‹ Traité de mécanique générale, comprenant les lecons professées à l'Ecole polytechnique (volume 5)Chapitre 28 sur 76 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

TRANSFORMATION D'UN MOUVEMENT RECTIUGNE ALTERNATIF EN CIRCULAIRE ALTERNATIF.

55. Système du balancier et au parallélogramme de Watt. — La disposition dont nous allons nous occuper {Jig. 98} a pour objet de transmeure au balancier le mouvement alter-

natif du piston dans certaines machines à vapeur, notamment celles dites de JFalt, de Cornwal et de Woolf.

Soient (/g. 98)

OAg l'axe de Hgure du balancier dans sa position horizontale;

0 la projection de l'axe horizontal de roution sur le plan vertical passant par OA,;

0A|, OA, les positions extrêmes de l'axe du balancier, symétriquement placées par rapport à O'A*;

TRANSFORMATION B'UN HODVBIIINT REGTllIflNB ALTSRNATIF, BTC. 1^5

yy' la verticale suivant laquelle doit se mouvoir la tige du piston.

On s'arrange de manière que la droite >y' passe à égale dis- , tance du point A, et de la corde A, Ai de l'arc total décrit par l'exlrémlté du balancier. La tige du piston est reliée, par une articulation, au sommetBfd'un parallélogramme à sommets articulés, Tormé par les trois tiges A,B„ B,Ci, CD. et par l'axe

de tigure OA. du balancier, et dont A,B,C,D,, A,B,C,D,sont les positions extrêmes et ABCD une position quelconque. On voit facilement que A, Ai ^ B, B, est la course du piston. Le sommet B étant assujetti à parcourir la droite yy', la ligure du parallélogramme est à chaque instant complètement déterminée, et le point C décrit une courbe qu'il est facile de construire par points. L'épure montre que cette courbe diffère peu d'un cercle passant par les trois points C„ Ci, C, et qui, en vertu de l'égalité des trapèzes B. B, C, d, BtB,CC,, a son

l46 QUATRIÈME PARTIS. — CHAPITRE YII.

centre situé à un certain point 0' de l'horizontale BoG«. Si l'on admet, pour un instant, que ces deux lignes se confondent, il sufBra, pour assurer le mouvement rectiligne du point B, d'assujettir le point G à se mouvoir sur le cercle CoCiCa, ce qu'on réalisera au moyen d'une tige ou contre-balancier 0' C, articulée d'une part à ce dernier point et de l'autre au centre 0', supposé fixe, du cercle ci-dessus; mais, comme ce cercle ne se confond pas rigoureusement avec la courbe qui serait tracée par le point C, le point B ne décrit pas exactement la droite x/* mais une courbe très-allongée, dite à longue inflexion, qui diffère très-peu de la verticale, comme nous le reconnaîtrons plus loin, ce qui par cela même ne donne lieu à aucun inconvénient sérieux dans la pratique.

Théorie géométrique, — On peut construire très-facilement par points la courbe à longue inflexion, en remarquant que, si Ton mène la parallèle OH à CD jusqu'à sa rencontre H avec BC prolongé, le point H, situé à une distance Constante de C, se meut constamment sur la circonférence décrite du point 0 comme centre avec un rayon égal à CD. Les extrémités de l'arc qu'il parcourt sont les points d'intersection Ho et Hi de cette circonférence avec les directions BoCo etBiCi ou B2C2, le second de ces points se trouvant évidemment sur la direction de BoCo. On voit ainsi que la courbe décrite par le point B fait partie du lieu géométrique engendré par un point déterminé d'une droite dont deux autres points C «f H s'appuient constamment sur deux circonférences données.

On aura donc autant de points que l'on voudra de cette courbe en marquant trois points 6, c, A sur l'arête d'une bande de papier, tels que l'on ail ic = BC, cA = CH, puis en faisant mouvoir cette bande sur la figure de nianière que les points h et c restent constamment sur les arcs respectifs H, H„ Cl Ca; les positions successives que prendra le point b appartiendront à la courbe à longue inflexion.

Le centre instantané S de la droite BH se trouve évidemment au point d'intersection des directions des droites O'C et OH, et l'on obtient géométriquement la normale, au point B, de la courbe à longue inflexion, en menant la droite BS.

TRANSFORMATION d'uN HOUYBHBNT RBGTILIGNE ALTERNATIF, ETC. l^']

Le centre instantané T de CD est, de même, le point de rencontre de O'CetOA.

Cela posé, cherchons à déterminer la vitesse angulaire (o du balancier, connaissant la vitesse Y du piston ou du point B.

La vitesse angulaire instantanée autour du point S étant

V se

rr^j la vitesse du point G est V ^5' e^ ïa vilesse angulaire

dis OD

se 00

insuntanée autour de T, V ^j ' gg ou V gf-rrgg» e» r^iîson du parallélisme des droites CD et OS. On déduit de là,

pour la vitesse du point D, V êTr» el pour la vitesse angulaire autour du point 0,

«=^, d'où V = «SB,

résultat très*simple qu'il est facile de traduire en langage ordinaire.

La droite qui joint les points 0 et B rencontre le côté CD en un point J, fixe sur ce côté pour tous les déplacements du balancier, qui décrit une courbe semblable à celle du point B et semblablement placée, et qui par conséquent se confond sensiblement avec la verticale. Cela résulte de ce que, les triangles ABO, DJO étant semblables, DJ est constant, et que OJ est proportionnel à OB. Le parallélogramme permet donc au balancier d'imprimer un mouvemeYit vertical à une tige ariiculée au point J de CD, dont la vitesse est à V dans le rapport de OJ à OB.^ Cette tige sert ordinairement à mettre en jeu la pompe du condenseur dite à air, dans les machines de Watt, et le piston de la détente des machines de Woolf.

Théorie analytique. — Prenons le point Bo pour origine des coordonnées et les directions respectives de BoO' et de Bojr pour axes des x et j.

Soient

X et y les coordonnées du point B ; L = OA la longueur du balancier; r=0'C celle du contre-balancier; r , / les longueurs des côtés AB, BC ;

l48 QUATRIÈME PART». — GHA^PITRE TH.

9, i}/, 9' ]es angles qui forment respectivement O'C avec 0' Ci»

BHavec H.B„ OH avec H, H.; I la projection du point 0 sur la direction de B,C«; b = B»I, c = Ol les coordonnées de ce point prises en valeur

absolue; d l'angle Al OAo;

h la demi-course du piston ou — i— î.

On a

. * h sin^= -•

En projetant les lignes brisées O'CB, BHOI sur Thorizontale et la verticale, on trouve les relations

r — l — X =. rcosff-— Icos^, /= rsinf -h/sinxp, x-j-b = Lcos^ — /cosf', j= Lsin^j^ — r'siny' h-c;

d'où, par l'élimination de 9 et de 9',

J* H- X* — 2 IfSlTi'^t ^ix[r—l-hl COS^^ )

j* -f- j?' — 2r(Lsin>I/-H r) -4-aa:(6 — Lcos^^)

-h L^ — ^LbcùS'^ — 2Lcsin>I;-h //*-+- c* = r'*.

Ces deux équations doivent être satisfaites par ^ = 0, j = o, ce qui a lieu identiquement pour la première; mais, pour qu'il en soit de même pour la seconde, il faut que

(I) (L^by=r^'-c\

ce qui d'ailleurs est visible sur la figure. Les mêmes équations peuvent se mettre sous la forme

y*-i- r'— 2/jsin^ — 2> ( r— 2/sin'- j — 4 ('' — ^ ^sin^ - — 0,

^-'-H JT^ — 2j(c -t- Lsin>^)H- 2Lcsin^^^- 4L6sin* - = o.

Pour que ces équations soient vérifiées par x = 0, r===tLsinô, ^J^ =±0, il faut que Ton ait

(2) L(L-2/)cos*- = r(r-/);

TRANSFORMATION d'oN MOUTBMBNT RSGTILIGNE ALTERNATIF, ETC. l^g

et

(3) o=Lcos--î

d'où, en vertu de la formule (i).

•'=i/c'-L»sin*^

La figure conduit directement d'ailleurs, sans difficulté, aux valeurs ((3) et (y) de rel r'.

En portant ces valeurs dans les équations (a), on obtient les suivantes :

j^-^x-— a/jsini]/ j-\ Pcos^ -h L(L— 2/)cos'- 1

— 4L(L ■— 2/) cos'-sin*- —o,

-4- aLc sin xp -h 4 L' cos' - sin* - = o , d'où, par soustraction,

y (L~/) ( Lcos* /cos^^ j -hLcsinxp h- 4Lcos' - sin - (L~ /)

Nous allons maintenant supposer que x est suffisamment petit pour que Ton puisse en négliger les puissances supérieures à la première ainsi que les produits de cette variable par des termes de Tordre des angles ^ et d, qui sont généralement petits.

En mettant en évidence le carré de/— /sin ^ dans la première des équations {i), les calculs résultant de la substitution de la valeur (e) de / ne sont pas très-compliqués et Ton

l5o QUATRIÈME PARTIS. — GH4PITRB YII.

arrive au résultat suivant :

On voit ainsi que l'écart x est du quatrième ordre, tandis qu'il serait du second ordre si la tige du piston était directement

articulée au balancier. Comme - est nul pour 4^=0, la

courbe à longue inflexion est tangente à B«p^.

L'expression précédente peut approximativement se mettre sous la forme

Son maximum par rapport à y correspond à très-peu près à

4»*= — et a pour valeur

mais nous prendrons tout simplement

en nous arrêtant aux termes du quatrième ordre.

Si /= — ? c'est-à-dire si V articulation C est au milieu du

balancier^ le mouvement rectiligne sera assuré aux termes

du cinquième ordre près.

Le maximum de x' par rapport à / correspond à /= ^ et a pour valeur

et il n'est ainsi que la fraction ^ de ce qu'il serait si la tige

du piston était articulée directement au balancier. Si, par exemple, i = 7, celte fraction est inférieure à 757?*

TRANSFORMATION d'uK MOUTSMENT HBGTILIGNE ALTESHATIF, ETC. l5l

L'expression (c) peut mainlenanl, aux termes du quairième ordre près, se réduire à la suivante :

d'où, pour la vitesse du piston,

56. Observation, — Pour appliquer le système de Walt aux machines des bateaux, il est nécessaire de restreindre autant que possible l'espace occupé par le mécanisme. C'est pourquoi [fig. 100} on place le balancier au-dessous de la tige en Oxant l'axe de l'articulation du contre-balancier sur le cylindre.

Fin. .00.

On peut supprimer {/ig. loi ) le parallélogramme, en articulant les extrémités A et C du balancier et du contre-balancier à une tringle, en un point 1 de laquelle on articule la tige du

QUàTRIÈMB partie. — CHAPITRE ¥11.

piston. On reconnaît, en effet, en se reportant à ]a théorie géonriétrique donnée plus haut, que la courbe décrite par le point I appartient à la catégorie des courbes à longue inflexion.

Fig. loi.

57. Système articulé de M. Peaucellier. — La disposition suivante permet d'opérer rigoureusement la transformation dont nous nous occupons.

Fig. T03.

Deux tiges égales [fig. 102) OA, OB partent de Taxe de rotation 0; une seule, OA par exemple, fait corps avec Tarbre. De chacune de leurs extrémités partent deux tringles égales de

TRANSFORMATION d'uN MOUVEMENT RSGTILIGNB ALTERNATIF^ ETC. l53

manière à former un losange articulé ÂCBD. Le sommet C le plus voisin du point 0 est articulé à un contre-balancier O'C qui l'oblige à rester sur un cercle passant par le point 0'. Le sommet opposé D, auquel on articule la tige du piston, décrit, lorsque l'arbre tourne, une droite DE perpendiculaire à 00'. En effet, si l'on remarque que les points 0, C, D sont en ligne droite, et que C et D se trouvent sur un cercle ayant A pour centre, on a

OC.OD = ÔI'-Âc'.

mais, si F est le second point d'intersection de la direction de 00' avec le cercle décrit par le sommet C, les triangles semblables OCF, ODE donnent

OC.OD = OF.OE; d'où, en vertu de la relation précédente,

CE = — gp = const.,

ce qu'il fallait démontrer. Il paraît à peu près impossible d'établir explicitement la relation qui existe entre la vitesse de la tige et la vitesse angulaire de OÀ ou OB.

QOATBibHB PARTIB. — CHAPITKK TIII.

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