‹ Traité de mécanique industrielleChapitre 26 sur 89 · SOLIDES · texte numérisé non relu

SOLIDES

Les nombreuses et importantes données déjà acquises sur cette matière, se trouvent, en majeure partie, rapportées, sous leur forme originale, dans l’excellent ouvrage de M. Navier, sur les Applications de la Méca-

nique aux constructions partie, 2 e édition , 18."). Nous v renverrons pour les détails et citations relatifs aux principaux faits d’expériences fi ) • et, en donnant un peu plus de développement à l’exposition de ceux de ces faits qui sont moins généralement connus, nous n’oublierons pas le but et l’esprit dans lesquels a été primitivement conçut ce livre . qui ne doit être ni purement mathématique ou dogmatique , ni purement expérimental ou pratique ; c’est-à-dire que, tout en réduisant, à de justes limites, la citation des résultats d’expériences, souvent si discordants entre eux , nous ne négligerons pas néanmoins de discuter les causes et d’éclairer les principes, afin de mettre le lecteur en état d’en faire d’exactes et utiles applications à la pratique des constructions.

Résistance des pierres . des briques et matériaux analogues.

2ô8. Faits généraux concernant la résistance de ces corps à F écrasement . On conclut du résultat des nombreuses expériences entreprises par MM Rondelet, Gauthey et Rennie :

1° Qu’il n’existe aucuns caractères physiques, tels que la couleur, la densile, la dureté, qui puissent faire juger de la résistance des pierres à 1 écrasement ; 2° que néanmoins les parties les plus denses d’une pierre sont aussi les plus résistantes, et que, dans une même carrière, les pierres du ciel et du fond le sont moins que celles du milieu ; o° que pour des prismes semblables , la résistance est sensiblement proportionnelle a 1 aire des sections transversales ; 4° enfin , qu’à hauteurs égales, les prismes sont d’autant moins résistants que leurs bases s’éloignent davantage de la forme du cercle ou du carré , et que la largeur et la longueur de ces bases diffèrent plus de la hauteur; de sorte que le cube, par exemple, est, a section égale , le parallélipipède rectangle de plus grande résis- Ce dernier principe, admis par tous les constructeurs, d’après l’autorité de Rondelet, célèbre architecte du Panthéon français, se trouve contredit par le résultat de quelques expériences de M. ficat (2) , sur de petits prismes , a bases carrées , de 1 ou 2 centimètres de côté , et d’après lesquelles les dalles minces de pierres supporteraient de plus grands efforts que les pièces cubiques; mais on remarquera qu’il s’agissait ici des prismes parfaitement dégauchis, sans aucun porte-à-faux, et dont les surfaces û appui étaient garnies de lames de carton , afin de répartir uniformément es pressions ; circonstances qui ne se réalisent pour ainsi dire jamais dans les constructions en grand.

Ces expériences confirment d’ailleurs, sans exception, le principe de la proportionnalité , aux aires des sections transversales, de la résistance des P' ismes semblables ; et, de plus, elles apprennent que ce principe, appliqué mVl Se ^ i0 ? s homologues des corps , subsiste également pour les pyraides droites, tronquées parallèlement à leur base; pour les sphères, s cylindres chargés sur leurs points ou arêtes opposés, en guise de et même pour les massifs constitués et chargés d’une manière

semblable.

D après M. Yicat, si l’on représente par l’unité, la résistance du cube ■ conscrit à une sphère ou à un cylindre droit de même matière, celle e ces derniers corps sera , termes moyens , mesurée par 0,80 pour le

^ ( ! ) E ensemble de ces résultats se trouye aussi consigné et tradnit en mesures françaises,

une série de tableaux annexés à la Physique industrielle de M. A. Lecheyalier , déjà cil ée au N» 38.

G) V oyez le Mémoire déjà cilé N° 232: innalcs dss ponts et chaussées, deuxième semestre de lS33 . J

cylindre chargé debout, 0,52 pour le cylindre chargé comme rouleau, et 0,26 pour la sphère inscrite chargée suivant un diamètre vertical.

Quanta la manière dont les pierres prismatiques se comportent lors de ïa compression et de l’écrasement, on observe : 1° que les plus dures cèdent d’abord fort peu à la pression, puis se divisent tout à coup, avec éclat, en lames ou aiguilles qui n’offrent qu’une faible consistance et se réduisent facilement eh poussière ; 2° que les plus tendres se partagent , à ces premiers instants , en pyramides ou cônes ayant pour bases les faces supérieure et inférieure, du prisme; dont les sommets sont situés vers son centre, et qui tendent à chasser au dehors , les parties latérales comprises entre elles , à peu près comme le feraient de véritables coins. Ces parties, et les pyramides elles-mêmes, finissent bientôt par se réduire en petits prismes ou aiguilles qui tombent également en poussière; mais la cohésion des molécules est presqu’entièrement détruite, longtemps avant la rupture complète des prismes, et dès que les pierres commencent à se fendiller.

5 Enfin la décomposition en coins coniques , pyramidaux ou sous forme d’onglets cylindriques ayant pour bases les surfaces d’appui , s’observent également dans les sphères et les rouleaux cylindriques mentionnés cidessus. Cette formation remarquable, qui est accompagnée, dans ces derniers cas , d’une dépression sensible au contact, et qui a été observée d’abord par M. Vicat , s’est également présentée dans les expériences récentes de MM. Piobert et Morin, relatives au tir des projectiles en fonte , contre des massifs ou des projectiles de même matière (1).

259. Résultats de l expérience. Voici maintenant, en nombres ronds , les résultats principaux des expériences entreprises , par divers auteurs , sur la résistance à l’écrasement de cubes de diverses matières, ayant depuis 50 jusqu’à 50 millimètres de côté, et cette résistance étant ramenée, par le calcul , à une surface d’un centimètre carré.

INDICATION DES CORPS soumis à l’écrasement.

POIDS

spécifique.

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