‹ Traité de mécanique célesteChapitre 74 sur 158 · LIVRE XIII i · texte numérisé non relu

LIVRE XIII i

nul sur un résultat conclu d'observations faites le même jour et dans le court intervalle de six heures : le baromètre varie presque toujours avec assez de lenteur, pour ne pas troubler alors sensiblement l'effet des causés régulières. Voilà pourquoi le résultat moyen des variations diurnes de chaque année est toujours le même à fprt peu près, quoiqu'il y ait des différences de plusieurs millimètres dans les hauteurs moyennes absolues barométriques des diverses années; en sorte que si l'on comparait la hauteur moyenne de neuf heures du matin, d'une année, à la hauteur moyenne de trois heures du soir, d'une autre année; on aurait une variation diurne, souvent très fautive, quelquefois même d'un signe contraire à la véritable. Il importe donc pour déterminer de très petites quantités, de les déduire d'observations faites le même jour, et de prendre une moyenne entre un grand nombre de valeurs ainsi obtenues. On ne peut conséquemment déterminer le flux lunaire, que par un système d'observations faites, chaque jour, au moins à trois heures différentes, conformément au système suivi à l'Observatoire.

M. Bouvard a bien voulu relever sur ses registres, les observations barométriques du jour même de chaque syzygic et de chaque quadrature, du jour qui précède ces phases, et des premier et second Jours qui les suivent. Elles embrassent les huit années écoulées depuis le i" octobre i8i5 jusqu'au i ,r octobre i8a3. J'ai employé les observations de neuf heures du matin , de midi et de trois heures du soir : je n'ai point considéré les observations de neuf heures du soir , pour diminuer, le plus qu'il est possible, l'intervalle des observations. D'ailleurs, celles des trois premières heures ont été faites plus exactement aux heures indiquées, que celles de neuf heures du soir; et le baromètre étant éclairé par la lumière du jour, dans ces premières heures, la différence qui peut venir de la manière diverse dont les instrumens sont éclairés, disparaît. En comparant à mes formules, les résultats de ces nombreuses observations qui correspondent à 1 584 jours ; je trouve un dix-huitième de millimètre pour la grandeur du flux lunaire atmosphérique, et trois heures et un tiers sexagésimales, pour l'heure de son maximum du soir, le jour de la syzygic.

Cest ici surtout que se fait sentir la nécessité d'employer un très grand nombre d'observations, de les combiner de la manière la plus avantageuse, et d'avoir une méthode pour déterminer la probabilité que l'erreur des résultats obtenus, est renfermée dans d'étroites limites,

méthode Bans laquelle on est expose' à présenter comme lois de la nature, les effets des causes irrégulières ; ce qui est arrivé souvent en Météorologie. J'ai donné cette méthode dans ma Théorie analytique des Probabilités. Eu l'appliquant aux observations, j'ai déterminé la loi des anomalies de la variation diurne du baromètre, et j'ai reconnu que l'on ne peut pas, sans quelque invraisemblance, attribuer les résultats précédens, à ces anomalies seules : il est probable que le flux lunaire atmosphérique diminue la variation diurne dans les syzygies, qu'il l'augmente dans les quadratures, mais dans des limites telles que ce flux ne fait pas varier la hauteur du baromètre, d'un dix-huitième de millimètre en plus ou en moins; ce qui montre combien peu l'action de la Lune sur l'atmosphère est sensible à Paris. Quoique ces résultats aient été conclus de 47^3 observations, la méthode dont je viens de parler fait voir que pour leur donner une probabilité suffisante, et pour obteuir avec exactitude un élément aussi petit que le flux lunaire atmosphérique, il faut employer au moins quarante mille observations/ L'un des principaux avantages de cette méthode est de faire connaitre jusqu'à que) point on ,doit multiplier les observations, pour qu'il ne reste aucun doute raisonnable sur leurs résultats.

Quelle est sur le flux lunaire, l'influence respective des trois causes du, flux atmosphérique que j'ai citées? 11 est difficile de répondre à cette question. Cependant le peu de densité de la mer par rapport à la moyenne densité de la Terre, ne permet pas d'attribuer un effet sensible au changement périodique de sa figure. Sans les circonstances accessoires, l'effet direct de l'action de la Lune serait insensible sous nos latitudes. Ces circonstances ont, il est vrai, une grande influence sur la hauteur des marées dans nos ports ; mais le fluide atmosphérique étant répandu autour de la Terre, beaucoup moins irrégulièrement que la mer, leur influence sur le flux atmosphérique doit être beaucoup moindre que sur le flux de l'Océan. Ces considérations me portent à regarder comme cause principale du flux lunaire atmosphérique, dans nos climats, l'élévation et l'abaissement périodiques de la mer. Des ' observations barométriques faites chaque jour, dans les ports où la marée s'élève à une grande hauteur, éclairciraient ce point curieux de Météorologie. ,

M. Bouvard a trouvé que la variation diurne moyenne du baromètre, dV neuf heures du matin à trois heures du soir, a été positive pour

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