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PRÉTENDUS INCONVÉNIENTS DES SÉRUMS. — ACTION DES ANTITOXINES

pas admcllre aisémcnl res l'ôsultats, bien (inon in'ail à loii aUrlbué des expérioncos lavorables à celle conceplion. ^

Il osL bon, en présence de tous ces essais, de médiler le magistral mémoire du prolesscur Boucbard sur les prétendues vaccinations parler sang; ce in<'nioire met en évidence le mécanisme de ces aclions('); il montre (ju'il s'agit là de curation, non de [)rophylaxie; l'effet préventif est en tout cas des plus courts; la substance introduite, substance créée chez l'animal rélVactaiic par les tissus, se détruit, sans s'éliminer, sans se reproduire; au bout de 20, de 50, de 00 jours, etc., elle n'agit plus. Ces connaissances sont d'autant plus nécessaires (pie ces procédés s'étendeni, à la suite des travaux de (^harrin, Roger, Marmorek, Richet, Ilericourt, Poitevin (-), Moucton, Copeman, Béclère, Saint- Yves Ménard, Lorenz, Maragliano, etc., travaux relatifs à la fièvre puerpérale, à l'érysipèle, au cancer, aux tuberculoses locales, aux maladies à staphylocoques, au rhumatisme ("'), à la vaccine(^), à la variole, au rouget, à la phtisie; Widal, Wright, Semple, et surtout Chanlemesse qui a obtenu le premier un sérum antitoxique, ont appliqué cette méthode à la dothiénentérie ; Sclavo, Marchoux, au charbon ; Denys et Leclef qui ont vanté le sérum polyvalent, agissant sur plusieurs streptocoques, à des septicémies; Chenot, Picq, à la morve; Garasquilla, à la lèpre; Ransom, au choléra; Gabritchewsky, au typhus récurrent; de Nittis, à la protéobacillose; Yersin, Kitasato, à la peste, etc. Il faudrait ajouter les affections à pneumocoque, à bacterium coli, la scarlatine, le hogcholéra, la septicémie aviaire, la clavelée, la maladie des chiens, la syphilis, la rage, la rougeole, l'aliénation mentale, les intoxications : peptones, alcaloïdes, alcool, venins, toxalbumines, abrine, ricine, matières inorganiques, muscarine, phalline, cantharide, etc. Mais, à quoi bon prétendre dresser une liste complète! Demain, grâce aux recherches sur la peste, la fièvre jaune, etc., elle cesserait de l'être.

Le professeur Bouchard, supposant que les sécrétions spéciales d'une cellule pathogène, quelle que soit cette cellule bactérienne ou organique, se trouvent souvent dans les urines d'une personne atteinte du mal engendré par cette cellule, a tenté une série d'immunisations à l'aide de ces urines, soit à propos d'infections, soit à propos de différentes maladies; il a utilisé le sérum des animaux ainsi préparés pour combattre l'évolution des affections identiques à celles des sujets qui avaient fourni ces urines: pneumonie, fièvres éruptives, vaccine, érysipèle, ictère, affections non bactériennes, maladie d'Addison, alaxie, etc.

Ces sérums, en dépit du mode de préparation, paraissent parfois posséder des attributs toxiques, dus probablement pour une bonne part, d'après divers auteurs, aux globulines, sûrement à des albuminoïdes; ce sont sans doute ces corps qui occasionnent les désordres signalés, érythèmes, anuries, fièvre,

(') Paris, 1890.

(*) Recherches de Poitevin, Charrin, Broca, sur le traitement de tuberculoses locales cutanées par le sérum de chiens atteint de bacillose limitée, atténuée. — A dire vrai, dans la peau, le bacille de Koch ne paraît pas trouver un milieu aussi favorable que dans le poumon; à ce niveau on évite mieux les associations microbiennes nombreuses, capables de le favoriser; on l'atteint plus directement (Soc. de hiol., 27 juillet 1805).

(5) Recherches inédites de Charrin faites dans le service du professeur Bouchard sur le traitement du rhumatisme chronique par le sérum de chiens ayant reçu de l'albus affaibli ou ses sécrétions.

(*) Communication orale de Saint-Yves Ménard et Béclère. — Maragliano, Congrès de Bordeaux. — Deuxième tuberculine de Koch. — Sérum des pleurésies bacillaires. — Beinarowitch, pour la peste, combine sérum et microbe.

lA. CHARBIN.}

-im PRINCIPES ORGANKJUKS. — L' ECONOMIE ET LES VIRUS.

arthropathies, hémorragies, entérites, albuminuries, accidents nerveux, troubles des échanges, peut-être même .altérations anatomiques du sang, du rein, de divers tissus, etc.; il n'est que juste d'ajouter que ces accidents sont en général dépourvus de gravité, que les inconvénients sérieux sont plutôt du domaine expérimental, lorsqu'on manipule des doses inconnues en clini(pie. Une chose est en tout cas hors de doute, c'est que ces sérums actionnent l'économie, ses divers appareils ; c'est en incitant ces appareils à réagir contre les effets des toxines, comme aussi en agissant sur la circulation, sur la pression, sur la nutrition, sur la dialyse, sur certains principes fixés sous forme de précipités, etc., que ces humeurs interviennent. — J'injecte, à un lapin, un mélange de 2 centimètres cubes de toxine diphtérique et de 1/2. de sérum d'immunisé; je recueille les urines de ce lapin; je les introduis sous la peau de 0 cobayes, en raison de 12 à 15 par animal; j'ajoute 1/5 de sérum à trois d'entre eux; je répète plusieurs fois l'expérience; je constate que ceux de ces cobayes qui reçoivent à la fois et ces urines et ce sérum résistent en général mieux que les autres qui succombent le plus souvent avec des capsules surrénales congestionnées, c'est-à-dire sous l'action de la toxine qui s'est éliminée par les reins sans avoir été détruite. L'antitoxine n'agit donc pas chimiquement, mais par l'intermédiaire de l'économie; son action sur les cellules peut se faire directement, sans système nerveux, sans sécrétion interne, d'après une expérience de Gley et Camus. — De simples solutions minéralisées, ce qu'on appelle à tort des sérums artificiels, jouissent du pouvoir de produire des effets analogues ; on commence à entrevoir les raisons de ces effets salutaires, lorsqu'on songe à l'importance de ces éléments minéraux dans la structure ou l'action des ferments, d'après Bertrand !

Cette notion de l'existence, dans les tissus, dans les humeurs de l'économie, de principes capables de jouer un rôle thérapeutique, a conduit à recourir à la transfusion du sang en nature ou au sérum normal, même au sérum artificiel, aux extraits de différents organes, plus spécialement aux extraits du thymus, du corps thyroïde, des testicules, du foie, de la rate, riche en antitoxine, d'après Lépine, pour s'opposer à la marche d'une série d'infections. Kondratieff, Gramatschikoff ont étudié ces questions, indiquant des effets de relèvement, phénomènes souvent passagers. Frantzias signale comme remède de la rage la bile des rabiques; Frazer, Phisalix ont utilisé ce produit normal contre les venins.

Somme toute, les bénéfices retirés de ces procédés, jusqu'à ce jour, sont peut-être suffisamment démonstratifs; toutefois, leur portée est restreinte. Mais il semble bien qu'il s'agisse là, suivant la conception du professeur Bouchard et d'après des expériences que j'ai entreprises avec lui, d'une incitation à la défense (*), en particulier d'une influence nerveuse qui permet l'action des cellules de résistance ou celle des sucs protecteurs, qui empêche, dans une mesure variable, les effets des toxines; d'un autre côté, ces produits normaux sont quelque peu nuisibles aux germes ou à leurs sécrétions; il y a des différences en plus ou en moins entre leurs attributs et ceux des composés analogues empruntés aux réfractaires. — A vrai dire, il importe de voir si ces composés physiologiques, à l'exemple de ces humeurs antitoxiques, n'engendrent pas des accidents; urticaire, arthropathies, hémorragies, entérite, albuminurie, coma, délire, azoturie, amaigrissement, etc. Il faut, du reste, se montrer bien ignorant

(') C'est un retour à la nature niédicalrice. (Voy. Bouchard. Disc. Co)i(/rès de Bordeaux, 1895).

LES yPÉCIFIQUES. — LES ANTISEPTIQUES. 267

des propriétés loxicpios dos I issus ou de leurs exi rails pour déclarer (jue ces injections sonl fatalemenl innocenles; rimi)orlanl est de connaître les doses, puis, de peser le bien et le ïiial.

Il n'en <'sl pas moins inléressaiil de reniarcpu'r celle préoccupation cf)nslanle du terrain, de la nécessité de le rendre plus solide, plus résistant; on n'oublie pas le microbe, mais, convaincu des dilTicullés que Ton rencontre pour l'atteindre d'une façon elTicace, on son^e à aniuder son action, en faisant de l'économie une citadelle inallatjiiabie, invulnérable.

Les progrès de l'heure présente conduisent à cette thérapeutique, comme ils conduisent à s'occuper tant de l'élimination des poisons par le rein, l'inlestin, la peau, le poumon, que de leur desli-uction par le foie, i)ar les capsules surrénales, par les l issus, comme ils conduisent à la nécessité de pousser aussi loin que possible les oxydations, les combustions, comme ils portent à consommer l'oxygène. Ces poisons bactériens s'accumulent çà et là, les uns plutôt dans le parenchyme hépatique (*), les autres dans la gangue .splénique, le cerveau, etc. ; ils forment, parfois, avec le protoplasma des combinaisons plus ou moins intimes.

Qui donc osera prétendre que l'étude du mécanisme des infections, de la pathogénie des symptômes ou des lésions, est inutile? Qui donc viendra soutenir qu'il convient de s'en tenir à l'observation pure, que l'expérimentation, que les acquisitions réalisées à l'aide de l'histologie, de la physiologie, de la chimie sont sans intérêt au point de vue pratique? Un médecin ne conseillera-l-il pas plus sûrement, en temps plus opportun, une saignée, s'il sait que chez certains infectés le sang, au lieu d'être un liquide nourricier (*), n'est plus qu'une dilution de poisons? Celui qui ne veut connaître que la clinique pure, dont nous sommes les premiers à proclamer la prééminence, celui qui systématiquement se refuse à entendre parler de ce qu'il appelle dédaigneusement la médecine des bêtes, celui-là se laissera arrêter par la pâleur des téguments; l'auto-intoxication atteindra ses dernières limites! Mis au courant de la multiplicité des sécrétions bacillaires, de la nature stable des unes, volatile des autres, il ne pensera pas avoir achevé son œuvre, quand il aura supprimé l'une d'elles, il saura suivant les cas s'adresser à tel ou tel émonctoire, aux poumons, au rein, au foie, etc.

Il ne faut pas être exclusif; il ne faut pas se confiner dans une seule préoccupation, malgré son excellence. C'est ainsi qu'il est juste, en dépit des soins à donner au terrain, de continuer à songer aux bactéries, de poursuivre l'étude des composés capables de les atteindre directement, dans la zone où elles fabriquent leurs toxines, et cela malgré la sérothérapie; le simple bon sens suffit à faire conserver les traitements locaux.

Mais, pour ces composés plus que pour les corps capables de faire de la prophylaxie, il semble qu'il est mieux de s'adresser au domaine non microbien. Si les matières vaccinantes, terme que nous employons pour abréger le discours sans lui donner un sens spécifique, sont rares, en dehors des sécrétions parasitaires, il n'en est point ainsi pour les antiseptiques; la plupart de ceux

{*■) Ces accumulations ont leur importance, attendu qu'il est bon de savoir, suivant la tQxine, quel viscère doit fonctionner, attendu qu'il est bon de savoir s'il faut pousser à l'élimination ou à la destruction. — A cet égard, les synergies des organes entrent en ligne de comjjte. — D'autre part, si le foie atténue le corps nocif, on se conduira autrement ([ue s'il l'exalte, exaltation qu'il réaliserait pour la toxine de la dipthérie (Teissier, Guinard).

(-) Voy. IIayem, Le sang. — Les modifications dans les infections : fibrine; globules à protoplasma dégénéré, vacuolaii'e. pigmentaire, graisseux, etc., pour les blancs : les hématies plus ou moins visqueuses ou nondjreuscs; hématoblasles; sérum; sels; hémoglobine, etc.

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