PROCÉDÉS THPÏRAPEITIOUES VARIÉS. — RÉACTIONS NERVEUSES
annuler les poisons, les toxines, toxines (pie, dans (jiiel(|ues circonslances, ce foie exalterait, d'après Artaud et Teissier; d'autre part, il facilite les oxydations: il diminue, par ce procédé, la nocuité de divers éléments. — On sait également les heureux effets des solutions aqueuses minéralisées, désijj^nées sous la dénomination de sérums artificiels, bien ({u'il n'y ait pas d'albumines; on sait leurs elTets sur l'urée, sur la température, la pression, la diurèse, l'activité des échanges, la fixation de certains poisons, Taccroissemenl de l'état bactéricide ou antitoxique, l'énerg-ie des phagocyt<'s, la dialyse, etc. : c'est là, on ne saurait trop insister, le traitement anti-infectieux commun, général, de Grasset.
Le sulfate de quinine, pour continuer à citer quelques types, en dehors des effets nerveux, toniques, etc., a une action plus nette sur l'hématozoaire de Laveran que sur certaines bactéries; néanmoins, dans une foule d'infections, ce produit est utile. D'un autre côté, au point de vue de l'élimination, il rend d'indéniables services : il pousse les poisons aux émonctoires, au moins dans la malaria; le fait a été expérimentalement établi. Ses vertus antithermiques entrent en ligne de compte, bien que dans des limites données la fièvre puisse être salutaire, suivant Filehne, Cheinisse, etc. Une légère élévation du thermomètre ne va pas sans exciter les phagocytes; mais un trop grand accroissement compromet certains éléments, le muscle, le myocarde, la myosine, en [)articulier; il faut alors faire de la thérapeutique des symptômes (').
Le phénol sulforiciné montre qu'on peut augmenter le pouvoir Ijactéricide, sans accroître forcément les actions nuisibles aux cellules. Ce corps contient, en effet, environ 50 pour 100 d'acide phénique cristallisé; pourtant, son influence sur les tissus est médiocrement offensive; il possède une légère causticité.
Le mode d'action de ces principes, réputés antiseptiques, est assez variable. Les uns sont des oxydants; les autres des réducteurs; les uns sont des destructeurs du groupe amidé; les autres du groupe aldéhyde : il en est, enfin, qui détériorent directement l'albumine; les acides minéraux sont de ce nombre. — Loew a même basé une sorte de classification sur ces propriétés des antiseptiques.
Les travaux d'Heymans sur le nitrile malonique sont suggestifs au dernier point; on voit dans ces expériences des effets de neutralisation rappelant, par exemple, ceux du sérum d'anguille par le sérum d'un chien immunisé, neutralisation établie par Mosso, Phisalix, Richet, Héricourt, Dclczenne, etc.; ces analogies sont peut-être apparentes, car ce sérum de chien immunisé joue le rôle d'antitoxine ; or, les antitoxines combattent les toxines par des antagonismes physiologiques plutôt que chimiques. — Avec Desgrez, j'ai entrepris des recherches sur l'influence des sulfites; on a, avec Grosz et d'autres, vanté l'istone, les anti-coagulants.
Il est permis de rapprocher l'eau du groupe de ces agents chimiques; l'eau salée, sorte de sérum artificiel, en permettant des lavages du sang, fournit des moyens de défense auxquels il est bon parfois de recourir. Non seulement ces injections aqueuses activent les éliminations, mais dans des limites fixées elles facilitent les échanges, l'osmose, surtout dans les cas de déshydratation,
(') L'action des aniithcrniiques varie suivant les infections. La quinine atçit sur l'iiypoithermie de la fièvre intermiltentc; elle demeure le plus souvent sans elTcl sur celle de la ■ pneumonie, inefficacité (jui m'avait porté, avec le professeur Arnaud, à essayer des sels de cinchonamine, corps un peu trop toxi(iue. En tous cas, cette diversité dans les effets prouve la diversité dans la genèse de ces fièvres, du moins pour les i>rincii»es pyrélogènes. — Voy. aussi, pour les antitherini(£ucs analgésiques [Cunyr-ès de Bunlcaux, août 1895).
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dans le cliolora, par exemple; ce pi-iiieipe acpieux, addiliotiné de sel, comme jo l'ai vu, grAce à Desgrez, favorise les Cei-menlalions, sans recourir aux doses considérables indiquées par Dastre. D'ailleurs, en matière (rinjeclions intra-veineuses ou sous-culanées, une série d'elTels se produiseni, sans (pTon puisse saisir neUemenl leur mécanisme; l'hydrémie, d'après (lalli, cliaufii'e le pouvoir germicide du sérum.
Les bains, l'hydrothérapie, les frictions, l'oxygène, rék'clricilé, etc., en activant la sortie des poisons, en achevant les condjinaisons, en incitant la nutrition, en tonifiant l'axe cérébro-spinal, rendent de réels services. — On ne sait encore ce que réserve l'emploi des courants à haute fréquence, qui sans la moindre douleur permettent d'utiliser une puissance énorme; des ex|»('riences entreprises avec d'Arsonval sauront l'établir; on n'ignore cependant pas cpie la pression, que la vaso-motricité, que la nutrition sont profontlément modifiées; il est difficile que de pareils changements ne retentissent pas sur l'infection ; d'autre part, Kriiger a établi l'influence de ce fluide sur les toxines (').
Tous ces procédés s'adressent à l'ensemble des tissus, à l'intimité des organes, aux différentes cellules, même à celles qui sont le plus profondément situées et par-dessus tout aux réactions nerveuses. Or, s'il est actuellement peu d'infections générales sur lesquelles la thérapeutique ait une action assurée, il n'en est pas de même de nombreuses infections locales, car en pareille matière il y a, comme l'a justement remarqué Hallopeau, des distinctions capitales à établir. Plusieurs, il est vrai, de ces déterminations locales, surtout au point de vue du traitement, appartiennent plutôt à la chirurgie; tels sont les abcès, les furoncles, les phlegmons, les érysipèles, les balanites, les vulvites, les urét rites, les cystites, les otites surtout les externes ou les moyennes, les blépharites, les ophtalmies, quelques collections dans telles cavités soumises à l'ouverture, aux lavages, au drainage, avi curettage, etc. Pourtant, quel([ues-unes de ces lésions, en raison de leur siège, relèvent de la pratique médicale : ce sont certaines gingivites, quelques stomatites, des angines, etc. — Ces maladies des parois cutanées ou muqueuses peuvent avoir une grande inq)ortance; parfois, en effet, le virus est localisé sur elles, en tant que virus figuré, mais les toxines absorbées se rendent partout, atténuées ici, exaltées plus loin, dans le foie, d'après Teissier et Guinard; la diphtérie en fournit un exemple. Détruire cette localisation, c'est détruire la source du mal ; c'est ce qu'on a tenté de réaliser pour quelques affections, spécialement pour la bacillose, etc. ; c'est ce que l'on tente aussi chaque joup pour le cancer, et cela en dépit des sérums, même supposés très efficaces. — On a également usé de pratiijues spéciales; on a, par exemple, sectionné les nerfs dans le tétanos; ce procédé de Létiévant se trouve justifié par les observations de Gumprecht, de Brunner, qui pensent (jue le bacille suit ces troncs nerveux, dont Pes a signalé les altérations; aujourd'hui l'injection du sérum, surtout dans le névraxe si tolérant, vaut mieux.
Les moyens d'action peuvent viser des surfaces plus ou moins étendues, surtout celles qui sont en contact avec l'air. Cette thérapeutique a, du reste, une haute portée, car la plupart des infections secondaires partent de ces surfaces. De là, la nécessité de maintenir une propreté rigoureuse de la peau, des cavités génito-urinaires, de divers conduits, par-dessus tout du tube digestif; on peut se boi'uer à l'asepsie, lorsiju'elle paraît suffisante: il y aurait de justes
(') Deutsche nied. Wucli., ir '21. 189:).
[A. CHARRINri