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joint les centres de gravité de ses deux bases, ou bien encore qu’il coïncide avec celui du triangle suivant lequel le prisme est coupé par un plan mené parallèlement aux deux bases, et à égale distance de chacune d’elles.
Pour trouver le centre de gravité d’un prisme quelconque à bases parallèles, on peut le décomposer en prismes triangulaires, au moyen de divers plans menés par une de ses arêtes latérales. Un plan mené par les milieux de toutes les arêtes latérales coupera les divers prismes triangulaires ainsi obtenus, suivant des triangles dont les centres de gravité seront en même temps ceux de ces prismes; et les surfaces de ces triangles seront, en outre, proportionnelles aux volumes des mêmes prismes : il est aisé de conclure de là que le centre de gravité du prisme total coïncide avec celui du polygone, suivant lequel il est rencontré par ce plan sécant, et que, par conséquent, ce centre de gravité se trouve au milieu de la droite qui joint les centres de gravité des deux bases du prisme.
Pyramide. — Soit ABCD, fig. 88, une pyramide triangulaire. Le plan mené par AB et par le milieu, E de CD, est un plan diamétral correspondant aux cordes parallèles à CD ; le centre de gravité de la pyramide se trouve donc dans ce plan, et comme il doit être par la même raison dans le plan mené par AD et par le milieu K de BC, il s’ensuit qu’il est situé sur la ligne AGj qui joint le sommet A au centre de gravité Gi de la Fig. 88. face opposée BCD. On verra
<le même que la ligne menée du point B au centre de gravité G^ de la face ACD renferme le centre de gravité de la pyramide ; en sorte que ce point n’est autre chose que l’intersection G des deux lignes AG,, BGj. D’après les positions que les points G,, G^
CENTRES DE GRAVITÉ
occupent sur les côtés EB, EA du triangle ABE, on voit que G J Go est parallèle à AB et égal au tiers de celle ligne : donc les triangles AGB, GGjG^ sont semblables, et GGj est le tiers de AG; donc enfin GG, est le quart de AG,.
Il est aisé de reconnaître que le centre de gravité G de la pyramide triangulaire ABCÜ coïncide avec le centre de gravité du triangle suivant lequel cette pyramide est coupée par un plan mené parallèlement à la base BCD, et à une distance de celte base égale au quart de la hauteur.
Si l’on mène un plan par CD et par le milieu II de AB, il contiendra le point G ; ce point G sera donc situé sur rinlerscclion du plan ABE avec le plan CDU, c’est-à-dire sur la ligne EH qui joint les milieux des deux arêtes opposées CD, AB. De même, la ligne KL qui joint les milieux des arêtes opposées BC, AD, passera par G. Jlais les lignes IIK et LE sont toutes deux parallèles à AG et égales à la moitié de cette dernière ligne : donc H, K, L, E sont les sommets d’un parallélogramme, et, par suite, les lignes EH, KL se coupent mutuellement en parties égales : donc, enfin, le centre de gravité d’une pyramide triangulaire est au milieu de la ligne qui joint les milieux de deux arêtes opposées.
Quatre corps de même masse étant liés les uns aux autres, de manière que leurs centres de gravité respectifs coïncident avec les sommets A, B, C, D d’une pyramide triangulaire, le centre de gravité de l’ensemble de ces quatre corps est le même que celui de la pyramide. En effet, les poids égaux des deux corps placés en A et B se composent en une force double de chacun d’eux et appliquée en H; les poids égaux des autres corps, placés en C et D, se composent aussi en une force double de chacun d’eux et appliquée en E ; enfin ces deux résultantes partielles, qui sont égales, auront une résultante appliquée au point G, milieu de la ligne EH.
Pour trouver le centre de gravité d’une pyramide à base quelconque, concevons qu’on l’ait décomposée en pyramides triangulaires, au moyen de plans menés par son sommet et par diverses diagonales du polygone qui forme sa base, et qu’on ait
ensuite coupé toutes ces pyramides par un plan parallèle au plan de la base, et distant de ce plan d’une quantité égale au quart de la hauteur de la pyramide. Les centres de gravité des diverses pyramides triangulaires ainsi obtenues sont les mêmes que ceux des triangles suivant lesquels elles sont rencontrées par ce plan sécant, et leurs volumes sont proportionnels aux surfaces de ces mêmes triangles; on en conclura facilement que le centre de gravité de la pyramide totale est précisément le même que le centre de gravité du polygone suivant lequel elle est rencontrée par le plan sécant. On peut dire, d’après cela, que le centre de gravité d’une pyramide à base quelconque se trouve sur la ligne qui joint son sommet au centre de gravité de sa base, et au quart de cette ligne, à partir de la base.
Cylindre. — Le centre de gravité d’un cylindre quelconque, à bases parallèles, se trouve au milieu de la ligne qui joint les centres de gravité de ses deux bases; car un cylindre peut être regarde comme étant un prisme dont la base est un polygone infinitésimal.
Cône. — Le centre de gravité d’un cône quelconque se trouve sur la ligne qui joint son sommet au centre de gravité de sa base, et au quart de cette ligne, à partir de la base; car un cône peut être assimilé à une pyramide ayant pour base un polygone infinitésimal.
Secteur et segment sphériques. — Un raisonnement analogue à celui qui a été fait pour le secteur circulaire, montre que le centre de gravité d’un secteur sphérique est le même que celui de la zone sphérique à une base que l’ou obtiendrait en réduisant tous les rayons du secteur sphérique aux f de leur longueur. On voit, par là, que ce centre de gravité est situé sur l’axe du secteur, et à une distance du centre de la sphère égale à
r étant le rayon de la sphère, et h la hauteur de la zone qui sert de base au secteur.
Un secteur sphérique peut être décomposé en un cône de ré-
CENTRES DE GRAVITÉ
volutioiij et un segment à une base. Les volumes du secteur, du cône et du segment, sont respectivement
I nr-’/î, i T:h{r — h) (2r — h), T.h^Çir— h);
les distances du centre de la sphère au.\ centres de gravité du secteur et du cône sont d’ailleurs égales à
donc, si l’on désigne par x la distance du centre de la sphère au centre de gravité du segment, et qu’on applique le théorème des moments (§ 158), on aura l’équation
2rn'-h . (!»’ — Ih) =^'izh(r — l>) (2r — h) . y (r — h) + --It-CAr— h) . x : on en déduit
§171. Théorème de Guidin. — L’aire dc la surface engendrée par un arc de courbe plane, tournant autour d’une droite située dans son plan, est égale au produit de la longueur de cet arc par la circonférence que décrit son centre de gravité; le volume du solide engendré par une aire plane, tournant autour d’une droite située dans son plan, est égal au produit de cette aire par la circonférence que décrit son centre de gravité : c’est dans ces deux propositions que consiste le théorèiiie de Guidin.
Pour démontrer la première partie de ce théorème, supposons que la courbe mobile soit rapportée à deux axes rectangulaires tracés dans son plan, et que l’un de ces axes, l’axe des jr, coïncide avec la droite autour de laquelle on la fait tourner. Chaque élément ds de la courbe, en tournant autour de l’axe des X, décrit la surface latérale d’un tronc dc cône, dont l’aire a pour valeur ds; l’aire totale de la surface, décrite par la courbe mobile, sera donc égale à
f''2i7yds,
l’intégrale s’étendant dans toute la longueur de l’arc dc courbe que l’on considère. Mais on a, d’après le théorème des moments,
en désignant par S la longueur de la courbe mobile, et par y, l’ordonnée de son centre de gravité : l’aire de la surface engendrée par celte courbe sera donc exprimée par
conformément à l’énoncé .
La seconde partie du théorème se démontre d’une manière analogue. Le rectangle infinitésimal dont les côtés, parallèles aux axes coordonnés, sont égaux à dr, dy, décrit en tournant un cylindre creux, dont le volume a pour valeur dx dy; le volume total du solide engendré par l’aire mobile, sera donc égal h
f f^T,ydxdy,
l’intégrale s’élendaul à tous les éléments qui composent celte aire. Mais, si l’on désigne l’aire mobile par A et l’ordonnée de son centre de gravité par #/j, on a, d’après le théorème des moments,
// ydxdy = :
en vertu de cette relation, l’expression du volume décrit par la rotation de l’aire A, deviendra
ce qui est précisément le résultat indiqué par le théorème dont il s’agit.
On peut généraliser le théorème de Guldin, en observant que, si la courbe ou l’aire mobile ne fait pas un tour entier autour de son axe de rotation, on obtiendra toujours l’aire ou le volume engendré, en multipliant la longueur ou l’aire de la figure génératrice par la portion de circonférence décrite par son centre de gravité, quelle que soit celte portion de circonférence, finie ou infiniment petite. On en conclut sans peine que, si une figure plane (courbe ou aire) est animée d’un mouvement tel, qu’à chaque instant elle tourne autour d’une droite située dans son plan, ou, en d’autres termes, si le plan de celle figure mobile
CENTRES DE GRAVITÉ
roule sans jjlisser sur une surface développable quelconque , Faire ou le volume que cette figure décrit en se mouvant ainsi, s’obtient en multipliant la longueur ou l’aire de la figure mobile par le chemin total parcouru par son centre de gravité.
Il est bon d’observer que, si la figure mobile n’était pas située tout entière d’un mémo côté de l’axe autour duquel elle tourne d’une quantité finie ou infiniment petite, le théorème de Guldin fournirait la différence et non la somme des aires ou des volumes engendrés par les deux parties dans lesquelles cette figure est partagée par l’axe de rotation; c’est ce que l’on reconnaîtra sans peine, en remarquant que les éléments de ces aires ou de ces volumes entrent avec des signes différents dans les expressions que nous avons considérées précédemment, suivant qu’ils proviennent d’éléments de la figure mobile situés d’un côté ou de l’autre de l’axe de rotation.
Le théorème de Guldin peut servir, dans certains cas, à trouver le centre de gravité d’une figure plane; nous allons en voir un exemple. Si l’on fait tourner un arc de cercle autour d’un diamètre du même cercle, mené parallèlement à sa corde, il engendre une zone sphérique à deux bases, qui a pour surface
en désignant par r le rayon du cercle, et par c la corde de l’arc mobile; d’après le théorème de Guldin, si l’on divise cette surface par la longueur l de l’arc qui l’a décrite, on aura pour quotient la circonférence parcourue par le centre de gravité de cet arc : on en conclut que la distance de ce centre de gravité au centre du cercle est égale à
' rc
ainsi qu’on l’a déjà trouvé précédemment (§ 1G8).
§ 172. Extension de la notion du centre de gravité an cas d’un système matériel quelconque. — Quel que SOit le système matériel dont on s’occupe, que ses diverses parties soient en repos ou bien en mouvement les unes par rapport aux autres, si l’on prend ce système tel qu’il existe, à un in-
28i LIVRE III. — DYNAMIQUE. DEUXIÈME PARTIE.
stant quelconque, et si l’on imagine qu’il devienne invariable de forme, on pourra lui appliquer ce qui a été dit précédemment; le système, ainsi transformé en un solide invariable, aura un centre de gravité qu’on pourra déterminer par les moyens^ indiqués : ce point est ce qu’on nomme le centre de gravité du système matériel à l’instant considéré. 11 est clair qu’il n’y a pas lieu de dire que le centre de gravité, ainsi défini, est le point d’application de la résultante des actions de la pesanteur sur les diverses parties dont le système matériel se compose ; car il n’est pas possible de composer entre elles des forces qui agissent ainsi sur des corps différents, isolés, et pouvaiit se mouvoir indépendamment les uns des autres. Ce centre de gravité ne peut avoir pour nous, jusqu’à présent, aucune signification; mais nous verrons bientôt que sa considération est trèsutile dans diverses circonstances.
§ 173. Travail de la pesanteur, dans le mouvement d’un système matériel queleonque. — La considération du centre de gravité permet de simplifier beaucoup l’expression du travail dû aux actions de la pesanteur sur les diverses parties d’un système matériel en mouvement. Soient p le poids d’une molécule quelconque du système, z la distance de cette molécule à un plan horizontal supérieur, au commencement du temps pendant lequel on veut évaluer le travail, et z' ce que devient cette distance à la fin du temps dont il s’agit; soient de meme P le poids total du système, et Z, T les distances de son centre de gravité (§ 17^) au plan liorizontal dont il vient d’étre question, aux memes instants. On aura (§ 104)
et aussi
xps' + PZ' :
en retranchant ces deux équations l’ime de l’autre, on trouve
Or P iz' — z) est évidemment le travail du poids p pendant le temps que l’on considère (§ 118); et, par conséquent, sp {z' —
CENTRES DE GRAVITÉ
est la somme des travaux dus à l’action de la pesanteur sur les diverses parties du système matériel pendant ce temps : cette somme de travaux, que l’on nomme simplement le travail de la pesanteur sur le système, pendant le temps dont il s’agit, est donc égale au travail que développerait, pendant ce temps, une force égale au poids total P du système appliquée à son centre de gravite. On peut énoncer ce résultat auquel nous venons de parvenir, en disant que le travail de la pesanteur, sur un système matériel quelconque en mouvement, est le même que si toute la matière dont le système se compose était concentrée à son centre de gravité.