PÉDICULOSE DE LA TÊTE
Description du parasite. — Le pou de tête {pëdiculiis capitis), de forme allongée, a une coloration grise ou blanc cendré avec des taches noires sur le bord de chacun des segments du corps. Sa coloration varie un peu suivant les races humaines et est plus foncée chez le nègre que chez le blanc; la femelle a une longueur de 2'^"",7 et une largeur de 1 millimètre; le mâle n'a que l'"'",8 de longueur. La femelle pond une cinquantaine d'œufs, qui sont souvent déposés à la base des cheveux, de sorte que c'est surtout dans les cas anciens qu'on
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Ironvc <los Icnles sur les scgiiicnls des \Hn\s rloif^ncs de Icui' insorlion ; le plus ordinairomenl on n'en Ironvc "qn'nn très petit nombre sur chaque poil.
Symptômes. — La présence des parasites, même en petit noinhic, d('>lerniine, en raison des piqûres qu'ils font au cuir chevelu, une irritation des téguments qui aboiitit à la production de papules; par suite des inoculations de microorganismes pyogènes réalisées par la piqûre des animaux ou par le gratlag-ecjue provoque leur présence, il se produit des vésico-pustules revêtant l'aspect des pustules d'impétigo. Ces lésions occupent surtout la périphérie du cuir chevelu et en particulier sa lisière postérieure, où elles sont mélangées à des excoriations de grattage. Sur le cuir chevelu, la sécrétion des vésico-pustules se concrète eu croûtes jaunâtres ou grisâtres qui agglutinent les cheveux et les appliquent au cuir chevelu ou forment des blocs durs qui restent adhérents aux cheveux.
Dans les cas anciens, les cheveux et les croûtes constituent des amas volumineux, peuvent même former sur toute la surface de la tète une sorte de carapace sous laquelle fourmillent les parasites, et qui recouvre des surfaces excoriées et suppin^ant abondamment ; la tête des malades atteints de ces formes graves de phthiriase exhale une odeur fétide et repoussante : les cas extrêmes, rares d'ailleurs, sont connus sous le nom de trichoma ou de plique.
Il est fréquent de voir, à la suite de l'impétigo phthiriasique, les ganglions cervicaux se tuméfier et môme suppurer; l'infection cutanée qu'il produit peut être l'origine de néphrites.
La phthiriase du cuir chevelu peut, chez les sujets à la fois négligents et prédisposés à cette dermatose, être le point de départ d'un eczéma tenace du cuir chevelu.
La santé générale des enfants atteints de phthiriase subit parfois le contrecoup des lésions du cuir chevelu : pâles, anémiques, amaigris à la fois du fait de l'insomnie que cause le prurit et des infections qui ont pour origine le cuir chevelu, ils peuvent succomber à celles-ci.
Les poux de tête peuvent gagner les sourcils, au niveau desquels ils donnent lieu à la production de pustules d'impétigo, et la barbe chez les hommes qui la portent très longue.
Étiologie. — C'est surtout dans l'enfance qu'on observe la phthiriase du cuir chevelu ; elle est une des causes fréquentes de l'impétigo à cet âge : l'absence de soins et la difficulté de nettoyer convenablement le cuir chevelu, lorsque les cheveux sont intriqués par les croûtes, en prolongent la durée. Chez les adultes, elle est plus rare et ne se rencontre guère que dans les classes inférieures de la société, surtout chez les misérables; on peut cependant l'observer dans des conditions sociales élevées, à la suite de maladies longues qui empêchent de donner au cuir chevelu les soins de propreté nécessaires et de faire disparaître les parasites apportés par les gardes-malades, et cela surtout chez les femmes, en raison de la dimension de leurs cheveux ; c'est là ce qui a fait croire pendant longtemps à la génération spontanée des poux.
Diagnostic. — Le diagnostic delà phthiriase du cuir chevelu est facile : la ju-ésence de lésions impétigineuses et eczématiformes occupant exclusivement le cuir chevelu et les parties adjacentes, la constatation facile des poux ou des lentes ne permettent guère d'hésiter. Cependant il faut bien savoir que la phthiriase peut se surajouter à une atfection antérieure du cuir chevelu, qui favorise la pullu-
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lation des parasites en icndaiiL plus difficiles les soins de la clicvelure et (jni persiste après la disparition des parasites; il tant savoir aussi que des lésions impéligineuses peu «graves ilu cuir chevelu, provoquces par un petit nombre de poux, peuvent être la cause d'adénites cervicah'S sujtpurccs, dont on méconnaîtrait l'origine si on n'avait soin de rechercher minulicusemenl h; parasite sur les cheveux.
Pronostic. — Le pi-onostic de la phtliiriase est généralement bénin, car il sullit d'avoir reconnu la cause des altérations du cuir chevelu pour en obtenir facilement la guérison ; on ne saurait néanmoins oublier la gravité des infections dont elle peut être l'origine.
Traitement. — Le traitement se réduit bien souvent à l'emploi des soins de propreté si les poux sont peu nombreux et s'ils n'ont pas encore déterminé de lésions intenses du cuir chevelu; il suffit de se peigner soigneusement pendant plusieurs jours avec un peigne fin, trempé au besoin dans le vinaigre qui facilite le glissement des lentes, et de savonner la tête.
Dans les cas plus intenses, il devient nécessaire d'employer la poudre de staphisaigre ou de pyrèthre ou de faire des lavages répétés avec la liqueur de van Swieten ou le vinaigre additionné de 0,01 à 0,05 pour 100 de sublimé, ou encore de faire des savonnages répétés avec du savon mou de potasse ; l'onguent napolitain, le pétrole, qui ont été préconisés contre la phtliiriase du cuir chevelu, doivent être rejetés à cause de leurs dangers. Une fois les parasites tués par les procédés précédents, on nettoie la tète avec un peigne fin trempé dans du vinaigre.
Lorsque des croûtes épaisses recouvrent le cuir chevelu et intriquent les cheveux, on doit commencer par les ramollir au moyen de pulvérisations tièdes et les faire tomber par des frictions au moyen d'eau savonneuse, qui seront d'ailleurs répétées plusieurs jours de suite après la chute des croûtes, puis enlever mécaniquement les lentes avec le peigne fin. 11 est bon, en outre, toutes les fois qu'on le peut, de faire couper les cheveux ras; cependant, même chez les femmes qui possèdent de longs cheveux, les moyens précédents suffisent à obtenir la disparition des poux. Les lésions cutanées provoquées par la phthiriase seront ensuite traitées par les moyens appropriés, notamment par les applications de pommade au soufre et au baume du Pérou.
PÊDICULOSE ,DU CORPS
Description du parasite. — Le pou du corps (pediculus corporis ou pediculus vefitimentorum) est d'un blanc sale, plus volumineux que le pou de tête, et mesure 2 à 5 millimètres de longueur sur 1 millimètre de largeur. 11 habite les vêtements, et surtout les vêtements de laine et ceux qui sont en contact avec la peau, se réfugie dans leurs plis, où iljest parfois difficile à découvrir; ses lentes sont fixées aux fils de leurs tissus : E. Besnier les a vus former des rangées régulières sur tous les vêtements de sujets atteints depuis longtemps de phthiriase. Il est exceptionnel de voir quelques poux courant sur la peau, et encore n'est-ce qu'au moment où les malades viennent de se déshabiller.
Cependant c'est bien à la présence des parasites sur les téguments et à leurs piqûres qu'il faut attribuer les symptômes de la phthiriase.
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Symptômes. — Des (l(''inaii<^oais()ns parfois intenses, le j)las souveiil hicn plus lolérables que celles de la f<ale, dont elles ne présentent, pas l'exaspéralion vespérale, accompagnent 1(^ (lévelo|)penient (Jes lésions cutani'es.
(lell(^s-ci consislent en saillies rosées analogues à (-elles de rui'lieaire et en |)ai>ules plus persistantes excoriées à leur sommet, recouvert d'une croûte In'unatre (prui'igo pédiculaire) ; en outre, de longues traînées saillantes, rouges, occupées au début par une croùtelle brunAlre linéaiic, remplacées plus tard par une cicatrice blanchAtre entourée d'une zone de pigmentation brune, succèdent aux grattages vigoureux que détermine le prurit. Ces excoriations de grattage occupent surtout la partie supérieure du dos, au niveau et au-dessus des omoplates; c'est là un siège de prédilection tellement constant et caractéristique que la présence à son niveau de traînées linéaires de grattage sulfit à faire diagnostiquer la pbtbiriase; au niveau de la ceinture, on voit surtout des éléments papuleux ou orties.
La pbtbiriase des vêtements peut être l'origine de lésions plus graves du tégument : rarement elle détermine des éruptions eczémateuses; plus souvent elle est l'origine de suppurations revêtant la forme d'ectbyma, particulièrement aux membres inférieurs, ou de furoncles et d'abcès sous-cutanés, occupant en particulier le dos, surtout cbez les sujets profondément cachectiques; ces suppurations peuvent déterminer des lymphangites.
Lorsque la pbtbiriase a duré pendant longtemps, la peau des régions atteintes est épaissie et maculée de cicatrices de dimensions variées, dans l'intervalle desquelles elle a pris une coloration brunâtre rappelant celle de la maladie d'Addison : cette mélanodermie, bien décrite par Hardy et Fabre('), constitue l'un des attributs de la « maladie des vagabonds » de Vogt et de Greenhow. La pigmentation peut être absolument généralisée à tout le tégument externe : elle peut même siéger sur les muqueuses (^) : les taches pigmentaires de la muqueuse buccale occupent généralement les lèvres et surtout la voûte palatine et se prolongent jusque sur le voile du palais; elles sont irrégulières, de coloration brunâtre, moins foncées que celles de la maladie d'Addison : ces pigmentations de la muqueuse buccale, regardées comme exceptionnelles dans la pbtbiriase, s'y rencontrent au contraire assez fréquemment, cbez les sujets qui ont dépassé 50 ans : je les ai rencontrées sur la muqueuse du larynx, chez une vieille femme dont les capsules surrénales étaient intactes.
La pigmentation, cutanée ou muqueuse, paraît due à des modifications de la matière colorante du sang sous l'influence d'un venin déposé 'par l'animal au niveau des piqûres qu'il fait à la peau(^).
Le prurit peut être assez violent pour s'opposer au sommeil et devenir une cause d'affaiblissement et de cachexie chez les vieillards atteints de pbtbiriase.
L'affection est l'attribut des misérables, mal vêtus, vivant en commun dans des garnis où pullulent tous les parasites ; elle coïncide souvent, en raison de ces conditions étiologiques, avec la pbtbiriase du cuir chevelu.
(*) P. Fabre, Des mélanodcrmics cl en parliculicr des mélanodei'iiiies parasitaires. Thèse de Paris 1872.
(*) Besnier, Mélanodermie généralisée sans signes certains de maladie d'Addison. Ann. de Dermat. 1889, p. 569. — G. Thibierge, Deux cas de mélanodermie avec pigmentation de la muqueuse buccale chez des sujets atteints de phthiriase. BnUel. Soc. médic. des Iwpitaux, 18 décembre 1891, p. 692.
(') DunuEuiLH et Beille, Parasites animaux de la peau humaine. Eiu-yciopcdie Lcaulé, Paris 1897.
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40 MALADIES CUTANI^ES.
Diagnostic. — Le diagnostic de la phthiriasc dos v(Heim'nls csl lacilo cl repose sur la localisation des lésions en des régions déterminées et sur la constatation du parasite dans les vêlements.
Quelques-uns des cas désignés sous le nom de praril nénile doi\('nt cli(i rapportés à la phthiriasc.
Traitement. — Il consiste principalement dans l'emploi des bains sulfureux, auxquels il est bon d'adjoindre, comme antiprurigineux, les onctions avec l'huile phéniquée à !2 pour 100 ou la pâte de zinc phéniquée ou menlliolée à 2 pour 100. En outre, on traitera par des moyens appropriés les suppurations cutanées, et on prescrira les soins de propreté nécessaires et surtout la désinfection des vêtements au moyen de leur passage à l'étuve.