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CHAPITRE PREMIER

MOUVEMEKT d’üN POINT.

§ 3. Trajectoire. — La suite des positions par lesquelle.s passe successivement un point mobile, forme une ligne, droite ou courbe, que l’on nomme sa trajectoire. Le point décrit cette ligne d’une manière continue; c’est-à-dire qu’il ne peut pas aller d’une position à une autre sans passer par toutes les positions intermédiaires que l’on peut imaginer sur sa trajectoire.

Le mouvement d’un point est dit rectiligne ou curviligne, suivaut que sa trajectoire est une ligne droite ou une ligne courbe.

§ 4. Équation du monvement sur la trajectoire*

— Pour que le mouvement d’un point soit complètement connu, il faut que l’on connaisse, non-seulement sa trajectoire, mais encore la loi suivant laquelle il en parcourt les diverses parties ; il faut que l’on sache quel temps il emploie à passer d’une quelconque des positions qu'il occupe successivement, à une autre de ces positions.

Soient AB, fig. 1, la trajectoire d’un point mobile, O un point fixe pris sur cette trajectoire, et M la position du point mobile

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* LIVRE I. — CINÉMATIQUE,

à la fin du temps t. Désignons par « la distance OM comptée sur ^ la trajectoire , distance

qui sera positive ou né- ^ '■ ® gative, suivant que le

point M se trouvera d’un côté ou de l’autre du point fixe 0. Le mouvement du point mobile sera connu, si, à la connaissance de la trajectoire AB, on joint celle de la relation

qui existe entre la distance s et le temps t. A l’aide de celte relation, qu’on nomme Y équation du mouvement sur la trajectoire, on peut déterminer toutes les circonstances que présente le mouvement.

§ 5. Représentation srapblqne tie la loi du mouvement» — Convenons de représenter un temps quelconque par une ligne dont la longueur soit proportionnelle à ce temps ; et pour cela adoptons arbitrairement une certaine ligne pour représenter l’unité de temps. Si nous regardons la ligne qui représente le temps /, et la valeur correspondante de la distance», comme étant l’abscisse et l’ordonnée d’un point rapportées à un système d’axes coordonnés rectangulaires OT, OS, /îÿ. 2, les divers systèmes de valeurs des variables» et /

fourniront, sur le plan SOT, une série de points formant une ligne telle que CDEF61I. Cette ligne, dont l’équation n’est antre chose que l’équation du mouvement

^ '>gle

MOUVEMENT d’uN POINT.

permet de saisir d’un coup d’œil les diverses particularités que présente successivement le mouvement dont on s’occupe.

C’est ainsi que, d’après la forme qui a été donnée à la ligne dont il s’agit, sur la /îÿ.2, on voit que le point mobile s’éloigne d’abord de plus en plus du point fixe à partir duquel on compte la distance jusqu’à ce que le temps t ait pris la valeur qui correspond à l’abscisse OD, du point D : alors la distance du mobile au point fixe est égale à l’ordonnée du point D. Â partir de cet instant, le mouvement change de sens; le point mobile revient vers le point fixe, et finit par l’atteindre, lorsque le temps t prend la valeur correspondant à l’abscisse OE. Alors, la courbe s’abaissant au-dessous de l’axe OT, s prend des valeurs négatives; c’est-à-dire que le point mobile, après avoir atteint le point fixe, le dépasse en continuant à se mouvoir dans le même sens. Lorsque le temps f acquiert la valeur qui correspond à l’abscisse OF, du point F, le point mobile cesse de s’éloigner du point fixe; le sens de son mouvement change de nouveau ; il se rapproche de ce point fixe, l’atteint lorsque le temps t devient égal à l’abscisse OG,, puis le dépasse et revient ainsi se placer du côté où il se trouvait d’abord.

Il est clair que, dans la construction de la courbe destinée à la représentation de la loi d’un mouvement, il n’est pas nécessaire de prendre les diverses ordonnées précisément égales aux distances s du point mobile ad point fixe : on peut réduire ces distances dans un rapport quelconque, pris arbitrairement, c’est-à-dire adopter une ligne quelconque pour représenter l’unité de longueur avec laquelle les distances s sont évaluées. Les abscisses et les ordonnées se trouvent ainsi construites à des échelles que l’on choisit à volonté ; en sorte que l’on peut donner à la figure totale telles dimensions qu’on veut dans les deux sens.

Il faut bien se garder de confondre la ligne que nous venons de définir, et qui sert à représenter la loi du mouvement d’un point, avec la ligne que ce point décrit dans l’espace, et que nous nommons sa trajectoire.

§ 6. Houvement anirorme, vltease. — Le mouvement

6 LIVRE I. — CINÉMATIQUE.

d’un point est dit uniforme, lorsque ce point parcourt sur sa trajectoire des espaces égaux en temps égaux, quels que soient ces temps ; ou, en d’autres termes, lorsque les espaces qu’il parcourt dans des temps quelconques sont proportionnels aux temps employés à les parcourir. Il résulte de cette définition que l’équation du mouvement uniforme est

.« = a + bt.

it est la distance du point mobile au point fixe, à l’instant à partir duquel on compte le temps t. Le coefficient b est positif ou négatif, suivant que la distance s augmente ou diminue avec le temps, c’est-à-dire suivant que le mouvement a lieu dans le sens des s positifs, ou en sens contraire.

Les mouvements uniformes se distinguent les uns des autres par le degré plus ou moins grand de rapidité ou de lenteur de chacun d’eux. Il est naturel de prendre pour mesure de ce degré de rapidité ou de lenteur, le chemin que parcourt le point mobile pendant l’unité de temps : c’est ce qu’on nomme la vitesse du mobile.

D’après la forme que nous venons d’assigner à l’équation du mouvement uniforme, il est clair que la valeur absolue du coefficient b n’est autre chose que la quantité dont la distance * varie pendant l’unité de temps; c’est-à-dire que cette valeur absolue de b est précisément la vitesse du mobile. D’ailleurs, en attribuant à la vitesse le sens dans lequel s’effectue le mouvement, on voit qu’elle est dirigée dans le sens des* positifs ou en sens contraire, suivant que b est positif ou négatif. Si donc nous convenons de regarder la vitesse comme positive lorsqu’elle est dirigée dans le premier sens, et comme négative lorsqu’elle est dirigée dans le sens opposé, nous pouvons dire que, dans tons les cas, la vitesse du mouvement uniforme est égale à b.

§ 7. Dans le cas du mouvement uniforme, la ligne qui représente la loi du mouvement (§ 5) se réduit à une ligne droite. Cette ligne CD est dirigée comme on le voit sur la fig. 3 ou sur 1 a fig. 4, suivant que le mouvement a lieu dans le sens des s positifs ou en sens contraire.

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