‹ Traité de médecine (volume 2)Chapitre 65 sur 135 · ACNÉ SIMPLEX, DISSÉMINÉE OU PUSTULEUSE · texte numérisé non relu

ACNÉ SIMPLEX, DISSÉMINÉE OU PUSTULEUSE

Définition. — Ces trois dénominations s'appliquent à une forme d'acné caractérisée par le développement de pustules de volume variable, ordinairement entourées d'une zone rouge, mais ne reposant pas comme l'acné rosée sur des surfaces chroniqueraent congestionnées.

Description. — Les éléments de l'acné pustuleuse succèdent souvent à l'évolution et à l'infection de comédons. Ils peuvent cependant se développer sans comédons antérieurs apparents in situ.

Ils sont constitués tout d'abord par une saillie aplatie, un « boulon », suivant l'expression vulgaire, de forme arrondie, de coloration rouge, tirant généralement sur le rose, et peu intense. Le volume de ces saillies varie de celui dune tête d'épingle à celui d'une lentille.

L'élément peut rester à l'état de saillie rouge, puis s'affaisser et disparaître au bout d'un certain temps variable. Habituellement, il suppure et on voit apparaître à sa partie centrale une tache jaunâtre ou blanc jaunâtre, arrondie, d'abord punctiforme, qui s'étend pendant quelques jours, et souvent dépasse le niveau de la saillie primitive. La rupture de la pustule survenue spontanément ou par la pression des doigts est suivie de la sortie d'un liquide ou pus crémeux, dont la quantité est hors de rapport avec le volume de la saillie, tantôt très minime pour un élément assez large, tantôt très notable pour un élément de petite dimension. L'ouverture de la pustule est suivie de la formation d'une croùtelle brunâtre, généralement peu étendue, puis de l'affaissement plus ou moins rapide de la saillie périphérique et, pour peu que la pustule ait un certain volume, d'une cicatrice d'abord rouge puis décolorée, blanche, (jui ne se rétrécit que très lentement, parfois même laisse indéfiniment des traces très apparentes.

Les cléments acnéiques peuvent présenter des dimensions très variables : ils

(') Tenneson et Leredde. De l'acné Uéralique, Ann'des de Dcrmalot., 18!>5. p. "285.

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oW MALADIES CLTANKKS.

sont pniTois punclifornics cl peu saillants, d'autres fois largos et peuvent atteindre la dinuMision d'un gros pois et plus: leur base est pai'l'ois le siège d'une inlilti-alion niar(iuée et persistante (acné induic'e); la suppiu-alion peut être abondante, déterminer un décollement étendu (acné phlegmoneuse).

L'abondance de ces éléments est variable; ils |)eu\('nt être disséminés en petit nombre, ou au contraire réunis en grand nondjre sur une surl'ace doiniéc qu'ils défigurent.

L'acné pustuleuse peut ne provoquer aucune gêne; souvent elle délcrniiiic une sensation de tension, surtout accusée lorsqu'on exerce des pressions sur les éléments.

L'acné pustuleuse coïncide le plus habituellement avec d'autres troubles des l'onctions glandulaires de la peau, avec la séborrhée grasse, avec l'acné comédon, avec des kystes sébacés. Il résulte de celte association, des caractères variables de ses éléments et de la coexistence d'éléments à des périodes très diverses de leur évolution, un polymorphisme souvent très accusé, d'où le nom d'acné polymorphe.

On voit l'acné pustuleuse coïncider presque toujours avec la séborrhée du cuir chevelu, très souvent avec des lésions plus ou moins disséminées d'eczéma séborrhéique.

Les sièges habituels de l'acné pustuleuse sont le visage et la partie supérieure du dos; au visage, elle occupe particulièrement le nez, souvent dans le sillon naso-jugal, les joues et le front.

Anatomie pathologique. — Les lésions de l'acné simplex consistent en une inflammation de la glande sébacée et des portions adjacentes du derme : les capillaires sont dilatés et on trouve dans le derme des cellules très variées, résultant de l'hypertrophie ou de la transformation des cellules conjonctives ; Unna y signale la présence de cellules géantes mullinucléées à protoplasma dégénéré, qu'il appelle des chorioplaxes.

Les lésions périfolliculaires sont surtout prononcées dans les formes accompagnées d'infiltration marquée (acné indurée). La suppuration des parties adjacentes est toujours consécutive à celle de la glande elle-même et généralement due à l'ouverture d'un abcès intra-glandulaire.

D'après Unna, la suppuration de l'acné est due aux parasites propres de cette afï'ection (voir plus haut l'anatomie pathologique^ de l'acné comédon, p. 558) et non aux pyocoques vulgaires, qu'il n'a jamais rencontrés dans les pustules acnéiques. Cette opinion n'est cependant pas partagée par tous les auteurs. Lomry(') a constaté la présence du staphylocoque l)lanc.

Etiologie. — Les causes de l'acné comédon sont aussi celles de l'acné pustuleuse.

Comme la première, celle-ci s'observe surtout dans les années qui accompagnent et suivent le développement de la puberté. L^toié juvénile, très fréquente chez les jeunes gens des deux sexes, a une tendance très marquée au polymorphisme; elle peut se prolonger pendant plusieurs années el aboutir au développement de cicatrices nombreuses, profondes et très disgracieuses. Elle est entretenue par les troubles digestifs, la constipation en

(*) LoMRY. Untersuchungen ûber die ilîtiologie der Acné. Dermatologische Zeilsclirift, '18CG. p. 480.

LKs a(;ni:s. r.t.j

première ligne, el sa rréi[Uoncc esi, siirLoul gi-ainK; elie/ les jeunes sijjels lyinphaliques.

(liiez la fommo, les divers acios et I roubles des l'onclions génitales jouenl un rôle imporlanl dans le dévcloppemenl de Tacné. Au moment des époques menstruelles, souvent dans les jours qui les précèdent, les acnés de toute cause subissent une exaeerbalion ; Tacné menslriœlle a surtout pour siège le menlon el le pourtour de la bouche. La grossesse s'accompagne d'acné pustuleuse, chez certaines femmes, moins souvent cependant que d'acné rosée; les diverses lésions utérines accompagnées de leucorrhée sont souvent cause d'acné pustuleuse. Il n'est pas rare de voir l'acné disparaître après une première grossesse.

Les troubles digestifs, la dyspepsie nervo-motrice, la dilatation de l'estomac, la constipation habituelle, par l'intermédiaire des fermentations qu'elles provo- (j[uent et des résorptions de substances toxiques qu'elles amènent, sont une cause fréquente, reconnue depuis longtemps, d'acné pustuleuse. Les poussées d'acné succèdent souvent à des écarts de régime.

Les fatigues, le surmenage sous toutes ses formes, l'insomnie en sont également l'occasion.

La cause de l'acné pustuleuse est l'oblitération de l'orifice folliculaire, entraînant la rétention de la sécrétion des glandes sébacées; sous une influence encore incomplètement déterminée, ainsi que nous l'avons vu à propos de l'anatomie pathologique, le^ contenu glandulaire suppure. A l'hyperkératose folliculaire initiale et à l'infection microbienne, il faut des conditions prédisposantes réalisées par les états physiologiques ou pathologiques précédents.

Diagnostic. — Le polymorphisme des lésions de l'acné pustuleuse ne permet guère de la confondre avec d'autres affections.

Les syphilides papuleuses s'en distinguent par leur coloration rouge cuivré, par leur forme plus aplatie, par l'absence de suppuration.

Le sycosis trichopliy tique se caractérise par des saillies volumineuses, généralement assez douloureuses, accompagnées d'une suppuration plus abondante et plus persistante que celle de l'acné, localisées dans les régions pilaires.

Les foUiculites médicamenteuses^ provoquées par les goudrons, spécialement par l'huile de cade et décrites sous le nom d'acné cadique, ont la même origine que l'acné, à savoir l'oblitération de l'orifice folliculaire, qui est ici réalisée par le goudron lui-même et la suppuration des sécrétions retenues dans la glande : elles diffèrent de l'acné par la constatation facile de ce bouchon folliculaire, par la plus grande régularité de volume des éléments pustuleux réunis sur les surfaces où a été appliqué le médicament en nature ou en pommade, sur la topographie des lésions qui ne correspond pas à celle de l'acné, enfin sur les commémoralii's fournis par le malade.

Traitement. — En premier lieu, on combattra tous les états pathologiques qui tiennent l'acné sous leur dépendance, troubles digestifs, menstruels ou autres.

Le régime alimentaire sera réglé de façon à en éHininer tous les aliments susceptibles d'amener des toxines dans l'économie ou d'en provoquer la formation : poisson, conserves de viande, gibier, fromages fermentes et salés, etc., ainsi que les aliments de digestion difficile.

Les laxatifs répétés, surtout lorstju'il y a tendance à la constipation, et les

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irrigations intestinales assurent souvent mieux l'asepsie des voies digestives que les antiseptiques intestinaux.

Chez les sujets dont la circulation est languissante, les pratiques hydrollirrapiques et les frictions sèches, chez les lymphatiques, les préparations ferrugineuses et arsenicales, et môme l'huile de foie de morue, malgré les objections théoriques à son emploi, forment le complément nécessaire des prescriptions précédentes.

Divers médicaments internes ont été proposés contre l'acné à titre plus ou moins avoué de spécifique, entre autres l'arsenic, le soufre, l'ichthyol (Unna), et n'ont généralement pas donné de résultats favorables. Dans ces derniers temps, Brocq a vulgarisé l'usage de la levure de bière à la dose de 1 à 5 cuillerées à soupe par jour.

Le traitement local de l'acné simplex a pour agents principaux les applications de savons, les préparations de soufre et d'ichthyol.

Les savons, soit le savon noir ou savon mou de potasse, soit les savons durs à base de soude additionnés de diverses substances, le soufre, le naphtol, le goudron, l'acide salicylique, sont employés en frictions avec de l'eau chaude, de façon à produire à la surface de la peau une couche de mousse qu'on laisse en place pendant deux à huit heures et qu'on enlève avec de l'eau chaude : après le lavage, les surfaces malades sont poudrées à l'amidon. Les applications de savon peuvent être répétées plusieurs fois par semaine, mais doivent être suspendues si elles provoquent une irritation trop vive. Elles constituent une médication énergique, d'autant plus indiquée que les lésions sont plus étendues, plus nombreuses et revêtent plus spécialement le caractère pustuleux. Les préparations soufrées ont une action un peu moins énergique et sont d'autant mieux tolérées que les téguments sont plus gras et plus séborrhéiques. Les plus employées sont les pommades à 5 ou à 10 pour 100 additionnées de i à 3 pour 100 d'acide salicylique et les lotions (par exemple : soufre précipité 15 à 25 grammes, alcool camphré 40 grammes, glycérine et eau de rose ââ 60 grammes), avec lesquelles les parties malades sont badigeonnées le soir.

L'ichthyol est employé en pommade à 10 ou 15 pour 100, ou en solution à 10 à 50 pour 100 dans un mélange à parties égales d'alcool et d'éther. Il est cependant moins régulièrement efficace dans l'acné vulgaire que dans l'acné rosée.

Les lotions chaudes répétées avec des solutions de borate de soude à 2 à 5 pour 1000, de chlorhydrate d'ammoniaque à 2 à 10 pour 1000, de sublimé au 5000% de résorcine à 2 à 5 pour 1000, ou avec de l'eau additionnée d'alcools aromatisés sont d'utiles adjuvants des médications précédentes. Il est à remarquer que les substances antiseptiques habituellement employées n'ont pas d'effets marqués sur la suppuration acnéique.

Des badigeonnages à la teinture d'iode, employés au moment de l'apparition des lésions, les font souvent avorter et empêchent leur suppuration.

Le traitement local de l'acné simplex est difficile à régler, en raison de la susceptibilité très variable de la peau acnéique aux divers topiques, de son irritabilité facile chez certains sujets, et d'autre part de la résistance de certaines acnés à des médications insuffisamment actives. Il demande une attention toute particulière. S'il survient des phénomènes inflammatoires un peu intenses, il convient de supprimer toutes les préparations actives, de recourir

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aux lotions chaudes et à remploi de poudres inertes ou même aux ai)[»iii;i lions émollientes.

Les acnéiques ne doivent jamais se servir que d'eau chaude pour la toilette des régions malades : Teau froide, dont l'emploi est suivi d'une conir<'stion locale, exagère l'inflammation périglandulaire.

Lorsque la peau les supporte, les savonnages ou les frictions avec deliquides alcooliques sont utiles pour enlever l'enduit gras qui recouvre h; tégument et faciliter le contact des médicaments.

Dans tous les cas où les pustules présentent un certain développement et surtout s'accompagnent d'infdtration de voisinage, la ponction de la pustule avec une [aiguille à scarifier suivie dun attouchement à la teinture d'iode ou mieux encore la cautérisation avec la pointe fine du thermo-cautère ou du galvano-cautère, en activent la réparation et diminuent les chances de réinoculation de voisinage. Dans les formes phlegmoneuses, les cautérisations ignées sont de rigueur.

Les eaux minérales d'Uriage, de Cauterets, de Luchon, de Barèges, de Saint- Honoré, d'Aix en Savoie, de La Bourboule, employées localement ou en boissons, suivant les cas et suivant les indications propres à chaque malade, sont les plus usitées dans le traitement de l'acné simplex.

ACNÉ ROSÉE

Définition. — Sous les noms d'acné rosée, d'acné rosacée, de rosacée, de couperose, on décrit une affection caractérisée par le développement de dilatations vasculaires formant des plaques rouges sur le visage et de pustules de volume variable correspondant à des glandes sébacées, et souvent par une hypertrophie de ces glandes.

Description clinique. — Les dilatations vasculaires qui constituent le début et les formes les plus simples de l'acné rosée, forment tout d'abord des varicosités de dimensions variables, isolées et arborisées; plus tard, elles se réunissent pour constituer des nappes d'un rouge plus ou moins prononcé, tirant sur le violet dans les cas les plus accusés; par la pression, ces nappes s'effacent incomplètement.

Sur ces lésions érythémateuses on A^oit tôt ou tard, parfois dès le début et avant même que la rougeur ne forme des plaques étendues, se développer des pustules acuminées, de dimensions variées, ne dépassant généralement pas le volume d'une tête d'épingle et entourées d'une zone rouge arrondie. Ces pustules se rompent par la pression, et donnent issue à une petite quantité de pus; les plus volumineuses laissent une cicatrice longtemps apparente et parfois déprimée.

L'hypertrophie des glandes sébacées se traduit par l'élargissement de leur orifice extérieur, par la présence dans cet orifice d'un comédon généralement gras que la pression peut extraire, et par une abondante sécrétion grasse qui rend luisantes les parties atteintes d'acné rosée, enfin par l'augmentation de volume de ces parties.

L'acné rosée occupe presque exclusivement le visage : joues, nez, front.

Elle peut se présenter sous des formes cliniques 1res différentes.

La forme la plus simple est constituée par les télangiectasies, qui en carac-

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Iriiscnt lo débuL ol (iiii pcuvoiil en rosier, au moins pondanl lonj^lomps. l'unique manileslalion : ces lélang-ieclasies s'exaj^èrenl sous linllnence du froid et des causes de congestion faciale.

Une forme plus prononcée est caractérisée parla présence de placards rouges, occupant le centre des joues, l'extrémité du nez, la partie moyenne du fronl. et disposés symétriquement; ces placards prennent une coloration violacée sous rinfUience du froid et surtout chez les sujets alcooliques.

Les formes pustuleuses de l'acné rosacée revêtent des aspects très variés : les pustules peuvent se superposer à des varicosités ou à des plaques érythémateuses et occuper une grande étendue des surfaces malades, ou bien être disséminées sur ces surfaces et en petit nombre; elles peuvent aussi se montrer en des points où les dilatations vasculaires font encore défaut, et jouer le rôle de cause d'appel au développement des lésions A'^asculaires.

La forme extrême de l'acné rosée est caractérisée par une tuméfaction considérable des parties atteintes, tuméfaction portant sur toute l'épaisseur du tégument, accompagnée de dilatation des orifices des glandes sébacées; le plus souvent la peau est uniformément rouge ou violacée, plus rarement de coloration normale.

Cette forme porte le nom d'acné hypertrophkjue. Elle s'observe le plus souvent sur le nez, où on lui donne le nom de rhinophyma. La tuméfaction peut porter également sur toute l'étendue du nez, ou l'atteindre inégalement, produisant ainsi des saillies souvent irrégulières qui déforment considérablement les traits. L'hypertrophie du nez peut, dans les cas extrêmes, atteindre des dimensions considérables : la dénomination de nez d'une livre (Pfundnase) qui lui est donnée vulgairement en Allemagne en est le témoignage. Cette forme d'acné a été parfois décrite sous les noms d'éléphantiasis ou de fibromes multiples du nez.

Quelle que soit sa forme, l'acné rosée est essentiellement chronique et persistante. Quoiqu'elle ne compromette pas la santé, elle est, par sa durée et par son siège sur les parties découvertes, une des dermatoses les plus pénibles.

Étiologie. — Les causes de l'acné rosée sont, d'une façon générale, les mêmes que celles de l'acné comédon et de l'acné vulgaire.

Elles consistent surtout en troubles des fonctions digestives et génitales; mais, d'une part, ces troubles des fonctions digestives et génitales sont un peu différents de ceux qui provoquent l'acné vulgaire et, d'autre part, il faut y joindre l'action des causes qui modifient la circulation de l'extrémité céphalique.

Les troubles digestifs qui provoquent l'acnée rosée sont surtout la constipation et les gastrites ou gastropathies liées à l'alcoolisme.

Il s'en faut cependant que l'alcoolisme doive toujours être accusé de produire l'acné rosée; des sujets d'une sobriété absolue peuvent en être atteints.

Les troubles des fonctions génitales qui provoquent le plus ordinairement l'acné rosée sont la dysménorrhée, surtout celle qui se produit au voisinage de la ménopause, la ménopause elle-même. On voit également l'acné rosée se produire pendant une grossesse, et cesser ou persister après l'accouchement.

L'exposition au froid, à la chaleur excessive, au vent, le froid aux pieds habituel, les vêtements trop serrés (corsages, corsets, cols, etc.) en provoquant la congestion du visage sont des causes actives d'acné rosée.

Les lésions des fosses nasales, en déterminant des troubles circulatoires et des phénomènes réflexes, facilitent la production de celle alfection.

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L;\ srbori'lKM' du \is;i^(' pivilisposo iiu d(''\ clopitciiicnl de I iicik'- rospc. ConlraircMiKMd ;'i I ;icm'" xuli^Mirc, ([iii csl lallriliid des jciiiics siijcis, l'ocnr rosrc ne s'ol)S('r\(' i^iirrc aNanl .")() ,111-^. cl s;i ri-(''(|ii('iicr aiii^incntc avec l'àf^c.

Anatomie pathologique. — Les lésions de TaciK' rosée porlenl à la fois sur les vaisseaux sanguins situés au voisinage du folliculo pilo-sébacé, qui sont le siège d'une congestion intense, sur le tissu conjonctif périfolliculaire, qui est infiltré de cellules embryonnaires plus ou moins abondantes, et sur les glandes sébacées qui sont augmentées de volume et présentent des traces manifestes d'inflammation.

Pour Vidal et Leloir, les lésions vasculaires périfolliculaires sont primitives, et tiennent sous leur dépendance les lésions glandulaires ; la suppuration du tissu cellulaire précède celle des glandes dans lesquelles l'abcès périfolliculaire pénètre ultérieurement.

Dans les formes hypertrophiques, l'hypertrophie des glandes sébacées atteint des proportions considérables; le tissu conjonctif périglandulaire prolifère, forme des bandes scléreuses dans lesquelles sont creusées les glandes: les vaisseaux lymphatiques contenus dans ce tissu sont considérablement dilatés.

Unna a trouvé dans les glandes sébacées des régions atteintes de couperose les mômes micro-organismes que dans la séborrhée.

Diagnostic. — Les différentes formes d'acné rosée peuvent exposer à des erreurs de diagnostic nombreuses.

Le lupus érylhémateux diffère des formes congestives par sa configuration plus nettement arrêtée, par l'absence de varicosités capillaires ramifiées, par la présence de croûtes ou de squames adhérentes poussant des prolongements dans les glandes sébacées, par l'existence de cicatrices en un point quelconque des surfaces malades; en outre, il donne souvent lieu à des lésions de la région pré-auriculaire, du pavillon des oreilles ou du cuir chevelu, qui font défaut dans l'acné rosée.

La xérodermie pilaire érythémateuse diffère de l'acné rosée congeslive par ses localisations, par l'existence de petits cônes cornés ou de cicatricules correspondant à des follicules pilaires.

Les eczémas se différencient de l'acné rosée par la présence de vésicules ou de squames, les eczémas séborrhéiques par la présence de croûtes grasses. 11 est néanmoins des cas où la distinction est des plus embarrassantes.

Les engelures du nez et des joues rappellent parfois de très près l'acné rosée, elles s'en distinguent cependant par leur développement plus rapide, par leur coloration plus livide, par l'algidité des plaques érythémateuses, par la coïncidence de lésions analogues sur les oreilles ou les pieds, et surtout les mains.

Les syphilides tuberculeuses du visage peuvent simuler l'acné rosée, surtout dans ses formes érythémato-pustuleuses. Elles en diffèrent par leur saillie, la dureté de leurs éléments, leur disposition circinée, leur siège en des points autres que ceux qui sont occupés par l'acné rosée.

L'acné hypertrophique peut également être confondue avec les syphilides tuberculeuses, qui s'en distinguent par la coexistence de lésions analogues en différents points du visage, par \cuv développement plus rapide.

Le rliinosclérome se caractérise par une tuméfaction du nez portant surtout sur le voisinage des narines, par la présence au niveau de l'orifice de celles-ci

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T)^t» MALADIES CUTANÉES.

d'une tuméfaction dure et scléreuse, par rinli'i^riti' du l'cvOtement culant- i\\\ nez.

Traitement. — Le traitement interne de Tacné rosée est à peu près identique à celui de l'acné vulgaire. Il doit comprendre l'emploi des antisei)li<pies intestinaux, des laxatifs ou des purgatifs chez les sujets qui ont une tendance à la constipation, l'usage des alcalins chez les sujets présentant de l'hyperchlorhydrie et chez ceux qui sont fortement entachés d'arlhritisme, le traitement des troubles menstruels, s'il en existe: en un mot, il faut traiter tous les états locaux et généraux qui peuvent déterminer le développement ou la persistance de l'acné rosée.

L'hygiène des acnéiques doit également être réglée; ils doivent, éviter l'usage de tous les aliments qui, renfermant des toxines ou des substances irritantes, peuvent provoquer des congestions cutanées; ils doivent, en général, s'abstenir de boissons alcooliques on excitantes, telles que le thé, le café, boire du lait, de Feau pure ou des infusions aromatiques légères; ils doivent protéger leur visage contre l'action de la chaleur, du froid, du vent, éviter le froid aux pieds, la constriction du thorax ou du cou par les vêtements.

Le traitement local consiste surtout dans l'emploi des préparations soufrées (lotions soufrées, pommades à base de soufre ou d'ichthyol, etc.), et est identique à celui de l'acné vulgaire.

En outre, on aura recours aux lotions avec des liquides très chauds (eau simple ou légèrement aromatisée, solutions faibles de sublimé) qui décongestionnent très nettement les téguments.

Dans la grande majorité des cas, ces moyens sont insuffisants à guérir lacné rosée et il faut recourir à des traitements plus actifs : les scarifications linéaires répétées dans les formes érythémateuses, les cautérisations ignées ponctuées dans les formes pustuleuses.

Quant aux formes hypertrophicjues, on peut obtenir la réduction partielle de leur volume par l'usage persévérant des préparations soufrées; mais, tôt ou tard, pour peu qu'elles aient atteint un certain développement, on est obligé d'en venir aux seules médications qui leur conviennent, la destruction par le fer rouge ou l'ablation par le bistouri : nous ne pouvons entrer ici dans le détail des procédés opératoires applicables dans ces cas.

ACNÉ CHELOÏDIENAE

Définition. — • On donne le nom d'acné chéloidienne, de sycosis chéloïdien ou de chéloïde acnéique, à une affection caractérisée par le développement de pustules et ultérieurement de masses de tissu fibreux analogues aux chéloïdes, affection qui siège presque exclusivement à la nuque.

Description. — Le début de l'acné chéloïdienne se fait par des pustules du volume d'une tête d'épingle, hémisphériques, entourées d'une aréole inflamnintoire, généralement avec un certain degré d'induration périphérique; ces }>uslutules siègent toujours autour d'un poil.

Au bout d'un temps variable, l'infiltration périphériquedevient plus prononcée, et, arrivée à sa période d'état, l'affection est constituée par des nodosités saillantes, de surface légèrement brillante, de coloralion rouge, parfois parcourue par

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des varicosilés caj)illaircs ; ces nodosités oui uik,' consislancc Icrine (ïL fibreuse; leurs limites sont neLlement accusées et, immédiatement autour d'elles, la peau reprend son aspect normal. Ces nodo'^ités font une saillie de 5 à A millimètres, elles ont une forme arrondie ou allonii^ée et sont souvent réunies de façon à constihier une plaqu(^ transversale, de 1 à 2 ou Tt centimètres de hauteur, à bords droits ou sinueux, ou bien elles restent isolées les unes des autres.

Les poils font pour la plupart défaut sur la partie saillante de la lésion ; ceux qui persistent sont durs, épais, disposés par places en bouquets, souvent entourés d'une pustule ou d'une excoriation consécutive à une pustule.

La marche de l'affection est très lente. Elle dure des années sans modification et est très rebelle à la thérapeutique.

L'acné chéloïdienne a pour siège de prédilection ou, pour mieux dire, pour siège exclusif la nuque, à quelques centimètres au dessus de la bordure du cuir chevelu. Elle débute presque toujours au niveau des plis profonds que le tégument fait dans cette région.

Anatomie pathologique. — Les lésions de l'acné chéloïdienne ont été l'objet de recherches nombreuses de la part de Mibelli, Dubreuilh, Unna, Mantegazza('), etc. Elles ont donné lieu à des interprétations variées. II est bien établi aujourd'hui, conformément à ce cjue montre la clinique, que les lésions débutent par les follicules, pour atteindre secondairement les tissus avoisinants.

La folliculite initiale est caractérisée anatomiquement par une infiltration de la racine du poil et de la glande sébacée par des leucocytes; autour de ces organes, on voit s'accumuler des cellules qui pour Mibelli sont des lymphocytes et pour Unna des cellules conjonctives.

Ultérieurement se développe un tissu fibreux, feutré, condensé comme celui des chéloïdes, dépourvu de fibres élastiques, occupant la partie moyenne du derme et respectant le corps papillaire et l'hypoderme; on ne trouve plus trace des follicules pileux superficiels qui sont détruits par lanéoplasie, tandis que les plus profonds subsistent ; la disposition en bouquet des poils persistants tient à ce que ces follicules profonds sont précisément disposés en groupes au centre des territoires arrondis dont se compose le cuir chevelu.

Les agents pathogènes qui provoquent l'acné chéloïdienne ne sont pas exactement déterminés ; il semble cependant qu'il n'y ait pas à faire intervenir le micro-bacille décrit par Unna dans l'acné vulgaire.

Étiologie. — Les causes de l'acné chéloïdienne sont complètement inconnues. Il est certain que cette affection diffère essentiellement des autres acnés, avec lesiiuelles la plupart des auteurs allemands (^) se refusent à la confondre et que les causes invoquées pour expliquer le développement des acnés en général sont étrangères à la production de l'acné chéloïdienne. Contrairement aux autres acnés, l'acné chéloïdienne ne s'observe pas chez les sujets jeunes et est presque exclusivement propre au sexe masculin.

L'épaisseur des téguments au niveau de la nuque, le frollemenl du col de la chemise ont été invoqués pour en expliquer le développement.

(') Mantegazza, Del clieloidc. Gioi-nalv itclinim ilcUc nialatlie voieree e délia pelle. 1897. 51." el T.'iS.

^'uir TouTCix, Inr. cil.

ôhO MAI.ADIES CLTANKES.

Diagnostic. — L'acné chrloïdicnnc est ti,én('' raie ment facile à reconnaître; par .son ^^ièyc 1res spécial, par la limitation et la consistance de ses lésions, par leur marche lente, elle se différencie de toutes les autres dermatoses.

Les furoncles ont une marche rapide, une allure inflammatoire que n'a pas Tacné chéloïdienne; les nodosités qui succèdent parfois aux furoncles de la nuque ne sont pas réunies en plaques, et sont moins sjiillanlcs, moins hicn limilées que celles de Tacné chéloïdienne.

Les follicidiles trichopltyliqiees {kerion Cehi) occupent rarement la nu<{ue; elles sont plus inflammatoires, plus douloureuses que les nodosités de l'acné chéloïdienne, forment une saillie arrondie, parsemée de pustules ou de cratères suppurant plus abondamment que les folliculiles de l'acné chéloïdienne: la consistance de ces placards est mollasse, et non scléreuse comme celle des nodosités de l'acné chéloïdienne.

Les syphilifles tuberculeuses en groupes^ localisées à la nuque, pourraient simuler l'acné chéloïdienne : elles en diffèrent par leur coloration jambonnée, par leur volume moindre, souvent par la présence de cicatrices en quelques points, par leur consistance toujours moins dure.

Traitement. — Le développement de lacné chéloïdienne peut être entravé par le traitement des folliculites qui en marquent le début et la première phase; l'emploi des pommades soufrées, les lavages répétés au savon et avec des solutions de sublimé peuvent empêcher l'évolution de ces lésions et la production de nodosités chéloïdiennes.

Lorsque celles-ci se sont développées, le traitement devient beaucoup plus difficile ; il consiste en scarifications, alternant avec des applications d'emplâtres mercuriels (emplâtres de Vigo ou de Vidal), ou d'emplâtres pyrogalliques ; il faut une grande persévérance pour arriver à la guérison de cette affection, essentiellement rebelle comme le sont toutes les chéloïdes.

ACNÉ ISÈCROTIQUE

Définition. — Nous décrirons sous le nom d'acné nécrotique, qui a été

proposé par C. Boeck, une affection de l'appareil pilo-sébacé, caractérisée par

le développement de petites eschares jaunes, de consistance molle, centrées par

un poil, dont la chute met à nu une surface dermique en voie de réparation,

• affection laissant à sa suite des dépressions cicatricielles.

Cette affection a reçu des noms très divers : acné pilaire (Bazin), acné arthritique (Bazin), acné varioliforme (Hebra) à cause de l'aspect de ses cicatrices, acné rodens (E. Vidal); elle paraît être identique à la dermatose que Unna appelle ulérythème acnéiforme.

Description clinique. — L'acné nécrotique débute par de petites saillies aplaties, de coloration rouge ou violacée, centrées à leur début par une petite pustulette très éphémère; bientôt celle-ci est remplacée par une croûte jaune, à reflet verdâtre, de forme arrondie, centrée elle-même par un poil. La croûte jaune, de consistance molle, sèche et ne tachant pas le papier comme celle de l'impétigo, assez adhérente au début, peut cependant être détachée par le grattage qui l'enlève en entier : on constate alors qu'elle repose sur une dépression cupuliforme étalée, intéressant la partie supérieure du derme. Lorsqu'on

LES ACNÉS. 351

;irracli(' la crorilc dans les iircmicrs jours de son (Irvcloppciiiciil , le dcnnc sousjacciil saig'ne k'^ri'tMUcnl : mais, plus lard, on li'ouvc au-dessous d'elle le derme déjà réparé, rocoiiverl dune mince culicule, mais manireslcmenl oxcavé. La dépression ainsi formée ne se comble pas el, à chaque élément d'acné, succède une cicatrice, nettement limitée, arrondie; cette cicatrice, qui rappelle les cicatrices de la variole, persiste indéfiniment; c'est uniquement dans les cas où elle est peu élendue cpi'elle finit par cesser d'être perceptible. Le poil qui centrait la croûtelle jaune ne se reproduit, d'ailleurs, jamais.

Les lésions de l'acné nécrotique se développent très rapidement, sous forme de poussées éruptives comprenant 10, 15, 20 éléments, situés dans une même région généralement très limitée. Ces poussées peuvent se répéter à intervalles variables, pendant un temps plus ou moins long. Il en résulte que les régions atteintes se recouvrent de cicatrices souvent très nombreuses, dont la multiplication accuse la ressemblance avec les cicatrices varioliques et que les poils de la région finissent par disparaître plus ou moins complètement.

L'acné varioliforme a pour siège de prédilection la bordure du cuir chevelu, principalement à sa partie antérieure, de chaque côté de la région frontale. Elle peut également se développer sur toute l'étendue du cuir chevelu ; mais, lorsqu'ils siègent loin de la bordure, les éléments sont moins volumineux,les croûtes sont moins larges et peuvent simuler celles de l'eczéma. On peut encore observer l'acné nécrotique sur la partie saillante du front, sur le nez et la partie adjacente des joues, où elle produit des cicatrices très déprimées et très apparentes, plus rarement sur la région des joues recouvertes de barbe, qu'elle envahit de proche en proche à partir de la limite de la barbe et où elle produit des cicatrices très profondes ; quelquefois aussi on l'observe sur le tronc, où ses éléments atteignent des dimensions beaucoup plus considérables que sur l'extrémité céphalique.

Étiologie. — L'acné nécrotique s'observe beaucoup plus souvent chez 1 homme que chez la femme. Elle débute généralement entre 50 et 40 ans.

Elle coïncide souvent avec la séborrhée grasse du cuir chevelu et du visage, quelquefois avec de l'acné couperosique; par contre, il est tout à fait exceptionnel de la voir coïncider avec de l'acné comédon.

Elle succède souvent à des troubles digestifs et ses poussées sont très souvent en rapport avec des exacerbations de ceux-ci. Les sujets qui en sont atteints ofîrent tous, à un degré plus ou moins prononcé, les attributs de l'arthritisme.

Anatoiïiie pathologique. — Les lésions de l'acné nécrotique sont caractérisées par une nécrose de l'épiderme, principalement de la gaine externe des poils (C. Boeck et Pick), nécrose qui pénètre plus ou moins profondément dans le derme dont on trouve les éléments, fibres élastiques et conjonctives, dans la croûte. A la suite de cette nécrose, ainsi que Ta montré Dubreuilh(*), surviennent des phénomènes réactionnels diffus de congestion vasculaire et dinfiltration périvasculaire et périglandulaire. Les glandes sébacées ne semblent être atteintes que secondairement, quoique les lésions déltutenl toujours à leur pourtour. Aussi la dénomination d'aciu'' n'est-elle |ias absolument justifiée.

(*) W. DcnRicLMUi. De rncin'" lUM-roliquc. .l/r/iù't's clintijuea de Bovdenux. nitùl 1801, cl Annales de Dermatologie. ISUi. p. U.'iG.

IGEORGES THIBIERGE.I

552 MALADŒS CLTANEES.

Dans l(^s lésions de Tacné nécroliqiic, on trouve des staphylocoques cl un petit niicrocoque en amas zoogléicpies (Duhreuilh), mais la nature de son agent pathogène n'est pas encore déterminée.

Diagnostic. — Le diagnostic de l'acné nécrotique est presque toujours d'une grande l'acililé.

Elle se distingue de Vimpctujo par son évolution moins rapide, par les dimensions plus restreintes des croûtes jaunes, par la localisation au niveau des régions pilaires, sans tendance à se disséminer au delà d'une zone limitée.

Elle ditïère des syphilides papuleuses et papulo-tuberciileuses ulcérées, avec lesquelles elle est très souvent confondue, par sa localisation à certaines régions de prédilection, sans envahissement des parties adjacentes non pourvues de poils et sans tendance à la disposition circinée, par la constance de cicatrices également limitées aux régions pourvues de poils, par les dimensions moins considérables des éléments et l'absence d'infdtration et d'induration de leur base, par la coloration moins foncée et plus rosée de cette base, par la guérison rapide sous l'influence de médicaments simples et sans intervention du traitement spécifique.

Au cuir chevelu, la confusion pourrait être faite avec Veczéma croûteux disséminé; mais, dans celui-ci, les éléments sont plus nombreux, plus rapprochés, les croûtes sont plus grasses et plus molles, et, après leur ablation, il se produit une exsudation séreuse qui se concrète ou non en nouvelles croûtes.

Traitement. — Il est facile de faire disparaître les croûtes et d'amener rapidement la cicatrisation des éléments de l'acné nécrotique, si abondants et si disséminés qu'ils soient. Il suffit de faire tomber les croûtes au moyen de cataplasmes de fécule de pommes de terre ou de pulvérisations tièdes et de laver avec des solutions antiseptiques, de sublimé de préférence. L'emploi des pommades soufrées à 10 pour 100 et l'usage prolongé de solutions de sublimé en lavages semblent retarder ou empêcher la production de poussées éruptives et arrêter la marche de celles qui se sont produites.

Dans les formes graves, incessamment récidivantes, que l'on observe parfois au visage, la destruction ignée des éléments au fur et à mesure de leur développement semble être le seul moyen d'entraver la marche de la maladie ; encore demande-t-elle, pour donner des résultats favorables, une régularité absolue et une grande persévérance.

On devra, en outre, combattre les troubles digestifs concomitants et recourir à l'usage des alcalins à dose suffisante pour agir sur l'état constitutionnel des sujets.

PSOROSPERMOSE FOLLICULAIRE VÉGÉTANTE

Darier a proposé le nom de psorospermose folliculaire végétante pour désigner une affection caractérisée par le développement en certaines régions d'élection de saillies correspondant aux follicules pilaires et dans les lésions de laquelle il a rencontré les figures qui ont été considérées comme des psorospermies('). Bien que, actuellement, la nature parasitaire de cette lésion ne semble

('] J. Darier, De la psorospermose folliculaire végétante. Annales de Dermatologie, 1880, p. 597. — A. TiuDAULT, Observations cliniques pour servir à l'histoire de la psorospermose lolliculaitT véçfétante de Darier. Thèse de Paris, mai 188U.

PSOIîOSPERMOSK FOLLICULAIP.E V1:GKTA.\TE. -,5",

t>ii(''r(' |)r(ili;il)l(\ nous lui (•onsei'\oiis le nom ({ni lui a iHc'' doiint' par l)aiirr. les anlres drnominalions proposées, celle d'acné cornée eu [«aiUculifr. uayanl pas élé acceptées par la g'énéralilé des (UM-malologisles.

Description clinique. — Dans une |)reniière période, la lésion élémentaire de la psorosperuiose lolliculaire est caractérisée par une petite pa|)nle surnionlée (Tune croûte d'un bi'un noirâtre on <4iisàtre: cette ci'oùte est dure el sèche an knu'her, fortement adhérente, et constitue nne véritable petite corne enchâssée dans la peau par une extrémité conique ou cylindriciue d'un blanc sale el de consistance demi-molle; elle est reçue dans une dépression en forme d'entonnoir, à bords un peu saillants, correspondant à l'orifice dilaté d'un follicule pilosébacé ; dans les points où les lésions sont confluentes, la peau est recouverte d'une couche brunâtre ou terreuse, plus ou moins grasse au toucher, avec une série de saillies irrégulières très serrées donnant à la main la sensation d'une râpe; au-dessous de cette couche la peau est inégale et rugueuse, criblée de petits orifices en entonnoir.

Dans une deuxième période, les éléments prennent un grand dé\('lop|iement et se transforment en végétations l'ougeâtres, de la dimension dune lentille au plus, de forme irrégulière; le sommet présente une dépression, pertuis cratéri- Ibrme circonscrit par un bord annulaire épais, lisse; en certains points, ce bord est dépourvu de son épiderme et apparaît exulcéré; la pression sur cette masse fait sourdre par l'orifice delà matière sébacée pure ou mélangée de pus; les éléments, en se groupant et devenant confluents, forment des masses volumineuses, de véritables tumeurs; dans les plis, la surface de ces tumeurs est humide, constamment baignée par la sécrétion séro-purulente et très fétide cpii s'écoule des orifices et des points exulcérés.

Les lésions peuvent s'étendre à presque toute la surface cutanée; mais elles présentent leur maximum d'intensité au cuir chevelu, au niveau de la ceinture, à la région mammaire, aux creux axillaires et dans les plis inguinaux.

Cette affection est essentiellement persistante et progressive. Sa marche est ti-ès lente et sa durée est de plusieurs années.

Anatomie pathologique. — Les lésions sont constituées par une kéralinisation des follicules pilo-sébacés. Si on dissocie dans la potasse les bouchons cornés qui oblitèrent les follicules, on trouve, ainsi que l'a montré Darier, dans la partie profonde de ces bouchons, des corps ronds, avec une mince membrane kystique et une masse nucléaire; ces corps sont libres ou contenus dans les cellules épithéliales dont elles refoulent le noyau. Darier a considéré ces corps l'onds comme dénature parasitaire et semblables aux psorospermies, opinion sur laquelle il est revenu depuis. Il semble que ces corps sont le i)roduit d'mie dégénérescence particulière des cellules.

Les glandes sébacées sont le siège de lésions très prononcées, de dilatations considérables avec transformation kystique et production dexcroissar.ces sur les parois de la cavité kysticpie.

Etiologie. — Les causes de cette alVeclion sont absolument im'onnues. On sait seulement qu'elle s'observe chez l.adulte, plus souvent chez l'homme (pie chez la femme.

Diagnostic. — Le diagnoslic en est très facile. Le luollu^i-uiit conl(Ujio><>uiii.

TliArriC DE MÉDECINE, 2' é<lil. — llî. '17)

[GEORGES THIBIEF.GV.']

r,:>i MALADIES fllJTAXÉKS.

(|iii prèlorail seul à la coiil'iision, se disling-uo parla liiuilaiioii ih' ses Irsions (|iii ne sonl jamais éleiidues à des surlaees considc'rahlcs.

Traitement. — Le seul Irailemenl consiste dans l'emploi des bains, des calaplasnu's ou des applications de savon et d'acide salicylicpu' pour i-amoliir les A'égétations el faciliter leur cliule, et dans les applications de poudres absorbantes dans les régions qui sont le siège de suintement.

AFFECTIONS DU SYSTÉiVÎE PILAIRE

bt^S ALÛPliCIES

On donne le nom d'alopécie à l'absence totale ou partielle, définitive ou temporaire, des poils.

Les alopécies occupent le plus souvent le cuir chevelu, mais peuvent porter également, en même temps que sur le cuir chevelu ou isolément, sur les poils des autres régions : barbe, cils, sourcils, région axillaire, région pubienne. C'est l'alopécie du cuir chevelu que nous aurons en vue dans ce chapitre de séméiologie.

Les alopécies peuvent reconnaître des causes très variées, qui se prêtent mal à une classification rationnelle.

On peut cependant distinguer :

a) Les alopécies congénitales;

b) Les alopécies acquises dues à des causes locales ;

c) Les alopécies acquises dues à des causes générales.

Les alopécies congénitales peuvent être générales, liées à l'absence de dé\ i^loppement de l'appareil pilaire, ou partielles, liées soit à la présence d'un naîvus sur lequel les poils ne se sont pas développés, soit à une ectopie, en raison de laquelle une partie du cuir chevelu est recouverte de téguments ayant l'aspect et la structure du tégument des parties glabres, soit peut-être encore à des adhérences aux membranes fœtales ayant laissé à leur place une sorte de cicatrice.

Les alopécies acquises produites par des causes générales, des intoxications comme l'hydrargyrie, le saturnisme, des maladies infectieuses comme la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, la syphilis, la tuberculose, des causes qui troublent la santé générale comme la grossesse, l'allaitement, le myxœdème, le cancer, l'arthritisme, etc., si elles reconnaissent pour cause première des perturbations de la nutrition générale, ont souvent aussi pour mode instrumental une altération des follicules pilaires produite par une infection locale. Un grand nombre des alopécies se développant dans la convalescence des maladies infectieuses sont, en effet, liées à une séborrhée passagère, qui a été favorisée par la maladie première : or, la séborrhée semble n'être que le résultat dune infection locale (voir le chapitre Séborrhées, p. 550).

L'alopécie des sujets âgés, l'alopécie prématurée, que l'on observe surtout

LKS ALOi>i:cii:s. :,:,:,

<-li('Z les su jcis arlliril i(|ii('s cl (|iii coiisl il ne luii des al Irihiils de 1 aiM lirii i^mc. soni lires aussi à 1 Cxislcnrr de la s(''I)()ItIm''(', (loiil (îIIcs i('|)i'(''snil('iiL le Icnnc (illinic, cl r(Milr('rai(Mil par siiil<' dans le oronpc d(>s alopécies de cause locale.

Les alopécies acquises de cause locale <'onsliluenl, oL par leur variété el pai' leur fréquence, le groupe le |)lus imporlanl des alopécies. Elles peuvent être produites par des parasites végétaux (tridiophytons, microsporon), ou microbiens (niicrobacille de la séborrhée, streptoco({ue, staphylocoque, etc.), ou par les localisations sur les l'égions pihMises des dermatoses relevant des causes les l)lus variées.

Les lésions provo(|uées par ces parasites ou caractérisant ces dermatoses peuvent occuper le poil lui-même, comme dans les trichophyties non suppuratives et la microsporie, ou le follicule pilaire, soit au niveau de son orifice comme dans la xérodermie pilaire, soit plus profondément comme dans la séborrhée ou- dans l'ichthyose. Elles peuvent aussi avoir pour siège, non le follicule, mais les tissus périfolliculaires, comme dans les périfolliculites décalvantes, ou ne présenter aucune localisation élective et atteindre en totalité le derme, dont elles provoquent la suppuration comme Fecthyma, ou la transformation scléreuse comme la sclérodermie.

Nous ne voulons pas décrire ici les caractères cliniques des diverses alopécies, ni même chercher à rappeler les signes qui permettent de les distinguer les unes des autres; nous résumerons seulement d'une façon très schématique les caractères grossiers qui permettent de circonscrire les recherches de la cause de Talopécie dans un cas donné; et on trouvera, dans les chapitres consacrés à chacune des affections susceptibles de la produire, les éléments d'un diagnostic différentiel.

Les alopécies généralisées, ou tout au moins diffuses et étendues à des surfaces sans limites précises, reconnaissent ordinairement pour causes des maladies générales, ou la séborrhée, ou encore la pelade décalvante; dans ces cas, elles ne s'accompagnent et n'ont été précédées d'aucune altération appréciable du cuir chevelu, à l'exception d'une desquamation séborrhéique plus ou moins accusée.

Les alopécies généralisées ou diffuses dues à l'eczéma, au psoriasis, à l'érysipèle, à la dermatite exfoliatrice, au pityriasis rubra, aux herpétides exfoliatrices, ont au contraire été précédées ou s'accompagnent de lésions nettement appréciables du cuir chevelu, dont elles constituent un symptôme secondaire el accessoire.

Les alopécies localisées affectent la forme de zones arrondies, d'étendue variable, isolées ou réunies les unes aux autres, ou celle de plaques irrégulières, uniques ou disséminées sur différents points du cuir chevelu. La chute des cheveux peut en constituer tantôt le seul symptôme, tantôt un des symptômes capitaux, tantôt un phénomène tout à fait accessoire.

Dans les pelades, la chute des cheveux est le symptôme capital, le cuir chevelu semble normal ou tout au j)lus légèrement œdématié avec des orilîces folliculaires plus apparents qu"à l'état sain, mais il ne présente aucune trace de squames; il en est de même dans les alopécies congénitales.

Le cuir chevelu offre l'aspect brillant propre aux cicatrices dans les alopécies consécutives à des traumatismes avec suppuration, à des pustules d'impétigo mal soigné, à lecthyma, au favus, aux folliculites décalvantes.

Le groupe des alopécies localisé(»s dans lesquelles la chute des cheveux con-

IGEORGES THIBIERGE]

stitue un défi .symptômes capilav.x de l'afTcction comprefid : les diverses Irichophylies non suppuralives, la microsporie, dans lesquelles on voit des scpiaracs plus ou moins apparentes, et des fragments de cheveux plus ou moins longs, et augmentés de volume; le favus, où l'alopécie s'accompagne de la présence de godets faviques ou de placards squameux épais; la forme de séborrhée sèche désignée sous le nom de teigne amiantacée, où les squames forment des plaques épaisses; la xérodermie pilaire, dans laquelle les cheveux présentent à leur base un cône corné plus ou moins apparent : les folliculites décalvantes dans lesquelles on voit des croûtes, des pustulettes ou de simples taches érythémateuses arrondies de petites dimensions et légèrement saillantes à la base des poils; le lupus érythémateux dans lequel on constate, outre des dépressions cicatricielles, des squames sèches et adhérentes reposant sur des surfaces érythémateuses; la sclérodermie en plaques dans laquelle le cuir chevelu est lisse, brillant, de consistance scléreuse.

Dans d'autres affections, l'alopécie n'est qu'un symptôme accessoire, surajouté à un ensemble clinique plus ou moins complexe, disparaissant au milieu de lésions telles que des ulcérations, des croûtes, des squames ; la reconnaissance de sa cause ne présente pas de difficultés.

Pour compléter ce sommaire de la séméiologie des alopécies, il convient de signaler ici les pseudo-alopécies provoquées par des traumaiismes qui brisent ou arrachent les poils ; chez les nouveau-nés, à la suite de frottements répétés contre les oreillers, on peut voir à la nuque et à l'occiput les cheveux se rompre au niveau du cuir chevelu, simulant une tonsure dont la localisation indique la cause. Le port de coiffures lourdes, le port du chignon et l'usage des peignes et des aiguilles à chapeaux provoquent parfois l'arrachement de cheveux, et cet accident, en se répétant sur une série de poils voisins, peut amener la production d'une véritable plaque de décalvation.

De ces pseudo-alopécies doivent être rapprochées celles qui résultent, plus souvent à la barbe qu'au cuir chevelu, de la trichomanie (Besnier) ou trichotillomanie (Hallopeau), sorte de névrose dans laquelle les malades s'arrachent des poils, soit pour constater s'ils ne sont pas malades, soit pour calmer un prurit des régions velues, soit simplement pour obéir à une impulsion.

LES PELADES

Définition. — On donne le nom de pelades à des affections du système pileux caractérisées par la chute des poils sous forme de taches ou d'aires généralement arrondies, chute précédée de l'atrophie du poil, sans altérations épidermiques macroscopiquement apparentes.

. La dénomination d'Area Celsi et celle d'alopécie en aires, usitée en Allemagne pour désigner les pelades, n'est pas exactement synonyme, car il existe des alopécies sous forme de plaques ou d'aires qui relèvent de causes diverses, succèdent à des lésions macroscopiquement très évidentes du cuir chevelu et ne doivent pas être confondues avec la pelade.

Même avec la signification restreinte qu'on lui donne en France, le nom de pelade s'applique à des alopécies de forme clinique, d'évolution et de nature extrêmement différentes. Il ne répond pas à une maladie du système pileux, mais à un groupe symptomatique complexe.

LES PELADES. 357

Bazin rangeait la pelade dans les teignes et la croyait causée par la présence de champignons; à la faveur d'une fausse interprétation clinique de Gruby, il l'attribua d'abord au Microsporon Audouini; plus lard, ayant reconnu l'erreur (le (Jruby, il lui assigna comme cause un champignon, le Trichophylon (kcalvans qu'aucun de ses successeurs n'a pu retrouver.

L'impossibilité de découvrir le parasite de la pelade fit émettre par Bœrensprung, liebra, etc., l'opinion que cette affection n'avait pas une cause parasitaire, mais une cause nerveuse. Cette opinion, accréditée en Allemagne, a été soutenue en France par Olivier et Gaucher, qui se basaient sur la difficulté de constater la contagion de la pelade dans la plupart des cas et sur le développement, à la suite de troubles nerveux et d'émotions vives, d'alopécies plus ou moins étendues, ayant les caractères de la pelade.

Se basant, d'autre part, sur la transmission indubitable par contagion d'alopécies présentant les caractères morphologiques identiques, la plupart des dermatologistes français, avec Besnier, Brocq, Thibierge, admirent qu'il existait deux grandes classes de pelades, les unes d'origine parasitaire, les autres d'origine nerveuse, mais sans tracer un tableau précis des symptômes propres à chacune de ces classes.

La division en pelade achromateuse ou vulgaire et pelade décalvante, admise depuis Bazin, répond à des différences d'aspect clinique et d'évolution plutôt que de causes.

Dans une série de recherches récentes, Sabouraud(') a repris l'étude des pelades, a montré dans les lésions de certaines d'entre elles la présence d'un parasite microbien ayant tous les caractères du microbacille de la séborrhée et de l'acné et dans d'autres l'absence de ce parasite. Il distingue, en se basant sur ces caractères bactériologiques et sur des caractères cliniques différents, deux espèces de pelades, la pelade parasitaire ou séborrhéique, qui s'observe chez l'adulte, et la pelade essentielle, non séborrhéique, qui appartient à l'enfant. Se reportant aux descriptions des anciens auteurs, Sabouraud a fait observer que ces deux types avaient déjà été cliniquement décrits avec une précision remarquable, la première par Bateman, la seconde par Celse sous le nom d'ophiase; aussi donne-t-il à la pelade séborrhéique de l'adulte le nom de pelade de Bateman, et à la pelade essentielle de l'enfant le nom de pelade ophiasique ou pelade de Celse, ou d'Area Celsi vraie.

Ces types ne comprennent certainement pas la totalité des affections rentrant dans la définition des pelades. Le travail de classification de ces aiïections est loin d'être achevé et la description que nous en donnerons est une description d'attente.

Pour en faciliter l'exposé, nous étudierons d'abord les caractères cliniques généraux des pelades, puis nous décrirons les types aujourd'hui différenciés.

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