CHAPITRE Ll
Conclusion du premier livre.
L'examen des moteurs, auquel nous avons consacré le premier livre , nous a montré d'où venait la force et comment il fallait en recevoir l'action , pour obtenir un mouvement applicable à un travail industriel quelconque ; nous avons vu dans quelles limites la puissance des moteurs est nécessairement restreinte pour chaque circonstance donnée, et quelle est la valeur de cette puissance.
Les seules causes de mouvement que nous ayons trouvées, et que la science connaisse, sont les êtres animés, la pesanteur par l'intermédiaire de l'eau ainsi que de l'air , et enfin le feu et l'expansion des fluides aériformes. Il n'est pas de force motrice il. 5o
3g4 DE LA VAPEUR COMME FORCE MOTRICE, etc. ailleurs ; et pour produire du mouvement à la surface de la terre, pour exécuter un travail mécanique quelconque, il faut, de toute nécessité , mettre en jeu l'une de ces causes.
Dans l'examen particulier que nous avons fait de la dernière, nous n'avons parlé que de la vapeur d'eau , parce qu'elle est maintenant une force dont on dispose tout aussi aisément que des bras de l'homme , ou d'un cours d'eau ; et si nous avons passé sous silence les essais ingénieux de M. Bonnemain, pour tirer parti de la dilatation des liquides, comme puissance motrice } ceux de M. Cagniard - Latour , pour faire agir l'air dilaté, et ceux de M. Nièpce, pour développer de la force expansive par la combustion subite de matières inflammables , c'est que nous nous sommes crus obligés de ne traiter, dans cet ouvrage, que les objets dont l'industrie fait ou peut faire actuellement usage.
La liste des moteurs est fermée , dans l'état présent de nos connaissances; ce n'est peut-être que des progrés nouveaux de la chimie que la mécanique pourra désormais en obtenir d'analogues à la vapeur. Cette liste est assurément bien courte ; mais celle des modes d'application est susceptible de s'étendre indéfiniment.
Quoi qu'il en soit, les mouvemens obtenus immédiatement des moteurs , par un mode d'application quelconque , sont d'une uniformité , d'une spécialité , si on peut le dire , qui en restreindraient singulièrement le service industriel, si la science n'apprenait point à transmettre , à transformer , à modifier ces mouvemens primitifs d'autant de façons que le travail peut l'exiger. C'est le sujet que nous allons traiter dans le second livre.
DE LA TRANSMISSION, «tc, DU MOUVEMENT MOTEUR. 3g5