DE LA DIÉTÉTIQUE
en monlranl ([ue leur mise en. praLicjuc amenait la foi'ce et le bien-èlre. ({ue leur oubli aboutissait à la l'ai])Iesse, à l'amaigrissement, à la maladie.
Les acquisitions de rexpérience ont été l'ormulées en préceptes par les hygiénistes et les médecins, par les prêtres et les philosophes, qui ont été souvent les mêmes hommes dans les sociétés primitives.
Pour ne citer que les noms principaux qui jalonnent l'histoire d(! la médecine, nous voyons qu'en Grèce la diététique, qui était le secret des Asclépiades, fut ensuite enseignée dans les gymnases; Pylhagore en fit la base d'une bonne ordonnance de la vie. lIip])ocrate formula des préceptes généraux et des indications particulières en tenant compte des habitudes des malades. Dans les maladies fébriles il ordonne la diète rigoureuse, sauf en cas de faiblesse excessive, des boissons assez abondantes, la ptisane, décoction d'orge qui peut être passée ou non passée suivant qu'on veut la faire moins ou plus nutritive, et qu'on sucre avec le miel. Il ne conseille pas le lait aux fébricitanls, mais donne le vin comme médicament. Ghrysippe (de Cnide) et Praxagore (de Cos) enseignent à se servir des cures de faim et de réduction. Érasistrate est partisan du jeûne pour toutes les maladies fébriles.
A Rome, Asclépiade de Pruse, importateur de la médecine grecque, enseigne que dans les maladies fébriles il ne faut pas d'aliments, pas de boissons dans les premiers jours, mais qu'ensuite on peut permettre une nourriture abondante au gré du malade; il encourage l'usage du vin. Celse comprend bien que la diététique est le fondement de l'art de guérir : optimum remedium est cibus opportune datiis, écrit-il. II est partisan, comme Ilippocrate et comme Galien, de la diète rigoureuse dans les maladies fébriles, sauf faiblesse extrême. Arétée de Gappadoce faisait grand cas du lait.
Dans les périodes suivantes, peu de noms à citer : Oribase, Alexandre de Tliralle, un charlatan du nom de Jacob qui vivait à Constantinople au y siècle et qui excellait à guérir les maladies chroniques par l'abstinence et de l'eau.
La médecine arabe règle soigneusement le régime, elle suit les préceptes d'Hippocrate et de Galien; elle recommande le lait dans la fièvre ectique (la phtisie).
L'école de Salerne reprend aux Arabes la diététique d'Hippocrate et de Galien et la réglemente avec une extrême minutie.
A la Renaissance, les chimistes et les iatro-mécaniciens semblent ne plus faire aucun cas de la diététique.
Mais, au xvni*^ siècle, Sydenham revient aux idées hippocratiques. Boerhaave et Fr. Hoffmann, quoique systématiques, respectent la tradition. J. Brown conseille, dans les maladies que sa nomenclature dichotomique dénomme sttn-niqties, la diminution de la viande, des épices, des boissons spiritueuses.
Au début de notre siècle, Broussais fait de l'abstinence la base du traitement pour la gastro-entérite, qu'il suppose exister dans toutes les maladies. Bouillaud se montre plus rigoureux encore au point de vue de la diète dans les maladies fébriles inflammatoires. Mais une réaction s'opère. Chossat attire l'attention sur le danger de l'inanition. Graves démontre empiriquement qu on peut avec avantage nourrir les malades même pendant les fièvres.
De nos jours l'importance de la diététique est acceptée par tous les médecins et même par les malades, du moins théoriquement. Mais dans la pratique on en fait trop souvent bon marché, par ignorance des vrais principe qui doivent la régir ou par négligence.
Nous voudrions montrer en quelques pages quels doivent être à notre époque les fondements scientifiques de la diététique et mettre en évidence les services considérables qu'elle peut rendre, pour prévenir les maladies en combattant les dispositions morbides, ou pour les aider à guérir quand elles sont réalisées.
Au point de vue de la thcropeutiquc des diotltèses. nous pouvons nous proposer d'obtenir par la diététique plusieurs résultats : réparer la constitution chimique détériorée, provoquer une activité nutritive difterente de celle qui est retardante, c'est-à-dire habituer la cellule à métamorphoser plus de matière en un temps donné et à la métamorphoser complètement.
Pour atteindre ce but, il faut créer dès l'entanoe des haliitudes alimentaires convenables, fixer la quantité des aliments, leur proportion, régler la fréquence des repas, le temps qui convient à chaque repas, et faire respecter le repos nécessaire pour l'accomplissement de la digestion. Il faut encore s'assurer la collaboration du système nerveux qui éveille l'appétit, qui rend la digestion plus parfaite, répartit la matière suivant les besoins, active l'apport de l'oxygène, et enfin stimule la nutrition cellulaire. La gaieté, la distraction pendant les repas, les condiments et la Ixmne préparation culinaire sont des adjuvants utiles à la digestion. Celle-ci s'accomplit mieux quand après le repas le travail cérébral est suspendu et remplacé par un exercice modéré. Certains dyspepticiues ont besoin pendant la première période de la digestion d'un complet repos, même physique, dans le décubitus.
Mais voyons quelles sont les règles qui doivent présider au choix des aliments, suivant le but qu'on veut atteindre.
L'idéal pour nourrir un individu, sain ou malade, serait de lui donner une quantité telle d'aliments, mélangés dans une proportion telle, qu'il y eût substitution exacte de matières nouvelles aux matières cfue la vie détruit. Mais chez le malade le plus souvent c'est impossible. L'absence d'appétit, l'insuffisance de la digestion, la diminution de l'absorption rompant l'équilibre entre l'apport et l'usure, la destruction est augmentée, et la suralitnentation serait désirable. Or, la suralimentation est rendue impossible chez les fébricitants et dans les maladies où existe l'anorexie, par le dégoût: elle peut être, d'ailleurs, dangereuse, car il faut craindre l'indigestion, qui accable l'organisme par l'autointoxication et par la dépression nerveuse. Il faut donc restreindre l'alimentation, à moins de pouvoir se passer et de l'appétit et des sucs digestifs en nourrissant par la sonde œsophagienne et avec des aliments presque directement assimilable^ : peptone. albumose, giycose. glycérine, jaune d'œuf.
Si l'aliment n'est pas refusé et peut être digéré, on peut se proposer de modifier la constitution matérielle de l'économie, en lui rendant certaines substances à la suite d'une maladie qui l'en a privée. On peut encore se proposer de transformer une constitution iju'on juge être la cause d'une maladie. Souvent alors il y a plutôt indication de retrancher c{uelque chose, comme dans l'obésité.
Avant d'augmenter outre mesure la ration alimentaire, il faut se rappeler que l'activité digestive et l'activité cellulaire ne sont pas indéfinies, qu'à les dépasser on risque une mauvaise élaboration digestive et nutritive.
On a souvent pensé à augmenter non tous les aliments, mais un seul : de là les cures de régénération : par l'usage exclusif du lait, du petit-lait, du raisin. le régime arabique, le^ végétaux, les fruits, le régime carné. Ce sont là des vues qui ont séduit l'antiquité. Liebig a voulu les confirmer: il croyait que les aliments plastiques servent seulement à constituer les cellules, de sorte qu'il
DE LA DIÉTI-TKJUE. 361
devrail eiilrer plus ou moins de matière dans la cellule, sui\ant qu'on donne plus ou moins d'alimenls plastiques. Mais Voit a montré que la plus f^rande partie des matières plastiques n'est pas vraiment plastique, qu'elle se détruit et prend part à l'acte respiratoire. La destruction d"- la matière protéique est proportionnelle à la quantité introduite. Mais l'albumine cellulaire se détruit aussi, ainsi que le prouve le dosage de l'azote éliminé pendant l'abstinence, en nous indiquant ce qu'il faut de protéine pour réparer les pertes. On a pensé que le surplus de cette quantité d'azote était une consommation de luxe, qui pourrait et devrait être remplacée par de la graisse et de l'amidon. C'est là une erreur: Voit a montré que la destruction de l'albumine n'est pas influencée par l'activité fonctionnelle. D'autre part, la ration azotée de réparation ne suffit pas pour entrenir la vie, même avec de la graisse et de l'amidon. Voit nous a fail voir que l'albumine fixe est détruite peu et lentement, tandis que l'albumine circulante se détruit beaucoup et vite.
On peut, en variant la quantité des ingesta, augmenter ou diminuer la destruction de l'albumine fixe, et par suite modifier la métamorphose nutritive. Dans la ration d'entretien, l'azote des excréta doit égaler l'azote des ingesta; alors le poids ne varie pas. Augmentez l'azote des ingesta, l'azote des excréta augmente, mais moins : donc l'assimilation augmente, le poids augmente, puis reste stationnaire, alors l'équilibre est rétabli entre les deux azotes. Diminuez l'azote des ingesta, l'azote des excréta diminue, mais moins : le poids diminue, puis reste stationnaire de nouveau. Ainsi les aliments azotés peuvent, suivant leur quantité, faire varier la masse de la substance vivante et l'activité avec laquelle se détruisent les cellules.
Rien ne remplace la viande: car elle est à la fois plastique et respiratoire; si la portion qui sert à la respiration est insuffisante, la destruction porte sur une portion de l'albumine fixe, même malgré l'usage de la graisse et de l'amidon. Mais, si la ration de viande normale est fixe comme ration de réparation, elle est variable comme ration fonctionnelle, et proportionnelle au travail nerveux. Augmenter la ration fonctionnelle, c'est accélérer la nutrition cellulaire: l'augmenter trop, c'est rendre la nutrition imparfaite, la ralentir faute d'oxygène pour suffire à une nutrition trop rapide. Diminuer la ration fonctionnelle, c'est ralentir la nutrition cellulaire: la diminuer trop, c'est accélérer la nutrition, livrer l'albumine fixe aux combustions fonctionnelles. En réglant l'abstinence, on peut donner à la longue aux cellules l'habitude de se détruire plus vite, et cette habitude persistera, même si on revient à la ration normale. En thérapeutique il faut compter plus sur la diète que sur la suralimentation, non pour reconstituer directement les cellules, mais pour activer la nutrition.
On peut donc faire varier sans inconvénients sérieux, et même avec avantage, la consommation fonctionnelle et nutritive de la viande. Mais l'élasticité de la nutrition en plus ou en moins a ses limites, qui varient suivant les individus, suiA'ant l'âge et les circonstances physiologiques et pathologiques.
Ainsi, pendant la croissance, il faut se garder d'amoindrir l'apport alimentaire : il y a à considérer la croissance du corps en totalité, qui tient à la multiplication des éléments, et la croissance de chaque élément anatomique qui nécessite une incessante réparation.
Les choses se passent dans la croissance de l'individu comme dans la con\alescence.
La croissance du corps se fait quand même, malgré l'abstinence, malgré la
[P LE GENDRE
maladie; mais tous les tissus n'y prennent pas une pari égale. Les éléments musculaires etnerveuxnc se multiplient pas; les éléments osseux se multiplient. Les os sont alors mal formés, les muscles et les nerfs sont déformés. A poids égal, avec la même quantité de nourriture, un enfant meurt, tandis qu'un adulte vit et fonctionne.
Les sels minéraux jouent un rôle actif dans la croissance, ils sont d'autant mieux assimilés qu'on les emprunte directement à la nature en utilisant les végétaux qui les contiennent plutôt que des composés chimiques artificiels. La croissance est encore favorisée par l'usage d'éléments phosphores organiques, les lécithines; les expériences de Danilewski (de Kharkow) (Soc. de bioL, 15 mai 1897), en font foi. La lécithine figure dans le nombre des composants essentiels dunucléus ; à côté des nucléines, des nucléo-albumines on y trouve de la lécithalbumine.
Le convalescent vit avec une nourriture qui ferait maigrir l'homme sain ; mais, quand arrive le retour à l'embonpoint, il faut une nourriture plus abondante. Au début de la convalescence, la désassimilation est intense, l'assimilation active; puis vient une seconde phase où la désassimilation est moindre, où l'assimilation revient à la normale. Aussi faut-il nourrir les enfants non seulement pendant la convalescence, mais pendant la maladie; on utilisera les décoctions de céréales (froment, riz, orge, avoine), comme Springer les préconise, les sucs de fruits, le bouillon, le jaune d'œuf, le miel, la glycérine, les peptones. Les peptones sont indispensables pour compléter ce régime; car, malgré la graisse et l'amidon, le corps continue à perdre de l'azote comme dans l'abstinence. La gélatine ne remplace ni l'albumine ni la peptone. Rien ne remplace dans l'alimentation les matières azotées (viande, albumine, ou caséine), tandis que la viande peut remplacer, à la rigueur et passagèrement, la graisse, l'amidon, les acides végétaux, la gélatine. Mais ce remplacement ne vaudrait rien, s'il se prolongeait; l'homme adulte perd chaque jour 250 grammes de carbone et 18 grammes d'azote; 500 grammes de viande suffisent pour réparer la perte d'azote; il faudrait 2000 grammes de viande pour couvrir la perte de carbone. Une partie de l'azote peut être réparée par la gélatine. En réalité il faut un régime mixte, végétal et animal.
Pendant une expérience de courte durée chez l'homme (von Noorden) les hydro-carbonés sont beaucoup mieux utilisés que les graisses pour empêcher la destruction de l'albumine.
L'expérience a démontré qu'il y avait avantage à multiplier les matières alimentaires; on doit faire entrer dans l'ahmentation des matières protéiques végétales et animales, de l'albumine et des albuminates, de la gélatine, des graisses variées, végétales et animales, de l'amidon, des sucres divers, des acides végétaux, en observant toujours le rapport de 1 partie de substances quaternaires azotées pour 5 parties de matières hydro-carbonées.
Il serait désirable que les modifications imprimées aux échanges nutritifs par tous les aliments et condiments fussent mieux connues. De nombreux travaux devront être poursuivis dans ce sens et dans le genre de celui que Zirkouvenko et Tcherniawski ont publié sur l'influence du sucre de canne au point de vue de l'assimilation de l'azote, de la graisse et de l'échange des matières chez l'homme sain. {Vratch, 17 nov. 1894.)
Quand on veut obtenir un changement de la nutrition, on diminue la ration alimentaire en instituant la cure de réduction ou alimentation restreinte, ce que
DE LA r3IETÊTIQUE. 3tJ3
les anciens onl appelé ocm fcdnis] mais on ne la prescrira jamais absolue, elle sera mitigée. Seeland adémantré rpi'on accroissait la niilrilion chezles animaux en les faisant jeûner de temps en temps; leur appétit augmenté par rabstinence compense rapidement et au delà rinsul'fisance momentanée de l'alimentation par une ingestion plus considérable (raliments, et, en outre, les réserves intracellulaires étant épuisées par la désassimilation qui s'est continuée alors que l'apport nutritif avait cessé, dès que l'alimentation est i-eprise, l'assimilation s'exécute avec une activité même supérieure à celle-ci qui existait avant le jeûne. On diminuera les substances protéiques, en laissant la graisse et le sucre, ce que réalise le régime laclé; ou bien en permettant le sucre et les acides végétaux, résultat obtenu avec la cure de raisin ; ou bien en conservant le sucre, la graisse et les acides végétaux, comme dans le régime arabique. Puis, cjuand la nutrition aura été accélérée dans sa phase destructive, on reviendra à l'alimentation normale, et même on augmentera la protéine pour accroître la tendance à la plasticité. Mais on n'augmentera pas exclusivement la viande, car, pour obtenir une pénétration plus abondante des minéraux dans les cellules, il faut une alimentation mixte largement végétale. Après la cura famis mitigée, on reprend donc le régime mixte complet, en quantité d'abord faible, puis graduellement croissante avec prédominance de viande ou de plasmine, de jaune d'œuf ou de sels minéraux suivant les cas (').
Ce régime de reconstitiition doit être porté à sa plus haute expression chez les enfants en croissance après une maladie : on leur donnera les œufs, surtout le jaune, le lait, le fromage, le pain, les haricots, les pois, les lentilles, les viandes, les poissons, les légumes verts, et les fruits.
Indépendamment des deux régimes modificateurs de la nutrition, le régime préparatoire de réduction et celui de reconstitution, il faut avoir soin de régler le régime d'entretien définitifs celui-ci devra être basé sur l'état habituel de la nutrition de chaque individu et les besoins spéciaux à son genre de vie, à sa profession. Ce régime normal devra encore varier suivant qu'on veut combattre telle ou telle maladie, telle diathèse.
Ainsi le régime doit tenir grand compte des besoins professionnels, si différents suivant qu'on s'adresse à des artisans ou à des penseurs. Aux premiers il faut surtout des aliments faisant de la force et de la chaleur, aux seconds ceux qui réparent les déchets de la cellule nerveuse. Il faut, d'une manière générale, assez de viande, mais pas trop. La viande est nécessaire au penseur, mais, s'il en use avec excès, il se donne la goutte.
Jadis on consommait trop peu de viande; de notre temps, on en consomme trop. On en fait manger trop tôt aux enfants, surtout aux enfants de souche arthritique; il suffit pendant plusieurs années qu'ils en mangent une fois par jour. Chez l'adulte on peut remplacer en partie la viande par le poisson, les œufs, la légumine. Il faut donner largement les alcalins, la potasse qui se trouve dans les légumes verts et les fruits.
M. Bouchard a insisté déjà dans ses premières publications sur Tabus des viandes dans nos habitudes contemporaines, abus par suite duquel les maladies des riches sont devenues les maladies des pauvres, puisque nous voyons apparaître dans les hôpitaux la goutte, jadis appelée morbiis do)uinori/m, et les autres maladies arthritiques.
(•) ZuNTZ, Des moyens d'améliorer la nutrition. Soc. de méd. int. de Berlin, 27 février 1893.
[P. LE gendre:]
3(34 THÉRAPEUTIQUËf GÉNÉRALE DES TROUBLES DE LA NUTRITION.
La proportion d'eau à faire entrer dans le régime est aussi à considérer : Genth a dit qu'elle diminuait l'acide uri(|ue, Mosler pense que 1500 grammes d'eau augmentent d'un cinquième la quantité d'urée; Beneke estime qu'on peut compter 1 gramme d'urée excrétée pour 500 grammes d'eau ingérée. MM. Debove et A. Robin ont aussi étudié l'influence de l'eau sur la nutrition. Le premier pense qu'elle n'a aucune influence et qu'il est inutile de la restreindre chez les obèses, manière de voir que nous ne saurions partager. D'autres observateurs ont nié l'influence de l'eau sur la nutrition, du nxoins sur l'activité des combustions. J. Mayer (*) constata une augmentation passagère de l'excrétion d'urée après l'ingestion d'une grande quantité d'eau, mais il n'y voit que le résultat d'une sorte de lavage de l'économie, sans accélération delà combustion des albuminoïdes.
Nous avons dit qu'on pouvait modifier les états diathésiques par la diététique. La scrofule est une diathèse où existe un ralentissement de la nutrition, mais où la constitution est également viciée parce qu'il y a trop d'eau et de graisse, trop peu de sels et d'albumine. Le plus souvent l'alimentation vicieuse a contribué à créer la scrofule, parce qu'on a donné trop d'aliments ternaires et trop peu d'azotés. De plus le tube digestif chez les scrofuleux est souvent malade, soit par mauvaise alimentation, soit par toute autre cause. La diététique doit, suivant le cas, faciliter d'abord la guérison de l'estomac, de l'intestin, des glandes mésentériques, puis réparer l'insuffisance de l'alimentation antérieure et restituer les matériaux manquants. Il faut donc adapter les aliments à la puissance digestive des organes. Suivant l'âge, on donnera le lait, les œufs, la viande, et, tout en maintenant la prédominance des substances protéiques, on n'oubliera pas plus que dans le régime du rachitisme et de la croissance les aliments nécessaires pour la réparation minérale. Dans la scrofule il n'y a pas seulement à rendre les éléments minéraux au squelette, c'est la charpente minérale de toutes les cellules qu'il faut reconstituer. On fera donc un usage libéral des fruits, des raisins, du lait, des fromages, des œufs, des viandes, des poissons, des céréales, des légumineuses; la part des graisses ne semble pas devoir être si large qu'on la fait souvent, malgré les succès attribués à l'huile de foie de morue.
La diathèse arthritique, qui résulte essentiellement du ralentissement de la nutrition, sera combattue avantageusement d'abord par une cure de faim, puis par une cure de réparation. On devra se proposer d'exercer souvent l'élasticité de la nutrition, pour l'accélérer ensuite, de veiller sur le tube digestif, en prévenant la dilatation de l'estomac et la congestion du foie. Le régime d'entretien pour l'arthritique, c'est le régime normal avec une diminution légère de la matière azotée et en augmentant sensiblement les alcalis par le moyen des légumes verts et des fruits. On supprimera les condiments, épices, truffes, les substances qui ralentissent les échanges nutritifs, comme l'alcool (eau-de-vie, vin), le café, le thé, le tabac. On augmentera la proportion d'eau, non pas en même temps que les repas de peur d'affaiblir la puissance du suc gastrique et de dilater l'estomac, mais en donnant le soir une infusion chaude aromatisée.
Il y a lieu d'ailleurs d'introduire des variantes à ce régime, suivant la nature des diverses maladies arthritiques. Le ralentissement de la nutrition peut porter chez l'arthritique soit sur la totalité des principes immédiats circulants
(') Zeitsch. f. klin. Med., 4888.
OU conslituanls, soit sur ces divers priucipcs isolément. Ainsi l'arrêt dans les oxydations des acides organi(jues prépare la lilhiase biliaire; s'il porte sur les graisses, il mène à Fobésité ; l'insulfisantc combustion du sucre cause le diabète ; celle de la matière protéique cause la gravelle urique; si la protéine et les acides sont à la fois en (pianlité surabondante dans l'économie, la goutte en résulte.
Nous savons que ces maladies peuvent apparaître isolément, successivement ou simultanément chez un arthritique. De là diverses indications diététiques, (pii seront examinées dans la deuxième partie de ce travail à propos de chacune (le ces maladies (').
Modificateurs de la nutrition par l'intermédiaire du système nerveux. — Incitations nerveuses centrales, médicamenteuses et psychiques. — Incitations périphériques (révulsion). — Balnéothérapie. — Hydrothérapie. — Climatothérapie.
Il ne suffit pas qu'on ait organisé un régime alimentaire convenable par le choix, la quantité, la proportion des aliments. Il faut que ceux-ci soient acceptés. Or, nous sommes tributaires du système nerveux au point de vue de l'appétit, de la digestion, de l'absorption, de la distribution des aliments.
Au premier rang des moyens physiques dont nous disposons pour modifier la nutrition, il faut placer Yexercice musculaire soit libre (jeux, marche, course), soit méthodiquement réglé (gymnastique, ou, comme on dit aujourd'hui, kinésithérapie). L'exercice musculaire agit puissamment sur la vie intime des cellules; il suffit pour s'en convaincre de doser l'azote excrété. Un exercice excessif, déréglé, aboutissant à la courbature, a pour conséquence une diminution dans l'excrétion de l'urée et des décharge? d'acide urique et d'urates; le travail musculaire mal réglé, sans entraînement préalable, s'effectue avec gaspillage de la matière azotée (Chibret, Ac. des sciences, 29 juin I89I). Chez un sujet entraîné l'exercice musculaire augmente au contraire l'excrétion de l'urée parce qu'il réalise les conditions d'une oxydation plus complète de la matière azotée et, par suite, d'une utilisation économique de cette matière (^).
Les recherches expérimentales de F. Hirschfeld {Arch. f. path. An. u. Phijs., Bd. CXXI, Heft 5), relatives à l'influence que l'activité musculaire exerce sur la désassimilation des albuminoïdes, montrent que cette question est complexe : (ju'on ingère peu ou beaucoup de substances albuminoïdes, les produits azotés de l'urine ne subissent pas d'augmentation sous l'influence de l'activité musculaire, à la condition que la quantité totale des aliments suffise à l'organisme. Mais, quand l'alimentation est insuffisante, le travail musculaire très actif amène une augmentation dans l'excrétion des produits azotés de l'urine, par suite de la désassimilation plus forte des substances albuminoïdes de l'organisme. D'où
(') Consulter aussi sur ces questions Dujardin-Beacmetz, l'Hygiène alimentaire, 1887. — G. SÉE, Du régime alimentaire, 1887. — Traité de diétctigue par McNK et Ewald (^trad. française par Heymans et Masoin, 1897).
(*) Cf. de Lalaudie, De la fatigue dans les maladies de la nutrition. Revue des mal. de la nutrition, 15 juillet 1893.
[P. LE GENDRE
la nécessité de prescrire l'exereice à jeun aux individus cliez lesquels on veut provoquer celte désassimilation (cure de réduction des arthriti(|ues obèses).
En outre, il faut que l'organisme ait à sa disposition l'oxygène, dont il doit consommer 7120 grammes par jour. L'oxygène se trouve partout en quantité plus ou moins grande et, pourvu que le sang soit normal, que les voies respiratoires, le système nerveux et le système circulatoire soient normaux, l'oxygène arrivera en quantité suffisante aux tissus. Toutefois la quantité d'oxygène qui est à la portée de l'homme varie suivant l'altitude; l'homme peut vivre dans des régions où la pression atmosphérique est considérablement diminuée ; seulement son système nerveux l'oblige, sans qu'il en ait conscience, à faire alors des inspirations plus fréquentes et plus profondes. Une circonstance favorable est que l'oxygène entre dans les globules en combinaison, peu stable, il est vrai, avec l'hémoglobine, tandis que l'acide carbonique est seulement dissous dans le sérum et par conséquent soumis complètement aux lois de la diffusion des o-az. Grâce à ces conditions, l'organisme se dépouille plus rapidement d'acide carbonique par suite de la ventilation plus active à laquelle le système nerveux oblige le poumon dans les altitudes.
Le système nerveux modère la consommation de l'oxygène par les tissus. Brown-Sequard a montré, je l'ai dit, que la suppression de l'activité nerveuse par suite de la section des nerfs d'un membre fait que le sang passe rutilant dans les veines; M. Bouchard a démontré que le sucre est détruit en moindre quantité dans les régions énervées. Ce sont des phénomènes d'inhibition bien propres à mettre en évidence l'influence du système nerveux sur l'activité des échanges. Le médecin ne peut faire acte de thérapeute sans chercher à s'assurer la connivence du système nerveux; il doit le solliciter, pour que celui-ci réponde par des réactions sur les appareils et les cellules. On ne fait pas de médecine sans provoquer des réactions nerveuses; tous les médecins obéissent à cette loi, a souvent comme M. Jourdain faisait de la prose », dit M. Bouchard; le vésicatoire, la digitale, l'hydrothérapie, la pilule de mie de pain, sont autant d'agents thérapeutiques qui se servent de la médiation du système nerveux.
Cela ne veut pas dire que tous les agents de la matière médicale agissent par réaction nerveuse. Il y en a qui, comme tant de poisons, agissent directement sur la nutrition des éléments : les alcalis, l'iode, l'arsenic. Il y en a qui agissent sur les agents infectieux. Il y en a qui modèrent les réactions nerveuses sans en provoquer, comme le bromure de potassium. Il y en a qui modifient indirectement la nutrition en produisant des réactions nerveuses et particulièrement des stimulations cutanées.
Les agents thérapeutiques qui empruntent le procédé de la réaction nerveuse provoquent soit une incitation centrale, soit une stimulation périphérique ou centripète.
Les incitations centrales sont :
1° Médicamenteuses (la strychnine, la quinine, l'ergot, l'émétine, la pilocarpine, la digitale, la saignée), le patient étant debout, procédé thérapeutique en honneur jadis, et qui avait pour conséquence la syncope;
2" Psychiques (le contentement, le calme, la quiétude).
Le malade, transporté de son grabat dans un lit blanc, l'étudiant malade dont la mère arrive, sont améliorés, sinon guéris; la joie guérit, et aussi une
MODIFICATEURS IIYGIÉNIOUF^S. 367
grossossc, lin mariage, s'ils son.l (U'-sirrs. La confiance ({ue le médecin doit inspiror, et qu'il peuL ins[)ireF sans avoir besoin de pieslancc ni de prestio-e, les encouragements qu'il prodigue au malade en lui donnant l'espoir ou la certitude de giuh'ir, les attouchements sacrés ou profanes, les pèlerinages et les pilules de mie de pain ou de bleu de méthylène, les distractions, les voyages, les jouissances artistiques, rien de tout cela n'est ù dédaigner en thérapeutique.
Les incitations périphériques s'adressent môme à des surfaces de sensibilité obluse : certains purgatifs agissent par voie réflexe; la fumée du papier nitré, du datura calme l'asthme, la lumière peut provoquer l'accès asthmatique. Certaines couleurs influencent la nutrition; ainsi font certaines odeurs; les saveurs amères excitent l'appétit.
La révulsion sous toutes ses formes modifie la nutrition en stimulant l'activité des échanges; l'oxygène est consommé en plus grande quantité, l'acide carbonique excrété en plus forte proportion (Paaizow et Pfliiger); l'excrétion d'azote augmente (Beneke, Rôhrig, Zuntz, iu Manquât, Traité de tJiérapeuiique, 1X92).
Les stimulations cutanées sont multiples, depuis l'air froid qui provoque le premier vagissement du nouveau-né, les flagellations, les frictions, la chaleur, la farad i sa tion, le sinapisme, le vésicatoire, la teinture d'iode, le coton iodé, le moxa, les pointes de feu, le marteau de Mayor, le cataplasme, le collodion, l'électricité statique, l'aérothérapie (vent et lumière), l'hydrothérapie locale (compresse, bain local, douche locale), ou générale (affusion, immersion, drap mouillé, douche en pluie, en colonne produisant l'aspersion et la percussion); après la sudation et l'emploi de l'eau chaude, la réaction spontanée ou provoquée par l'application brusque et très courte du froid sont autant d'incitations périphériques, dont on peut tirer presque à volonté des effets dépressifs et sédatifs, ou toniques et stimulants.
Il y a une théorie qui ne voit dans tous ces moyens qu'un déplacement de la masse de sang, une mise en jeu de l'élasticité vasculaire. Tout se réduirait à de l'hydrodynamique. En réalité, l'hydrothérapie et les autres incitations périphériques calment, modèrent ou augmentent l'activité nerveuse et produisent par contre-coup des modifications de l'activité nutritive : sous leur influence l'exhalation de l'acide carbonique augmente, ainsi que l'excrétion de l'urée et de l'acide urique; le poids diminue. Aussi ces moyens thérapeutiques ont-ils une utilité incontestable dans le traitement des diathèses héréditaires et acquises; ils peuvent changer la vitalité chez l'individu et dans sa descendance.
La balnéothérapie est un agent du même ordre. On dit que les bains font fonctionner la peau; mais leur action est bien plus complexe. Ainsi le bain chaud augmente l'exhalation d'acide carbonique et l'excrétion d'urée, il diminue l'excrétion d'acide urique, il calme ou excite suivant sa durée et sa température.
Pour expliquer l'action des bains minéraux, le public et quelques médecins encore croient à l'absorption du principe minéral par la peau ; c'est une erreur. Quand la peau présente des excoriations, le principe minéral peut à la rigueur être absorbe en petite quantité; s'il y a des lésions cutanées, elles peuvent être modifiées par action topique. On peut encore accepter que certains principes volatilisables puissent être absorbés en partie par la muqueuse des voies aériennes. Mais ce qui est plus habituel, c'est que les bains minéraux exercent, suivant leur composition, une action de contact sur les nerfs cutanés, action
[P. LE GENDRE.-
qui se répercute sur les centres nerveux et va modifier, par voie réflexe, les échanges interstitiels. Les bains sulfureux sont toniques et excitants : ils augmentent l'urée et Tacide uricjue: les Ijains salés augmentent lurée el diminuent Tacide urique ou ne lélèvent que très faiblement: ils activent en somme les échanges azotés et accroissent Toxydation des produits de désassimilation des albuminoïdes (').
L'influence des excitations nerveuses cutanées sur la nutrition est digne du plus haut intérêt. Envisageons d'abord les variations de la température, l'addition ou la soustraction du calorique, le chaud et le froid.
La question est complexe. Non seulement il y a échauffement ou refroidissement des nerfs, ce qui provoque un réflexe sur les vaisseaux cutanés, mais il y a échauffement ou refroidissement du corps par conductibilité; sans doute, l'eau froide refroidit, l'eau chaude réchauffe, mais le froid appliqué à la périphérie augmente d'abord la température centrale, pour l'abaisser en.suite; la réaction (Aubert) correspond à un refroidissement secondaire. L'air chaud sec n'échauffe pas ; mais, s'il est humide, il échauffe, comme cela arrive dans les climats tropicaux (coup de chaleur). L'eau chaude échauffe plus par la dilatation vasculaire qu'elle provoque que par conductibilité.
Si le froid passager contracte les vaisseaux, le froid prolongé les paralyse, mais il n'v a pas augmentation de la circulation pour cela, c'est une stase capillaire.
En tout cas, en hydrothérapie et en thermothérapie l'élévation et l'abaissement de la température centrale est un élément accessoire. Ce qui est important, dans ces procédés thérapeutiques, c'est le changement de la nutrition qu'ils provoquent.
M. Schutzenberger a fait des recherches d'où il résulte que l'eau saturée d'oxygène et dans laquelle se trouve de la levure perd peu d'oxygène de 0" jusqu'à 9^ puis la perd de plus en plus vite de 9" à 55°; ensuite la perte ne se fait que lentement de 55'^ à 50", et même diminue de 50" à 60° où elle est nulle.
AL Regnard a vu que 1 kilogramme de sang, qui est saturé par 204" d'oxygène, perd en 1 heure 55"^ d'oxygène à 0°; 8'^ à 20«; 24" à 50°; 48" à 40°; 40" à 50°; 0" à 65°.
M. Regnard a encore constaté que 1 kilogramme de muscle perd en 1 heure à 0°, 12"; à 10°, 40"; à 25°, 129"; à 50», 204"; à 55°, 294"; à 44°, 156" d'oxygène.
Un cobaye immobile, dont la température rectale est successivement élevée de 26° à 42°, absorbe l'oxygène et exhale l'acide carbonique, par heure et par kilogramme de son poids, dans les proportions suivantes :
Piopporls.
, , ( absorbe 415" d'O CO^^ v
^ ( exhale 497- de CO^ O /
..Q \ absorbe 754" d'O CO- \
^ ^'' \ exhale 1414- de CO^ O /
i, absorbe 2414" d'O iLO^ ^ , o q
"- ' ( exhale 2280- de CO^ O ^
, ^„o ^ absorbe 5105" d'O CO- ^ , (\ o
"* ^^ ( exhale 2565" de G O^ O <i^-"^''«
^ absorbe 5687- d'O .ÇO^ <^ j o -.g ^ -*- i exhale 2100" de G O^ O <l-^'''^'^
(') A. Robin, Effets de la médication chlorurée sodique sur la nutrition. Académie de médecine, 19 mai 1891.
MODIFICATEURS HYGIÉNIOUES. 369
Ainsi les ronilmslions augmeiUenl par raugnienlation de la température, mais au delà d'une certaine, température la combustion du carbone diminue. C'est quand le carbone est épargné que la graisse augmente.
En outre, l'élévation de la température active la ventilation; au lieu de 600 litres d'air par heure, les poumons peuvent en absorljer 1500. C'est donc la nutrition (|ue la température moditie. Le froid augmente l'urée, l'acide carbonique, l'acide urique. Le chaud augmente l'urée et l'acide carbonique, mais diminue l'acide urique.
En résumé, les variations de la température centrale, qu'elles soient diiectes ou indirectes, influencent la nutrition. L'augmentation de la chaleur l'active, sa diminution la ralentit.
Mais, à côté de ces variations de la température centrale, il y a dans l'application du chaud et du froid une action sur la nulrition qui résulte de l'impression nerveuse périphérique. Les deux actions se combinent souvent, s'accumulent ou se neutralisent.
L'emploi de la frigothérapie dans le ralentissement de la nutrition, que devaient suggérer les curieuses expériences de R. Pictet, a été étudié par Cordes {Acad. de Méd., 26 octobre 1897).
C'est l'action nerveuse qui, avec le froid, active la nutrition. Mais pour cela il faut que le système nerveux réagisse. Chez l'homme sain, le bain froid refroidit peu, mais il augmente l'urée, l'acide carbonique et l'acide urique ('j. C'est en suractivant les oxydations et en produisant le spasme vasculaire cutané qu'il empêche le refroidissement central. Chez le fébricitant affaibli, le bain froid refroidit et, comme conséquence, l'urée et l'acide carbonique diminuent. Donc, chez un homme débile, pour activer la nutrition il faut appliquer le froid pendant très peu de temps, de façon à obtenir seulement l'action nerveuse.
Chez le fébricitant on ne doit pas activer la combustion; il est donc inutile de provoquer une secousse nerveuse par le froid; il faut refroidir seulement. Or, dans le bain froid tel que l'employait Récamier, tel que l'emploie Brand. on provoque la secousse nerveuse, tandis qu'on obtient le seul résultat vraiment utile, c'est-à-dire l'abaissement de la température, sans secousse nerveuse, avec le bain tiède quon refroidit progressivement, comme dans les méthodes de Ziemssen et de M. Bouchard.
Les bains très chauds (de 41 à 46 degrés d'une durée d'un quart d'heure à deux heures) qui sont employés fréquemment par les populations japonaises (Baelz) ont provoqué l'excrétion exagérée d'azote urinaire dans les expériences de R. Topp {Thérap. Monatshr., 1894). Le simple relâchement des vaisseaux consécutif au bain tiède est remplacé dans le bain très chaud par une \éritable paralysie. Après des fatigues musculaires, ils procurent (à la condition ({u'on ait fait une aspersion préalable de la tète avec l'eau chaude pour éviter la congestion encéphalique) une sensation de délassement résultant de l'oxydation presque immédiate de produits de combustion incomplète accumulés dans les muscles épuisés. L'indication thérapeutique des bains hyperHuMmaux est la nécessité de produire une suractivité générale des échanges, ou une action dérivative ou sudorifique (bronchites capillaires, pneumonies lobulaires, rhumatisme, néphrites, dysménorrhée) ; ils sont contre-indiqués parl'athéromasie, l'atTaiblissement cardiaque, la sténocardie.
(1) Frédérico, Sur la régulation de la lempéralure chez les animaux à sang chaud. Archives behjas de biologie, 1887. — Ouinouaud, Journal cVanatomie et de physiologie, ISSl.
TRAITÉ DE MÉDECINE, 2"= édit. — I. 24
[P. LE GENDRES
Le bain chaud augmente lurée et Tacide carbonique, il diminue l'acide urique. Mais secondairement on peut Taire intervenir le refroidissement qui ralentit ou entrave la combustion; ainsi agit rafîusion froide après le bain chaud, comme dans la douche écossaise.
On peut agir exclusivement sur le système nerveux par l'application incessamment alternante du chaud et du froid {douche juinelle): dans ce procédé on répartit d'une manière égale le chaud et le froid; mais, en multipliant les secousses nerveuses, on stimule et on accélère la nutrition. Dans la nutrition ralentie, dans l'arthritisme et la scrofule, on peut employer le bain chaud suivi de la douche froide, le bain froid, la douche froide, la douche écossaise, la douche jumelle. Mais dans la goutte et la gravelle on s'abstiendra du bain froid.
On peut ajouter à l'action de la température sur le système nerveux la miïirralisation par le soufre, le sel, le carbonate de soude, l'acide carbonique. Le soufre augmente l'excrétion de l'acide urique et le sel la diminue.
Dans la douche, la stimulation nerveuse ne résulte pas uniquement de la température, il faut tenir compte aussi des effets mécaniques produits par la percussion et le massage, de l'élévation de la pression intra-vasculaire qui varie avec la durée, la force, la température de la douche (').
On peut obtenir cette action mécanique par l'air, la douclie d'air qui peut être assez énergique pour déprimer les téguments de plusieurs centimètres, même à la pression modérée de deux atmosphères.. On voit, sous le coup des jets d'air successifs, des excavations passagères se produire comme des vagues de chair, il en résulte un déplacement de la matière profonde.
A un moindre degré le vent, le vent de mer. ïair vif des montagnes^ agissent aussi d'une façon mécanique, sans préjudice de leurs autres qualités, les émanations salines de l'un et la radiation lumineuse de l'autre.
La faveur accordée depuis longtemps aux procédés empiriques de l'hydrothérapie est justifiée et expliquée par l'observation clinique et l'expérimentation physiologique de l'époque contemporaine, qui nous ont appris par quel mode d'action le chaud, le froid et l'eau diversement combinés peuvent influencer la nutrition.
Comme nous l'avons fait pour la diététique, cjuelques mots dhistorique sur la question de l'hydrothérapie ne seront pas hors de place. Dans l'antiquité le grand remède était l'eau; car la maladie, c'est l'impureté; l'eau est purifiante, surtout la mer.
Dans les Yédas on trouve des préceptes relatifs aux bains. Le Gange est le fleuve sacré. Les Perses, les Chaldéens plaçaient les temples près des étangs. Les Égyptiens rendaient un culte au Nil. En Grèce, Hercule, dieu de la force, était le protecteur des Thermes. En ^lacédoine, les bains chauds étaient interdits, comme débilitants; les bains froids ordonnés même aux accouchées.
Hippocrate parle des bains et des arrosages chauds et froids : il conseille le froid intus et extra dans la fièvre.
A Rome, Asclépiades de Pruse a introduit l'usage de l'eau froide. Avant lui les Thermes chauds étaient seuls en faveur. Anlonius Musa sauva l'empereur
(') Hegglix. Zeilsch. f. klin. Med., ISyt.
Auguste par les bains. Ca^lius Aurelianus réi^'-lemenla Thydrothérapie. Mais, en somme, pas un progrès n'avai^t été fait depuis Hippocrate.
Les Arabes ont employé l'hydrothérapie (Rhazès, Avicenne, Maemonide). Mais en Occident on a eu pendant tout le moyen âge la frayeur de l'eau. L'Église remplace le bain du baptême par l'ondoiement. Seule l'école de Salerne maintient l'utilité de l'eau froide. Les croisades remettent les bains en honneur, mais les bains chauds.
Au XY^ siècle, l'eau froide reprend du crédit. Savonarole, le grand-père du fougueux moine, conseille le bain froid pour les débiles. Ambroise Paré voit un charlatan employer l'eau froide avec un mélange de momeries où la croix jouait un rôle. « Mais ce n'est pas la croix qui guérit, di(-il, c'est l'eau froide. »
Aux xvn*^ et xvni« siècles, l'hydrothérapie gagne du terrain. Mercurialis fait de l'hydrothérapie. Hermann de Heyden l'utilise pour la cure des maladies chroniques. Floyer (1697) attribue le rachitisme à la suppression du bain du baptême. Boerhaave est favorable à l'emploi de l'eau froide, comme Hoffman. van Swieten. Siegmund et Gottfried Hahn jettent en Allemagne les bases de l'hydrothérapie méthodique; l'rVnglais Wright, contre la fièvre de l'Inde, se sert de l'hydrothérapie. Currie (1797) est aussi un des précurseurs de l'hydrothérapie moderne, en même temps qu'il crée la thermométrie clinique.
Le grand rénovateur, ce fut Priessnitz, le paysan silésien qui, de 1800 à 1852, pratiquait à Grsefenberg.
Scoutetten expose ce qui se fait en Allemagne.
Lubanski, Gillebert-Dhercourt, î\Iacario, Beni-Barde appliquent en France les procédés allemands.
Fleury donne le systématisation scientifique. Pour l'hydrothérapie ordinaire, l'action extérieure de l'eau froide découle, pensait Fleury, de la réfrigération et de l'excitation nerveuse. Ainsi le premier effet serait applicable aux maladies aiguës fébriles; le second, aux maladies chroniques. Ce n'est pas ainsi que l'expliquait Fleury, mais ce qu'il faisait, c'est ce qu'avait deviné Priessnitz. Actuellement pour les maladies pyrétiques on cherche surtout la réfrigération, et on s'efforce d'éviter la secousse nerveuse; pour les maladies chroniques on provoque exclusivement la secousse nerveuse; on la varie et on la multiplie. De Wunderlich à Winternitz, ce sont les travaux allemands surtout qui nous ont appris le mode d'action de l'hydrothérapie. Nous savons aujourd'hui qu'elle n'agit ni par la sudation, ni par la réaction cutanée, mais en modifiant la nutrition par l'intermédiaire du système nerveux.
La cliraatothérapie permet aussi d'influencer considérablement la nutrition. Les facteurs de laction du climat sont complexes.
En premier lieu il y a Vair.
Sa composition chimique varie peu. Il y a toujours 21 pour 100 d'oxygène à 4/10 000 près. jMais l'acide carboni([ue peut varier : en général, il v en a 5/10 000; cela peut varier de 4 à 8 à l'air libre, mais dans les théâtres on en trouve 58/10000. Il y en a autant sur les hautes montagnes que dans les plaines (6 à 11/10000 sur le mont Blanc); mais, quand la pression barométrique est très diminuée, l'acide carbonique s'échappe facilement du sang. Schônlein a fait connaître l'importance de l'ozone, cet oxygène allotropique, où la molécule contient plusieurs atomes condensés; l'air en contient 1/700000. Il est isolé ou
[P. LE GENDRE
uni à l'anlozone (I-PO^);tous deux se l'ormeraitMil en.somble : Fozone positif, l'antozone négatif. L'ozone, plus puissamment oxydant et plus désinfectant que l'oxygène, manque dans les lieux putrides, angmente par la lumière intense, par les orages.
Le sel marin existe partout dans l'atmosphère, mais surtout en mer et près des côtes. La composition marine de l'air proprement dite, c'est-à-dire là saturation, cesse à 50 mètres d'altitude, et à 500 mètres de distance de la mer. La zone maritime est donc peu étendue et, quand on veut en obtenir l'influence, il faut que les malades soient tout près de la plage; les enfants scrofuleux doivent recevoir directement les émanations marines, l'embrun, la poussière d'eau salée et l'ozone dégagé par le clapotage de la vague sur les rochers.
La chaleur vient du soleil; la latitude est donc l'élément principal; cependant dans toute latitude Vorientation, la configuration du sol, la proximité de réservoirs de chaleur comme la mer, le rayonnement qui dépend de la pureté de l'air et de l'absence de nuages, sont des conditions qui modifient beaucoup la température sous toute latitude.
Les rayons chimiques à rapide vibration ont une influence certaine sur la nutrition : ce sont eux qui déterminent chez les végétaux la dissociation de lacide carbonique, la fixation du carbone et la mise en liberté de l'oxygène, mais ils exercent sur l'homme une action tellement irritante qu'elle serait insup portable à sa peau et à sa rétine sans les propriétés fluorescentes de son épithélium et de son cristallin. Malgré cela, au printemps, la peau qui n'est pas encore habituée aux rayons chimiques, est exposée à l'érythème solaire. La radiation chimique s'exerce surtout dans les climats où le ciel est pur, au bord de la mer, sur les hauts plateaux.
La lumière exerce une action sur la nutrition parce qu'elle détermine des sensations agréables qui sont presque indispensables à certains hommes. Elle agit un peu sur les hommes comme sur les plantes ; les végétaux n'ont pas de chlorophylle dans les lieux obscurs, les bactéries seules viennent en abondance dans l'ombre. Les enfants élevés sur les côtes maritimes, sur les montagnes, à la libre radiation solaire, sont pris de nostalgie dans les villes, et leur état maladif augmente les jours où l'atmosphère devient plus obscure. Dans les villes, certains domestiques qui passent la plus grande partie de leur vie dans des sous-sols, sont soumis à des états dépressifs et cachectiques, dont sont exempts les domestiques habitant dans les combles.
Les saisons font varier la chaleur, la radiation chimique et la lumière par la différence de hauteur du soleil.
Valtitude est un élément important du climat. Nous savons qu'elle favorise la soustraction de l'acide carbonique au sang, que sur les montagnes la radiation est plus intense, l'ozone augmenté; l'appétit s'accroît. Au-dessus de 1500 mètres le pouls et la respiration s'accélèrent assez pour qu'il faille interdire ces altitudes aux cardiaques. L'augmentation des globules rouges constitue un des effets les plus certains du séjour dans les altitudes (P. Bert, A. Miintz, Viault, Egger, P. Regnard, etc.). M. Hénocque a constaté que même à l'altitude de 285 mètres, sur la tour Eiffel, il y a augmentation de^Tactivité de réduction de l'oxyhémoglobine, qui, en cas de séjour relativement peu prolongé (deux heures), persiste et continue après la descente (').
(') Arrh. de pliys. normale el jnilholuijirjue, ISOi)
MODIIMCATKURS HYoIENIQUES. 373
IShtinihlUé est à piMMidrc .en .considéralion : on appelle humidilé i-elalive le rapport de la tension de la vapeur d'eau dans un air avec la tension qu'aurait dans cet air la vapeur d'eau qui le saturerait. En considérant une échelle de (I à 10(1 depuis l'air absolument dépouillé de vapeur d'eau jusqu'à l'air saturé de vapeur d'eau, on appelle très sec un air qui contient au-dessous de 55 pour 100 de vapeur d'eau; moyennement sec, de 55 à 75 poin- 100; moyennement humide, de 75 à 90 pour 100; très humide, de 91 à 100 pour 100. La tension de la vapeur d'eau est plus forte aux lropi(pies, sur les côtes que dans les pays du centre. Les variations de Thumidilé agissent énergiquement sur le système nerveux et sur la nutrition.
Il faut aussi tenir compte des vents (froids ou brûlants), mistral ou sirocco, de Vclecti-icité, qui est négative sur terre et positive dans l'air, qui est nulle par la pluie, plus considérable en hiver, moindre en été, bien qu'il y ait plus d'orages en été. Le système nerveux est grandement influencé par l'état électrique de l'air, mais jusqu'ici on n'a pas encore su tirer grand parti de l'électricité au point de vue de la nutrition. Pourtant l'électricité statique paraît modifier favorablement certains accidents hystériques, en diminuant l'excitation des malades, et les courants induits de haute fréquence, tels que d'Arsonval les préconise, ont produit des effets utiles dans plusieurs maladies de la nutrition (d'Arsonval et Charrin).
La conformation du sol, plaine ou montagne, hauts plateaux secs, froids, rayonnants, est un facteur du climat, et aussi la végétation. Dans le bois il fait plus chaud la nuit, plus frais le jour; il y a moins de vent et plus d'humidité.
Les climats sont torrides, chauds, tempérés, froids et glaciaux. Les climats chauds, tempérés et froids sont seuls d'un usage thérapeutique.
Les documents nous manquent pour apprécier les modifications que le climat tropical peut imprimer aux échanges nutritifs. C. Eijkman {Archiv. f. jjathol. Anat. und Physiol. CXXXl, 1, 1895) a constaté sur 6 Européens récemment arrivés aux Indes une excrétion quotidienne de 15 grammes d'azote par les urines, soit Os^^ôG par kilogramme de leur poids. Sur 11 autres Européens, fixés depuis des années aux Indes, l'excrétion moyenne par les urines était 15 grammes d'azote, soit 0«',19o par kilogramme. Eijkmann, comparant ces chiffres, ne croit pas qu'il y ait réellement une diminution des produits azotés chez les individus acclimatés dans les régions tropicales, mais plutôt que les personnes récemment arrivées dans les climats torrides subissent une augmentation dans le dédoublement des substances albuminoïdes. — La perte des substances azotées par la peau est de 1 gramme à ls'',5 pendant le travail modéré et augmente légèrement en cas de forte sudation.
Il n'est pas indifférent d'habiter les îles, les côtes, les continents, les montagnes, les hauts plateaux : tout cela peut agir par une action nerveuse, être calmant jusqu'à l'accablement ou tonique jusqu'à l'excitation. Les voyages en mer, toniques l'été, sont déprimants l'hiver. Ce qui est tonique, c'est l'air salé, le vent, le rayonnement. Ce qui est déprimant, c'est l'humidité, la brume. Ces conditions fâcheuses se produisent au coucher du soleil quand l'air est refroidi brusquement et que la rosée se montre; pendant le reste de la nuit. la température est celle de la mer.
On peut tirer parti de climats différents suivant les saisons qui, d'ailleurs, ne produisent pas toujours les mêmes effets partout. L'hiver peut être tonique, s'il est froid et sec, ou déprimant, s'il est obscur et humide.
[P. LE GETfDRE]
r,74 THÉRAPEUTIOUË- GÉNÉRALE DES TROUBLES DE LA NUTRITION.
L'hiver, quand on veul cherchor la stimuhtlion, on va sur les hauts plateaux (Je Davos, 1500 mètres, où, par suite de la raréfaction de l'air, l'acide carboni([ue est soustrait au sang; l'air est froid, o" à l'ombre, mais sec; la radiation est intense, 41° à 56" au soleil. On a l'appétit, le sommeil, la force, on voit disparaître des fluxions comme les liémorrhoïdes. C'est un climat dur et dangereux, il faut de la résistance. Ailleurs (Saint-Morilz, Pontresina, Samaden), il n'y a rien de bon pour l'hiver. En Suisse, le sanatorium de Leysin, près Lausanne, en France celui du Vernet, au pied du Canigou, celui de Durtol> en Auvergne, répondent par la diversité de leurs altitudes aux conditions requises pour traiter les tuberculeux l'hiver dans des climats stimulants.
Sur les montagnes au bord de la mer, sur la Corniche, au Vésuve, rien n'est installé pour des malades. Sur le littoral nord de la Méditerranée, il y a le froid et la radiation. Il fait chaud au soleil et froid à l'ombre. On a la sécheresse, le vent, le sel et l'ozone. Il en est ainsi de Toulon à la Spezzia, — Iles d'Hyères, Saint-Raphaël, Cannes (îles). Le Cannet, Grasse, Antibes, Nice, Villcfranche, Beaulieu, Monaco, Menton, Bordighera, San Remo, Nervi. Il n'y faut pas envoyer les fiévreux, les phtisiques éréthiques, les tousseurs, les névralgisants ; mais les arthritiques, les convalescents, les scrofuleux, les vieillards s'y trouvent bien.
Naples, Amalfi, Capri (île), Ali Reale, Taormine, Palerme, Ajaccio, Palma, sont toniques et moins excitants que la Rivière.
Valence est surtout tempéré, un peu tonique et peu excitant.
Le climat de Cadix et Malaga, déjà un peu déprimant, est surtout tiède.
La sédation, on la trouvera à Alger, au Caire, à Mogador moins déprimant; dans les îles : à Madère tiède et humide, qui calme la toux, mais provoque la diarrhée, à Corfou, à Malte (mais il y a du vent et de la poussière). Venise convient aux nerveux qui ont besoin de calme et de silence. A Pise, humide, basse et triste, il faut craindre les inondations du voisinage. Lisbonne est dangereux par ses fréquents changements de temps, ses vents de terre sont durs, ceux de mer humides. Séville est passable.
L'ÉTÉ, si on recherche la stimulation ^ il faut aller au bord de la mer, non sur les plages du Sud où la chaleur est accablante, l'humidité tiède, où il y a de la brume le matin, où les bains de mer sont malsains, — mais sur les plages du Nord (Scheweningen, Ostende, Boulogne), où l'air est vif, où il y a de grands mouvements de l'atmosphère, une radiation suffisante, où la mer est froide et pure, la terre chaude parce que les jours sont longs et l'air relativement sec. On aura ensuite l'Océan du côté du nord à la pointe de Bretagne; on peut encore utiliser les côtes normandes, enfin la côte anglaise.
En automme, on descendra à l'embouchure de la Gironde, au sud de Royan, à Soulac, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye, Saint-Sébastien.
Si on préfère à la mer les montagnes, on ira en Suisse, dans le Tyrol, dans le Dauphiné, dans les Pyrénées, dans les Vosges, en Auvergne, dans les Alpes- Maritimes, on visitera les lacs de la Haute-Italie.
Veut-on la sédation, il faut opter pour les plaines, les vallées, les forêts, à une température modérée, dans un air suffisamment humide, loin de la mer, près des lacs et des grands fleuves. Mais il faut avoir un abri contre le vent; les forêts sont utiles parce qu'elles tempèrent la chaleur, la sécheresse, la lumière et que l'œil s'y repose; il faut une altitude faible : on a le choix entre la Touraine, Fontainebleau, la Basse-Normandie, la Forêt-Noire.
Si l'on veul sovoir quels services les cuhes hai.nkaires peuvenl rendre clans le Irailemenl des maladies" dialhésiques, il ne laiil pas oublier que les bains peuvenl, èlrc excilanls ou sédatifs.
On peut olMenir /r'.s ey/V/s (T excita l'ion par le froid ou par le chaud, par la percussion (douche, pluie, choc des vagues), par l'acide carbonique, les chlorures, l'arsenic, le soufre.
Les effeta sédatifa sont obtenus dans les cures balnéaires par la température tiède, la durée prolongée des l)ains, leur alcalinilé légère et la présence du sulfate de chaux.
Toutefois avec des eaux .excitantes on peut faire de la sédation en modifiant la tenqiérature et la durée du bain.
Ce qu'il importe de bien retenir, c'est que, contrairement à l'opinion des gens du monde et même de quelques médecins, de même que l'hydrothérapie n'agit pas en excitant les fonctions de la peau, la balnéothérapie n'est pas utile en faisant absorber des médicaments.
Consulter : Dujardin-Beaumetz, JJhygiène thérapeutique (gymnastique, massage, hydrothérapie, aérolhérapie, climatolhérapie), 1890. — Delmas, Physiologie nouvelle de Vhydrolhérapie, 1880. — Scueuer, Essai sur l'aetion physiologique et thérapeutique de l'hydrothérapie, 1885. — BoTTEY, Etudes médicales sur l'hydrothérapie, 1890. — Winternitz, Die Hydrothérapies aitf physiologischer und klinischer Grimdlage, Wien, 1880. — Traité pratique d'hydrologie niédirale par Jardet, Nivière, Lavergne, Doit-Lambron, IIel'lz et Boursier (1898). — Lombard, Traité de climatologie médicale, 1877. — IIermann-Weber, Climatothérapie (trad. Doyon et Spillman), 1886. — P. Regnard, La cure d'altitude, 1897.
[P LE CENDRE J