Traité de mécanique rationnelle
Un corps est dit en moMyemenr, lorsqu’il occupe successivement différentes positions dans l’espace. Il est en repos, lorsque, au contraire, il conserve la position qu’il avait d’abord.
Un corps qui est en repos ne tend pas de lui-méme à sortir de cet état pour passer à l’état de mouvement ; une fois en mouvement, il continue de lui-même à se mouvoir suivant certaines lois. Toutes les fois qu’un corps passe de l’état de repos à l’état de mouvement, ou bien que ce corps, une fois en mouvement, se meut suivant des lois différentes de celles dont nous venons de parler, c’est qu’il est soumis à l’action de quelque cause qui détermine ces changements dans son état de repos ou de mouvement. Cette cause, quelle qu’elle soit, on la nomme force. Une force est donc une cause quelconque de mouvement ou de modification de mouvement.
§ 2. On peut étudier le mouvement d’un corps sans s’occuper en aucune manière des orces auxquelles sont dues les diverses modifications de ce mouvement. Cette étude du mouvement en lui-méme constitue une branche de la Mécanique, à laquelle on a donné le nom de Cinématique (du mot grec Kfvri[xa, qui signifie mouvement). Il est clair que, dans une pareille étude du mouvement des corps, on peut faire abstraction de la matière dont ils sont formés, de manière à les réduire à des corps purement géométriques.
MKCANIQUE RATIONNELLE.
On considère déjà des mouvements en Géométrie : en faisant mouvoir des lignes données, suivant certaines conditions, on engendre des surfaces. Mais on ne s’occupe que des diverses positions que prennent successivement les lignes mobiles, sans s’inquiéter du temps qu’elles ont pu employer pour aller de l’une à l’autre. Dans la Cinématique, l’idée de temps se joint à celle des déplacements que prennent les corps ou les Ggures que l’on considère .
Lorsque, aux idées de déplacement et de temps, on joint l’idée de force, on entre dans une autre branche de la Mécanique, à laquelle nous attribuerons le nom de Dynamique (du mot grec AûvafAiç qui signifie force). Alors il n’est plus permis de faire abstraction de la matière dont les corps sont formés ; la quantité plus ou moins grande de matière, qui constitue un corps tout entier ou bien les diverses parties dans lesquelles on le divise par la pensée, doit nécessairement entrer en considération dans l’étude du mouvement que prend ce corps sous l’action de certaines forces.
Ainsi, la Mécanique se divise naturellement en deux branches, savoir : la Cinématique et la Dynamique. La Dynamique ayant un développement beaucoup plus grand que la Cinématique, nous la diviserons elle-même en trois parties. L’ensemble des théories que nous allons exposer sera donc réparti entre quatre livres, de la manière suivante :
Litre I. — Cinématique.
Livre II. — Dynamique, partie. — De l’équililire et du mouvement d’un point matériei.
Litre III. — Dynamique, 2* parUe. — De l’équilibre des aygtèmea matériel».