HISTOIRE DES BEAUX-ARTS ET DES ARTISTES
On aurait bien ri , il n’y a pas très grand nombre d’années , si j’avais proposé de porter dans la royale, noble, militaire et ecclésiastique histoire de France, les beaux-arts, tous les beaux-arts. Et si j’avais demandé: Pourquoi pas? on m’aurait fait une réponse dont aujourd’hui on rirait bien davantage. Nos idées se sont étendues et sont devenues plus justes.
Recueil de vin^t- quatre pièces originales ^ signe'es par des peintres ^ des sculpteurs , des graveurs et des architectes des siècles passés ^ ou qui leur sont relatives. Un vol. in-fol., maroquin bleu, dentelles . . 6o fr.
On verra dans ce recueil l’écriture et le seing de plusieurs anciens, grands peintres, qui ne maniaient pas aussi bien la plume que le pinceau. On y apprendra que plusieurs peintres étaient en même temps peintres et vitriers ; que, pour épargner le verre, ils faisaientso uvent des vitres avec de la toile gommée, sur laquelle ils figuraient avec des lignes noires le plomb des carreaux ; et qu’alors les peintres étaient
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par consëqUeiit aussi uii peu tailleurs. On j verra encore l’e'criture et le seing de quelques grands sculpteurs ; on y apprendra de quelle manière naïve un bourgeois de Paris faisait la commande et prenait mesure de son tombeau. Il n’y a dans ce recueil qu'une seule signature de graveur; il n’y en a non plus qu’une seule d’architecte; mais c’est celle de Perrault.
Heures manuscrites du xiv^ siècle , avec dixhuit miniatures. Un vol. in-S» , maroquin vert gaufre, dentelles, tabis.
Heures manuscrites du xv^ siècle ^ avec quarante-cinq miniatures. Un voh in-S^^ maroquin bleu gaufre, dentelles, tabis.
Heures manuscrites du commencement du XVI® siècle y avec quinze miniatures. Un vol. grand in-8o, maroquin bleu gaufre', dentelles, tabis; les trois paires d'heures ensemble. . . . i8o fr.
Ces Heures sont belles, superbes. Je remarquerai sur celles du xiv® siècle, qu’au-dessusdel’e'Vangile^ecundumMarcumesl peint uii personnage assis, ayant devant lui un grand rouleau de bois où se déroule un antique volumen y un lo . g i oüleau écrit. Je parlerai plus longuement de celles duxvi® siècle^ qui, ainsi qu’on le voit par une petite pièce des vers de ce
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temps, ont été données en présent d’amour. La manufacture de la Savonnerie me les emprunta, il y a quelques années , pour en copier les bordures 5 véritablement elles sont peintes avec un goût et un éclat dont aujourd’hui même les gens de l’art sont étonnés. Ces Heures , ou de pareilles Heures , devraient se trouver en plus ou moins grand nombre dans les bibliothèques des célèbres manufactures, surtout des manufactures de rubaneries ; aussi me prend-il envie d’écrire au maire de Saint-Etienne la lettre suivante : « Monsieur le Maire , il est fort singulier^ il n’en est pas moins vrai que les modèles des plus jolis rubans, dans le goût du jour, se trouvent peints le long des pseaumes de l’église à des Heures du xv!® siècle qui vont être mises en vente avec mes autres manuscrits. J’ai l’honneur de vous en prévenir. Voyez, je vous prie, dans ma lettre moins l’envie d’attirer un enchérisseur de plus que la crainte que ces beaux dessins tombent entre les mains du maire de Gonventri quipourraitbien les faire acheter pour ses rubaniers, afin qu’ils puissent moins difficilement lutter avec les vôtres. »
Heures manuscrites du xiv® siècle^ ayant treize miniatures. Un vol. in-i2, maroq. rouge, dentelles.
Heures manuscrites du siècle^ i vol. in-12, maroquin rouge.
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Ces deux paires d’Heures, ensemble. . . 6o fr.
La dernière miniature de la première paire d’Heures est remarquable en ce qu’elle représente un enterrement oii le cercueil-omnibus est remporté vide, tandis qu’on descend dans la fosse le mort dont le \ isage est découvert et dont le linceul est marqué d’une grande croix rouge sur la poitrine , et d’une petite sur les pieds. La dernière miniature de la seconde paire d’Heures est encore plus remarquable. On y voit le Diable sur le bord d’une tombe , qui avec ses griffes déterre un mort.
Miniatures et vignettes de Vantiphonier d^it le Canterael ^ manuscrit sur vélin, de l’an idSg, in-fol. max. , cartonné . 4^ fr*
Ce recueil contient trente miniatures ou grandes lettres historiées ; on ne peut les mettre au-dessous de 5o sous’ chacune. Ceux qui en achètent chez les marchands de curiosités savent qu’elles coûtent trois et quatre fois plus , bien qu’elles soient découpées et ne lai^ent pas trace du manuscrit dont elles ont fait partie, au lieu qu’ici elles forment l’entier système d’ornement d’un grand et dispendieux manuscrit connu, dont elles sont les seuls restes.
Portefeuille contenant des manuscrits relatifs à V architecture . lo fr.
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Ces manuscrits ont environ cent ans deux ont quelque intérêt. L’un est un discours sur l’architecture, écrit de la main de Philippe Buache ; architecte lauréat avant d’être géographe. L’autre est une lettre sur la proportion que doivent avoir entre eux les différents ordres d’architecture employés dans un même édifice. L’autre est un traité d’architecture avec les profils des cinq ordres , où on lit enplusieurs endroits : corrigé : corrigé* S’il y a des gens qui n’ont pas peur d’Hérodote, ni de Tite- Live , il en est d’autres qui n’ont pas peur non plus des Toscans, ni des Ioniens , ni même des Corinthiens.
Differents plans coloriés de Chalgrin, architecte de l’Arc de Triomphe , signés par luij au nombie de huit, renfermés dans un portefeuille. i5 fr.
Témoignez toujours votre respect pour les traces qu’ont laissées sur le papier les conceptions des grands architectes , et vous recueillerez souveni de bons documents pour l’histoire de l’architecture.
Portefeuille contenant des plans et dessins d’une colonne^ peut-être de celle qui de^^ait support er la statue que ISiapoléon roulait dresser au peuple Français . lo fr.
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Après un assez long examen, je crois que c’est fort vraisemblable ; les gens de l’art prononceront.
Voyage de Paris à Richelieu ^ par Dufournj et Viscontien Vannée 1800 , manuscrit autographe deDufourny, avec figures. Un vol.in-80, veau rose, filets . 80 fr.
On m’aura quelque obligation d’avoir sauvé ce monument littéraire de deux artistes célèbres ; il n’y en a qu’une partie écrite à la plume ; le reste est écrit à mi-marge avec un crayon à pointe aussi nette et aussi affilée que celle de la plume. C’est aussi avec un crayon que sont tracées, tout à côté de leur description, plusieurs parties d’édifices ou d’ornements. J’ai trouvé joint à ce journal deux vieilles gravures de Chambord où les voyageurs passent. J’y ai trouvé aussi des lettres relatives à ce voyage, plus les comptes des frais; j’y ai laissé tout. Dans ce journal de voyage de deux artistes antiquaires , les objets d’art y doivent occuper et véritablement ils y occupent un grand espace^ mais non tout l’espace; je ne suis d’ailleurs pas fâché que ces savantes descriptions soient entremêlées comme elles le sont ici, de descriptions de chemins , de rencontres de voitures , de rencontres d’auberges et, entre autres, j’y ai lu avec plaisir la piquante rencontre du conventionnel Châles. Partout, cela va sans dire, les deux artistes
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sont invites, fêtés 5 ce qui donne lieu aussi a d’autres épisodes. Il me semble que ce petit manuscrit devrait être publié par quelque artiste homme de lettres qui en ferait un joli petit volume. On me dira que les lieux décrits par les deux voyageurs avaient à été décrits et ont été depuis décrits par d’autrès. Par d’autres, répondrai-je, qui sans doute n’avaient eu ni les yeux, ni le compas, ni la plume de Visconti et de Dufourny. Mais qu’allaient faire a Richelieu ces deux artistes? Ils y allaient, au nom du gouvernement, enlever les statues et les tableaux du château , le musée de la ville , devenu propriété .de l’Etat. Ah ! que je dise ici aux habitants des provinces de s’opposer de toutes leurs forces à ce que Paris attire , engouffre tous les plus beaux monuments des arts^ à ce qu’il défleurisse le reste de la France. Je leur révélerai d’ailleurs qu’on y conserve assez mal plusieurs de ces monuments échappés à l’efîervescence et à l’ignorance révolutionnaires. Entre autres , il y avait au coin de la rue des Augustins une granile vieille pierre du xiv^ siècle, sculptée et représentant les sergents de la ville, chaperon joas , venant demander pardon à l’université d’aveir violé ses privilèges. J’ai vu cette pierre à la place qu’elle occupait depuis tant de siècles; je l’ai ensuite vue encastrée dans les murailles du musée des monuments français; je l’ai ensuite vue dans la première
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cour exposëe aux coups de pierre des enfants; ensuite je ne l’ai plus vue. Existe-t-elle encore? où est-elle? je ne sais. J’écrirai ici ce qui depuis long-temps me pèse dans la plume. Il manque dans nos écoles primaires et secondaires un grand tableau portant en très grosses lettres : Respect aux magistrats ! aux vieillards !' aux monuments !
Missel de VAhhaye de Marmoutier^ avec musique ^ manuscrit du xi® siècle sur vélin. Un vol. iu'fol., veau bleu, gaufré . 200 fr.
Ce manuscrit, en notes franconiennes , est, suivant l’opinion du savant M. Fétis , un des plus beaux qui se soient conservés.
Musique de messes^ écrite du temps de Gui d’Arezzo^ manuscrit sur vélin, in-foL, maroquin rouge, gaufré . 35o fr.
Je ne sais pourquoi je ne porte pas plus haut la mise à prix de ces deux manuscrits; 'elle pourrait sans exagération être une et deux fois plus forte. Les étrangers, l’académie de Turin surtout, en ont grande envie ; je ne puis en douter : et si^ aux enchères, les musiciens français les laissent sortir, comment les remplacer? J’ai examiné un fort grand nombre de manuscrits de ce genre , a la Bibliothèque du Roi; je nVm ai pas vu d’aussi grands. J’j en ai
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bien vu d’aussi anciens et même de plus anciens ; mais non en notes à queue.
A ce sujet de notation je veux, sans plus attendre, faire au laborieux , habile et aimable historien de la musique, M. Fe'tis^ une question que je lui ai déjà faite verbalement et dont il a ajourné la réponse. Je lui demande s’il accorde l’invention d’ut, ré^ mi, fa , sol , la , à Gui d’Arezzo , tandis que la notation lombarde à points losangés se trouve dans des manuscrits antérieurs de deux siècles. Je reviens aux deux manuscrits; autre remarque à faire : c’est qu’ils ont eu chacun trois copistes, l’un pour la grosse, l’autre pour la menue écriture, l’autre pour la musique. Il en est de même de tous mes autres anciens manuscrits de musique, et sans doute de tous ou de presque tous les anciens manuscrits de ce genre.
Musique d’un processional de religieuses^ manuscrit sur vélin du xvi® siècle. Un vol. in-S®, maroquin noir^ filets d’or . ^5 fr.
Au XVI® siècle les signes de la musique avaient commencé à se séparer de ceux du plain-chant, qui étaient les mêmes que ceux du plain-chant actuel^ soit parce que l’église est des diverses parties de la société celle qui change le moins, soit qu’à cet égard la nécessité fait forcée à ne pas changer. En effet, si ses livres de chant eussent été notés en musique , il aurait fallu
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les porter au bout du nez pour le lire , au lieu que cinquante chantres^ ayant bien dëjeunë, peuvent à dix pas chanter, tous ensemble, devant un même lutrin. Ce manuscrit aura un charme particulier pour les antiquaires, quand ils penseront qu’il est encore tout parfumë de l’haleine des jeunes vierges qui l’ont tenu ; quand ils verront que leurs mains blanches n’ont pas altërë la puretë du vëlin tandis qu’ils auront remarque' sans doute que le bas des feuillets des anciens processionaux des moines ëtait plus ou moins encrasse'. Toutefois que je dise le contre aussi bien que le pour; il est passe' quelques distractions par la tête de ces nonnettes qui ont copië ce manuscrit; il y a quelques fautes de latin , à la bonne heure ; mais il y a aussi quelques fautes de transposition de clës , l’ëcriture et la note en sont d’ailleurs fort belles.
OJjficiwn in solemnitate B, B, Marini et Leonis^ maSuscrit sur vëlin du xvii® siècle, presque tout en musique, portées rouges, notes noires. Un vol. in-foL, cartonne' . i5 fi’.
Dans le manuscrit prëcëdent^ antiennes^ hymnes en l’honneur de la virginité'; dans celui-ci, antiennes, hymnes en l’honneur de saint Marin et de saint Lëon. J’admire l’art avec lequel fauteur de cet office a mis successivement en prose et en vers la vie de ces deux saints de Dalmatie ; mais pourquoi a-t-il
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voulu mettre les vêpres avant la messe et pourquoi à la messe a-t-il voulu s’arrêterait Gloria ? Ce nvànuscrit et le précédent peuvent, sous les rapports que je viens d’indiquer et sous d’autres , servir a l’histoire des beaux-arts.
Le cent dix-neuviesme pseaume, avec les traîze autres pseaumes que Von appelle les degrez , le tout à quatre ^ cinq y six et huict parties y entremeslez de trios , yuar de V^ïllefort , manuscrit du xvie siècle. Un vol. in -fol. pour la largeur, mais haut seulement de huit pouces, c’est-à-dire ancien format à l’italienne, maroquin vert, dentelles. . . 5o fr.
Je me trouvai, il y a quelque temps, dans une maison oii quelqu’un dit qu’il avait de la musique des mystères. De la musique des mystères! m’écriai -je, allons vite la voir! Nous sortons, nous courons, car la curiosité me donnait des ailes. Nous arrivons; cette musique des mystères ne fut autre que celle-ci : Monsieur, dis-je en riant à la personne qui m’avait emmené, votre musique^ bien loin d’être une musique de saints mystères , me paraît au contraire sentir l’ancien fagot. Il paraît que c’est cette vieille musique de calvinistes, qui, aux malheureux temps passés, faisait ruisseler de sang la France. — N’importe , cette musique n’est pas d’aujourd’hui. — ‘Elle a deux siècles et demi au plus ; vous n’êtes pas antiquaire,
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continuai-ie; vous n’eo tireriez aucun parti; ii faut vous en défaire. Quel prix y mettriez-vous ? Ce brave homme, ne pouvant s’ôter de la tête qu’il possédait un manuscrit de musique d’une grande rareté et d’une grande valeur, m’en demanda une si forte somme que je lui répondis par un grand éclat de rire , et je lui dis : Le titre de votre manuscrit annonce six , huit parties ; vous n’en avez qu’une. Il est vrai que c’est la principale avec laquelle on peut faire les autres; c’est celle du ténor^ du sujet, du chant; c’est d’ailleurs sur cette partie qu’a été mise l’épître dédicatoire signée du nom et peut-être de la main de l’auteur, comme je suis tenté de le croire ; et alors ce manuscrit serait autographe : mais, autographe ou non , vaille que vaille, je vous en offre tant ; c’était à peu près la mise à prix qu’on vient de lire. Le manuscrit, après quelques autres débats, me demeura. Je fai depuis examiné plus a mon aise et cependant je n’ai que deux observations a ajouter : la première, que la mu» sique du iig® pseaume est variée à chaque verset, tandis que dans les autres pseaumes il n’y a d’autre musique que celle du premier verset, et que les versets suivants se chantent sur le même air; la seconde, que le ténor se confond quelquefois avec le superius ou le bassus, et, chose singulière, qu’il y a deux lacet, ce qui annonce qu’alors les autres parties continuaient léchant ou le répétaient.
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Duos recueillis y écrits notés et dessinés par Syhestre y copiste de musique au Cerceau d!or^ manuscrit de l’année 1765. Un vol. iii-4®, doré sur tranche, veau écaille, filets . 10 fr.
Quand on a dit la couleur du style de ce poème, de ce livre, on a été très hardi; quand ensuite on a dit la couleur de cet allegro^ de cet andante , de ce quatuor, on a été encore plus hardi et peut-être trop hardi; mais ce recueil de duos est à chaque page embelli de tant d’ornements , bleus , verts , rouges, qu’ici la musique a vraiment une couleur.
Recueil de cinquante - neuf pièces originales , signées par des musiciens des siècles passés ou qui leur sont relatives. Un vol. in-fol. , maroquin rouge, dentelles . 90 fr.
Ce manuscrit sera également utile et pour une nouvelle édition du dictionnaire des musiciens et pour 1’histoire‘de l’ai l. Il a conservé plusieurs noms que le destin des noms, si couvent aveugle, avait injustement oubliés.
Menus plaisirs du Idoj , manuscrit original sur vélin, année 1678, petit in-fol., doré sur tranche, couvert de vélin blanc, dorures , fleurs-de-lis sur le plat . . . . 60 fr.
Les dépenses de ce compte offrent une suite
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de points de vue les plus piquants de la cour de Louis XÏV à une des plus belles années de son règne. D’abord les artisans delà cour , menuisiers, vitriers, malliers, coffretiers, barbiers 5 ensuite les gens de service , porte-meubles, porte-arquebuse , valets d’èpagneuls ; ensuite la chapelle, la musique , les chantres^ l’orchestre, avec les noms de l’Archevêque de Rheims, maître de la chapelle, deLulli, deBoè'sset, de Lambert, surintendants; ensuite le lit de chasse du Roi, ses chars , ses chevaux , ses tapissiers ; ensuite le ministre de la guerre Louvois, intendant des postes et relais , les courriers de cabinet , les postes de cour , les postes assises ; ensuite les apothicaires , les marchands ciriers avec leurs bougies, leurs flambeaux ; ensuite les ballets, le machiniste Vigaronni; ensuite la ménagerie de Vincennes, ensuite la comédie italienne avec les grosses rétributions accordées au •célèbre Tiberio Fiorelli Scaramouche , la comédie française de l’hôtel de Bourgogne avec les frais des carrosses pour les voyages de Fontainebleau, de Versailles, la livraison de pain, de vin, et pas autre chose. Jeune, belle, élégante, mademoiselle Taglioni, alors vous n’auriez eu ni meringues, ni petits biscuits à la crème ; de gros pain blanc 1 de gros vin rouge ! mais les jeunes Gavoi, les jeunes Villarceaux parés de leurs chapeaux a panache , de leurs nœuds de ruban , de leurs baudriers à paillettes d’or, auraient circulé au-
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tour de vous; ensuite les concerts deBoësset, de Philidor, avec les demoiselles de la musique du Roij avec le grand clavecin du Roi ; ensuite la célébration des victoires, les cinq Te Deum avec musique, illumination; ensuite les feux d’artifice; ensuite et enfin les sauts, les caprioies de la troupe d’Allard. Mais tout à coup s’ouvre la chambre du Dauphin ou, au milieu des differents maîtres d’agrement du jeune prince, se montre la grande et austère figure du Monpansier de fOraison funèbre.