‹ Traité de mécanique rationelle: comprenant la statique comme cas particulierChapitre 16 sur 81 · LOIS DE LA NATCRE · texte numérisé non relu

LOIS DE LA NATCRE

pas à l'étude de la mécanique, lellc qu'elle est cousUiuéc. Car si l'on se rappelle ce qui a été dit expressément pour lu délinition de la force, on voit que ce que la mécanique se propose de rechercher, ce n'est pas la caute intime d'un mouvement, mais la valeur numérique d'un effort fictif, analogne 4 nos efforts personnels, qui pourrait produire ce mouvement. Donc, quand un mouvement se manifeste ù nous comme uniforme, la cause de cette uniformité, s'il y en a une, est pour nous comme si elle n'était pas. Celle cause n'est pas uno force mécanique, puisque tout effort, comparabb aux nôtres, qu'on supposerait s'exercer sur le corps, ifiipliqnerait, d'après les expériences faites dans le domaine de noii-e action, que ce mouvement n'est point nnlforme, ainsi qu'on l'a supposé. C'est pour avoir néglige ce point de vue de la vériuble signification de la force en mécanique que quelques personnes ont pu avoir des doutes snr la légitimilé de l'application de la loi d'inertie, étendue de nos faits directs aux faits qui nous sont inaccessibles. C« n'est ifi qu'une confusion entre le sens du mot force en mécanique et 1p sens qu'on donne quelquefois à ce même mot pour désigner les causes effectives des phénomènes naturels. En résumé, l'uniformité du mouvement, quelque part qu'il se manifeste, est pour nous le symbole de l'absence d'un effort analogue aux nâires.

26. — Plusieurs auteurs ont méconnu le caractère de la loi d'inertie, en supposant qu'elle pouvait être établie avec le seul secours du raisonnement, comme s'il n'était pasévi-: dent, ainsi que nons l'avons déjà dit (n° 24), que m nous ne « saurions puiser dans notre propre esprit, et abstraction « faite de la contemplation de l'univers, la connaissance des V règle» qui président à l'accomplissement des phénomènes «4>hygiqnes. » !l n'est pas sans utilité, pour les personnes imbues d'avance de cette fausse conception, de reproduii-c ici les réflexions pi-ésentées par M. .Auguste Comte, dans

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42 UVRE 1. — NOTIONS PONDAUENTALES.

son Court de pkilofophie potitive : « Au Heu de se bor- <( ner, dit cet auteur, à regarder la loi dlnertie comme ud u fait observé, on a prciendu la démontrer abstraitement, « par une application du principe de la raison sufllsnnie, a qui n'a pas la moindre solidité. En effet, pour expliquer, « par exemple, la nécessité du mouvement recLiligne, on « dit que le corps devait suivre la ligne droite , parc« qu'il « n'y a pas de raison pour qu'il s'écarte d'un côté plutôt que « d'un autre de sa direction primitive. Il est aisé de i;onsta- « ter l'invalidité radicale et même l'insignifiance complète « d'une telle argumentation. D'abord, comment pourrions- « nous être assurés qu'il n'y a pat de raiton pour que le « corps se dévie? Que pouvons-nous savoir à cet égard au- (( Irement que par l'expérience? Les considérations àpriort, « Tondées sur la nature des choses, ne nous sont-elles pas <i complètement et nécessairement interdites en philosophie « positive? D'ailleurs, un tel principe, même quand on l'ad- « mettrait, ne comporte par lui-même qu'une application « vague et arbitraire. Car à l'origine du mouvement uni- « forme, c'est-à-dire à l'instant même où l'argument devrait « être employé, il est clair que la trajectoire du corps n'a « point encore de curactèi'e géométrique déterminé, et que « c'est seulement après que le corps a parcoui-u un certain u espace qu'on peut constater quelle ligne il décrit. Il est « évident, par la géométrie, que le mouvement uniforme « initial, au lieu d'être regardé comme recliligne, pourrait « être indifféremment supposé circulaire, parabolique, ou « suivant toute autre ligne tangente à la Irajectoii-e effec- « live, en sorte que la même argumentation, répéiéc pour « chacune de ces lignes , ce qui serait tout aussi Icgi- « time , conduirait à une couclusion absolument indé- « terminée, Pour peu qu'on réfléchisse sur un tel raisqn- « aement, on ne tardera pas à i-cconnaitre que, comme « toutes les prétendues explications métaphysiques, il se

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