CHAPITRE XXXIX
De la mesure de la tension de la vapeur à diffèrens degrés de température.
Nous avons maintenant à donner les résultats des recherches faites dans la vue de déterminer les divers degrés de tension de la vapeur , ainsi que sa densité à différent degrés de température.
Plusieurs physiciens se sont livrés à ces recherches; nous citerons, pour le moment, M. Dalton , en Angleterre, et M. de Bettancourt, en France.
Voici comment M. Dalton procéda : il prit un baromètre de grandeur ordinaire, et, après avoir fait bouillir le mercure pour en chasser tout l'air, et humecté d'un peu d'eau les parois intérieures du tube, il introduisit le mercure dans celui-ci, et le renversa sur une cuvette, comme on le fait pour construire un baromètre. L'eau, comme plus légère que le mercure, vint surnager au-dessus du mercure, dans la partie vide du tuyau ; la couche d'eau était d'environ un 8*. de ligné d'épaisseur , mesure anglaise , comme tout ce qui va suivre.
Il renferma ensuite la portion supérieure de ce tube barométrique dans un autre tube de verre de 14 pouces de hauteur sur 1 pouces de diamètre. Ces deux tubes laissaient entre eux, de cette manière, un espace annulaire destiné à contenir de l'eau qu'on y versait à diflerens degrés de ternir, a;
aïo DE LA VAPEUR COMME FORCE MOTRICE, pérature. Un thermomètre, plongé dans cette eau, en marquait les degrés de chaleur, et on évaluait la tension de la vapeur fournie par la petite couche d'eau dans le vide du tube, par le degré d'abaissement de la colonne de mercure.
On se servit de cet appareil pour toutes les températures au-dessous de 1 55 degrés de Fahrenheit (68° f centigrades), et pour les températures plus élevées, pour celle de a ta degrés de Farhenheit ( 100 degrés centigrades ) par exemple , on emploie un tube extérieur de fer-blanc, et au lieu du premier tube barométrique, un siphon renversé.
. M. Dalton trouva que les résultats offerts par les appareils précédons s'accordaient parfaitement avec une suite d'expériences qu'il lit de la manière suivante, avec une pompe pneumatique pourvue d'un manomètre d'une assez grande . capacité : on fesait bouillir de l'eau dans une fiole portant un thermomètre; on l'introduisait sous le récipient de la machine pneumatique, dans lequel on avait préalablement fait le vide , et la colonne de mercure du manomètre indiquait les degrés de tension qui correspondaient à la température de l'eau dans la bouteille.
C'est d'après les faits observés dans ces deux séries d'expériences , que M. Dalton composa la table que nous allons donner, et que nous avons extraite de l'Encyclopédie anglaise de Rées. 11 trouva que les hauteurs du mercure dans le tube , correspondantes aux degrés de température, n'étaient pas dans un rapport constant, et ne variaient point suivant une progression régulière : lorsque les degrés de température étaient entre eux dans une progression arithmétique , les colonnes de mercure qui en dépendaient étaient à peu près entre elles dans une progression géométrique.
L'accroissement de ces rapports, bien qu'il ne lut pas ri-
ET DES MACHINES A VAPEUR. ail goureusement géométrique, diminuait cependant d'une manière régulière ; ce qui lui fit penser qu'il pouvait calculer avec assez d'exactitude les termes qu'il ne pouvait pas , au moyen de ses appareils, déterminer par des expériences directes.
On trouve rarement, dit, M. Dalton, une loi de la nature accompagnée d'aussi peu d'incertitude que celle-là; et les petites irrégularités qu'on remarque viennent de l'échelle imparfaite de nos thermomètres , qui , suivant la remarque de Deluc et de plusieurs autres savans, ne marquent pas des accroissemens égaux de chaleur.
aia DE LA VAPEUR COMME FORCE MOTRICE ,
PREMIÈRE TABLE
De la force de la vapeur pour chaque degré de température , depuis 4o degrés au-dessous de o Fahrenheit : ( 40 degrés au-dessous de o centigrades :) jusqu'à 3a5 degrés Fahrenheit, d'après M. Dation. On j a ajouté le poids de la vapeur à diverses températures.
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