MANIFESTATIONS CARDIO-VASCULAIRES DE LA BLENNORRAGIE
Les manifestations cardiaques de la blennorragie, considérées il y a quelques années encore comme très rares et liées étroitement au rhumatisme blennorragique, peuvent s'observer indépendamment de celui-ci, à l'état isolé, ou à titre de manifestation d'une infection blennorragique atteignant d'autres viscères.
Elles peuvent se développer insidieusement, se traduire uniquement par des signes d'auscultation, pour aboutir plus tard à des lésions orificielles, portant le plus souvent sur les valvules aorticjues, plus rarement sur la mitrale ou la tricuspide. Ces formes légères d'endocardite peuvent guérir sans laisser de traces appréciables.
Mais d'autres fois l'endocardite revêt un caractère de gravité extrême; anatomic[uement et clinicjuement elle se traduit par le syndrome de l'endocardite végétante ulcéreuse; en pareil cas, des micro-organismes pyogènes s'associent généralement au gonocoque, ou même existent seuls (Weichselbaum, Ely); dans quelques cas cependant, tels que ceux de Councilmann, Finger, Ghon et Schlagcnhaufer ('), Thayer et Blumer, Michaelis, Rendu et Halle (-), le gonocoque semble être seul en cause.
La péricardite et la myocardite ont été parfois associées à la blennorragie. La pJilébite blennorragique, dont on connaît quelques exemples, occupe ordinairement les veines des membres inférieurs ; son histoire bactériologique est tout entière à faire.
Arnozan et Cheminade ont noté la lenteur du pouls au cours de la blennorragie (en l'absence de complications fébriles), des irrégularités du cœur, et des souffles légers et passagers, des dédoublements des bruits du cœur.
(') Finger, Ghon et Schlagenhaufer. Ein weiterer Beitrag zur Biologie des Gonococcus und zur pathologischen Anatomie des gonorrhoisclien Processes. (Ueber Endocarditis, Arlhritis, Proslalitis follicularis gonorrhoica.) Arcliio fiir Dermatol., 1895, t. 53, p. 141 el">25.
(-) Rendu et Halle. Infection gonococcique généralisée à symptômes obscurs; début par une métrite hémorragi(iue; endo-péricardite; mort. Cultures et inoculations du gonocoque. Ballet. Soc. médic. des lurp., 1897, p. l.j'io.
.BLr:NXORHAr,IE. 40.)
MANIFESTATIONS DE I.A l'.LENNOliHAClE HUIi LAI'l'AliEIL MUSCULAIRE
Elles accompaj^nenl le plus soummiI les maniCcslalions arliciilaircs du rliumalismc blouHorrai^ique, copeudanl clh^s doivcul eu èlro séparées, car elles peuvent s'observer indépendamment des ai'lhropalhies.
Des nnjalyics accompagnent, en général, les atrophies musculaires partielles que l'on observe au cours ou à la suite des arthrites. Parfois, elles s'observent isolément, rappelant les caractères du rhumatisme musculaire.
Uatrophie nniscuhàre peut exister en dehors du rhumatisme. Dans le rhumatisme lui-même, elle peut être généralisée, de sorte qu'il est difficile de la rattacher aux arthrites elles-mêmes, quand l'atrophie se montre dans un membre que celles-ci n'atteignent pas. Aussi la pathogénie de l'amyotrophie est-elle des plus discutées. Si elle peut reconnaître la même origine que les atrophies musculaires par lésion articulaire, origine qui est elle-même discutée, son mécanisme reste inconnu lorsqu'elle est généralisée. Quelquefois enfin elle paraît liée à une lésion médullaire ou nerveuse, et accompagne soit une névralgie, soit une myélite blennorragique.