‹ Traité de médecineChapitre 124 sur 207 · CH + 7,07^ + 5.74HV /^-J^, C \ ,)Ain · texte numérisé non relu

CH + 7,07^ + 5.74HV /^-J^, C \ ,)Ain

« Si je donne la préférence à ces formules et si je leur sacrifie celles qui assimilent le corps à deux troncs de cône appliqués par leurs bases correspondantes, malgré la supériorité théorique de ces dernières, c'est parce que Fassi-

milation du corps à un cylindre donne à la formule jy de la corpulence une

signification géométrique utilisable pour la détermination de la composition

chimique du corps, yt est, en eflet, un segment du cylindre corporel total,

cylindre qui a 1 décimètre de haut, toutes les mesures étant en décimètres, P indiquant des kilogrammes ou des décimètres cubes, et la surface étant

p comptée en décimètres carrés. Ce segment, qui a 1 pour hauteur, a -j-| pour

volume et a aussi yj pour surface de sa base. Pour tous les individus qui ont le

même type de corpulence, ce segment est identique comme volume, comme composition. Les individus d'un même type ne diffèrent entre eux que par le nombre de cylindres superposés que représente leur corps. La surface latérale est aussi la même pour le segment cylindrique de chaque type. Mais cette surface géométrique est plus petite que la surface vraie; et, pour que Tassimi-

[P. LE GENDRE

lation au corps soit pail'aite. mémo on ce qui concerne la surface, il l'aut canneler ce cylindre sans modifier l'aire de sa base, augmenter la circonférence de cette base en la transformant en une ligne sinueuse qui pénètre dans l'intérieur d\i cercle et sort du cercle enlevant à sa surface des portions qu'elle lui restitue extérieurement, si bien que le périmètre et la surface latérale augmentent sans que le volume soit modifié.

« Ce segment de cylindre, abstraction faite de sa surface latérale, s'il a 1 comme

hauteur et 77 comme volume, c'est ce que je nomme le segment anthropom/'trique.

« Ce segment, chez l'homme normal, a la composition normale. Étant donné (jue 1 kilogramme moyen du corps de l'homme normal renferme : 160 grammes d'albumine, dont 151,5 d'albumine fixe et 8,5 d'albumine circulante; loO grammes de graisse, 660 grammes d'eau et 50 grammes de cendres, le segment anthro-

p pométrique de l'homme normal moyen, dont le type p- est 4,2, a pour poids

•4,200 grammes et renferme 656 grammes d'albumine fixe, 56 grammes d'albumine circulante, 5-46 grammes de graisse, 2,772 grammes d'eau et 210 grammes de cendres.

« L'obésité ne changeant rien à l'albumine, à l'eau et aux cendres, si chez un

obèse 7j ^8, le segment anthropométrique pèsera 8,000 grammes, aura, comme

le segment normal, 656 grammes d'albumine fixe, 56 grammes d'albumine circulante, 2,772 grammes d'eau, 210 grammes de cendres, mais il aura 4,546 grammes de graisse au lieu de 546 grammes; ce qui donne au kilogramme du corps la composition suivante : 79,5 d'albumine fixe, 4,5 d'albumine circulante, 546,5 d'eau, 26,5 de cendres et 545,5 de graisse.

« On comprend l'importance de cette notion. Tandis qu'on compare généralement 1 kilogramme d'individu à 1 kilogramme d'un autre individu pour l'estimation du taux de la nutrition déduit du poids des matériaux éliminés, on devra se pénétrer de cette idée, que ce qui est actif, ce qui subit ou provoque les destructions, l'albumine, qui compte pour 160 grammes dans 1 kilogramme d'homme normal, pourra ne plus compter que pour 84 grammes dans certains cas d'obésité.

« La possibilité de calculer rapidement la surface du corps, la notion du degré de corpulence correspondant au segment anthropométrique, la possibilité de calculer la composition de ce segment anthropométrique, nous mettent en état de calculer la quantité de l'albumine fixe, qui seule est active, et la surface d'émission qui est, pour chaque individu, attribuée à l'unité de poids de cette albumine fixe.

« Les produits de la nutrition, les produits chimiques : urée, acide carbonique, eau, et les produits dynamiques : calories, dépendent de la quantité de l'albumine fixe et de l'intensité de son activité. L'action de cette albumine chez l'homme au repos dépend surtout de l'étendue de la surface par où se fait la déperdition de l'énergie.

« Les notions précédentes aideront, je crois, à mesurer cette intensité de la nutrition ('). »

(•) Reprenant cette question dans ses leçons de 1898, M. Bouchard a apporté aux formules des tableaux précédents certaines modifications qui seront publiées dans le t. III de son Traité de pathologie générale (en cours dïmpression).

BÊPARriTION COMPARATIVE-, DANS LES DIVERS ÊMONCTOIRES, DE L'AZOTE ET DU CARBONE DE E ALBUMINE ELABOREE {')

(i Dans mon enseignement de ces trois dernières années, j'ai insisté sur J'utilité qu'il y aurait, au point de vue de Tintellig-ence des actes de nutrition, à doser parallèlement, dans l'urine, l'azote et le carbone.

« Les défectuosités des mélhodes de dosage du carbone total ont retardé l'utilisation pratique de cette méthode, et l'application n'en a été laite que dès le début de cette année, quand M. Desgrez, que j'avais prié de faire cette recherche, m'a proposé un procédé à la fois exact et expédilif. A cette même époque, Scholz entreprenait des recherches du même ordre è l'aide d'un procédé diirérenl.

« Je compte la quantité de matières excrémentitielles d'après l'unité de temps de la sécrétion, l'heure, et d'après l'unité de substance active qui préside aux actions chimiques s'accomplissant dans l'économie, le kilogramme d'albumine fixe.

« L'heure moyenne d'un nychthémère, chez un homme de cinquante-neuf ans dont le kilogramme d'albumine fixe avait, pour la surface d'émission du calorique, 19 décim. carrés 47 au lieu de la moyenne normale 17 décim. carrés 95, fournissait une élimination de 45 milligr. 7 d'azote et de 45 milligr. 4 de carbone. Les proportions relatives varient suivant les heures :

Azote. Cnrijone.

Heures moyennes .... 45 milligr. 97 45 milligr. 4

Heures de matinée.. . . 47 — 0 41 — 4

Heures d'après-midi. . . 55 — i 50 — 0

Heures de nuit. ..... 51 — 5 44 — 1

« Le rapport entre l'azote et le carbone urinaires et les quantités absolues de ces deux corps change donc rapidement au cours d'une même journée, et les écarts peuvent être considérables.

« En dehors de certaines lipuries, de certaines glycosuries et de certaines oxaluries alimentaires, on peut dire que tout le carbone des urines provient de l'albumine du corps ou des aliments. Le carbone des sucres et des graisses, pour la portion de ces aliments qui a été élaborée dans le sang ou dans les tissus, s'élimine par les poumons.

« La seule constatation de l'azote urinaire total et du carbone urinaire total peut nous aider à comprendre avec quelle intensité et avec quel degré de perfection se fait la transformation régressive de l'albumine.

« On sait que pour 1 d'azote urinaire total, il y a eu 6,750 d'albumine détruite dans l'organisme. Cette destruction se fait par hydratation, et le dédoublement de l'albumine qui s'hydrate donne du giycogène qui, s'hydratant à son tour, fournit pour j d'albumine 0,558 de glucose, soit 5,759 pour les 6,756 d'albumine et pour 1 d'azote urinaire.

« L'albumine contenait 1,051 d'azote et 5,610 de carbone. La glycose dérivée de cette albumine renferme 1,550 de carbone (|ui s'élimine parles poumons à l'état d'acide carbonique.

(') Ch. Bouchard. Acad. des Sciences, 1897.

[P LE GENDRE

« De riilbuniino détruite, 1,051 d'azote et 2,054 de carbone s'élimineront par l'intestin et par les reins. On a établi que pour 1 d'azote urinaire, il y a 0,051 d'azote fécal sécrété.

« Ces quantités de carbone ou des (juantilés intermédiaires se trouvent associées, dans les matières fécales, à 0,051 d'azote sécrété. C'est 1 d'azote pour 18,0 de carbone fécal, au moins, et 1 d'azote pour 25,5 de carbone fécal au plus. Or, les corps azotés les plus riches en carbone (ju'on trouve dans les matières, les acides biliaires, ont, pour I d'azote, 22, o de carbone. L'albumine élaborée, en dehors des principes excrémentitiels azotés, fournit donc à l'intestin des produits non azotés de son dédoublement. Ces corps sont surtout la cholestérine, et, accessoirement, les graisses.

« La répartition, aux émonctoires, de l'azote et du carbone de l'albumine élaborée se fait selon le tableau suivant :

« Pour 1 d'azote urinaire total correspondant à 6,756 d'albumine élaborée, il s'échappe : par les reins : 1,000 d'azote et de 1,12 à 0,760 de carbone; par l'intestin, 0,051 d'azote et de 0,934 à 1,294 de carbone; et enfin par les poumons, 1,556 de carbone. »

Utilisant les notions précédentes, M. Bouchard a imaginé une méthode qui permet d'évaluer l'activité de la destruction des tissus {activité histolytique) d'une manière plus rigoureuse qu'on n'avait pu le faire jusqu'ici. Pour évaluer 1 activité de destruction de l'albumine, la technique consiste à doser l'azote urinaire total excrété par kilogramme du poids du corps et par heure, pendant une période de temps déterminée (4 heures). L'individu en expérience est à jeun depuis 15 ou 17 heures, c'est-à-dire dans des conditions où l'albumine détruite doit être presque exclusivement celle des tissus, l'albumine circulante étant réduite au minimum; il a vidé sa vessie avant l'expérience, il urine à la fin; il n'a pris pour boisson au début de l'expérience qu'une infusion de café contenant 50 grammes de sucre, fournissant 200 calories afin qu'il n'ait pas à détruire ses tissus pour foui*nir les calories nécessaires au maintien de sa température. Il demeure au repos pendant l'expérience, dans une température constante moyenne.

D'autre part, au moyen d'un appareil ingénieux M. Bouchard est arrivé à recueillir complètement les produits de la respiration (vapeur d'eau et acide carbonique) et à doser l'oxygène consommé dans un temps déterminé.

En combinant ces diverses données et la connaissance de la composition chimique du segment anthropométrique, il calcule les quantités d'albumine et de graisse qui se détruisent, la quantité de sucre détruit et de sucre transformé en graisse chez le sujet en expérience. Le détail de ces recherches se trouvera consigné dans son Traité de Pathologie générale (t. III, sous presse).

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