‹ Traité de Mecanique industrielle, ou exposé de la science de la mécanique déduite de l'expérience & de l'observation, principalement à l'usage der manufactures & des artistesChapitre 72 sur 73 · THERMOMÈTRE · texte numérisé non relu

THERMOMÈTRE

semens que recevrait sa force élastique, dans l'hypothèse de l'uniformité de volume ; d'où il suit qu'elles seront aussi en rapport avec les élévations de la température, ce qui est le caractère d'un thermomètre toujours d'accord avec lui-même.

Voici maintenant de quelle manière M. Gay-Lussac, sur l'invitation de M. de Laplace, a comparé la marche du thermomètre à mercure avec celle du thermomètre à air. Ayant choisi un tube de verre exactement calibré, terminé en boule d'un côté et ouvert de l'autre, il a introduit dans son intérieur une goutte de mercure, qui s'est trouvée ainsi soumise , d'une part, à la pression de l'air renfermé dans la partie du tube située au-dessous d'elle et dans la boule , et d'une autre part à la pression de l'atmosphère. A mesure que l'air intérieur variait dans sa température, les mouvemens de la goutte de mercure faisaient connaître la quantité dont il s'était dilaté ou contracté.

L'appareil destiné aux expériences était un vase rempli d'eau dans laquelle le tube se trouvait plongé horizontalement, de manière que sa partie située vers l'orilice ouvert était saillante hors du vase , au moyen d'un trou circulaire pratiqué à la paroi latérale. On a d'abord déterminé, relativement à l'air renfermé dans le tube , le terme de la glace fondante et celui de l'eau bouillaute, et l'on a fait la même opération sur un thermomètre à mercure. On a divisé ensuite , dans chaque thermomètre, en deux parties égales, l'intervalle entre les deux limites ; ce qui a donné de part et d'autre le degré 5o de la division en 100 parties.

Or les deux thermomètres plongés dans le même bain d'eau que l'on avait fait chauffer progressivement indiquèrent à la fois ce degré , avec de légères différences , qui , dans vingt expériences successives, se trouvèrent tantôt en plus et tantôt en moins, et donnèrent une quantité presque nulle pour résultat moyen. On doit en conclure que la marche des deux thermomètres' est la même au moins depuis zéro jusqu'au terme de l'eau bouillante, et ainsi le thermomètre à air, dont l'exactitude est comme garantie par la naturè même du fluide , mais dont l'exécution parait d'ailleurs difficile , sert à son tour de garant au thermomètre à mercure ; et il est heureux que ce

5oo ÉCLAIRCISSEMENS ET DJÊVELOPPEMENS.

mutai, déjà si remarquable par l'action du calorique , pourrie tenir dans un état de liquidité habituelle, le soit doublement, par la régUr. larite avec laquelle cette action s'exerce pour le dilater. .......

La dilatation apparente indiquée par le thermomètre n'est que la différence d'expansion du liquide et du verre qui le contient , et pour en déduire la dilatation véritable il, faudrait contahre la loi suivant laquelle se dilate la matière même de l'enveloppe. Or la mesure de l'expansion des solides est sujette ù tapt de difficultés, que la plupart des déterminations qui ont été fondées sur elle sout tout*à-fait inexactes. C'est ce qu'ont reconnu MM. Dulong et Petit, en suivant une autre méthode, indépendante de la mesure dont il s'agit. Elle « , repose uniquement sur la condition d'équilibre des fluides de densités différentes dans les branches d'un siphon renversé. Ils ont trouvé que la dilatation absolue du mercure , entre o et 100 degrés est de -—pour chaque degré centésimal, tandis que la dilatation apparente n'est que de

Thermomètre de Fahrenlicii et de Delisle.

On trouve fréquemment dans les ouvrages des physiciens étrangers des résultats dobservatious relatives à deux ou trois thermomètres, dont il ne sera pas inutile de donner ici une notjon , pour mettre chacun à portée de traduire le langage en celui thermomètre en usage parmi nous.

Le premier est le thermomètre de Fahrenheit , qni esta mercure , et qui a pour termes û\es le degré de la congélation forcée par l'hydrochlorate ammoniacal , et celui qui répond à la chaleur de l'ean bouillante. L'intervalle entre ces deux termes est divisé en 212 par* tics ; il en résulte que le 3a'. degré coïncide avecle acro de notre4 thermomètre, ce qui donne io degrés depuis çe terme jusqu'à celui de l'eau bouillante. Ainsi, 9 degrés de Fahrenheit valent 4 degrés du thermomètre divisé en 80 parties, et 5 degrés du thermomètre centigrade ; ce qui suffit pour faire le rapprochement entre les résultats donnés par, les deux instrument

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L'a'ulre thermomètre est celui de Deliste, dans lequel ce physicien employait aussi le mercure ; il n'avait qu'un seul ternie fixe, savoir: celui de la chaleur de l'eau bouillante , où était placé le zéro. Les degrés de condensation au-dessous de ce terme étaient des dix-millièmes de la capacité de la boule et de la partie du tube qui se terminait à zéro; le degré auquel se rapportait la température de la glace fondante, et qui correspond à notre zéro, était le i5o*. de 1 échelle descendante sur le thermomètre de Delislc; d'où il suit que i5 degrés de ce thermomètre répondent à 8 degrés du thermomètre divisé en 80 parties, et à 10 degrés du thermomètre centigrade; en sorte qu'à l'égard de ce dernier le rapport réduit à la plus grande simplicité est celui de 5 à a. Extrait du Ttaité élémentaire de Physique de Hatyr.

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