‹ Traité de médecineChapitre 132 sur 207 · PAR JOUR · texte numérisé non relu

PAR JOUR

PAR Kl LOOK.

7 mois

kilogr.

1 an 1/2. .

5 ans

5 ans

7 ans

9 ans

12 ans 1/2 ... "

15 ans

25 à 30 ans

Suivant Forster(^), l'élimination de l'acide carbonique, pendant l'état de repos, chez des enfants, a été par kilogramme et par heure :

De 3 à 7 ans 1 à 2^-^ Co-.

De 9 à 13 ans 0:',9

(') Arch. générales de médecine, 1876.

n Der Sloffivechsel d. Kindes. TûlMngen, 1894.

('') Pettenkofer und Ziemssen's Handb. d. Hygiène, Bd. I, 24, I, p. 76.

MODIFICATIONS PIIYSIOLOflIOrES DE LA NUTRITION. 525

Or, l'adulto à rélal d'inaclivilé élimine en moyenne par kilogramme et par heure (Pellcnkofer el Voit) :

Pondant l'inanilion 0',i4 Co-

Pendanl ralimentalion mixte O-^rvi

« Abslraction faite des premiers mois de la vie, pendant lesquels l'élimination de Turée par kilogi'amme dépasse seulement de moitié celle de l'adulte, l'enfant ('liniino, pendant la seconde année, presque deux fois 1/2 plus d'urée que l'adulte; à mesure que l'âge s'avance, l'augmentation relative de l'urée diminue; toutefois, à la dixième année, elle dépasse encore presque de moitié celle de l'adulte. Par conséquent l'intensité de la désassimilation de l'albumine évolue d'une manière à peu près exactement parallèle à celle de l'élimination de CO*; l'augmentation de l'élimination de CO^ paraît donc devoir être attribuée pour la majeure partie au carbone mis en liberté par la décomposition de l'albumine et non éliminé avec les urines, pour la plus petite parlic seulement à une décomposition plus grande de graisse.... L'enfant décompose (par kilogramme) plus d'albumine et aussi un peu plus de graisse que l'adulte » (I. Munk) (').

Suivant MM. Carron de la Carrière et Monfet {VUrine normale de Venfant. Acad. de Méd., juillet 1897), un kilogramme d'enfant travaille un poids de substances bien plus élevé que ne le fait un kilogramme d'adulte. La nutrition azotée de la cellule infantile est plus active d'un tiers environ que celle de l'homme parvenu à son complet développement. L'utilisation de l'azote est plus parfaite : 90/100 de l'azote total au lieu de 85/100 chez l'adulte. La cellule infantile est plus fortement minéralisée que celle de l'adulte. En somme chez l'enfant tous les phénomènes de la nutrition sont incomparablement plus actifs que chez l'adulte et le maximum paraît atteint dans la période comprise entre cinq et dix ans.

Envisagée dans son ensemble, la croissance est une manière d'être de la nutrition portée à son maximum d'intensité avec prédominance de l'assimilation sur la désassimilation. « La croissance terminée, ces deux courants deviennent équivalents et s'équilibrent. Puis, au bout d'un certain temps commence la période de rétrogradation, dans laquelle la désassimilation l'emporte sur l'assimilation. Cette évolution est en rapport avec la minéralisation progressive des éléments anatomiques qui restreint la part de la matière vivante et diminue les phénomènes de nutrition. L'évolution des cartilages est un exemple que tout le monde connaît. La proportion de l'urée suit ces variations. Elle est notablement abaissée dans la vieillesse, où elle est souvent la moitié de celle de l'adulte (M. Springer) » (^).

La croissance ne s'accomplit dans les conditions physiologiques que si l'alimentation est convenablement appropriée, comme quantité et comme qualité, aux besoins de l'organisme. Sinon, on voit survenir des troubles de la nutrition multiples portant sur le tissu osseux, le système nerveux, les systèmes vasculaires sanguin et lymphatique. Plusieurs de ces troubles constituent de véritables maladies, à l'étude desquelles nous renvoyons le lecteur : nous avons parlé du lymphatisme et de la scrofule; nous traiterons plus loin du rachitisme; nos collaborateurs décriront" les ostéites juxta-épiphysaires donnant lieu aux

(•) Trailé de diélélique~^\^nv I. MuNK et G. A. Ewald (trad. par J.-E. IIeymans et P. Masoin), 1897.

("-) Élude sur la croissance, 1800.

[P. LE GENDRE.-

accès de fièvre de croissance, les douleurs dans les os des membres par spoliation du phosphore, les exosloses dites de croissance (Rul>instein, Soc. méd. inl. de Berlin, 1891), les céphalées de croissance et les tics, les grimaces, les travers d'esprit, les accidents hystériformes de la puberté, la suractivité l'onclionnelle du cœur, dite à tort hypertrophie cardiaque de croissance, et qui n'est que la conséquence d'une disproportion passagère entre un cœur rai)idement augmenté de volume et un thorax d'un périmètre encore insuffisant; la chlorose. On connaît l'arrêt apporté à la croissance par l'atrophie du corps thyroïde qui crée le myxœdème:la radiographie par les rayons Rœntgen a permis à Springer de constater Tinfluence de divers états pathologiques altérant la nutrition sur l'arrêt de la croissance d'après l'aspect transparent ou opaque du cartilage de conjugaison du tibia et du fémur. La persistance de l'état infantile dans le myxœdème est attestée par la non-ossification de ce cartilage qui demeure transparent : le traitement thyroïdien dans de tels cas a pu faire grandir encore un sujet de 54 ans. La même méthode a montré que, dans la syphilis héréditaire où l'arrêt de développement paraît dû à une tendance à l'ossification précoce, le cartilage persiste pourtant; que chez les enfants d'alcooliques, le cartilage est mince, irrégulier, ossifié prématurément; que par contre, dans la tuberculose héréditaire ou acquise, le cartilage persiste et son ossification paraît ralentie {Ac. des Se, 17 mai 1897).

La fréquence des troubles de la nutrition pendant la croissance constitue pour cet âge une véritable et permanente opportunité morbide, quand par suite d'une hygiène défectueuse l'enfant ou l'adolescent sont privés des aliments convenables, de l'oxygène, de la radiation lumineuse et de l'exercice ; il en est trop souvent ainsi dans les maisons d'éducation. M. Bouchard a tracé, de manière à décourager de le reprendre après lui, le tableau de ce collégien de 14 à lo ans qui s'amaigrit et pâlit malgré le fer, le quinquina et les biftecks, qui perd le goût du plaisir aussi bien que du travail. « L'inappétence et les troubles digestifs sont provoqués ou entretenus ou aggravés par l'inaction, par l'ennui, par la vie confinée, par l'absence de cette stimulation organique que donnent la satisfaction morale et l'exercice au grand air, en pleine liberté. Il y a eu. pour ces causes diverses, insuffisance de l'apport au moment même où l'organisme réclamait une plus grande quantité de matériaux pour la constitution des éléments de nouvelle formation. Cette matière qu'ils ne puisaient pas dans les aliments, les tissus en croissance étaient obligés de la soustraire aux tissus déjà formés, et de cette croissance, effectuée dans des conditions vicieuses, résultent des tissus nouveaux, imparfaits au point de vue de leur constitution chimique, en même temps qu'une détérioration chimique des tissus anciens, spoliés indûment par les organites nouveaux. » — « Dans ces conditions de détérioration, l'enfant devient plus vulnérable ; les moindres causes provoquent chez lui des maladies aiguës auxquelles succèdent souvent des maladies chroniques. » Car les germes infectieux s'implantent facilement et pullulent dans les organismes en état de mauvaise nutrition ; les microbes pyogènes et même le bacille tuberculeux guettent l'adolescent débile : l'ostéite de croissance est le terrain de culture du streptocoque de l'ostéomyélite infectieuse, la bronchite banale est la porte ouverte à la tuberculose du poumon.

Parmi les états physiologiques qui s'accompagnent de modifications plus ou moins intenses des actes nutritifs, il faut encore citer la menstruation, la grossesse et la lactation.

MODinCATlONS PIIYSIOLOdlOlKS I)K LA NUTRITION. 7)27

Pendant les époques menstruelles^ il y a lieu de sij^naler un Iroublc passager de la nutrition avec perversion, qûelqu(^l'ois assez accusée, des échanges : les sédiments urati(|ues abondent dans les urines, les acides gras ainuenl aux émonctoires, viciant parfois l'haleine, et communiquant une odeur insolite? aux séci'étions de la peau. M. IL Keller (') a publié sur cette question de récentes recherches qui l'ont mené aux conclusions suivantes. Pendant la menstruation normale sulTisamment abondante, il y <i diminution de l'azote total, de l'urée cl surtout des matières azotées incomplètement oxydées, et augmentation très nette du coefficient d'oxydation d'A. Robin. Si la menstruation est faible et insul'lisante, il y a des variations dans la sécrétion des éléments azotés des urines. L'étjuilibre azoté n'est pas troublé par le retour physiologique des pertes sanguines de la menstruation (Th. Schrader). La menstruation est accompagnée d'une diminution de la destruction de l'albumine du corps. L'oxydation des éléments azotés atteint le maximum. C'est approximativement au milieu du temps qui sépare deux époques que les produits de la désassimilation des corps azotés, l'azote total, l'urée, les matières extractives azotées, l'acide uriquc atteignent leur minimum. Ils prennent ensuite une marche ascendante jusqu'au moment de la menstruation qui commence le mouvement de descente. Chez les sujets dont la nutrition est déjà pervertie à l'ordinaire, souvent l'époque menstruelle est l'occasion de quelque spasme ou accès douloureux, colique hépatique, migraine, accès d'asthme.

Pendant la grossesse, il y a généralement impulsion plus vive imprimée aux phénomènes nutritifs en vue de la formation des tissus du nouvel être (pléthore de la grossesse); mais, par suite même de l'augmentation des actes nutritifs, il y a formation de déchets plus abondants. Si ceux-ci sont incomplètement oxydés ou trop lentement expulsés par suite de circonstances hygiéniques ou pathologiques, l'organisme peut en être intoxiqué, et ses grands appareils gênés dans leurs fonctions; le dépôt de graisse dans les cellules hépatiques et rénales, l'accumulation des extractifs, des leucomaïnes dans le sang préparent ces grands accidents convulsifs et comateux de l'éclampsie. On peut encore citer comme exemple de troubles de la nutrition chez la femme enceinte l'hyperchromie cutanée. La lithiase biliaire est fréquente pendant la grossesse (Huchard) et pendant la lactation {-), ainsi que la tendance à l'obésité.

Les modifications que la vieillesse imprime à l'individu se résument en une atrophie générale, comme l'a montré Charcot dans ses études sur les maladies des vieillards (•'). Chez le vieillard la désassimilation l'emporte sur l'assimilation. Le poids, qui est au maximum vers 40 ans chez l'homme, vers 50 ans chez la femme, commence à diminuer à 60 ans; à 80 ans la perte est en moyenne de 6 kilogrammes. (Quételet, Sur Vhomme et le développement de ses facultés, Paris, 1865.) Le processus atrophique, qui se traduit par Témaciation (liabitiis corporis strictus) précédée quelquefois par une période d'adiposité passagère [habilus corporis laxiis), porte non seulement sur les muscles et le squelette, mais sur le cerveau et la moelle, les troncs nerveux, les poumons et le foie; tous les organes sanguificateurs, rate et ganglions lymphatiques, diminuQpt de poids et de volume. Le cœur seul peut résister à cette atrophie ou même s'hypertrophier par suite de l'athérome des artères; les reins peuvent rester

(') La nutrition pendant la niensli-ualion. Ardu yen. de niéd., mai 1897.

(-) A. OLLivn:R, Éludes de palliologle et de clinique ntédir(ile>!, 1887.

(') Caractères généraux de la patliologie sénile, œuvres complètes, t. \'II.

normaux (juand ils no sonl pas sclérosés: le réseau des capillaires sanguins s'appauvrit dans les viscères, la peau et les muqueuses; les villosilés et les glandes disparaissent en partie dans le tube digestif. L'atrophie peut être histolof>-i(iuement une atrophie simple des éléments anatomiques sans modification de structure: à un degré plus avancé s'observent les infiltrations pigmentaire ou graisseuse, les incrustations calcaires. Dans le tissu du cerveau la névroglie prédomine sur les éléments nerveux, elle s'infiltre de granulations amyloïdes (Virchow); chimiquement ce tissu perd une quantité notable de matières grasses, l'eau et le phosphore s'accroissent (Bibra et Schlossberger). Les parois des artérioles du cerveau sont pourtant remplies de granulations graisseuses (Paget, Ch. Robin), ainsi que les faisceaux musculaires de la vie animale et de la vie organique.

Outre les processus passifs d'atrophie, la sénilité suffit à provoquer l'endartérite par suite d'une prolifération cellulaire plus ou moins active; mais, à un moment donné, les éléments cellulaires de nouvelle formation sont saisis par la dégénérescence graisseuse, et dans la membrane interne se forment les abcès athéromateux, riches en graisse et en cristaux de cholestérine, qui peuvent ultérieurement se vider dans le torrent inculatoire, ou s'incruster de sels calcaires et produire des oblitérations artérielles. « C'est alors que se produisent sur divers points de l'organisme ces altérations par défaut de nutrition qui constituent un des chapitres les plus originaux de la pathologie des vieillards » (Charcot).

Les modifications physiologiques qui chez le vieillard correspondent aux changements de texture sont, outre l'anéantissement graduel des fonctions génitales et l'affaiblissement des forces musculaires, l'amoindrissement des fonctions respiratoires (diminution de la quantité d'acide carbonique exhalé et du nombre des respirations), la diminution des sécrétions urinaire et sudorale, gastro-intestinales. Le pouls augmente de fréquence (Leuret et Mitivié), et l'impulsion cardiaque est souvent énergique par suite même de la réaction du moteur central contre la gêne circulatoire périphérique due à l'athérome; le pouls est dur parce que l'élasticité artérielle est diminuée.

Nous avons dit déjà que le vieillard excrétait moins d'urée. Les recherches de Mossé {Ac. des Se. de Montpellier, 2 juin 1890) ont montré que dans les urines du vieillard les éléments complètement oxydés sont diminués et les éléments incomplètement oxydés s'ont augmentés. La tendance des cellules à se saturer d'oxygène (faim d'oxygène) diminue dans l'état sénile(Pawlinow)('). L'élimination de l'acide urique se fait très irrégulièrement par véritables décharges: l'excrétion moyenne en est proportionnellement plus forte que chez l'adulte, bien que d'une façon absolue elle soit plus faible (08'',48 par vingt-quatre heures). La toxicité urinaire est moindre chez le vieillard que chez l'adulte et l'enfant.

Sa température centrale est à peu près la même que chez l'adulte, mais chez celui-ci la différence est à peine sensible entre les températures rectale et axillaire; chez le vieillard la température de l'aisselle est très inférieure à celle du rectum.

(*) La condition nécessaire de la vie et de l'évolution considérée comme condition de !a maladie et du dépérissement sénile de l'organisme. Moscou, 1807.

ÉTATS DYSTROPIIinUHS PRIMITIFS.

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