AXIOME
L effort est égal et contraire à la résistance.
Cet axiome n'est que l'expression de notre manière de concevoir la transmission d'une action quelconque. Ainsi, si une force agit sur un objet fixe, la fixité de cet objet détruit la force, de sorte que les choses se passent comme si l'objet développait une force égale et contraire à l'autre. De même si deux corps sont invariablement unis entre eux par une tige rigide et que le premier, en vertu de son mouvement ou des forces qui le sollicitent, exerce un effort quelconque sur 1# second, cet effort sera employé à mouvoir ce second corps, et les choses se passeront comme si, le second corps n'existant pas, le premier était directement soumis à un effort égal et contraire à celui que nous venons de considérer, et agissant suivant la direction commune de la tige.
23. — But de la mécanique. Le but de la mécanique est désormais facile à indiquer ; ce que nous ne. pouvions faire dès Torigine, a cause du manque dénotions suffisantes sur les choses que Ton y considère.
Ce but peut être résumé dans l'énoncé d'un seul problème général et de son inverse, de la manière suivante :
Etant donnés des corps de niasses connues ^ ainsi que les forces qui les sollicitent, également connues à chaque instant quant à leurs grandeurs, leurs directions et leurs points d'application, déterminer le mouvement que ces corps doivent prendre, c'est-à-dire trouver quelles sero7it, à tout moment, la vitesse, la position dans l'espace et la trajectoire de chacun des points de ces corps.
Et réciproquement :
Connaissant, à tout instant, le mouvement des points
et les masses des corps j déterminer les forces qui les sollicitent.
Ce double problème, qui n'en forme qu'un seul en réalîié, doit, pour être absolument général, se rapporter non-seulement à des corps m^athématiqueynent solides ou de forme invariable, mais s'appliquer aussi à des corps d'une constitution tout à fait quelconque, tels que ceux qu'on nomme liquides et gazeux y et même à ces corps intermédiaii'es sans désignation physique précise, et qui sont dits plus ou moins flexibles, élastiques ^ visqueux, pâteux j etc.
Eu un mot, tout corps matériel, de quelque manière qu'il soit constitué, doit être l'objet du problème mécanique, envisagé dans sa plus grande généralité spéculative. Nous n'avons pas à noua préoccuper, à ce point de vue, des difficultés, souvent insurmontables, qui pourront restreindre le développement effectif de la science. Nous nous bornons à tracer le champ philosophique de ses investigations.
Plus tard nous indiquerons sur quelles considérations est basée la division delà mécanique en deux branches ;
L'une qu'on appelle mécanique rationnelle ;
L'autre qu'on nomme mécanique appliquée.