‹ Traité de médecine (volume 2)Chapitre 67 sur 135 · J'ELADE SÉBORRHÉIQUE, PELADE DE BATE M AN · texte numérisé non relu

J'ELADE SÉBORRHÉIQUE, PELADE DE BATE M AN

La pelade séborrhéique a, d'après les descriptions de Sabouraud, pour carac tères cliniques de débuter par des plaques d'étendue variable, occupant un point quelconque du cuir chevelu. Ces plaques sont ordinairement peu noml)reuses et peu étendues. A leur surface, la peau est blanche, d'aspect gras et luisant, les orifices folliculaires sont dilatés, apparents et la pression en fait sortir de nombreux bouchons graisseux dont nous verrons plus loin l'aspect microscopique. Les poils altérés ([ue l'on observe sur les placiues ont l'aspect typique du poil peladique en point d'exclamation, leur extrémité libre est sectionnée franchement et en biseau, non en balai. Après leur chute, la plaque reste glabre, sans repousse de follets.

La pelade séborrhéique reste souvent à l'étal d(> |)la([ues alopéciques isolées, s'étendant excentriquement par leur périphérie, susceptibles d'une guérison rapide dans l'espace de quelques semaines, mais susceptibles aussi de récidives plus ou moins nombreuses. .Mais elle peut aussi se propager à des surfaces

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r.iiO MALADIES CUTANÉES.

étendues, arriver à produire la décalvalion complète et constituer la plus ^rave des pelades décalvanles. La pelade décalvante séborrhéique a parfois une marche extrêmement rapide et peut en quelques semaines produire la chu le i\o. lotalité des poils du corps; d'autres fois, elle évolue lentement, irrégulièrement, par poussées échelonnées sur un grand nombre d'années.

La marche de la pelade séborrhéique est, d'une façon générale, plus grave chez l'adulte que chez les jeunes sujets; elle est d'autant plus tenace et a d'autant plus de chances de s'étendre quil existe des lésions séborrhéiques plus apparentes : cette remarque avait été faite par Lailler et par Besnier avant que ne fût soupçonnée sa relation intime avec la séborrhée.

Anatomie pathologique. — Les lésions anatomiques de la pelade séljorrhéique consistent en une folliculite pilaire, avec infillralion, autour du follicule el surtout autour de la papille et des vaisseaux folliculaires, de cellules migratrices qui sont surtout des lymphocytes et des mastzellen: cette folliculite a pour conséquence une atrophie de la papille, qui produit un poil mince et dépourvu de pigment bientôt expulsé. Après la chute du poil, une nouvelle papille peut se former au fond du follicule et donner naissance à un nouveau poil : la reproduction de la papille n'a lieu qu'après la disparition de l'infiltration cellulaire péripapillaire.

Ces lésions folliculaires, qui avaient déjà été en partie décrites par Giovannini, ont été surtout précisées par Sabouraud qui a montré de plus la présence, dans les follicules ainsi atteints, d'amas microbiens auxquels il donne le nom d'utricule peladique ou de cocon séborrhéique. Ces amas sont formés du même microbacille que celui de la séborrhée, avec une gangue de cellules épidermiques et de graisse. Ils occupent au début le tiers supérieur du follicule, entre l'orifice pilaire et l'abouchement de la glande sébacée.

Ces cocons séborrhéiques peuvent être observés facilement dans le produit de raclage des plaques peladiques au moyen d'une lame de verre : ils sont formés de strates épidermiques emboîtés, contenant à leur centre, comme une larve en son cocon, des pelotons microbiens compacts. Après dégraissage par l'éther et coloration avec la thionine phéniquée ou le bleu polychrome ou mieux encore par la méthode de Gram, on peut voir dans ces cocons un bacille renflé en forme de barillet, 10 fois plus petit que le bacille court de la diphtérie, plus court et plus fin que le bacille de l'influenza de Pfeiffer: dans l'utricule peladique. ce 'bacille n'est ordinairement pas agminé en chauies, il est sous forme de diplobacille, plus rarement en chaînes de 5 ou 4.

La présence constante des cocons séborrhéiques dans les follicules habités par des poils peladiques ou laissés libres parla chute de ceux-ci est, pour Saljouraud, la preuve de la relation de la pelade avec le microbacille qu'ils contieiinent.

Étiologie. — La pelade séborrhéique s'observe aussi souvent chez l'homme que chez la femme.

Elle ne s'observerait jamais, d'après Sabouraud. avant 10 ou 12 ans, serait rare jusqu'à 14 ou 15 ans; elle se rencontre fréquemment chez l'adulte, dont elle constitue la pelade commune.

Cette affection, dont la fréquence varie suivant les pays, semble se confondre avec la pelade contagieuse, dont la transmission a été admise depuis longtemps

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par les dermalologisles l'raïKjais. On la voil se propager dans des milieux divers : de mari à femme (E. Besnicr), entre employés d'un même bureau (Hillairet), dans les écoles, les pensions, les régiments, dans toutes les agglomérations; elle est particulièrement fréquente chez les médecins attachés aux services de dermatologie (E. Besnier).

La transmission de la pelade peut se faire et se fait plus fréquemment encore par les objets de coiffure et de toilette, par les instruments des coiffeurs, en particulier par la tondeuse, par les mains du coiffeur, etc.

Elle ne se fait cependant pas forcément, aussi les épidémies de pelade sontelles plus limitées que les épidémies de trichophytie. Même des contacts prolongés ne suffisent pas à transmettre la pelade séborrhéique : dans les familles, il n'est pas rare de voir des peladiques, malades depuis des années, ne pas faire foyer autour d'eux.

On peut donc dire que la contagiosité delà pelade, tout en étant indiscutable, est relativement faible.

Pour la mettre en œuvre, il faut sans doute des conditions spéciales qui favorisent l'action des germes peladogènes : les causes morales, les émotions violentes, la dépression nerveuse prolongée qui ont été invoquées comme causes de la pelade en général, agissent peut-être comme causes prédisposantes et on s'expliquerait ainsi comment les pelades généralisées décalvantes ont pu être considérées comme liées indubitablement à des troubles nerveux, tandis qu'elles peuvent, ou tout au moins que certaines d'entre elles peuvent servir, mieux encore que les pelades localisées, à soutenir la théorie parasitaire de la pelade séborrhéique.

Nous reviendrons plus loin sur la théorie névropathique de certaines formes de pelade.

La théorie parasitaire de certaines pelades avait été, avant les recherches de Sabouraud, appuyée sur des arguments cliniques, tirés de la contagiosité de ces affections, et avait été l'occasion de nombreuses recherches microscopiques : on avait décrit des parasites divers occupant les poils ou plus exactement leur surface. Nous avons plus haut signalé les recherches de Gruby sur le microsporon Audouini, qu'il avait, par une erreur de diagnostic, attribué à la pelade et les assLM'tions de Bazin sur un prétendu trichophyton decalvans. Malassez, en 1874, constata dans les parties les plus superficielles de Fépiderme, chez les sujets atteints de pelade, un champignon en forme de bissac, qui fut retrouvé par Eichhorst, Majocchi, Pellizzari, mais dont le rôle pathogène n'a pas tardé à être nié, lorsque Nystrôm, Horand, Bizzozzero l'eurent retrouvé sur des objets inanimés et sur la peau normale, et eurent montré qu'il s'agit d'un parasite banal. Von Sehlen a décrit en 1883, dans la portion intra-épidermique du poil, un microcoque qu'il considérait comme pathogène et caractéristique, et dont les cultures inoculées aux animaux avaient produit des plaques alopéciques comparables à celles de la pelade; mais Thin, Bizzozzero, Michelson, Bordoni- UilVeduzzi, Bender avaient montré que l'organisme de von Sehlen n'a rien de spécifique et se retrouve sur les cheveux normaux. Vaillard et Vincent avaient trouvé dans la pelade pseudo-tondante un microcoque occupant les follicules pileux et lui avaient attribué le développement do la maladie: mais il s'agissait encore d'un parasite banal comme ceux de JMalasscz et de von Sehlen et comme un organisme décrit par Robinson.

Les recherches de Sabouraud, conduites avec une grande prudence, lui ont

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">C2 jMALADIES cutankes

poniiis do (lécriro le mierobncille (ju'il ref^ni'dc coninic lo parosilc, si lonpilcinps cIitM'ché, de la pelade ou du uioius (Tune fonuf^ de pelade. Lidcnlih'' de ce pai'asile avec celui de la séborrhée, et avec cchii (pu' L iiiia a d(''ci-il (\:\i]s l'af-iK', a fait éuiellre (pudcpu's l•ésel•^■es au sujet de sa valeur couune a<^-eul |)eladoi>ène, laul est diiréreul le laldeau clinique des pelades el celui de la séhorrJK'c grasse, LauL aussi sendjle nelle la iransmission en nalure de la pelade, en oi)position avec la vulgarité et la banalité de la séborrhée grasse. Pour tranehci' la (|uesti(Hî de manière iormelle, de nouvelles recherches sont nécessaires, et l'expérimentation seule donnera une démonstration définitive : Sabouraud. en injectant aux animaux des toxines provenant des cultures du bacille sél)orrhéique, a bien obtenu des alopécies, mais les caractères de ces alopécies ne suffisent pas à entraîner la eonviction.

PELADE OPHIASIQUE, l'ELADE DE CELSE

Sous le nom d'ophiasis, Celse avait donné une description remarquable d'un type clinique de pelade que Sabouraud a individualisé et a séparé netlemenl de la pelade séborrhéique.

Description clinique. — L'ophiase de Celse débute presque conslammeni par la nuque, soit sur la ligne médiane, soit sur ses parties latérales ou encore au-dessus des oreilles; ses lésions sont le plus souvent symétriques, mais plus étendues d'un côté que de l'autre. Les plaques ne sont pas à leur début le siège d'une déglabration complète, mais d'une dépilation diffuse, et il persiste à leur surface, en plus ou en moins grand nombre, des poils sains et très adhérents.

De son siège initial, l'ophiase s'étend soit vers l'oreille, soit vers la nuque, dégarnissant la bordure du cuir chevelu sur laquelle elle forme une bande large de deux doigts (Celse); plus tard, elle peut atteindre des points variables du cuir chevelu.

La dépilation dans l'ophiase est rarement complète; le plus souvent elle est diffuse, et, lorsqu'elle constitue des plaques, celles-ci sont irrégulières et mal délimitées. Les poils qui persistent dans les régions atteintes sont parfois normaux, plus souvent ils s'amincissent vers leur extrémité profonde, mais sont plus adhérents que dans la pelade séborrhéique; ils peuvent, comme dans celleci, être cassés à une faible distance de la peau, et prennent alors la forme d'un point d'exclamation, mais leur extrémité libre, au lieu d'être cassée nettement comme dans la pelade séborrhéique, est séparée en fibrilles et a l'aspect d nu pinceau.

Des poils follets décolorés -recouvrent souvent la plaque })our lond)er au bout d'un temps variable.

Au niveau des plaques, la peau est sèche, légèrement ridée, amincie et décolorée, et laisse parfois voir de fines dilatations vasculaires.

La pelade ophiasique peut rester limitée à la l)ordure du cuir chevelu, sur laquelle elle forme des bandes alopéciques qui l'enloui-ent complètement; mais le plus souvent elle envahit d'autres points de la smtace du crâne. Elle peut revêtir la forme décalvante et envahir la totalité du cuir chevelu, atteindre mém.' les cils.

La durée moyenne de la pelade ophiasique est de 18 mois. Elle est d'autant plus longue et la maladie d'autant plus grave qu'elle survient chez des sujets

Li:s I'i:lai»i;s 7a\-

jcimcs. Dans les cas les plus i-chcllcs, elle 141 K'ii rail , d'aprrs Saliouraml. aii\ an|ii-i)c|i(-s on à la snilc de la piilicrir ; ('\c('|il ioiinrllcincnl on \i»il persifler chc/ radnilc un rcli(pial de ralTcclion à la nn(in('. La ourrison se l'ail par rcponssr de poils adultes à la j)(''ripli(''i-ic des pla<]U('s (pii so rélrécissenl progr('ssiv<'incnl cl on ne \()il |)as so produire «les j^énc'ral ions successives de l'olleU de plu-- en plus foi'ls connue dans la |)elade sél)onli(''i(pie.

Étiologie. — L\)i)hiase déhule ordinairenienl (Milre B el 10 ans. Elle enl, <'onune il vieni dV'lre dit, oxcepLionnellc chez FadulU; et s'y observe presrpie loujours à lilre de reli(puiL d'une lésion semblable développée dans le jeune âge.

Ses causes sont coniplèLenienL inconnues. Sahonrand a recherclK' <-\\ \ain des éléments parasitaires analogues à ceux ({u'il a constatés dans la pelade séborrhéi([ue. Dans quelques cas, il a noté Hicrédilé de rarfection; jamais il n a pu constater sa contagion.

L'absence de recherches sur Fhislologie pathologlcpie de l'ophiase ne permet (TailUnu's pas de discnler sur la nalur(> de celle aH'cclion.

7 >JiLA DES TR OPHOXE LU 0 7 JQ l 'ES

On désigne sons le nom de pelades Irophoneuroliques ou de peladoïdes d'origine nerveuse des alopécies affectant des ressemblances plus ou moins nettes avec la pelade et survenant ou paraissant survenir à la suite de liuubles nerveux ou dans le cours d'affections du système nerveux.

L'étude de ces formes de pelades est à reprendre toute entière, en tenant compte des recherches de Sabouraud sur l'origine parasitaire de la pelade dite séborrhéique. Il convient cependant, malgré ces réserves, de les signaler ici.

Elles ont été notées à la suite de traumatismes, de plaies du cuir chevelu intéressant des filets nerveux importants, dans le cours de maladies du système nerveux, telles que le tabès, la maladie de Basedow, à la suite d'attaques épileptiques, de surmenage intellectuel prolongé, ou en coïncidence avec des dermatoses reconnaissant une origine nerveuse manifeste, telles que le vitiligo, la sclérodermie, l'hémiatrophie faciale, le lichen de Wilson.

Ces alopécies se montrent le plus souvent sous la forme de i)la«[ues arrondies, complètement déglabrées, d'étendue variable, parfois symétriquement tlisposées. Elles peuvent occuper la barbe et le tronc aussi bien que le cuir chevelu. i)arrois même être généralisées.

Leur marche est variable, liée à la nature de la cause (pii les a i)roduites.

Les expériences de Max Joseph et de Mibelli, (pii par l'excision du deuxième ganglion cervical chez le chat ont produit une alopécie parliclle. ont été invoquées pour explicpier ces alopécies d'origine nerveuse.

Diagnostic des pelades. — Diverses alïections du système pileux peuvent èlrc confondues avec les p(>lades. Il en est avec les(pu-lles l'hésitation ne saurait être de longue durée, tant leurs caractères sont ililféiruls: mais d autrt^s peuvent prêter facilement à Terreur, en raison d'nn(> rcs^cMublance morpliologique frapj)anle.

Le fav/fs: en activité, avec ses godets jaunes el souvent épais, ne saurait être pris pour une pelad(\ 11 n'(Mi est ])lus de même lorsipie la matière faviipie a

{GEORGES THIBIERGE.li

complètement disparu et que rafîcction n'est plus représentée que par des cicatrices alopéciques plus ou moins étendues ; cependant, l'aspect nettement cicatriciel du cuir chevelu, sa blancheur, la forme irrégulière des surfaces alopéciées, la présence de cheveux durs, épais et secs, permettent de reconnaître facilement qu'il ne s'agit pas de pelade.

De même les alopécies produites par les folUculUcs (lécalvanles se reconnaissent facilement à leur caractère cicatriciel, à la blancheur du cuir chevelu, parsemé de taches rouges et de petites squames occupant la base des poils, à la forme irrégulière des cicatrices et à la persistance de cheveux résistants souvent groupés en petits bouquets.

Dans le lupus érijthémaleux du cuir chevelu, les plaques alopéciques sont également d'aspect cicatriciel et, à moins que l'aflection ne soit de date très ancienne et parvenue à la période deguérison, on trouve toujours des lésions en activité, caractérisées par des plaques ou des zones rouges et vascularisées et par des squames plus ou moins épaisses, adhérentes, pourvues à leur face interne de prolongements qui s'enfoncent dans les orifices folliculaires.

Les cicatrices anciennes consécutives à des traumatismes ou à des lésions suppuratives du cuir chevelu, telles que l'impétigo ou l'ecthyma, se distinguent des aires alopéciques de la pelade par l'aspect cicatriciel, lisse et brillant du cuir chevelu à leur niveau, par l'absence de poils cassés ou atrophiés à leur pourtour.

Comme suite des lésions suppuratives du cuir chevelu^ abcès, furoncles, impétigo, etc., il n'est pas rare de voir survenir des taches alopéciques arrondies, qui offrent la plus grande ressemblance avec une plaque de pelade : cette ressemblance est encore accrue par la présence, sur la zone alopécique elle-même ou à son pourtour, de poils amincis à leur extrémité profonde, peu adhérents, quelquefois même cassés à peu de distance de la peau, offrant en somme des caractères très voisins de ceux des poils peladiques. Ces lésions sont le plus ordinairement confondues avec les pelades; la présence, au centre des plaques, d'une cicatrice même peu développée, leur coloration rouge en l'absence de toute application irritante, la coexistence en d'autres points du cuir chevelu de lésions offrant les mêmes caractères ou sur lesquelles persistent encore des croûtes, les commémoratifs permettant de retrouver l'existence antérieure de lésions suppuratives : tels sont les éléments de ce diagnostic souvent très embarrassant.

Les teignes tondantes trychophytique et microsporique sont faciles à distinguer des pelades pour peu qu'on y prête attention. Au niveau des plaques de tondante, l'épiderme présente presque toujours quelque lésion, une desquamation plus ou moins prononcée et apparente, qui ne fait défaut que lorsqu'elles ont été soumises à un traitement régulier et continu. Dans les teignes tondantes comme dans les pelades, on voit sur les surfaces malades des poils cassés en nombre variable ; mais ceux de la pelade sont amincis et décolorés à leur extrémité profonde, la traction les arrache facilement et les amène tout entiers sans trace de gaine périphérique, tandis que ceux des teignes tondantes s'arrachent par fragments souvent friables, sont plus volumineux que les poils normaux et égaux dans toute leur longueur, enfin sont entourés dans certaines formes d'une gaine plus ou moins développée. L'examen microscopique des poils cassés n'est même pas nécessaire pour pouvoir affirmer le diagnostic. L'âge des malades peut parfois à lui seul être une présomption en faveur de la pelade, car

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chez les sujets au-dessus de 20 ans on n'observe pour ainsi dire jamais les teignes tondantes et, dans les cas très exceptionnels où on les rencontre encore, elles n'affectent plus la forme de plaques.

Les alopécies congénitales on plaques se distinguent de la pelade par leur existence reconnue dès la naissance, par IJabsence de poils cassés à leur surfare ou à leur pourtour, par l'aspect du cuir chevelu qui est chagriné et a souveni le môme aspect que le tégument du visage.

Ualopécie sy})liiliti(jiie secondaire alTecte le plus ordinairement la forme de zones étroites, comparables à des clairières, qui ne sauraient être confondues avec les plaques de pelade. Mais parfois les zones atteignent des dimensions plus considérables et rappellent par leur forme et leurs dimensions les aires peladiques. La multiplicité de ces zones, leur développement rapide, l'absence de poils ayant les caractères des poils peladiques permettent généralement d'écarter l'idée de la pelade; les antécédents et la coïncidence de manifestations syphilitiques en activité n'apportent qu'un appoint insuffisant au diagnostic, car il n'est pas rare de voir la pelade se développer chez des sujets atteints lie syphilis secondaire.

La sclérodermie du cuir chevelu provoque la chute des cheveux el rappelle l'aspect éburné de certaines plaques de pelade : l'absence de poils peladiques et surtout la consistance lardacée des plaques sclérodermiques ne permettent pas la confusion, qui est facilement évitée pour peu qu'on pense à la possibilité de , cette affection.

Dans la barbe, il n'est pas rare de voir manquer un nombre plus ou moins considérable de poils formant des îlots arrondis ou irréguliers, qui sont d'autant plus difficiles à distinguer des pelades que le poil peladique n'a jamais dans la barbe les caractères qui permettent de le reconnaître au cuir chevelu.

Les nœvi du cuir chevelu sont quelquefois pris pour des plaques de pelade; on les reconnaît à la pigmentation et à l'épaississement de la peau à leur niveau.

Les diverses formes de pelades doivent être distinguées entre elles. Nous renvoyons, à ce sujet, aux descriptions que nous avons données plus haut de la pelade séborrhéique et de la pelade ophiasique.

Traitement des pelades. — Le traitement des pelades ne peut être formulé d'une façon précise tant que ces affections ne seront pas connues el différenciées plus nettement qu'elles ne le sont actuellement.

D'une façon générale, il consiste dans l'emploi de procédés thérapeuli(jues susceptibles d'entretenir une irritation locale légère mais persistante du tégument peladique et d'exciter la vitalité des papilles pilaires, et dans l'emploi d'antiseptiques toutes les fois qu'on a lieu d'admettre ou de redouter la nature parasitaire de l'affection.

Dans ce dernier cas, il faut ajouter aux prescriptions précédentes l'épilation de la plaque de pelade et de sa bordure. Cette épilalion doit enlever tous le^ poils atteints, atrophiés, peu adhérents, et une zone de o ou i millimètres au delà de chaque poil trouvé malade. Elle doit être répétée toutes les fois (pie Ion trouve des poils cassés : elle permet d'arrêter la marche extensive de faHection.

Les antiseptiques qui sont employés dans les pelades contagieuses sont en premier lieu les solutions aqueuses ou alcooliques de sublimé, telles que la liqueur de Van Swieten, employée en frictions (juotidiennes, et les préparations

[GEOr.GES THIB ERGE ]

-,(ia MAi.ADiES cutam:es.

soufrées, pommade soufrée au 10'. ou lolious avec un alcoolé faible rcnfcnnanl du soufix' en suspension.

Les i^-oudrons, goudron vé^vlal, huile de aMlr. huile de bouleau, etc., sous forme de pommades ou de glycérolés, sont égalemenl indiciués dans la i)elad(; séborrhéique.

A l'emploi des antiseptiques, il convient d'ajouter, dans la pelade séborrh(M<pu', celui des lotions savonneuses répétées, soit avec le savon de toilette, soit avec des .savons au goudron, au naphtol, etc., et des substances telles que l'éther, le xylol, etc., qui débarrassent la peau de son enduit gras et facilitent l'action des antiseptiques.

Les agents d'irritation cutanée qui sont utilisés dans les différentes pelades peuvent être rangés sous deux chefs, ceux qui provoquent une irritation rapide et intense du tégument, et ceux qui l'excitent moins énergiquement. Les premiers doivent être employés avec précaution et modération, à intervalles éloignés, tous les 8, 10 ou 12 jours, suivant l'intensité des réactions (ju'ils produisent. Les deuxièmes, que l'on peut associer aux précédents pour en prolonger les effets, peuvent être employés quotidiennement.

Les substances le plus souvent utilisées pour provoquer une irritation énergique des plaques de pelade sont les vésicatoires sous forme d'emplâtre ou mieux de teinture concentrée de cantharide, les solutions concentrées d'acide plîénique.

Des agents très nombreux ont été préconisés pour provoquer une irritation moins vigoureuse : teinture étendue de cantharides, acide acétique cristallisable. acide lactique, acide phénique, chloroforme, naphtol, teinture d'iode, essence de Wintergreen, etc. Dans le choix de ces substances, qu'il y a avantage à varier à plusieurs reprises dans le cours du traitement d'une pelade, et qu'on emploie le plus habituellement incorporées à l'éther ou à un alcoolé, il faut tenir compte de leurs propriétés toxiques, et en outre rejeter celles que leur odeur ou leur couleur peut rendre inapplicables à un traitement prolongé; dans leur dosage, il faut tenir compte de l'irritation et de la douleur qu'elles provoquent et qui doivent toujours rester modérées : lorsqu'elles ont déterminé une irritation trop violente, qu'elles ont provoqué la vésication et surtout la suppuration, leur emploi doit être suspendu jusqu'à ce qu'un traitement approprié ait rétabli l'intégrité de l'épiderme.

L'électrisation faradique, les frictions énergiques au moyen de brosses dures ■peuvent également être employées comme moyen d'exciter la circulation des plaques peladiques.

Les procédés trop violents d'excitation, tels que les injections intradermiques de substances antiseptiques ou irritantes, les scarifications, les cautéri.sations ignées, etc., doivent être pi'oscrits du traitement des pelades.

Lorsque des plaques étendues et nombreuses de pelade occupent le cuir chevelu, il est nécessaire de faire couper les cheveux courts. Les postiches peuvent être tolérés pour dissimuler l'affection, à condition qu'ils soient tenus avec une propreté rigoureuse et portés le moins longtemps possible.

C-ertaines pelades pouvant s'étendre et se disséminer par auto-contagion, il est nécessaire de faire tenir les coiffures et objets de toilette dans un état de propreté constante, de les faire désinfecter au moyen de préparations de sublimé.

La transmissibilité des pelades oblige à des mesures de prophylaxie générale : séparation des objets de toilette et de coilTure, servant aux peladiques, etc.

Ai'i.Asii: Moxii.ii'oiîMi-: 1)f:s f:iir:\i:u.\'. .-ct

I^'isdlcMiiciil <l('s niahulcs ne (IciiKiiulc pas une rii;ii(Mii' aussi al)S(jliie (lue dans le cas (le (liciiopliylic el, à la coiidilion ([iic la sur\('illancc des écoles et des divers groupenieiUs où exislenl des eas de pelade soil failc avee soin el intellig-ence, que les eonlacLs direcls el les eontacis iiidirecls, par rinlermédiaire des objels de loilelle el de coilï'ure soient rendus ini[)ossibles, les peladiques qui se soumettent à un Irailemenl ré£;ulier peuveni conliuuerà va([uer à leurs oeeupations et à mener la vie commune.

APLASIE MONILIFORME DES POILS

On donne le nom d'aplasie moniliforme ou de monilethrixà une altération des poils caractérisée par l'atrophie des segments plus ou moins longs séparés paides portions normales.

Description. — Les poils atteints d'aplasie moniliforme sont généralement courts, secs, minces et cassants. Sur leur longueur on Aoit alterner des segments minces, décolorés, d'étendue variable et des segments plus épais, de coloration plus foncée, représentant l'état normal du poil. La succession de ces parties étroites et larges rappelle l'aspect d'un chapelet à grains inégaux.

A l'examen microscopique, on peut constater que la substance médullaire du poil est atrophiée dans toute son étendue, même au niveau des nodosités.

Ces lésions peuvent porter sur tous les poils de l'économie; c'est sur les cheveux qu'on les observe le plus fréquemment ; elles coïncident avec une alopécie plus ou moins prononcée.

Étiologie. — L'aplasie moniliforme des poils est parfois congénitale et héréditaire, comme dans les cas de Sabouraud(') et de Jeanselme.

Comme l'a montré Hallopeau(-), elle coïncide le plus ordinairement avec la xérodermie ou kératose pilaire, dont elle est la conséquence et l'un des symptômes.

Elle ne lui est cependant pas forcément liée, peut s'obsej^ver dans la pelade et traduit en réalité une atrophie incomplète de la papille pilaire avec exagération paroxystique de la dystrophie papillaire.

Diagnostic. — Cette lésion du poil est facile à reconnaître.

On ne saurait la confondre avec certains cas rares de canitie annelée dans lesc[uels se succèdent des segments colorés et des segments décolorés, car dans celle dernière aiïeclion les segments décolorés ont conservé le volume normal du poil.

La Irichorrhexie noueuse se distingue de l'aplasie moniliforme par la persistance de la coloration dans U^s parties étroites du poil, par le nombre moins considérable des segments volumineux.

(') Sabouhaud. Suc les (•h('\(Miv iiioiiilirufiiies (liicliorrlicxis cl niuiiih^tlirix). Ainhilcs iJc Donnât., \»,H, p. 781.

(-) H.\LLOPE.\u. Sur une ajilnsic inuiiilirurmo dos choveux. Ihillctiii de la Suciclé franraiae de Devinai., 1890 p. 78 ol 111.

ICEORGES THIBIERGE.}

Traitement. — Lo traitomont do l'aplasie moniliformc des poils se confond avec celui de la xérodermie pilaire el consiste surtout dans l'emploi des préparations soufrées et salicylées auxquelles on peut joindre les lotions excitantes avec des alcoolés additionnés de teinture de cantharides.

TRICHORRHEXIE NOUEUSE

Définition. — On donne le nom de trichorrhexie noueuse à une altération des poils caractérisée par leur rupture au niveau de renflements résultant de la dissociation de leur tissu.

Description. — Les poils atteints de trichorrhexie se rompent en un point plus ou moins éloigné de la peau, généralement à 2 ou 5 centimètres. Leur extrémité est marquée par un renflement de coloration grisâtre, ferme, rappelant quelque peu l'aspect d'un poil brûlé, mais qu'un examen attentif montre formé par une sorte de pinceau de fibrilles. Sur la longueur du poil ainsi brisé, on peut apercevoir de distance en distance des renflements arrondis, ou allongés, de coloration blanchâtre, produits par la séparation du poil en fibrilles sur une courte étendue et ressemblant, suivant la comparaison de E. Wilson, à deux brosses réunies par leurs crins. Le développement de ces renflements est précédé d'une érosion en coup d'ongle allongée dans le sens du poil et portant sur sa lame externe. C'est au niveau de ces lésions que le poil se rompt.

La trichorrhexie noueuse peut occuper tous les poils du corps. Elle a été surtout observée à la barbe, où elle atteint généralement un grand nombre de poils du menton, et aux organes génitaux de la femme où P. Raymond (') la rencontrée chez 40 pour 100 des femmes cju'il a examinées à ce point de vue.

Étiologie. — La trichorrhexie noueuse a été longtemps considérée comme un trouble trophique des poils survenant sous des influences non déterminées.

P. Raymond, ayant constaté la présence au niveau des poils atteints d'un diplocoque à caractères spéciaux et ayant observé d'autre part la coexistence de la trichorrhexie aux organes génitaux chez une femme et chez son mari, est disposé à admettre son origine parasitaire. M. Hodara(-) a trouvé sur les cheveux atteints de trichorrhexie un petit bacille qu'il considère comme spécifique. Spiegler(^) a également constaté ce même bacille qu'il a pu cultiver et inoculer avec succès à des cheveux sains.

La trichorrhexie des poils des grandes lèvres a été observée surtout chez les femmes qui prennent des soins de propreté insuffisants.

A la barbe, on ne connaît pas les causes locales de son développement.

Diagnostic. — La trichorrhexie noueuse est facile à reconnaître. Elle se distingue facilement de Vaplasie moniliforme, dans laquelle les cheveux sont décolorés et portent des renflements plus nombreux, de la trichoptilo'<e. dan^

(') P. Raymond. Recherches sur la liichorrhexis nodosa. Annales de Demtut.. ISUI. p. 568.

(-) Menauem Hodara, Ueber die Trichon-hexis des Kopfliaares der Konslanliiioiielci- Frauen. Mnnalsh. f. prakl. Derntat., 1894, p. 173.

(^) Spiegler, Verhandhingen des Deutschen DermntoloQischen Congresses, 1805.

IIVPERTniCHOSE. Tif/.»

huiiicllc la riipliii'o se prodiiil à l'cxlréniilé des cheveux ou i)rès de cette extrémité et sous la l'oruie de rourclic.

Traitement. — Les poils al teints de Iriclionlicxic noueuse doivent être coupés ou mieux encore épilés; Besnier a obtenu de bons effets de l'application de teinture de cantharides au niveau de l'émergence des poils. L'origine parasitaire possible de l'affection rend rationnel l'emploi des parasiticides, spécialement des lotions de sublimé.

HYPERTRICHOSE

On donne le nom d'hypertrichose au développement du système pileux dans de 5 régions qui en sont normalement dépourvues et à son développement excessif dans des régions qui, normalement, ne sont recouvertes que de poils follets.

Description. — Lhypertrichose peut être généralisée ou localisée.

L'Jiypertrichose généralisée est rare; elle respecte toujours certaines régions : la paume des mains, la plante des pieds, le prépuce et le gland. Elle s'olîserve plus souvent chez l'homme que chez la femme.

L'hypertrichose partielle est beaucoup plus fréquente. Elle est parfois congénitale et rentre alors dans les nœvi.

Plus souvent elle se développe à un âge plus ou moins avancé.

L'hypertrichose peut occuper toutes les régions du corps.

Au visage, on l'observe chez l'homme sur le nez, dans les narines, dans les pavillon de l'oreille : chez la femme, à la lèvre supérieure, au menton, sur le parties latérales des joues.

Sur le tronc, elle occupe les régions médianes, assez souvent les seins, soit au niveau de l'aréole mammaire, soit dans toute leur étendue.

Sur les membres, elle atteint principalement le côté de l'extension.

L'hypertrichose constitue une difformité, et n'entrame aucun trouble fonctionnel, sauf au niveau des orifices du nez et des oreilles, où elle favorise le développement des lésions infectieuses des follicules. Au visage, elle est chez certaines femmes un véritable supplice, engendre des troubles mélancoliques, une véritable phobie; à force d'arracher les poils, elles leur donnent plus de vigueur, et il est nécessaire d'intervenir pour les en débarrasser.

Étiologie. — L'hypertrichose acquise peut se développer spontanément ou sous l'influence de causes locales, telles que des irritations diverses et répétées des téguments par des vésicatoires par exemple, ou à la suite de l'avulsion, à la pince ou au moyen de pâtes épilatoires, des poils follets normaux d'une région.

L'hypertrichose peut se développer chez des femmes présentant des troubles utérins, mais ceux-ci font fréquemment défaut. Elle est loin d'être l'apanage des femmes stériles, comme on l'a prétendu.

Elle est souvent héréditaire.

Traitement. — Les pûtes épilatoires, qui sont journellement employées contre lhypertrichose, doivent être formellement proscrites, alors même qu'elles sont dépourvues de propriétés toxiques : elles irritent le tégument,

TRAITÉ DE MÉDECINE, 2'^ édit. — III. '2i

IGEORGES THIBIERGE 2

renflammcnt souvent, et, si elles provoqiieiiL la chule passagère des poil<, elles délerminenl leur repousse ultérieure beaucoup plus active.

Actuellement, le seul procédé recommandable contre l'hypertrichose est l'électrolyse négative des poils. Cette opération est pratiquée en introduisant, le long- de la tige du poil jusqu'à la papille, une aiguille métallique très fine reliée au pôle négatif d'une pile à courants continus et par laquelle on fait passer un courant de 1 à 5 milli-ampères.

L'électrolyse des poils demande, outre une certaine expérience de sa technique, une série de précautions dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer ici.

Cette opération donne des succès remarquables. Il faut bien savoir cependant que, comme tous les traitements qui provoquent une irritation du tégument, elle active la poussée de ceux des poils qu'elle ne détruit pas : aussi voil-on souvent, après la destruction des poils adultes d'une région, les poils follets se développer et nécessiter une intervention analogue. En outre, dans des cas rares et d'autant moins fréquents que l'opération a été conduite avec plus de prudence, l'électrolyse peut devenir le point de départ de cicatrices saillantes ou de chéloïdes. Enfin la lenteur de l'opération, qui ne peut porter à chaque séance que sur un petit nombre de poils, exige une grande patience de la part du patient et de la part du médecin.

Malgré ces inconvénients, l'électrolyse des poils doit être tentée dans les hypertrichoses dont les malades tiennent absolument à être débarrassés.

LES FOLLICULITES

L'inflammation des follicules pilaires se produit sous l'influence de causes diverses et revêt des aspects cliniques très variés.

Tantôt elle donne lieu dans la gangue conjonctive périfolliculaire à une infiltration cellulaire considérable qui se révèle par la présence de nodosités plus ou moins saillantes; dans cette forme, elle est désignée sous le nom de sycosis. Tantôt elle se traduit par le développement de pustules sans réaction cliniquement apparente des tissus périfolliculaires ; parfois, même, elle ne donne lieu, à sa période d'activité, qu'à des lésions peu apparentes, voire même inappréciables cliniquement, et se révèle ultérieurement par la destruction de la papille pilaire et la chute du poil qu'elle supporte.

Les folliculites peuvent occuper toutes les régions où existent des poils : c'est au cuir chevelu et surtout à la barbe qu'elles siègent le plus fréquemment et qu'elles revêtent l'aspect le plus caractéristique, mais on peut également les observer au niveau des cils, des sourcils et même des poils des membres.

La description complète de toutes les variétés de folliculites nous entraînerait trop loin, et d'ailleurs certaines d'entre elles, telles que la folliculite trichophytique, la xérodermie pilaire, ont été décrites dans des chapitres précédents.

Nous décrirons seulement ici les folliculites de la barbe et la folliculite dépilante du cuir chevelu.

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