‹ Traité de mécanique industrielle (volume 2)Chapitre 81 sur 132 · LARGEUR · texte numérisé non relu

LARGEUR

en centimètres.

Ce tableau parait d’autant moins fondé en principe , que les épaisseurs y sont croissantes , on ne sait pourquoi , suivant une progression arithmétique dont la raison est trois millimètres; néanmoins il donne des dimensions qui s éloignent peu de celles que l’usage a consacrées. Il n’y est pas fait mention de la saillie des dents , parce qu’en effet celte détermination consiste à amener deux dents sur la ligne des centres et à rogner ce qui excède le contact des dents suivantes. En général , l’épaisseur des dents dépend de deux circonstances • 1° de 1 effort qu’elles ont à supporter par leur pointe sans se rompre ; 2° de 1 usure quelles éprouvent au bout d’un certain temps. La surface qui résisté à l'effort exercé contre la pointe est évidemment la section transversale de la dent faite à sa racine ; plus cet effort est considérable , plus aevra être grande l’épaisseur de la racine. Or, ce même effort agira a\ec un bras de levier dont la longueur dépend de la saillie de la dent , en

sorte que l'épaisseur devra croître av ec cette saillie. Mais nous avons reconnu l’avantage qu’il v avait à diminuer cette épaisseur : on doit donc s’attacher à réduire la saillie des dents au strict nécessaire, quoique quelques auteurs aient cherché à faire engrener plusieurs dents à la fois , sous le préteste qu’elles répartissent entre elles la réaction que les deux roues exercent. Quant à l’usure, elle est surtout sensible près de la racine des dents conduites et à la pointe ou courbe des dents conductrices. On s’en rend raison en observant que c’est à ces endroits que le contact a lieu pour des dents à flancs droits ; il en résulte que les dents de la roue conduite sont sujettes à se rompre au bout d’un certain temps à la racine. Celles de la roue conductrice s’usent moins vite , à cause du développement de leur courbe qui est plus grand que celui du flanc conduit de l’autre dent. Donc il faut principalement régler les dimensions des dents sur la roue conduite et , d’après la condition que , malgré l’usure qu’elles doivent éprouver au bout d’un certain temps, elles ne puissent encore rompre. D’après des observations recueillies à Anzin , l’usure des dents en fonte , de pignons ou petites roues conduites , était de trois à cinq millimètres pour six années d’un travail journalier de douze à dix-huit heures. Quant aux dents en bois de la roue conductrice, elles ne s’usaient guère plus vite. Ainsi, il convient de calculer lépaisseur d’un pignon en la supposant réduite à ce qu’elle devient au bout de six ans; cette épaisseur ainsi calculée , et augmentée de celle que l’usure doit consommer , sera également donnée aux dents de la roue conductrice. Lorsque les roues sont très-grandes et qu’elles appartiennent à des machines puissantes , on peut se dispenser de faire engrener des dents en bois avec des dents en fonte, et les construire en fonte les unes et les autres. Cela a peu d inconvénient , à cause que l’influence du frottement est rendue très-faible par l’agrandissement des rayons. Le calcul des dimensions des dents se fonde d ailleurs sur la théorie de la résistance des matériaux à la flexion et à la rupture dont il est nécessaire de donner ici un exposé succint.

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