‹ Traité de Mecanique industrielle, ou exposé de la science de la mécanique déduite de l'expérience & de l'observation, principalement à l'usage der manufactures & des artistesChapitre 58 sur 73 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Considérations générales sur l'objet de ce livre.

Nous avons vu, dans le livre précédent, que les mouvemens qu'on obtient immédiatement des moteurs , parles divers modes d'applications qu'ils reçoivent respectivement, sont toujours, ou des mouvemens de rotation dans le plan vertical ou horizontal, ou des mouvemens de va-et-vient rectilignes ou par arcs de cercle; et ces mouvemens ont lieu dans la place même où le moteur agit. Or, il est à remarquer i°. qu'en général le travail ue se fait point à l'endroit où l'action des moteurs s'applique , mais a une dislance plus ou moins rapprochée ; qu'il faut envoyer le mouvement en différentes directions, sur un ou plusieurs points de travail; a0, qu'en général la vitesse du point d'application du moteur n'est point celle qu'il convient de donner aux pièces qui exécutent l'opération mécanique ; 3°. que l'espèce de mouvement obtenu immédiatement du moteur, est rarement celle dont on a besoin pour le travail , eu égard du moins au plan daris lequel le mouvement moteur a lieu : ainsi, par exemple , ce dernier a un mouvement de rotation dans le plan vertical, et l'on a besoin de ce même mouvement, mais dans le plan horizontal ; ou bien le mouvement moteur est rectiligne de va-et-vient, et l'on veut un mouvement de rotation

3<)6 DE LA TRANSMISSION, TRANSFORMATION continu , ou quelque autre espèce de mouvement ; 4°. il faut remarquer entin que l'action du moteur peut être irrégulière , et qu'il faut la rendre régulière -, quelle peut agir sans interruption, et qu'il faut l'interrompre à des intervalles déterminés -, qu'elle peut avoir une vitesse constante , et qu'il faut l'accélérer ou la retarder, etc. , etc.

Il suit de là que pour se disposer à exécuter, en général , des opérations mécaniques, il ne suffit pas de savoir recueillir l'action immédiate du moteur, par un mode judicieux d'application, il faut encore savoir la transmettre à diverses distances , et en diverses directions, soit intégralement, soit par parties; rarier la vitesse du mouvement, en transformer l'espèce en toute autre plus convenable an but qu'on se propose , et enfin en modifier la nature suivant les besoins du travail.

Pour opérer ces divers effets, les moyens sont en grand nombre , et il y en a même de plusieurs espèces pour chacun deces effets ; on peut les varier à l'infini et de formes et de dispositions; il n'y a point de doctrine sur ce sujet, qui n'est composéen général que de problèmes particuliers, résolus pour une foule de cas, ou qu'il s'agit de résoudre dans quelques cas nouveaux, ou pour d'autres convenances; mais alors la solution dépend le plus souvent des inspirations du génie, et quelquefois de faciles applications de la géométrie.

Cependant, les moyens de transmettre l'action des moteurs avec des vitesses différentes sont soumis à une théorie fort simple , à la vérité , mais qui embrasse tous les cas de cette espèce» A l'exception de cette théorie , tout le reste de ce livre n'«st qu'une suite d'exemples pour montrer comment on a résota les divers problèmes que ce sujet comporte.

Nous nous bornerons à ne rapporter que les moyens les pins en usage , regardant comme peu Utile d'entrer dans le dénom-

ET MODIFICATION DU MOUVEMENT MOTEUR. 397 brementde ceux par lesquels on a pu quelquefois les remplacer, et qu'on n'emploie pas ordinairement dans les bonnes constructions.

D'ailleurs toutes les personnes qui s'occupent de machines ou qui veulent sérieusement s'en occuper, imaginent toujours assez facilement les moyens dont ils ont besoin pour produire les divers effets dont nous venons de parler, lorsque ce qui est généralement employé ne convient pas de tous points au cas particulier où elles se trouveraient.

Nous nous arrêterons donc peu sur ce sujet , et seulement pour montrer comment le mouvement-moteur le plus simple peut répoudre à tous les besoins du travail mécanique et aux conceptions du mécanicien. Du reste nous renvoyons les personnes curieuses de ces sortes de détails à l'ouvrage de MM. Lanz et Bétancourt , sur la composition des machines , et à celui de M. Rorgnis sur le même sujet.

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