bien que la France et FEspagnene se touchassent que par le Midi, elles ne se faisaient cependant la guerre sérieusement qu’au Nord, parce cjue c’était par-là seulement que la France pouvait naturellement s’étendre , parce que l’Espagne y possédait encore dix provinces des Pays-Bas, et que là elle ne manquait pas , pour prendre son fait et cause, de compères qui étaient les ingrats Hollandais, plusieurs princes Allemands, et l’empereur qui venait le dernier pour pousser de toutes ses forces les autres lorsqu’ils n’étaient pas de bonne volonté. On voit dans ces états la composition particulière de l’armée du roi dans les expéditions de Flandre , de Franche-Comté et de Hollande , et celle des armées particulières de Gondé, de Turenne. J’ai cherché dans les tableaux des officiers généraux qui commandaient les divisions de ces armées le nom de Martinet , l’instituteur de notre infanterie, comme Fourilles le fut de notre cavalerie, je l’ai trouvé parmi les brigadiers d’infanterie.
Louis XIV ne cessait d’occuper sa pensée de ses forces militaires. Il les nombre, les compte et les recompte ainsi qu’un avare compte et recompte les pièces de son trésor 5 mais on voit que pour Louis sa cavalerie était ses pièces d’or , et son infanterie ses pièces d’argent. Les états de la cavalerie, quoi-
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que fort volumineux, sont, de même que ceux des levées, écrits de sa main : ceux de l’infanterie sont écrits d’une autre main. On se doute que l’expérience le fit changer : effectivement il changea et on le voit par la suite de ses minutes. Tiroir Tactique : j’ai des hommes à pied, à cheval, dut se dire le Roi ; maintenant que je sache comment les faire mouvoir. Et voilà qu’il se met à apprendre la tactique : « Pour bien camper un bataillon de dix compagnies
«de soixante -dix hommes chacune . Largeur
« des huttes, six à sept pieds ; intervalle , un pied... a Pour la construction du camp de Saint-Quentin. .. « Les troupes campées sur une ligne de cinq cent dix
« toises de long . )> Il y a une poignée de petits
papiers de cette espèce oii le roi s’enseigne , ou bien oii il se répète les enseignements qu’il avait reçus des hommes de l’art , ou qufil avait pris dans les livres : Ah ! ce n’était pas de la science des élèves de l’école de Saint-Gyr^ qu’il avait besoin 5 c’était de celle de son maréchal de Turenne, de notre maréchal Soult reconnu par Napoléon, à Austerlitz , devant le front de l’armée victorieuse , pour le premier manouvrier de l’empire, c’est-à-dire du monde; mais cette science ne s’apprend pas ; elle est infuse, ou semble infuse dans les hautes raisons militaires,. Je continue à transcrire quelques lignes d’une de ces feuilles pliées en qu atre : « Intervalle d’un
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<i bataillon à un autre ^ quarante-cinq pieds... Du <( front de bandière au râtelier des piques ^ dix-huit « pieds. Du râtelier des piques à celui des mous- « quets, dix-huit pieds,.. » On n’avait do ne pas encore ni des fusils , ni des baïonnettes ; c’e'tait vers le temps des premières campagnes de Louis XIV. Tiroir Opérations militaires , Qu’il devait tarder à ce jeune roi, âge' de vingt et quelques annè'es, de pouvoir faire retentir l’Europe du bruit de ses armes ! Conquête de la Flandre en 1667. Les marches, les contre- marches, les logements , les quartiers , les noms des re'giments^ des compagnies , des escadrons , des officiers, des géne'raux couvrent un grand nombre de pagesècrites de la main du roi. Conquête de la Franche-Comtë en 1668. L’histoire a dit avec raison qu’il avait garde le plus profond secret sur cette me'morable entreprise : ses minutes l’attestent. Il ne veut pas se confier aux commissaires des guerres , il en remplit les fonctions. Une feuille de papier format in-4° porte : « Faire un ordre de route pour tel re'giment ; un cc ordre de route pour tel autre. » L’e'criture delà fin de cette feuille ou le nombre de troupes est marque, n’est pas la même que celle du commencement ; elle est d’une main plus tranquille; la conquête e'tait faite. Invasion de la Hollande en 1672, passage de la Meuse, du Rhin; sie'ges, prises de villes. Tiroir Ordres du jour. Il y a beaucouj) de feuilles
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où le roi écrivait ses ordres du jour pour les quartiers et les logements des troupes ; il y en a où les non ,exe'cutions par contre-ordres sont marquées. Tiroir Ordres de bataille. Il y a encore beaucoup d’autres feuilles intitulées ainsi. Quelques-unes sont de la main du roi, et pour les militaires contemporains elles figuraient parfaitement l’ordre de l’armée en marche. Il y a aussi quelques plans de bataille tracés a la plume, mais non de la main du roi ; il y a entre autres sur papier jaune le plan de la bataille deCassel, gagnée par le duc d’Orléans son frère. Tiroir Gar-^ nisons. Je crois qu’on n’aurait pas pris Louis XIV sans vert, j’entends sans son contrôle des troupes et de leurs garnisons. Il en avait continuellement un sur lui , et certainement il a porté ceux qui sont dans ce volume. Tiroir Gou^ernemens ^ des provinces , des villes et des citadelles. Cependant je crois qu’il n’en était pas ainsi du contrôle de ses gouverneurs. Je n’en ai trouvé aucun de sa main , aucun de pocheté ; Louis XIV se contentait de les avoir dans ses tiroirs. Il y en a d’assez mal écrits ; mais il y en a aussi en or et couleur. Tiroir Administration militaire. Il en était à peu près ainsi des états de ce tiroir ; je n’en ai trouvé qu’un seul de la main du roi; cependant on ne peut pas l’accuser de négliger cette essentielle partie de l’art de la guerre, car il se faisait remettre les tableaux de la distribution du
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pain et des comestibles. On lui en remettait aussi quelques-uns de fort beaux, or et couleur, sur l’inspection des greniers d’approvisionnements, des moulins, des magasins de vivres, qui sont aujourd’hui des documents monumentaires. Il y a surtout un tableau de l’habillement des régiments oii je vois qu’en 1 692 les armëes françaises étaient habillées en general de gris, revers et parements gris ou quelquefois d’autres couleurs. Ainsi cette couleur aujourd’hui si dëdaignëe n’en a pas moins ëtë la couleur victorieuse a Rocroi , à Lens , à Dunkerque, à Fleurus. Nous devrions revenir à ce gris, en gardant le gilet et le pantalon rouge ; car le gris à deux avantages , il ne brûle pas la laine comme le bleu , et comme le bleu il ne fait pas sortir à l’œil de l’ennemi les lignes sur les champs de bataille. Tiroir Mélanges, J’ai trouvë dans ce tiroir ou dans les papiers qui furent dans ce tiroir un papier ou Louis XIV a ëcrit , sur la formation de la ligue du Rhin, neuf lignes queNapolëon, empereur des Français, protecteur de la confëdëralion du Rhin, aurait payë neuf cents francs. J’j ai trouvë aussi un mëmoire de ses pertes au jeu, ëcrit aussi de sa main. J’ësperais y trouver aussi ëcrite de sa main la liste des chevaliers de Saint-Louis , copiëe à la dernière page de l’ëtat des officiers gënëraux, annëe .1696, tiroir État des troupes,, mais quelques minutieuses recherches que j’aie faites dans ce
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précieux et royal fouillis ^ je lAii à cet égard rien découvert* La gloire est grande à Louis XIV d’avoir créé cette institution mère des prodiges de courage. La gloire est plus grande à Napoléon de l’avoir^ sous un autre nom^ étendue à tous les divers états 5 de l’avoir rendue mère des prodiges de courage ^ des prodiges de génie, des prodiges d’industrie. Louis XIV ne donnait pas assez de croix ; Napoléon, surtout ses successeurs, en ont donné trop. Les glorieuses récompenses doivent^ pour produire leur immense effet, se montrer sans exception à tous lesyeux , en même temps être sans exception à la portée de tous les bras ; mais elles ne doivent être suspendues ni trop haut, ni trop bas.
Mémoire pour le camp de Compiègne , manus^ crit autographe de Louis XIV. Un vol. in -fol. ^ maroquin rouge , dentelles ....... 3oo fr®
Dans les petits manuscrits militaires de Louis XIV qui forment le volume précédent^ ce roi demande ou se donne des leçons sur un art qu’au lit de la mort il se repentait d’avoir trop aimé. Dans celuici il donne sur ce même art des leçons à son fils le Dauphin ; car c’est pour ces leçons qu’est rassemblée une petite armée à Gompiègne. Sous le rapport de l’ensemble, de l’ordre, de la naturelle succession des idées, ce manuscrit est un beau monument de l’ex-
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cellent esprit de Louis XIV : Il est d^ailleurs ou du moins il a ëte plie en quatre , et porté à la poche comme les manuscrits qui forment le précédent volume. En tête est une lettre du duc de Bouflers ^ oii il écrit au comte d’Angevilliers qu’il l’offre à Louis XV. Il y a apparence que l’offre fut acceptée et que ce manuscrit a passé de Louis XIV au maréchal de Bouflers, du maréchal de Bouflers, au duc de Bouflers, du duc de Bouflers au comte d’Angevilliers, du comte d’Angevilliers à Louis XV, de Louis XV à Louis XVI, Il y a apparence qu’il est ensuite tombé entre les mains de la révolution qui, en 1793, ne se connaissait guère en manuscrits, qu’il a été jeté comme bien d’autres précieux monuments aux papiers de l’épicier oii il a été trou vé par un homme de lettres , excellent paléographe^ qui me l’a échangé ^contre plusieurs anciennes chartes. On me dira : pourquoi la mise à prix de ce manuscrit qui ne contient guère que le dixième de l’écriture du précédent est au-dessus du dixième de cette dernière mise à prix, oii pourquoi cette dernière mise à prix au lieu d’être à i200 francs n’est pas à 3, 000 francs? Je prie ceux qui me feront cette question de considérer que le mémoire sur le camp de Gornpiègne a de l’unité et forme un ensemble ; je leur conseille d’ailleurs , d’acheter l’un et l’autre manuscrit ; ils auront en même temps et celui qu’ils trouvent trop cher et
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celui qu’ils trouvent trop bon marche. De plus Pun pourra servir de preuve à rauthenticitë de Pautre.
Qu’est-ce que cet appendice d’un petit feuillet manuscrit, mis à la suite du mémoire sur le camp de Gompiègne ? Est-il de la main de Louis XIV? Voyez comme la forme des lettres ressemble à celles des siennes jusqu’à l’identité? mais la fraîcheur du papier et de l’encre paraissent être d’hier , d’aujourd’hui même : et cependant, je le répète, cette écriture ressemble à celle de Louis XIV, jusqu’à l’identité. Quoi qu’il en soit , ce petit feuillet est fort curieux.
Etat des équipages^ des vivres^ manuscrit autographe de l’année 1692. Un vol. petit in-fol. , cartonné. . . 7 fr.
Cet état est formé d^un registre de quelques feuilles toutes en blanc 5 mais par un singulier bonheur, la minute qui devait les remplir et qui est écrite sur de légères feuilles détachées a, pendant plus d’un siècle, dormi dans ce dossier sans être dérangée. De crainte qu’il n’en fût pas toujours ainsi, j’ai lait relier ensemble ces feuilles; j’j ai joint plusieurs autres pièces originales de la même année que j’j ai aussi trouvées. De ce nombre est une revue d 'équipages envoyés de Metz à l’armée du maréchal de Luxembourg. Gomme dans un temps plus proche qu'on pense , les hommes
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de lettres ne laisseront à faire aucune partie de l’iiis^ toire de la guerre^ et que pour eux une des plus importantes sera celle de l’administration , je leur pre'pare, pour le chapitre des vivres, les documents authentiques de ce manuscrit; ils y trouveront la hiérarchie et la solde des commis aux vivres , la hiérarchie et la solde des gens des charrois. Ils y trouveront de curieux détails qu’il serait ici trop long de faire connaître, meme d’indiquer.
État de r artillerie ^ armes ^ munitions et ustensiles qui ont été délivrés des magasins de V arsenal de Toulon pour la défense des costes de la Provence ^ depuis Vannée 1692 jusqiùà Vannée 1713, manuscrit original. Un vol in-fol., cart. 8 fr.
Avec cet instructif manuscrit je sais comment autrefois on fortifiait une longue côte de cinquante ou soixante lieues, car toutes les positions des batteries y sont mentionnées : il y est dit aussi combien il fallait de canons , de mortiers, car toutes les pièces d’artillerie y sont nombrées : combien chacune pesait, valait , car il y a la pesée et l’appréciation pièce par pièce. Je sais de plus le nom et le prix de l’infinie
variété des instruments que nécessite ce service, car tous y sont nommés et successivement appréciés. Je saurais encore si je le désirais combien il fallait de mousquets , combien ils valaient , car ils y sont
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comptes et estimes ; combien il fallait de poudre, combien de munitions et quel en était le prix , car cet e'tat est aussi détaillé à cet égard qu’à tous les autres. Si maintenant quelqu’un me disait : Je vais mettre par-dessus cet état de ce qui se faisait au commencement du siècle dernier un pareil état de ce qui se fait aujourd’hui , et par-dessous un pareil état de ce qui se faisait cent ans avant, je lui répondrais : Monsieur ! vous aurez dans le rapprochement de ces trois états la véritable histoire de l’artillerie des côtes pendant trois siècles : en effets dans cette partie comme dans toutes , l’histoire est une conférence , une analyse. Soyez sur et assurez les hommes de lettres du mouvement que hors de là^ hors de la raison et de ses éternelles règles, on ne fait pas de progrès quand on croit en faire ; qu’on n’avaime pas quand on croit avancer ; et qu’alors , quand on crie au public qu’on fait des pas en avant, on ne fait que des gambades.
Collection de soixante et onze plans militaires ^ contenue dans un portefeuille, avec leur notice détaillée dans l’inventaire y joint . 200 fr.
J’en ai extrait les notices suivantes :
Plan colorie' du château d^ Asperg (Souabe).
Ce plan est original, car il porte écrit au bas : fait
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au camp de Heitlngsheim, le 22 d’août iBgS , Robelin signé.
Plan de Brisach , année 1696.
Ce plan est original 5 il est signé Terrade.
Quatre grandes cartes de Fribourg y du pays des emirons .
Ces cartes ont probablement servi aux opérations du siège de celte ville par le Dauphin^ fils de Louis XlVj ainsi que paraît Tindiquer un des cartouches.
Plan d’une des casemates de Manheim , 1699. Ce plan est original ; il est signé par Villablugein.
Plan colorié de Namur ou se voient les attaques du château et du fort ^ les quartiers du maréchal de V auban et du maréchal de B ouf ers. Ce plan est du temps.
Plan de Montmélian et des travaux du siège. Autre plan de la lin du xvii® siècle.
Plan de Neif- Brisach, année 1701.
A la marge est écrit sur deux larges colonnes l’état
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des ouvrages qu’ou faisait et qu’oa voulait faire.
Ce plan a trois pieds de long sur deux de large.
Attaque de Tiirin^ plan manuscrit^, rouge etnoir^ de l’annëe 1706.
Plan de V Aqueduc de Casai,
Il est divise en quatre tables enluminëes en jaune et en bleu , et il paraît avoir ëtë fait vers la même annëe.
Ces plans et plusieurs autres de cette collection * sont apparemment ceux sur lesquels les Français ont fait les guerres de la fin du xvii® siècle, et ensuite la guerre de la Succession. La plupart sont hâtivement tracës à l’encre rouge ou à l’encre noire , et à la plume ; et je persiste à croire que les marëchaux de Vauban, de Bouliers, de Villars , le duc de Vendôme, les marëchaux de Tessë et de Berwik ont manie ces cartes, et qu’elles ont ëtë à leur usage. Je prie ceux entre les mains de qui se trouvent aujourd’hui les cartes qui ont ëtë aussi à l’usage de l’empereur Napolëon, du marëchal prince de Ponte Corvo, maintenant roi de Suède , du marëchal Soult, duc de Dalraatie, à l’inscrire sur les marges, car les grands noms conservent jusqu’aux plus petits ma nuscrits, jusqu’aux feuilles de papier les plus lëgères.
Règlement sur la subsistance journalière des
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officiers , prisonniers de guerre , malades au pelit lazareth de Toulon^ manuscrit original de l’aniiëe 1705, cahier in-foL, cartonne' en parchemin. 7 fr.
Si je n^avais lu ce manuscrit^ je n’aurais pas touIu croire que dans un hôpital militaire on donnât tous les jours à chaque malade : pour dëjeuner^ une côtelette de mouton ; pour dîner, un pot-au-feu d’une poule, de trois quarts de livre de viande, avec herbes, riz, deux entre'es ou ragoûts, dessert ; pour souper, trois quarts delivre de viande rôtie, deux entre'es, dessert, bon vin à discre'tion. Comment traitait-on les prisonniers en santé', puisqu’on traitait ainsi les prisonniers malades ? Comment traitait-on les amis, puisqu’on traitait ainsi les ennemis ?
Vin^t-sept lettres originales du ministre de la guerre Chamillard et de plusieurs autres ministres ou hommes d’état^ écrites depuis Vannée jusqu à Vannée 1733, contenues dans un portefeuille . 3o fr.
J’ai lu attentivement ces lettres ; j y ai remarque entre autres faits ceux-ci ; un autre en remarquera de nouveaux ; un autre, encore de nouveaux. En 1705 onfitune re'quisilion de chevaux et de mulets pour le service de l’artillerie. Vers ce temps on employa des peaux de cochon à l’enveloppe des gargousses. En 1706, des compagnies de milice furent incor-
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porëes dans les régiments qu’aujourd’hui nous appelons de ligne. En 1716 la peine de mort fut portée contre les déserteurs^ ce qui annonce que le service, ou du moins l’accomplissement de l’engagement était devenu forcé. Il est dit dans une lettre de cette même année que les soldats se croyaient toujours francs des droits d^entrée et des octrois des villes. En 1720 on indemnisa bien les habitants des campagnes des ravages des ennemis, mais il paraît qu’on faisait payer une partie de l’indemnité à la province. Je ne parlerais pas d’un duel entre deux officiers, dont il est fait mention dans ces lettres ^ si le ministre n’y disait qu’il est reçu en législation criminelle que toutes les fois qu’il y avait eu un duel , qu’un des combattans était tué, et que l’autre prenait la fuite, ce'ui-ci devait être réputé meurtrier.
Mémoire d’artillerie^ par Deplanne , ingénieur du roi^ année I73i , manuscrit de l’auteur^ avec lig. et plans coloriés. Un vol. in-12, veau, fil. 12 fr.
Ce petit et précieux manuscrit est digne d’une attention particulière par les détails de l’art qui ont plus d’un siècle, par le nombre et la beauté des planches. Il y a entre autres un beau dessin de Tinstrument envoyé en 1725 dans les places du royaume^ pour calibrer les armes à feu de toute espèce.
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Trésorerie générale des fortifications de France^ année 1755, manuscrit en forme probante. Un \ol. in-fol., \ean brun, filets. 35 fr.
Qui n’aimera ainsi que moi , en lisant ce compte , à se trouver tout à coup comme entouré de lignes de forteresses qui de toutes parts défendent ce vigoureux et robuste corps à taille ramassée , à larges épaules, cette vigoureuse et robuste France? Les différents chapitres de dépense sont disposés province par province , des extrêmes frontières de terre et de mer. Chaque chapitre se compose du prix des ouvrages payés aux entrepreneurs , des appointements des ingénieurs, des intérêts dus pour les valeurs des terrains qu’ont occupés les fortifications ; valeurs alors si mal payées qu’en 1755 on n’avait pas encore payé celles de 1689. L’histoire bataille n’a rien à faire de ce manuscrit ; car a-t-elle jamais daigné parler des constructions , des fortifications , du prix des matériaux et de la main d’œuvre? A-t-elle jamais nommé les ingénieurs qui cependant sont les muscles de la force militaire? Ici leur nombre, leur grade, leurs appointements, leurs résidences se trouvent avec tous les détails les plus complets. Outre la solde des ingénieurs , il y a aussi celle des éclusiers, des chaloupiers, des patrons et pilotes des chaloupes , pour les places où , comme à Dunkerque, l’enceinte des fortifications renferme des canaux.
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J’y vois encore que dans ce temps le corps du gënle ëlait sous les ordres d’un directeur gëne'ral aux appointements de vingt- quatre mille francs. Et toutefois il n’ëtait pas le mieux appointe 5 c’ëtait le trésorier; il avait vingt-neuf mille francs. Une des salles de la galerie du Louvre était alors le musée des plans en relief des places fortes. Celui de Saint- Omer coûta, cette année 1755, vingt mille francs. Du reste, l’administration des fonds des fortifications n’était pas aussi simple qu’aujourd’hui on pourrait le croire. La dépense, comme on vient de le voir^ se composait de differentes parties : il en était de même de la recette, formée des versements faits, soit par le trésor royal , soit par les receveurs provinciaux , soit par les receveurs des villes où il y avait des revenus de ces anciennes patriotiques fondations affectées aux fortifications dontj’ai parlé au xv^ siècle, enfin de la vente des vieilles palissades et autres vieux matériaux hors d’emploi. La recette était d’environ cinq millions et demi; elle était à peu près égale à la dépense. Je crois inutile de dire que ce compte, doré sur tranche, est parfaitement écrit ; c^est pour moi le plus moderne de ceux dont le frontispice est orné de figures à la plume. Celles-ci sont faites avec une finesse, une légèreté, une hardiesse qui ont dû donner bien de la peine et du plaisir à l’écrivain.
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Table indicative pow" faire connaître les degrés de force ou de faiblesse des places ^ manuscrit du XVIII® siècle. Un vol. iii-fo!., cartonné. . 8 fr.
C’est une idée originale, du moins bizarre, d’avoir voulu classifier les places de guerre comme les plantes , par des caractères généraux, par la situation^ par la configuration : elle n’appartient probablement pas aux hommes de l’art 5 mais elle peut leur être utile en ce que celui qui l’a eue peut avoir vu la science 'sous un nouvel aspect.
Moyens de ménager les terres dans la construction des places de guerre. Calculs de toutes les parties d^ un front de poljgone fortifié suwant la méthode de Tauban , as>ec planches coloriées ^ dans le même volume. Ces deux manuscrits sont du xviii® siècle, et ont été reliés ensemble. Un vol. in-4®? veau . 12 fr.
Style clair, planches et figures Faciles à comprendre; ces manuscrits méritent ces éloges.
Construction des batteries devant une place forte. Des batteries de canon , omrage attribué à d^ÂboCûle, Batteries des cotes par Gribeauval, Ces trois manuscrits du xvm® siècle sont reliés dans un vol. in-4”, veau, filets. ....... 20 fr.
I Sans doute l’art a avancé, mais n’a-t-il rien omis ,
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rien laisse en arrière? A cet egard ces manuscrits non encore publies valent assurément la peine d’être lus.
Constructions des équipages de vwres et fonctions d!un commis principal desdits e'qiiipages au grand parc de Vannée^ manuscrit du xviii® siècle. Un vol. petit in-fol., veau . 10 fr.
Voilà une matière nouvelle, un ouvrage par conséquent nouveau. L’auteur ne s’est pas contenté de faire l’histoire de l’art, il a fait encore l’histoire de fartisan ou des artisans; il dit que les émeutes des ateliers ne commencent pas ordinairement par les ouvriers des forges , par les charrons, mais par les bourreliers. Les historiens militaires ne devraient pas omettre les parties administratives, car celles-ci ont toujours été les ailes de la victoire.
Réflexions sur les principales opérations des campagnes de 1767, 1758, 1759, 1760, 1761 et 1762 en Allemagne, manuscrit autographe du xviii* siècle. Un vol. petit in-fol., cartonné. 8 fr.
Ces réflexions se trouvent à la suite de divers mémoires originaux.
Je ne dirai rien sur cet ouvrage si ce n’est que les critiques littéraires sont fort difficiles en ce qu’elles doivent être justes, car le livre existe; tandis qu’au contraire les critiques militaires sont fort faciles et
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peuvent inipiinement n’être pas justes; car d’une bataille, de ce grand fait compose' de tant de faits si rapidement e'vanouis, il ne reste plus qu’une le'gère feuille de papier, qu’un plan où l’on voit des lignes rangées, dérangées, les unes bleues, les autres rouges.
État de la dépense pour la solde et entretenez ment des gouverneurs ^ commandants des pro^ vinces , des villes , des mortes - payes , des compagnies , des gardes des gouverneurs , cinq manuscrits in-fol. originaux, année 1776, renfermés dans un portefeuille. ........ 12 fr.
Le marquis de Vauban, fils ou petit fils du maréchal de ce nom qui avait fortifié la France, est mentionné comme gouverneur d’une obscure petite ville, aux appointements de 600 liv. Ainsi a la troisième génération peut-être seulement à seconde, le Rhin se perd dans les sablas. Que n’ai-je eu le temps de faire des recherches pour savoir comment un fort supplément d’appointemens qu’on donnait aux gouverneurs avait reçu la dénomination de plats des gouverneurs ? Ce n’est pas tout; les gouverneurs des villes avaient encore des gardes en 1776.
Retranchements portatifs de Jean- Baptiste Farroisse^ mécanicien du roi de Suède ^ habitant
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à Carrouge^ manuscrit original de 1788. ün vol. in-4°7 cartonné . . . . . . 8 fr.
Messieurs les militaires ! cette idée est-elle neuve? pourrait- on en tirer quelque parti? Oui! non! je m’en rapporte également à vous. Quant au plan qui devait y être joint, je ne l’ai jamais vu; vous tâcherez de vous en passer.
Huit chapitres de Vhistoire militaire de France pendant les années 1808, 1811, i8i2eti8i5, manuscrits, les uns autographes, les autres originaux et signés. Un vol. in-fol., basane, racine bleue, dentelles . 80 fr.
Nous avons aujourd’hui, sous divers titres, une histoire militaire de France, que nous appelons histoire militaire de France, et non pas histoire de France. C’est un des progrès qu’a faits la science, bon gré mal gré. Les plus belles années de cette histoire militaire sont celles qui ont commencé à la révolution et fini avec Tempire, Voici huit manuscrits qui en sont comme autant de chapitres ; je leur en ai donné le nom.
« Précis des opérations militaires du corps d^armée des Pyrénées-Orientales, commandées par le général Duhesme, pendant l’année 1808, Portes, chef d’étatmajor, signé; certifié conforme à l’original qui est en mon pouvoir, le maréchabde-caïupPegot signé.
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‘ « Extraits de l’ouvrage manuscrit intitule : Précis des éve'nements militaires qui ont amené et suivi le siège de Badajos par l’armée a ngio- portugaise, dans la basse Estramadure, en 1 8 1 1 , par Edouard Lapène, capitaine au corps royal d’artillerie. »
« Relation de la seconde défense de la place de Badajos, assiégée et prise parles Anglais en 1812, par le colonel du génie Lamare , et signée par lui. )> « Notes sur les campagnes de 18 15 et 18145 ^^^traites des mémoires et du journal d’Autencourt, major du régiment des lanciers polonais de la garde impériale, incluses dans une lettre de l’auteur. »
(c Précis historique sur la mission extraordinaire dont fut chargé le lieutenant-colonel Jules Marnier, aide-de-camp du lieutenant-général comte Rapp, pendant le siège de Dantzick , Marnier signé. )>
« Historique du siège de Saint-Sébastien, soutenu par une garnison de trois mille Français aux ordres du général Emanuel Rey, contre l’armée anglaise , portugaise, espagnole^ aux ordres de lord Wellington, depuis le 28 juin 18 13, jusqu’au i5 août inclus, par l’adjudant-commandant , chevalier de Sengeon , manuscrit autographe. »
(( Relation du siège de Torgau en 18 ï5. )>
« Journal du siège de Thorn en 1 8 1 3, avec un plan de Thorn, Dresde, le 1 1 juin i8i3. w
Que de gloire! que de gloire!^ Je recommande
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aux historiens de l’histoire nationale du xix® siècle de la recueillir dans leur plus beau chapitre, del’imprimer profondément dans la me'moire des hommes des divers états , car l’éclat de nos triomphes fait autant et plus la force vitale de la France, que le fer et la poudre de ses arsenaux. Ce n’est pas tout; les historiens de nos armées me permettront de leur conseiller de ne pas courir le risque de troubler cet éclat en controversant les faits avérés. Je pense qu’il n^est point patriotique d^ébranler la foi religieuse, ni la foi militaire. Dans cette opinion je n’ai pas mis ici quatre manuscrits autographes d’officiers généraux sur des contestations relatives a la guerre de la Vendée qu’il faut couvrir d’oubli, et à la bataille de Waterloo qu’il faudra venger^ si cette heureuse paix, dont la civilisation remercie la Providence, venait a cesser. Ce n’est pas tout encore : ces historiens me permettront aussi de leur dire que dans une prairie toute de fleurs , dans une ville toute de clochers , les fleurs seront moins belles , les clochers moins remarquables que si on les espaçait. Il me semble que de même, les batailles ainsi que les sièges pourraient être heureusement espacés dans leurs livres par de sommaires notices sur la construction des camps, le système des places fortes, par de sommaires notices sur les hôpitaux , la chirurgie et la médecine militaires , par de sommaires notices sur les variations
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de l’habillement, de l’e'qiiipemen t , de l’armement, sur Pame'lioration de la fabrication des armes et de la poudre, par de sommaires notices sur l’administration, les intendants, les munitionnaires. Oii sont, dans nos histoires des arme'es , les noms des administrateurs Halle', Pe'tiet, Wilmauzi , du salpêtrier Chaptal, et de tant d’autres qui, sans jam ais avoir tire' un coup de fusil, ont fait tant de mal à l’enne mi ? Mais un instant ! Ceux qui connaissent mes o pi nions litte'raires pourraient m’objecter que, dans V Histoire de Napoléon et de la grande armée^ on se passe fort bien de ces notices. L’objection serait forte , car je regarde cet ouvrage comme e'tant e'gal à tout ce que les âges modernes et les anciens âges ont en ce genre produit de plus beau; et si j’avais e'crit comme ce qu’ils ont produit de plus beau je ne l’effacerais pas.