‹ Traité de matériaux manuscrits de divers genres d'histoireChapitre 8 sur 29 · HISTOIRE DES ARTS MÉCANIQUES ET DES ARTISANS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES ARTS MÉCANIQUES ET DES ARTISANS

Antiquités perdues , inventions modernes , manuscrit du xviii® siècle, deux tomes petit in-4® 7 divisés en quatre livres , veau, dentelles. . . i5 fiv

Cet ouvrage est bien loin de répondre a aucun de ses deux titres. Qu’on ne croie cependant pas que les recherches qu^il renferme soient toutes sans utilité pour l’histoire des arts j on se tromperait beaucoup.

OEiwres et travaux de divers arts faits aux châteaux des comtes d'Artois^ manuscrit composé de trente-un comptes originaux des xiu® et xiv® siècles, qui formaient trente-un rouleaux tirantensemble i49 pieds^ un vol. in-fol. raax., bas. viol. aSofr.

Le nombre des manuscrits très utiles est très petit ; cependant celui-ci doit y être compté. Il offre l’immense variété des arts mécaniques exercés en France à une date de près de six cents ans. Quand on dit tous les arts on entend n’en excepter aucun; j’entends aussi n’en excepter aucun. En effet, ils y sont tous. Il y a les premiers arts inventés par les hommes, ceux de l’agriculture , de la fabrication des instruments d’agriculture, les arts de clore les terres par des fossés , des palis , des murs , les arts de creuser, de construire des puits, des fontaines, des étangs; les arts d’extraire, de fendre , de tailler les pierres, les arts de la maçonnerie, de la charpenterie, de la menuiserie de la vitrerie, de la plomberie; les arts relatifs au logement , au vêtement, à la nourriture de l'homme , a sa sûreté, à sa défense, a ses agréments , à ses plaisii's ; encore une fois il y a tous les arts.

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On veut que je donne quelques details : au xiii^ siècle la venaison devait être aussi commune qu’aujourd’hui elle est de plus en plus rare. Un article de ce compte porte : « Pour refaire les haies du gardin (jardin) « pour ce que les cerfs et les daims mangioient les « arbrisseaux.... »Dans ces temps les seigneurs aimaient les chevaux comme les aime le lord Seymour; ils avaient les écuries de leurs Rolland, de leurs Fra- Diavolo au-dessous de leurs salons : u Au cellier ou Fon « met les grands chevaux... sous la salle.... pour « estre er-achainez au premier pillier sur lequel la voûte « se repose... » On couvrait de cuir en poil les portes des châteaux, sans doute pour les préserver des traits enflammés « Item a Jehan d’Ampenai qui livra cuir en « poil dont on couvrit la porte du castel. » Je trouve beaucoup d’articles : « clous^ serrures de Limoges. » Il se faisait une grande dépense en plaques de plomb. Presque tous les comptes ont un chapitre plomberie : « Premièrement au plombier, pour refaire les « terrases de six tourelles du vieux chastel, oster le « vieux plomb pezant six mille neuf cent trois livres. » Dans ces temps les livres des savants n’étaient pas des in-i8 : « Pour couvrir l’estude (le cabinet). de mon- « seigneur Féveske.... pour faire une roë toute neuve « à mettre livres , xl sols.... » On voit encore dans les églises de ces roues ou pupitres tournants. Rien d’un plus piquant intérêt que la disfrihution inté-"

rieure des cours, des bâtiments. Vous parcourez successivement les galeries, les offices , les cuisines, la saulcerie^ les garde-robes, les cambres madame^ les cambres aux damoiselles , la cambre au miroir ; vous êtes successivement mené à la gaiole , volière treillissêe, vitre'e, dorée, à la gloriette, petite tour dont la sommité percée,. peinte, était remplie de représentations d’oiseaux coloriés , perchés sur les branches qu’on engluait pour prendre les vrais oiseaux du dehors ; vous remarquez dans ces antiques et vastes appartements les décorations, les tableaux ; et, ce qui est à recueillir pour Thistoire des beaux-arts, les tableaux peints à l’huile à la fin du xiii^ siècle. Les dépenses de ces comptes mentionnent aussi des couvents de religieuses, bâtis dans l’enceinte ou tout près des châteaux. Si vous voulez connaître les dimensions de leurs dortoirs , de leurs cuisines , de leurs cheminées , de leurs fourneaux, je puis vous le dire : mais si vous aimez mieux savoir commenterait fait le confessionnal du couvent, je puis vous le dire encore. On avait bâti une muraille en bonnes pierres de taille , pour bien faire enrager le diable ; et, ce qui le faisait bien plus enrager , on avait grillé de barreaux de fer l’ouverture, la fenêtre où se présentait la pénitente. Quant aux meubles, aux tables, aux chaires, aux coffres-forts , il serait trop long de les décrire , et je terminerais la ce long article si je n’avais appris de

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bonne paiT que messieurs les décorateurs des théâtres de Paris ^ et notamment ceux du grand Opéra, consultent quelquefois VHistoire des Français des divers états. Aussi leur dirai- je que ces comptes font mention de girouettes, de pennons en cuivre, peints et armoriés; qu’ils font mention de singes, de chevaliers de même métal , placés comme ornements extérieurs des bâtiments. Je n’oublierai pas non plus ici messieurs les sculpteurs : je leur dirai que dans ces comptes il est fait plusieurs fois mention des ouvrages de sculpture sous le nom d’œuvres de coutel.

Che sont œuvres de carpenterie et d'autres choses faites par inaistre Kohert le carpentier pour les lices de la feste le Roj^ et pour le parc faire pour les deux escuyers qui se combattirent en le garenne , manuscrit de la fin du xiii® siècle ou du commencement du xiv®, rouleau en parchemin de 4 pieds , renfermé dans un étui . 4^ fe»

J^ai réservé pour les savants amateurs des temps chevaleresques , ce rouleau oîi se trouvent les plus curieux, les plus petits détails sur les lices. On ne se douterait pas qu’il j avait, comme il y a aujourd’hui aux Champs-Elysées , des cabinets avec le côté des messieurs, le côté des dames.

Compte de ferrure serrurerie des portes et

des ponts de la ville de Tours , manuscrit original de l’annee i485 , rouleau de 3 pieds de long, renferme dans un ëtui. . . 9

De pareils monuments de l’ancienne ferrure ou serrurerie des portes et des ponts des villes doivent être assez rares. A l’examen solennel de ses differentes parties qui en fut fait devant les officiers publics , on dirait que dans ces temps c’ëtait surtout du marteau du serrurier que de'pendaienl la force;, la sûreté des villes.

Omrai^es du chasteau de Gand^ manuscrit original de Vannée 1 5 rouleau en parchemin, de 4 pieds de long sur i de large, renfermé dans un étui . 2 5 fr.

Lorsqu’on peut comparer dans les mêmes temps nos anciens arts mécaniques avec ceux de nos voisins, il ne faut pas en laisser perdre l’occasion. Ce rouleau présente les dépenses de maçonnerie, de charpente, de couverture, de menuiserie^ de serrurerie, de vitrerie, de peinture, faites au célèbre château de Gand, encore tout entier dans ce'parchemin. En effet on en voit l’intérieur, le greffe, l’auditoire, les prisons la chambre où l’on fait manger le condamné avant de le faire mourir , le logement et l’ameublement détaillé de l’huissier; on le voit aussi tout entier an dehors^ on voit ses brillantes toitures d’ar-

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doise, de plomb, avec sa grande porte couronnée de peintures dont la longue description occupe une partie du parchemin. Les prix des mate'riaux etde la main-d’œuvre n’y manquent pas: iv sous le pied carre de verre blanc xii livres le millier d’ardoises, X sous la journée du maître ouvrier , v sous celle du garçon.

Cartulaire du château de Blanc-mesnil y manuscrit original de l’annee 1502, sur vëlin, un voL in-fol., basane bleue ^ dentelles . 55 fr.

L’academie appelle cartulaire le recueil d’actes, de titres du temporel d’un monastère, d’une église. J’ai par extension appelé ainsi le recueil d’actes, de titres deshôtels-de-ville, des confréries; et les savants à qui , depuis nombre d’années , ces cartulaires ont été vendus n’ont jamais fait à cet égard ni critique , ni observation : j’espère qu’on ne désapprouvera pas non plus que par extension j’aie encore donné ce nom à un recueil d’actes, de titres, de jugements, de bulles d’un ancien château que j’ai porté au chapitre des arts mécaniques parce que la description , le toisé et l’appréciation de différentes constructions occupent le plus grandespace.

Ordonnances des ducs de Bourgogne sur les salines de la Franche-Comte' ^ dixmées 1402, i4o5

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et 1474? manuscrit de l’anne'e i474? in-fol.,

maroq. rouge dentelles. ........ 160 fr.

Il suffit de faire le voyage de la Franche-Gomtë pour savoir comment aujourd’hui 011 y fabrique le sel : mais pour savoir comment on l’y fabriquaitil y a quatre ou cinq siècles , il faut lire les deux cent quatrevingt- deux articles de ces ordonnances qui forment une espèce de code de la fabrication et de la police, des saulneries ou salines, dont voici les principaux officiers. Il y avait d’abord un Pardessus^ car dans toutes les sociétés , dans tous les établissements , on n’ajamais pu se passer d’un chef. Son lieutenant était, qui diriez-vous? C’était le portier qui maintenant n’est sans doute que le portier. S’il faut un Pardessus , un lieutenant , il faut aussi un trésorier; il y avait un clerc trésorier. Il devait y avoir encore des préposés chargés d’enregistrer les demandes des marchands de sel ; il y avait des clercs de rôle. Il devait y avoir un officier chargé de la livraison du sel vendu; il y avait un clerc ventier. Je ne puis nommer les moutiers,les maîtres des œuvres, sans voir pour ainsi dire la fabrication commencer. Je vois en même temps les clercs de puits assis sur les bords des puits , les clercs au bois, au charbon faire allumer les feux des chaudières qu’entourent les ouvriers , les ouvrières, les saulniers , les saulnières. Eh î qui est au

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milieu d’eux, tenant un papier? C’est le clerc du sel. Et tout autour, ça et là, quels sont ces hommes Défaisant rien, s’impatientant contre la lenteur des travailleurs? les ordonnances les nomment les guettes. Que d’autres officiers, tels que le contrôleur-ge'nëral, le clerc du sel, l’ouvrier directeur qu’on faisait venir ou que dans les commencements on avait fait venir des mines de la Pologne, le maistre poulain! que d’autres officiers à nommer ! L’histoire des salines de la Franche-Gomte'est une partie de l’histoire des arts mécaniques français , mais ce n’est pas la partie la plus connue. Si, comme on peut le craindre, ces ordonnances vont loin, il faudra , je crois , pour en avoir d’autres s’adresser aux ducs de Bourgogne.

Statuts des orfèvres et jouailliers de Flandre et de Brabant^ année 1608, manuscrit original, un vol. grand in-fol., bas. rac. violette, dent. 25 fr.

J’ai lu avec attention ces statuts. Ils ont beaucoup de rapport avec les statuts français du même temps ; toutefois il y a cette différence , que les statuts français semblent s’occuper un peu moins de l’argent, de l’or, et un peu plus de l’orfèvre. Dans les statuts brabançons l’état de l’art se montre d’abord sous le rapport de la fabrication de la matière. Il paraît que les chaînes, que les émaux étaient alors universellement de mode. La taille des pierres fines, la manière de

les enchâsser, de les monter sont très clairement décrites. Grand nombre d’articles ne sont occupe's que par le poinçon ^ le titre , les droits. Le fisc faisait la loi; il la faisait un peu pour lui.

Statuts des tanneurs^ corrojeurs, baudroyeiirs ^ sueurs, homologués par le Roj en 1 545, manuscrit du xviie siècle, copie sur vélin, d’après l’original , par deux notaires au Châtelet; un vol. in-4®? basane racine rouge . /{O

Comment sans ces statuts faire l’histoire des procédés de ces quatre arts et de leur police réglementaire ?

Statuts des drappiers , sergiers , frocquiers , castelogniers , com’erturiers , manufacturiers de la ville de T^ernon , de l’an i564, manuscrit de l’année i645, un vol. in-fol., basane racine verte dentelles . 5o fr.

Mêmes observations;

Petit portefeuille oïL sont contenues vingt pièces originales concernant les chariots, coches et carrosses , depuis Vannée \l\^o jusqu à Vannée 1688 . . 1 5 fr.

G’est-a-dire depuis le temps où il n’y avait que les princes et les princesses qui allassent en carrosse, jusqu’au temps où les comédiens et les comédiennes y

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alièreiit ; car la première pièce est un compte relatif au chariot de la comtesse d’Angoulême , et les deux dernières sont des quittances du prix des carrosses fournis' aux comédiens français, italiens, pour le voyage de Fontainebleau. Ce n’est guère que là qu’on trouve les anciens noms des voitures ; c’est beaucoup , mais ce n’est pas tout. Mon xvi® siècle, station des ateliers français , offre encore d’autres documents pour une histoire des carrosses qu’on vendrait et à ceux qui y montent et à ceux qui vont à pied^ aux uns en gros, au volume^ aux autres en detail, à deux sous la feuille . 3o fr.

Roole des journées doiwriers employés pour le roy au noiweau jardin de Trianon^ année 1700, manuscrit original, in-fol.

Ne serait-il pas curieux de comparer le genre et le prix des travaux de Trianon , faits à la fin du xvii® siècle, avec le genre et le prix des travaux des Mares, le Trianon des comtes d’Artois, faits à la fin du xm*?

Mémoires d! ouvrages faits à V hôtel de Monsieur^ à Versailles ^ manuscrit original de l’année lyyS.

Il y a beaucoup de de'tails de différent sarts , beaucoup de différents prix. Ce manuscrit aura un grand intérêt dan sla suite.

D’ailleurs mêmes observations.

Dépenses du bureau des droits pour les cotifirmations des ventés des maîtrises à Paris y année

li J a donc un peu pius de cent ans qu’à Paris on vendait comme aujourd’hui la permission de travailler.

Ces trois minces manuscrits^ renfermes dans un portefeuille. . . 10 fr.

Bail des trois forges de Glacières en Berry ^ ou se trousse la description détaillée de ces trois usines^ manuscrit de 1734. Un vol. in-fol. max., cartonné.

Devis des réparations nécessaires aux forges de Clavieres et au château et domaines en dépendant , manuscrit de 1777. Un vol. petit in-fol. , parchemin vert. Ces deux vol. ensemble. ... 20 fr.

Ces deux manuscrits ne peuvent être Sépare's ; le premier de'crit une des plus grandes usines du Ber ri , ses appareils, ses machines, telle qu’elle était en l’année le second décrit cette même usine en

1777 , avec les dégi adations qu’elle avait éprouvées et le prix des restaurations. L’un et l’autre, sous divers rapports, peuvent servir à i’histoire de la métallurgie%

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Inventaire de la sacristie de Vinstitutlon de V Oratoire de Paris ^ fait le 3 septembre 1767, manuscrit original auquel est joint un mémoire de ce temps sur la maison de l’Oratoire, fondée au faubourg Saint-Jacques. Un vol. in-4® cartonné. . . 8 fr.

Les inventaires des sacristies sont à rechercher pour l’histoire de l’orfèvrerie, du tissage, de la broderie. Ces monuments deviennent de plus en plus rares.

Mémoire des ouvrages de maçonnerie faits au pavillon du château de Compiègne ^ année 1769. Un vol. in-fol., parchemin . 5o fr.

J’ai vu , en ma vie, bien des comptes de maçonnerie ; je n’en ai guère vu d’aussi gros, d’aussi épais. On pourrait en tirer un entier vocabulaire de l’art. On pourrait en tirer encore un tarif des prix de la toise de la fouille des terres , du prix de la toise du moellon , de la pierre de taille , du prix du ciment , du plâtre , du prix de la maçonnerie des différentes espèces. Les maçons, les tailleurs de pierre , les manœuvres, tous , même leurs piqueurs y sont mentionnés, ainsi que les taux de leurs journées. Ce compte est des Denis père et fils. Je me représente ces deux riches maçons le portant à Bellicard, architecte du roi. Je les entends lui dire , après de profondes révérences : Monsieur Bellicard, le tout,

au plus juste, monte à deux cent six mille deux cent trente livres, onze sous, quatre deniers, L’architecte vérifié : les prix ne lui paraissent pas exagères. Il approuve ; mais il sait , il se dit que le prix du travail diminue a proportion des grandes et des plus grandes sommes à payer ; mais il sait aussi, il se dit aussi que les Denis sont protèges ; etil se tait chez le marquis de Marigny, directeur général des bâtiments, où je me le représente ensuite, où je le vois rendre les révérences qu’il vient de recevoir des maçons, où je l’entends dire : Monseigneur! ces prix des ouvrages senties prix ordinaires; véritablement, continue-t-il, y a deux cent mille livres à payer ;-mais regardez un peu l’épaisseur de ce compte. Je me représente enfin le marquis de Marigny entrant dans le cabinet de Louis XV : Sire ! la maçonnerie de votre pavillon ne coûtera guère que deux cent mille livres. Le compte que voilà porte qu’elle a été faite sous vos yeux. Oui ! oui! qu’on -paye! On paye. Le roi est content, le marquis est content, l’architecte est content, les entrepreneurs encore plus contents. Tels étaient les comptes sous Louis XV; tels ils avaient été sous Philippe-Auguste. Je ne puis dire comment ils sont sous l’économe Louis-Philippe; mes successeurs le diront .

Dessin d'un puits qui va cheixher Veau pure

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sous la terre fangeuse , pareil à celui du fort de Kénoque^ année 1684.

Plan et profil de la machine qui sert à enlei>er les vases ^ par le sieur Decluse ^ im enté en 1720 par monsieur Castin^ ingénieur du Havre,

Modèle d’une charpente à étayer une voûte oîi une arche de pont de dix toises d’ouverture,^ faite à trois lignes pour pied , par Qabory^ mécanicien^ année 1786.

Ces trois plans renfermes dans un portefeuille . 6 fr.

Recueillez! conservez! est ma perpétuelle exhortation , surtout quand il s’agit d’arts mécaniques , et surtout de modèles.

Inventaire des biens de la succession de Bertrand de Tours , évéque et duc de Langres, Invent arium de bonis mobilibus,, etc, y manuscrit latin, original, de l’année iSqSf rouleau en parchemin, dix pieds de long sur un et demi de large, renfermé dans un étui.

Inventaire du mobilier et des biens de la veuve du président Nicolay année 1597 ? iwanuscrit du temps. Un vol. in-fol., ancienne reliure.

Inventaire des biens et du mobilier de Bella-

voine^ manuscrit original de l’an 1667, Un vol. in-fol., veau brun, filets.

Inventaire des meubles de Geneviève Brouillaudy veuve de Lemeraj ^procureur, année 1747^ manuscrit original. Un vol. in-foL, parchemin vert.

État des meubles de la grande écurie du roi, à Versailles, année 174^7 manuscrit original, petit in^foL, basane bleue bronzée.

Inventaire du mobilier du maréchal de Belle- Isle, manuscrit de 1761. Un vol. petit, in*fol., cartonné.

Inventaire des biens et du mobilier de la duchesse de Mortemar^t^ année 1784, manuscrit original, in-fol., parchemin.

Ces sept inventaires, ensemble. .... 5o fr.

Les inventaires descriptifs sont les vrais livres de l’histoire des arts de diverses époques j et ne serviraient-ils qu’à classer et à disposer les objets des musées des arts mécaniques du moyen-âge et des siècles modernes, ils devraient être fort recherchés et très prisés. Mais, me demandera-t-on, où sont ces musées? Je suis bien fâché d’être obligé de répondre : Je ne sais ! nulle part î Aussi , au chapitre des arts mécaniques du xviiie siède, de THistoire des Français des divers états, qui n’est pas encore publié,

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ai-je propose d’en établir. J’en ai verbalement et par écrit souvent parle à des gens de lettres de différentes villes, j’en ai demandé un pour Paris; à M. le ministre de l’intérieur. Je lui disais : « Le « Conservatoire des arts et métiers de la rue Saint- « Martin est comme l’histoire de la république ro- « maine qui ne serait pas précédée de l’histoire des « rois de Rome, comme l’histoire du Bàs-Erapire qui « ne serait pas précédée de l’histoire du haut em- « pire. Il faudrait donc, si je puis parler ainsi , un « conservatoire introductif, un musée des âges an- « térieurs , disposé en une suite de celliers , d’offices, « de cuisines, de salles, de chambres, de cabinets, <î d’oratoires, de cambres au miroir^ de comptoirs (( des dames , oii l’on verrait les anciens vaisseaux « vinaires^ les anciens ustensiles de cuisine, (os « anciens meubles, les anciens habillements ; où l’on « verrait tout, jusqu’aux anciennes toilettes, de ma- « nière que si la reine épouse de Philippe de Valois , « ou la reine épouse de Henri IV, revenaient , elles « pussent remercier M. le ministre de leur avoir (( refait leur monde au milieu du nôtre. Ce musee « précéderait^ â l’Abbaje Saint - Martin, celui du « Conservatoire entièrement disposé en une suite « d’ateliers où chacun des arts vivants aurait le sien, «c Serait-il bien di£§cile? serait-ll bien dispen- (( dieux de se procurer , soit chez les marchands de

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« curiosités, soit aux ventes des cabinets d’amateurs, « des collections d’objets qui tous les jours se dis- (c persent ou dépérissent ? De pareils établissements « se formeraient successivement dans toutes les villes « de France. Nos artisans viendraient les étudier, « et rien de bon, de beau des anciens âges n’y serait « perdu. Les nations étrangères les visiteraient, les « imiteraient. »

Maintenant je m’adresse à vous, gens de lettres des départements, et je vous dis: Faites ce que le ministre qui , lorsqu’il aura achevé les Tours du portail Saint-Sulpice , lorsqu’il aura achevé la restauration du Palais des Thermes, lorsqu’il aura achevé l’Arc de Triomphe, lorsqu’il aura achevé l’Hütel du Ministère des affaires étrangères, lorsqu’il aura achevé la plus vaste^ la plus belle place qu’il y ait au monde ^ celle du Carrousel, lorsqu’il y aura élevé au milieu l’obélisque de Luxor , entouré d’une légère colonnade égyptienne, afin de dérober à l’œil le défaut de parallélisme des Tuileries et du Louvre, portera le titre d’acheveur^ titre si glorieux , titre unique en France. Faites dans vos différentes villes ce que sûrement il fera dans la capitale aussitôt qu’il le pourra. Fondez dans les anciens couvents des villes, dans les anciens édifices, des musées d’arts mécaniques des siècles passés et du siècle actuel. Ouvrez ces salles d’asile et d’instruction qui,

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durant les jours de repos ^ durant les jours de neige , de pluie, videront, au grand profit des mœurs , de l’economie domestique , de la paix des familles , les cabarets, les cafés et les maisons de jeu. Vous aimez , vous vous plaisez à dire que vous aimez les laborieuses, nombreuses classes du peuple ; vous avez là une solennelle occasion d’en donner une indubitable et durable preuve.

Portefeuille contenant douze manuscrits relatifs à la société des arts de Vannée 1729. . 20 fr.

Cette socie'te se forma sous la protection du comte de Clermont. La copie de ses statuts forme le premier dossier de ce portefeuille ; on y lit la lettre du ministre qui permet que les sociétaires s’assemblent, mais qui refuse provisoirement l’homologation royale. A la suite de cette lettre sont écrits les noms

des sociétaires, parmi lesquels on distingue les artistes Julien, Lagrive, Gaudron, Ledran, et les personnages qualifies, le chevalier de Bëthune, le prince de Grimberglien et autres. J’ai conserve' avec soin quelques-uns des monuments de l’existence de cette société , que les anne'es et plus encore les explosions révolutionnaires ont disperse's^ lorsqu’elles ne les ont pas de'truils.

« Me'moire de Gaudron, horloger du duc d’Or-

lëans, sur une petite pendule dont le me'canisme est de son invention, 29 mai 1729. »

te Réflexions sur la différence des machines, entre celles attache'es à un point fixe et celles qui voguent avec les bateaux qu’elles tirent, 18 juillet 1729. » « Me'moire sur une addition qu’on pourrait faire aux rouets à filer, avec un dessin , 1 8 janvier 1733. » c Rapport des commissaires sur trois machines , dont l’une est destinëe à curer les ports , l’autre est une grue d’une construction nouvelle , et l’autre est un petit cabinet d’histoire naturelle à tablettes s’élargissant à volonté', 8 février iy33. »

« Observations sur la coupe des bois avec dessins à la plume, 26 août 1733. a

(( Description d’une nouvelle pompe , par laquelle on peut ëlever l’eau à une hauteur extraordinaire par une voie continue, avec dessins. >»

« Mëmoire sur une machine pour faire sans couture des chaussotis, chaussettes, coiffes, et autres semblables habillements , i4 octobre 1757. »

a Description d’une machine propre à donner un mouvement uniforme. )>

a Mëthode de construction des horloges solaires, avec figures. »

(( Mëmoire sur les cabestans ou vindas^ avec un dessin. »

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« Mémoire sur la colle faite avec la farine de la racine de chisich , en usage dans TAsie , destinée à remplacer la colle de farine de blé qui attire les insectes. »

c Lettres de Julien Leroj à un horloger de province sur la nouvelle manière de placer les quadratures de pendules à répétition , avec un dessin. )>

Portefeuille contenant vingt -cinq mémoires originaux y du xviii® siècle^ sur les arts et mé^ tiers . . . 3o fr.

Il y en a un du fameux brasseur , général Santerre^ avec les dessins coloriés de sa brasserie 5 il y en a un autre sur les moulins mis en mouvement par la vapeur. Attention !

Recueil de deux cent soixante et dix -neuf pièces originales relatives à divers arts mécaniques , XIV®, XV®, XVI®, XVII® et XVIII® siècles. Un vol. in-fol. max.^ basane, porphyre vert, dentelles. 200 fr.

Qu'on se figure cinq expositions des produits des arts mécaniques , telles que celle qu’en ce moment on voit à la place Louis XV , successivement faites à chacun des cinq derniers siècles , avec les perfectionnements progressifs , et l’on aura une idée de la variété chronologique de ce grand et nouveau manuscrit.

Terminerai-je ici ce chapitre ? Non, car je ne puis passer à un autre sans m’arrêter un moment pour acquitter envers l’exposition actuelle ma dette d’admiration et de louanges. J’ai êtë enchante, e'bloui. Les artisans des vieux siècles l’auraient e'te' bien davantage. Que si nous cherchons les causes de ces incommensurables progrès^ nous les verrons dans les progrès des sciences et dans les progrès des beaux-arts; oui, sans doute : dans l’institution des expositions, due au ministre F rançois de Neufchâteau ; encore : mais il faut aussi les voir dans les' écoles . d’aiTs et métiers, quoique si mal, si injustement placées. L’école de Châlons ne devrait-elle pas être à Lille , et celle de Beaupréau à Lyon ? Et ne devraitil pas y avoir à cette future capitale du Midi^ qui^ dans les siècles futurs, fera nécessairement décroître Bordeaux et Marseille , une école d’arts et métiers? et pourrait-elle être plus avantageusement placée qu’à Toulouse? Gens de lettres^, je m’adresse une seconde fois à vous ; je m’adresse à vous surtout gens de lettres de la presse quotidienne, qui écrivez continuellement la vraie histoire nationale de France, l’histoire de l’agriculture, des arts, du commerce, du gouvernement , de la législation , de la guerre de la marine, des sciences, l’histoire des diverses parties de l’ordre social, des divers états; votre plus respectable tâche est de demander la justice pour lespro-

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vinces comme pour les hommes. Demandez-la pour les provinces de cette pauvre France méridionale^ toujours immolée aux provinces de cette superbe France septentrionale; demandez-la pour ce Midi immolé à l’intérêt du Nord, jusque dans l’enceinte de Paris, où le Nord a toul, où le Midi n’a rien; de quoi je vais donner une nouvelle preuve. Le grand Opéra avait été équitablement bâti au centre de Paris; il est brûlé ; on le porte au nord. Il est ces dernières années démoli ; on le porte encore plus au nord. On se moque des Parisiens du midi de la Seine comme on se moque des Français du midi de la Loire. Au moment où j’écris cette page, les journaux me disent que la fabrique d’armes de Maubeuge pourra bien n’êlre pas transférée au centre de la France^ au risque d’être de nouveau interceptée par l’ennemi , et au moment où j’imprime cette même page, ils me disent qu’elle n’y sera pas transférée , qu’elle est définitivement de nouveau fixée à Maubeuge, où, depuis cette nouvelle, on boit, on chante, on se réjouit, où l’on va donner une grande fête à laquelle sûrement la France ne prendra point part.

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