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PROPRIÉXÉS THÉRAPEUTIQUES DES TOXINES

ou a pu al)Oulir, dans quelques circonstances, à des résultats plus heureux; nous l'aisons allusion aux exemples de bactériothérapie dont nous avons eu à parler. En dehors des tentatives opérées pour combattre la tuberculose par le Bacterium termo, des bacilloses locales, le lupus, la diphtérie, les néoj)lasnies, par Térysipèle, par le streptocoque ou ses toxines, suivant SoUes, liatchinsky, Coley, Spronck, etc., il est certain que des auteurs déjà nombreux, Bouchard, Pavlowsky, Emmerich, Freudenreich, Cartvvright Wood et Woodhead, Zagari, Biichner, Blagovestchensky, etc., se sont opposés, dans une mesure variable, à l'évolution de la bactéridie, en se servant de ditTérents virus; leurs expériences ont mis en évidence que les divers microbes utilisés pour lutter contre cette bactéridie agissaient en partie à l'aide de leurs produits. — Poussant plus loin l'analyse, Gharrin et Guignard ont prouvé que le bacille pyocyaniqne engendre des principes multiples, capables, en dehors de la phagocytose, d'influencer les germes charbonneux ; parmi ces principes, les uns, des albumines, sont précipités par l'alcool, par la chaleur, comme l'avait vu le professeur Bouchard; d'autres, les plus actifs, sont solubles dans cet alcool; il en est enfin de volatils. Or, pour arrêter, au cours de sa pullulation, l'agent du sang de rate, il faut mettre, dans le ballon, plus de substances séparées par la distillation que de substances stables.

On peut rapprocher de ces faits les antagonismes morbides, ceux de la malaria, de la phtisie, de la fièvre typhoïde, etc., antagonismes aujourd'hui peu admis, en dépit de l'exemple encore discuté de la variole et de la vaccine ; on peut également citer les données dues à Kostiurine, Krainsky, Ghelmonski, auteurs qui ont signalé les effets favorables des injections de substances putrides stérilisées au cours des infections, etc.

A diverses reprises, même récemment, on s'est efforcé de faire disparaître, à l'exemple de Spronck, les tumeurs malignes, en inoculant le streptocoque ou en injectant ses produits; Goley a obtenu des résultats pour le sarcome; on a fait usage de ces procédés pour des altérations lupiques('); les publications se multiplient sans apporter une solution définitive.

Par malheur, on doit ajouter que la quantité, que la qualité de ces produits bacillaires varient souvent d'une culture à l'autre; cela dépend du bouillon; cela dépend de la vitalité des germes, etc. En outre, les matières bactériennes stérilisées renferment, on le sait mieux aujourd'hui, à côté de corps salutaires, des éléments plus ou moins opposés, plus ou moins toxiques; si on arrive à dissocier suffisamment ces composés, on parviendra, peut-être, à ne faire usage que des principes capables de rendre service; on séparera, par exemple, des sécrétions vaso-constrictives, les substances dilatatrices, qui préparent aux sucs, aux œdèmes microbicides autant qu'aux phagocytes, une porte de sortie facile : les conceptions, les expériences de Bouchard mettent, en effet, hors de doute l'existence de ces deux ordres de matières vaso-motrices.

Il est, d'ailleurs, juste d'avouer qu'une pâle lumière commence à éclairer ces questions, à montrer qu'il est des toxines qui ne sont que nuisibles, tandis que d'autres se montrent, à la fois, nuisibles et utiles; quelques-unes créent, par leur passage, par leur séjour dans l'économie, l'état réfractaire, à des doses tellement minimes, qu'aucun inconvénient ne paraît en résulter. — Quoi qu'il en soit, il importe plus que jamais, avant de mettre en œuvre de pareils pro-

(*) Chez les végétaux existent des productions locales. Voy. art. Vuillemin, 1. 1, Analogies et différences avec pathologie animale (lésions de nutrition; protoplasma; irritabilité, etc.).

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