VARIATIONS DES ATTRIBUTS CIIIMIOTAXIOUES
détermine au point d'enlrée du virus une lésion locale (|ui aboutit à la suppuration, à un processus gommeux ('). Si on traite de la même façon un second cobaye, dans le sang- duquel on a injecté préalablement les sécrétions de ce bacille pyocyanique, on provoque non plus une maladie circonscrite, mais une afTection générale grave; de pareilles observations ont été faites avec d'autres micro-organismes, notamment avec le staphylocoque doré, le bacille du choléra des poules, etc. — L'auteur attribue ce résulat singulier à ce que, parmi les produits solubles injectés dans le sang, il s'en trouve qui s'opposent à la diapédèse, par suite à la phagocytose chargée de détruire les microbes dans les conditions ordinaires. De leur côté, les données de Pfeifïer portent plutôt à dire que, par l'injection intra-vasculaire des toxines, l'expérimentateur a introduit autant ou peut-être plus de ces substances susceptibles d'éveiller l'irritabilité des leucocytes qu'il ne s'en produit dans la zone d'inoculation. L'attraction des globules blancs vers la région menacée fait alors défaut: ces globules sont retenus à l'intérieur; leur émigration, par laquelle l'organisme se défend contre l'infection, est supprimée; l'affection, au lieu de rester localisée, se généralise rapidement.
Lorsque les microbes ont ainsi envahi tout l'organisme, la phagocytose reste encore une arme de défense excellente; mais pourquoi ne s'exerce-t-elle pas toujours immédiatement, laissant par exception les agents infectieux introduits dans le sang vivre, se multiplier sans entrave apparente, durant la période d'accroissement? Pour répondre à cette grave objection, Metchnikoff admet « une habitude progressive des leucocytes à absorber les agents pathogènes ». Le professeur Bouchard, de son côté, suppose une sorte de conflit entre les substances qui empêchent la diapédèse et celles qui établissent l'état bactéricide, conflit dans lequel l'avantage reste i^égulièrement aux premières durant la phase initiale de la lutte. Peut-être le secret de cette évolution cyclique des maladies se trouve-t-il dans le pouvoir supposé des bactéries de répandre dans le sang des composés qui exercent tout d'abord sur les cellules blanches une action chimiotaxique négative, à cause de leur concentration excessive à l'origine; puis, à mesure que ces composés se diluent, par leur dissémination dans l'organisme, ils rendent peu à peu les leucocytes plus irritables; ils finissent par les attirer vers les microbes. Négative au début, cette chimiotaxie devient positive à la fin, par une simple modification du degré de concentration
des principes microbiens solubles.
Ces principes phagocytaires sont très répandus; on les a observés chez
l'homme, le chien, le cheval, le chat, le lapin, le cobaye, la souris, la grenouille.
la tortue, les oiseaux, d'après Danilewsky; on les a suivis et chez des sujets à
sang chaud et chez des espèces à sang froid.
Quant aux qualités chimiotaxiques, elles sont soumises à variations; c'est
ainsi que, d'après Trambusti, le bacille d'Éberth, qui parfois fabrique des toxines
positives, passe pour en produire des négatives, si on le met en présence des
germes de l'eau; ces germes, dans ce cas, paraissent doués d'une chimiotaxie
positive.
Du reste, le surmenage, les changements dans l'acidité des plasmas, l'alimen-
(') La lésion locale s'accompagne d'œdème; or, si l'état des vaissaux, si l'état des nerl's, en particulier du grand sympathique, d'après Boddaert [Acad. méd. Belg., 1892), importent, la nature des germes (microjjcs de l'œdème), à en croire Hamljurger, Bultler, n'est pas indifi'érente.
LES GKRMI:;S. — DESTRUCTIONS INTRA ET EXTlîA-CELLUEAIRE. 2".
lation, les inloxicnlions, les niahulios, rinlVclion, suivant liaslin, les réactions nerveuses, cerlains aji^ents pliysi(iues, etc., la laim, la soil", l'hydrémio, l'inanition, les anesthésiques, l'apiuiii, le clilorolornie, elc, une foule de facteurs infUiencent cette cliimiolaxie; Tahlation de la r'ate, la ligature de Turetère, du cholédociue, les lésions du l'oie, des nerfs, des vaisseaux, etc., font é<i;alement osciller ces attributs d'attraction ou de répulsion en agissant sur l;i composition du terrain, en modifiant l'activité des parasites; une cultur(ï chaufl'ée repousse, tandis qu'auparavant elle attirait. C'est qu'il s'agit là de la vitalité des cellules, de l'acuité de leurs sensations de goûl, d'odorat, de tact, de ces sensations qui font qu'elles se dirigent vers telle ou telle substance, qu'elles se moulent sur telle ou telle surface, qu'elles s'insinuent entre les épithéliums, qu'elles cheminent au travers de chemins détournés.
En revanche, les sels, le chlorure de sodium, les alcalins faibles, les aliments, les vaso-dilatateurs, telles impressions du névraxe, etc., favorisent l'action des phagocytes; ce processus phagocytaire a été constaté dans une foule d'afl'eclions. Il a pu être reconnu, au cours de l'infection charbonneuse, par Metchnikoff qui l'a observé chez les vaccinés, chez le rat blanc, par Fischer qui l'a suivi chez les grenouilles, par Wagner qui l'a enregistré chez les poules, par Werigo qui l'a décelé dans le foie, dans la rate, qui a précisé les parts respectives des macrophages et des microphages, puis par Malm, Sanarelli, Hueppe, etc. ; Capparelli a assisté à la destruction des spores d'Ustilago Carbo par englobement cellulaire. Tchistovitch, Issaef, Biegansky, ont mis en évidence l'activité de ce processus au cours des inflammations des alvéoles pulmonaires; ce mécanisme protecteur est invoqué par Gabritchewsky, dans la diphtérie, par Bouchard, Charrin, dans la maladie pyocyanique, par Ruffer dans le charbon symptomatique, par Issaeff dans la pneumonie, par Cantacuzène dans le choléra; les uns attribuent à ce processus un rôle secondaire, les autres une influence capitale. — Danilewsky a rencontré ce moyen de défense chez la tortue ; Pawlowsky, Maksutoff ont noté son intervention dans les lésions de l'actinomycose ; Ostrowsky, dans celles de l'oïdium albicans, etc.
Différents auteurs, Czaplewski, Phisalix, Buchner, Pekelharing, Nestchajew, Kionka, Stem, récemment ('), Metchnikoff lui-même, etc., ont vu les parasites se détruire en dehors des cellules; mais le l'ait est rare, s'observe presqu'uniquement dans le péritoine, avec des microbes faibles ou des cellules peu résistantes : c'est le phénomène de Pfeiffer. Chez les végétaux, Charrin a prouvé que cette destruction avait lieu de préférence grâce aux qualités des humeurs, attendu que la phagocytose n'existe pas en raison des enveloppes. Courmont, Nicolas auraient dissocié la leucocytose de la résistance aux virus.
Dès lors, on s'est mis à chercher des différences chimiques entre les tissus, les humeurs des sujets normaux, et les tissus, les humeurs des immunisés.
Presque tous les auteurs qui ont tenté de résoudre cette question ont d'abord répondu par la négative ; ils s'a})puyaient sur ce point, à savoir que les bactéries évoluent dans des bouillons fabriqués avec des tissus de réfrac laires. Tandis que Schottelius a vu le bacille du rouget pousser difficilement au sein des cultures renfermant des muscles d'animaux ayant succombé à cette affection, Bittcr, par contre, est opposé à celte conclusion. Mais, dans ces cas, on faisait
(') Aiiiiates de ilnutiliU l'at^lein-, ']nh\ 189').
[A. CHARRIN.^]
'-i'ji MODIFICATIONS DES PLASMAS. — ÉTAT BACTÉRICIDE.
subir aux tissus le chauffage; or, nous l'avons indiqué, ce chaullage annule les puissances parasilicides.
Afin de réaliser une expérience décisive, il élail iniporlanl déludicM- coniparativemenl le développement des microbes et dans les humeurs des sujets sains et dans celles des vaccinés. C'est ce que fit Nissen, qui vit d'une façon très nette que le sang défibriné d'un mouton rendu résistant détruit plus de germes que celui d'un neuf; pourtant, il n'osa tirer aucune déduction : « Les résultats que j'ai rapportés, dit-il, peuvent être entachés d'erreur, parce que, dans d'autres recherches, le nombre des parasites disparus, dans divers échantillons, a présenté de grandes variations. » C'était aussi l'opinion de Xutlal. Ain.si les données apparaissaient incertaines, timides; devant ces constatations, il était intéressant de reprendre le problème, en opérant non plus à l'aide du liquide sanguin complet, mais à l'aide du sérum. Avec Roger, j'ai étudié parallèlement l'évolution du bacille du pus bleu tant dans ce sérum des lapins neufs que dans celui des vaccinés.
Au sein des humeurs de ces vaccinés, la végétation est quelquefois entravée ; les microbes peuvent offrir des anomabes ; leur fonction chromogène est diminuée; leurs formes, enfin, sont anormales; elles rappellent celles qu'on observe, lorsqu'on emploie des cultures contenant des substances antiseptiques (1). Du reste, Gamaleïa, qui voit dans ce processus un acte d'élimination et Baumgarten un moyen de diffusion, avaient déjà noté des modifications morphologiques de la bactéridie déposée dans l'humeur aqueuse de moutons résistants; Metchnikoff avait constaté ces faits dans le sang lui-même. -
Ainsi, au moment où l'hésitation se produisait, au moment où Nissen ne savait plus dans quel sens conclure, nos expériences ont permis d'aller de l'avant; elles ont remplacé le doute par la certitude. La chose tient à ce que les composés nuisiblçs aux germes n'ont pas l'énergie des antiseptiques forts, du bichlorure de mercure, par exemple; nos cellules seraient les premières à en souffrir; ces composés ne possèdent pas toujours la qualité nécessaire pour influencer le nombre; parfois, ils se bornent à modifier des fonctions délicates, contingentes, comme le sont plusieurs de celles qui ont trait à la sécrétion des pigments ; il existe des fonctions de luxe, accessoires. Aussi, pour mettre en évidence ces composés, convient-il de recourir à des bactéries spéciales, chromogènes, permettant de saisir les plus faibles nuances, n exigeant pas que l'atténuation porte d'une façon appréciable sur la virulence même.
Du reste, ces bactéries chromogènes ont un autre avantage, c'est de faire apprécier les effets de ces matières nuisibles sans changer de milieu, attendu qu il peut se produire tel affaiblissement d'un germe qui cessera de se manifester, si on place ce germe dans une humeur favorable, tel affaiblissement qui bien vite disparaîtra : c'est là ce qui a lieu bien souvent. — On fait agir un sérum de réfractaire sur un microbe, puis on inocule ce microbe; si ce microbe a été légèrement atténué, il pourra récupérer rapidement ce qu'il avait perdu: on conclura pourtant que ce sérum est sans action.
J'ai poursuivi, avec Roger, des recherches relatives au charbon symptomatique, désireux de voir ce qui se passe pour les virus anaérobies. — Les cobayes employés ont été vaccinés, soit au moyen du virus atténué, préparé selon la
(M Acad. des se, 4 nov. 1889. — Soc. de bioL, 16 nov. 1889. , •
LES MICHOHKS (MF/A l,i:S Hi:i'liA(;TAlIU;s. Sô.")
nirlhodo (ry\rloin^", Cornovin o(/riionins, soil par iiioculalion de li((ui(le vinilonl, déposé sous la peau do rinLérieui- du pavillou de l'oreille. — On s'esl assun; de leur résistance en leur injectant, quatre à cin(| jours après la dernière de ces vaccinalions, ([uelcpu^s «coudes de sérosité charbonneuse luélangée à de l'acide lacti((ue. — Les animaux qui ont survécu oui été saif^nés au bout d'un temps oscillant entre une et trois semaines, à parlii- de ré|)reuve; leur sérum a été ensemencé comparativement avec celui de sujets neufs; les diderences dans le développemenl se soni monirées d'autant plus sensibles que les (juanlités de ces semences ont élé plus faibles. Ainsi, lorscpi'on introduit, dans o centimètres cubes, 0,08 à 0,1 de celle sérosité, on observe ([ue, le lendemain, la végétation a commencé dans tous les tubes, mais d'une façon moins accentuée dans ceux des immunisés; le deuxième jour, les distinctions sont plus marquées; on reconnaît, au simple aspect macroscopique, que l'évolution est plus abondante dans le liquide des cochons d'Inde sains; ce liquide est devenu complèlement opaque; le microscope montre qu'il contient des bacilles en nombre supérieur; la proportion ne peut être ici appréciée par le procédé des plaques; d'ailleurs, cette méthode est inutile, tant le résultat a de netteté.
La pullulation n'est pas seule entravée; la morphologie se modifie égalemenL — Dans l'humeur normale, on voit des micro-organismes, la plupart sporulés, le plus souvent isolés, quelquefois réunis deux par deux, offrant en un mot les images qui se présentent dans l'exsudation recueillie sur l'animal. On trouve des formes semblables dans les tubes des réfractaires ; mais, à côté d'elles, il en est de profondément altérées; ce sont des chaînettes composées d'articles grêles, des petits bâtonnets mal colorés, ayant tendance à se grouper en amas, en îlots, à se rapprocher ; ces microbes peuvent parfois revêtir une figure encore plus bizarre; ils diminuent de longueur à tel degré qu'on pourrait croire, à première vue, que l'on a devant soi une contamination accidentelle par des microcoques, des streptocoques; il suffit de déposer une goutte sur des milieux habituels pour constater qu'il ne s'est pas glissé d'impuretés. — Dans ces constatations se trouvent les premières données relatives à l'état d'agglutination du sérum, à la réaction agglutinante; mais il s'agit uniquement des sujets vaccinés sans aucune idée d'application au diagnostic, application faite par Widal, qui a vu cette réaction chez les infectés. — Pfeifer est un des auteurs qui ont étudié cette question avec le plus de soin; il convient aussi, à cet égard, de citer le nom de Gruber.
' Les différences sont infiniment plus saisissantes, si on sème de plus faibles doses, gi on maintient les cultures dans une éluve à température plus basse, à 25 degrés, par exemple. Fréquemment alors, après vingt-quatre, quarantehuit heures, on note un riche développement de parasites dans le liquide des cobayes normaux, tandis que celui des vaccinés est demeuré stérile. Pourtant, l'évolution finit par se réaliser; les dissemblances, entre les deux échantillons, s'effacent à mesure qu'on s'éloigne du moment où a été pratiqué l'ensemencement.
De ces recherches nous pouvons conclure que, sous l'intluence de la vaccination, ce sérum du cobaye se modifie; ses propriétés germicides, à l'endroit du microbe du charbon symptomatique, augmentent notablement. — Que se passe-t-il du côté des éléments solides? Vosvinkel a vu persister l'état bactéricide dans la grenouille lavée à l'eau salée. Néanmoins, on a admis longtemps que les micro-organismes évoluent dans les tissus privés de vie, qu'ils provien-
[A CHARRiy-l
256 PROPRIETES GERMICIDES DES TISSUS DES IMMUNISÉS.
nent de sujets ayant ou n'ayant pas une immunité nalurelle ou arlificiolle. Il faut convenir que, malheureusemenl, les laits publiés jus(ju'à présent ne sem- Ijlent pas à Tabri du reproche; on s'est constamment servi de bouillons préparés avec les muscles, puis stérilisés en chauflant. Or, la chaleur supprime les propriétés germicides des sucs; elle doit évidemment agir de cette laron sur les viscères : il fallait donc pratiquer des ensemencements sans recourir à un excès de température. — A vrai dire, les liquides ne sont que ce que les font les solides; on pouvait conclure des vertus germicides de ces licjuides à celles des solides, car admettre l'indépendance de ces deux groupes d'éléments, c'est émettre une hypothèse sans aucun sens, c'est rétrograder, suivant l'opinion de Buchner, c'est remonter au delà d'Andral, c'est méconnaître l'œuvre deVirchow, c'est se réserver un triomphe facile! On pouvait aussi se contenter de cultiver un agent chromogène soit sur des viscères de sujets normaux, soit sur ceux des immunisés, puis le reporter sur agar pour constater que celui qui provient des organes de réfractaires donne moins de pigment : c'est ce que j'ai fait. Néanmoins, il était intéressant de faire vivre, de faire fonctionner les microbes dans ces deux catégories de tissus.
Ainsi comprise, l'expérience n'est pas aussi simple qu'on pourrait le croire. — La plupart des bacilles sont aérobies; ils se développent péniblement dans l'intérieur des parties mortes, où l'oxygène manque. On ne peut, du reste, que difficilement apprécier l'intensité de la végétation dans l'épaisseur d'un organe et constater si la pullulation est, oui ou non, semblable tant chez les animaux sensibles à la maladie que chez ceux qui ne le sont pas.
Ces entraves s'évanouissent quand on use d'un agent anaérobie, agent dont l'évolution se mesure assez exactement d'api'ès les gaz qui se dégagent. Or, le bacille du charbon symptomatique remplit ces conditions; aussi Roger l'a-t-il choisi pour l'étude du problème posé.
On prépare le train postérieur de deux animaux, dont l'un a été immunisé quelque temps avant d'être mis à mort, dont l'autre est normal; on sème, dans la profondeur de ces muscles, le virus anaérobie; on place le tout à l'étuve, à l'abri de l'air; on reconnaît au bout de c[uarante-huit heures que les gaz sont plus abondants chez le sujet sain, phénomène qui prouve que, chez le premier, la vaccination avait fait apparaître des corps nuisibles aux bactéries.
Ces constatations ont depuis lors porté sur un bon nombre de cas : à ces recherches se rattachent les noms de Fodor, Grohman, Nuttal, Nissen, Lubarsch, Zasslein, Gamaleïa, Petruschsky, Karlinski, Ogata, Jasuhara, Fokker, Dircking-Holmfeld, Buchner, Czaplewsky, Bouchard, Charrin, Roger, ^tc.
De multiples expériences, en effet, tendent à établir l'existence de principes bactéricides, comme aussi la possibilité d'accroître la résistance à l'aide de ces principes. Ogata, Jusuhara ont vu le deuxième vaccin charbonneux s'atténuer dans le sang des réfractaires, fait qui, à la vérité, n'a pas toujours été reconnu complètement exact, en particulier par Serafini, Nissen, Bergonzini(').
L'histoire de la maladie pyocyanique a placé en évidence, d'une part, ces composés nuisibles aux infiniment petits, d'autre part, les procédés mis enjeu par ces composés pour nuire à ces germes; ces acquisitions ont singulièrement fait avancer la question, — Les découvertes du professeur Bouchard ont bien établi que le sérum suffit pour combattre le virus, que le sang en totalité
(') Riforin. Meiif., 1S92.
VARIATIONS DE L'ÉTAT BACTÉIUflIDE. 257
nVsL pas ncV-ossaire; (l(^ nomhrcMix- Irnvoiix onl appris, en outre, que ces composés aclionucnl la l'oi-uic,. |)aiT()is, ;'i (h'-l'auL de la Corme, le nomljre, la l'onclion, la pullulalion.
iMiimerich, FoviLzky, Arkiiaroll", .Mosjiy, etc., ont montré que les sujets immunisés vis-à-vis du pneumocoque possèdent des humeurs nuisibles pour ce pneumoco(iue; ils ont pu créer l'état réfractaire à Taide de ces humeurs; il en est de même de Rovighi, de Bonaduce, qui ont prouvé que plus l'immunisai ion est intense, profonde, plus ces produits sont offensifs pour les parasites; il eu est de même de Klemperer, (pii a obtenu des guérisons. — Stern (') a conslnlé, avec Abel, que le sang des lyphiques, sortis indemnes de la dolhiénentérie, jouit d'attributs microbicides; avec ce sang, Bruschettini(-) a augmenté la résistance au bacille d'Éberlh; il en a fait autant pour l'influenza, en usant du liquide hématique des personnes guéries. Buchner a obtenu des résultats analogues contre des affections dues au bacterium coli(^); Lorenz, par ce procédé, a immunisé à l'égard du rouget. Le lait de chèvre, le contenu vasculaire, soit après guérison, soit après vaccination, permettent parfois de créer Tinvulnérabilité aux atteintes du choléra : Klemperer ('') l'a démontré et Lazarus a confirmé cette donnée (*). Les toxines du vibrion avicide font apparaître (•') des propriétés germicides dans les humeurs : Bruhl l'a. établi. Pour le tétanos, pour la diphtérie, pour la rage, pour les affections causées par l'abrine, par la ricine, on observe des phénomènes semblables ; Ehrlich nous l'a appris C') pour ces intoxications singulières dues à cette abrine, à cette ricine. On peut en dire autant, à s'en rapporter aux travaux de Roger, jMironoff, Marmorek, Charrin, Moukton, Copemann(^), quand il s'agit du bacille du charbon symptomatique, du streptocoque, des germes de la variole, de la vaccine. Babès a utilisé des mélanges des toxines et antitoxines diphtériques, etc., etc.
Kionka a constaté également la réalité de cet état bactéricide; il a prouvé que cel état dérive de l'apparition de principes chimiques, non d'un simple changement de milieu, non d'un etfet purement physique, suivant la conception de Ghristmas. Czaplewsky C"), Phisalix ont vu la destruction des parasites s'opérer à l'extérieur des cellules; ils ont observé, d'autre part, que des germes, inclus depuis longtemps dans ces cellules, peuvent jouir de leur vitalité. Pekelharing a enfermé des bactéridies dans des sacs en baudruche imperméables aux phagocytes; il a introduit ces sacs sous la peau; il a constaté ([ue ces bactéridies s'atténuent grâce à l'influence des sucs qui pénétrent au travers des parois; on a tenté de répéter ces expériences, en ajoutant du bouillon pour supprimer l'objection relative au manque de nourriture. Netschajew ('") a enregistré la dégénérescence des agents du sang de rate en dehors des éléments anatomiques, dans les sérosités, dont Stern a reconnu les qualités microbicides, qualités mises en lumière par Goltstein pour le liquide
(1) Deutsche med. Wnrh., 1892.
(-) Rif'o7vn. medic., 1892.
(^) Muncli. med. Wocli., n° li, 2."), ."7, 58. ('•) Berlin. Min. Wochensrii.. 1892.
(•^) Berlin kliu. Wocliensch., 1892.
. {^) Arch. méd. expérim., IV. (■) Deutsche med. Wochensch., 1891, 1" li.
(**) Société de Inologie. Cévrior 189ô. — Bril. med. Journ., 189i. (•') Zeilsch. f. Hijg., 1892.
('•') kl.
lA. CHARKITf.2