‹ Traité de médecine (volume 2)Chapitre 86 sur 135 · MANIFESTATIONS NERVEUSES DE LA BLENNORRAGIE · texte numérisé non relu

MANIFESTATIONS NERVEUSES DE LA BLENNORRAGIE

Les névralgies (') ne sont pas très rares soit isolées, soit associées au rhumatisme blennorragique. Elles se localisent de préférence sur les nerfs du membre inférieur (A. Fournier), qui est réellement le lieu de prédilection des complications de la blennorragie. Elles atteignent, dans la règle, soit un des nerfs sciatiques, soit les deux : il faut, comme l'enseignait Gosselin, se garder de prendre pour une sciatique la douleur causée par une arthropathie sacroiliaque, localisation souvent méconnue du rhumatisme blennorragique.

Les névrites périphériques d'origine blennorragique se traduisent par des douleurs dans les membres inférieurs, l'atrophie de ces membres, la réaction de dégénérescence; elles peuvent se terminer par la mort ou par la guérison plus ou moins complète.

L'attention a été appelée dans ces dernières années sur les myélites blennorragiques par les travaux de Hayem et Parmentier, de Reimers et Barrié.

Au dixième ou vingtième jour d'une blennorragie aiguë, on voit se développer des symptômes de myélite. Tantôt ce sont des troubles sensitifs variés, névralgies sciatique ou crurale, douleurs en ceinture, douleurs rachidiennes spontanées que réveille la pression sur la région lombaire du rachis, parfois des plaques d'anesthésie ou d'hyperesthésie sur les memin-es inférieurs: même dans cette forme où les troubles sensitifs prédominent, il y a une parésie musculaire évidente.

D'autres fois, les troubles moteurs prédominent. Plus ou moins rapidement, il se développe une paraplégie flas([ue. progressive, avec exagération des réflexes rotuliens et presque toujours trépidation épileptoïde: en même temps se produit une atrophie musculaire rapide et générale.

Parfois encore, troubles sensitifs et troubles moteurs marchent de [)air.

Les accidents aigus disparaissent en deux ou trois semaines, mais laisstMil à

(') I. LcsTGAUTEN, Lcs iiuinifosla lloiis nervouses de la l)lcMiiH)rrai,'io. Tiu-t^e do Paris, 1SU7-18'J8.

iGEORGES THIBIERGE.'i

iTO MALADIES VÉNÉRIENNES.

leur suite des troubles de sensibilité, des troubles moteurs, de l'atrophie musculaire et, si la blennorragie urétrale persiste, un retour des accidents spinaux est toujours possible.

Les lésions méningo-médullaires trouvées dans les rares autopsies de myélite blennorragique sont très disparates. Dans le cas de Barrié, le seul où Texamen bactériologique ait été pratiqué, on a constaté au niveau des méninges la présence du staphylocoque.

On a signalé parfois au cours de la blennorragie des troubles cérébraux^ revêtant tantôt la forme délirante, tantôt celle de la manie ou de la mélancolie, tantôt encore la forme méningitique; Pitres a rapporté deux observations d'hémiplégie survenue chez des sujets atteints de blennorragie.

Du côté des organes des sens, on peut observer dans le cours de la blennorragie des troubles auditifs (surdité, vertiges, etc. ; les complications oculaires sont plus fréquentes et sont représentées par des conjonctivites non purulentes, simplement hyperémiques et catarrhales, indépendantes de l'action locale du pus blennorrhagique, par l'aquocapsulite, par l'iritis séreuse, plus rarement par l'iritis plastique ou hémorragique, par l'inflammation des glandes lacrymales, par quelques cas exceptionnels d'inflammation de la bourse conjonctive rétro-oculaire.

Panas a rapporté deux faits de névrite optique qu'il considère comme résultant d'une méningite basilaire d'origine blennorragique.

Page 1