DIAGNOSTIC
si (raulrcs y pénèlrciiL juu- une porte largcincnl ouvcrLc, il en csL qui, iiuilgré certaines apparences, n'y entrent pas du tout ». Lasègue faisait allusion à ces cas dans les([uels un médecin peu expérimenté croit à l'existence du sucre dans
Ensuite la réduction de la liiiueur pai' l'acide ur'i((iie n'a lien ([u'à la suite d'une ébullilion assez soutenue et se produit surtout pendant le reiroidissenient. Si donc on opère rr^mnie nous l'avons indi([ué, en faisant ari'iver l'urine à la surface d(^ la li(iueur, on dinunucra de beaucouj) les chances d'erreur. Pour plus de sûreté, on élimine les nrates en déréipuml l'urine par le sous-acétale de plomb, et on enlève l'excès <le ce dernier par le carbonalc i\r soinle.
Kn résumé, si l'urine renferme plus de 5 à 4 pour 1000 de sucre, elle réduit nettement la licpunu- cupro-potassique; si elle en renferme une quantité moindre, il est nécessaire do la défé(pu^r i)ar le sous-acélate de i>lomb; on élimine du même coup toutes les substances (jui jK'uvent induire en erreur (albumine, matériaux azotés, urates) : si alors cette urine ne réduit pas la liqueur de I-'ehling, c'est qu'elle ne renferme i)as de sucre.
Signalons, i)our terminer, une cause d'erreur bien facile à éviter. L'urine des personnes {[ui ont absorbé du clilovoforine ou de Yhydrale de ridoral du sulfonal (Ph. Laffon, Ac dea Se, '29 avril 1805) réduit la liqueur cupro-potassi(iue; mais il est toujours facile d'être renseigné sur ce sujet. Une injection de sulfate de zinc dans lurètre pourrait donner à l'urine la propriété de réduire la liqueur de t^ehling (Ileusinger).
Certains malades, notamment les hystériques, dans le but de tromper le médecin, mettent du sucre dans leur urine; la fraude est toujours facile à découvrir parce que le sucre employé est celui de canne. La réduction de la liqueur de Fehling est dans ce cas bien moins nette et moins prompte qu'avec le sucre diabétique; en outre, l'examen à la lumière polarisée avant et après l'inversion permet de découvrir la fraude.
Sensibilité de la liqueur de Fehling. — La liqueur dont nous avons indi([ué la préparation est titrée, avons-nous dit, de manière à ce qu'un centimètre cube soit entièrement réduit par 5 milligrammes de glycose. Dans ces conditions un volume quelconque de cette liqueur est entièrement réduit par un volume égal d'urine renfermant 5 grammes de sucre l)ar litre; mais ce chiffre de 5 grammes par litre est bien loin d'indiquer la limite de sensibilité de la liqueur; il signifie simplement que, pour avoir une décoloration complète dans un dosage, il faut employer :
,.„ ( 1 volume de liqueur.
( 1 volume d'urine renfermant 5 grammes de sucre par litre. g„ ( 1 volume de liqueur.
( 2 volumes d'urine renfermant 2-'',50 de sucre par litre. r.^ i 1 volume de liqueur.
( 5 volumes d'urine renfermant l^^OO de sucre par litre. ,^ ( 1 volume de liqueur.
( 4 volumes d'urine renfermant le'',25 de sucre par litre.
Mais dans une recherche qualitative il n'est point nécessaire d'obtenir la réduction totale de la liqueur; il suffit qu'elle soit assez marquée et que la quantité d'oxyde de cuivre l)récipité soit appréciable; et l'on ne peut être taxé d'exagération en disant que la réduction est très apparente lorsque le tiers seulement de l'oxyde de cuivre contenu dans la li([ueur est précipité. Dans ces conditions, en faisant varier de un à quatre le volume d'urine par rapport à celui de la liqueur, et en mélangeant, on arrive à déceler une quantité de glycose correspondante à O^^SO par litre. Cette limite i;eut être encore reculée si l'on évapore l'urine au tiers, au cin([uième et au delà de son volume primitif.
Avec certaines urines, de densité élevée, riches en matières extractives, fortement colorées, la réduction man((ue souvent de netteté : si la proportion de glycose est très faible, il faut alors faire agir sur la liqueur un volume d'urine trois ou quatre fois plus grand: et l'inlluence perturbatrice s'accroît en proportion.
Heureusement, de toutes les substances qui i)euvent agir sur la li(pieur cupro-potassi(pie, la glycose est celle ([ui la réduit le plus facilement et à une temi)érature très notablement inférieure à 100" (elle agit même à froid). On utilise cette propriété en chauffant au bain-marie vers 85 à 90"; le pouvoir réducteur de la glycose se manifeste seul à l'exclusion de celui des corps étrangers; on j)eut aussi éliminer ces corps en déféquant l'urine par le sous-acétate <le plond).
Si, après (pi'on a fait agir une urine sur la li([ueur de Fehling en se conformant aux méthodes ordinaires, le mélange reste linq)ide et transparent avant et après refroidissement, on peut hardiment conclure à l'absence du sucre; si au contraire la réduction n'est lias suffisamment nette et qu'il reste des doutes sur la présence de la glycose, on opère de la manière suivante :
[P. LE GENDRE ;i
une urine pour n'avoir pas su éliminei- les causes d'erreur possible. On doit contrôler la réaction cupro-potassicjue par d'autres, et faire contrôler sa propre analyse par celle d'un pharmacien réputé consciencieux. Ce n'est pas qu'il l'aille avoir toujours une al>solue confiance dans les analyses des officines. Lasègue racontait la mésaventure d un confrère de province qui, tourmenté d'une soif vive, mangeant l>eaucûup sans engraisser et se trouvant plus frigide (pi'auti-efois, confia ses urines à son voisin le pharmacien, fut déclaré diabétique par celui-ci, et s'imposa le martyre d'un farouche traitement antidiabétique pendant 18 mois, jusqu'au jour où le médecin de la Pitié lui démontra que ses urines ne contenaient pas de sucre.
Lasègue aimait aussi à citer l'erreur que peut faire naître le diabète dans un ménage par la communauté du vase de nuit ; il n'y a pas de petits détails dans l'exercice de la profession médicale, ou, pour mieux dire, les détails sont aussi importants que les grands faits. Quand on voudra analyser l'urine d'un malade, on le fera uriner en sa présence et on fera la réaction séance tenante. C'est d'ailleurs un moyen de déjouer les supercheries intéressées dans les cas d'examen médical préliminaire à la conclusion d'un contrat d'assurances sur la vie, cas dans lesquels il est arrivé qu'un diabétique ait voulu dissimuler sa glycosurie. Mon regretté maître Siredey contait à ce sujet une anecdote caractéristique (').
Quand le médecin dans son cabinet vient de constater que l'urine de celui qui le consulte fournit les réactions de la glycose. il ne doit pas se contenter de dire à son client qu'il est diabétique et de lui délivrer une ordonnance portant indication du régime et des médicaments.
1^ On mélange dans un lube à essai de 12 à 15 millimètres de diamètre deux parties d'urine et une partie de liqueur cuprique, et l'on 'chaufTe jusqu'à lébullilion la partie supérieure : s'il y a du sucre en quantité notable, il y forme un enduit jauntUre assez fortement adhérent aux parois du tube; en même temps le mélange prend une teinte jaune verdàtre.
2" Si la réduction ne paraît pas suffisamment nette, on répète l'essai en employant trois, ou i-arement quatre parties d'urine pour une de liqueur; on doit mélanger : ce point est important.
Dans les deux cas, mais surtout dans le second à cause de la proportion .relativement élevée d'urine, il est nécessaire, si l'on observe une réduction, de contrôler :
1» En chaulïant seulement au bain-marie Cnous avons indiqué la raison);
2° En traitant l'urine avec le sous-acétate de plomb et le carbonate de soude : on emploie ce dernier en poudre afin de ne pas trop diluer l'urine.
Dans ces conditions on fieut déceler directement le sucre dans une urine en renfermant environ Of%.oO par litre. Si enfin il reste des doutes sur la présence du sucre, on concentre l'urine au bain-marie et on la réduit à un volume assez faible pour que la glycose qu'elle renferme puisse agir nettement.
Il faut alors déféquer par le sous-acétate de plomb : on peut même évaporer jusqu'à consistance sirupeuse et reprendre le résidu par l'alcool.
Pour affirmer la présence du sucre, il ne suffit point d'obtenir une décoloration jaune ou rouge de la liqueur cuprique, il faut observer une réduction caractérisée i)ar la perte de transparence du mélange et l'apparition d'un précipité d'oxyde de cuivre qui peut être jaune, rouge ou noire; un bon moyen pour vérifier s'il y a réellement réduction consiste à écraser avec le tube la flamme éclairante d'un bec de gaz; on voit que le liquide est devenu opaque et ne se laisse pas traverser par la lumière; il contient donc bien un précipité en suspension.
MM. Yvon et Berlioz ont recherché inutilement la présence du sucre dans l'urine normale. Il leur est arrivé maintes fois, disent-ils, de concentrer des urines qui agissaient sur la liqueur cuprique, la décoloraient, puis la faisaient passer au jaune ou au rouge et. après les avoir réduites au quinzième et même au vingtième de leur volume primitif, il y avait toujours décoloration de la liqueur, mais non réduction avec formation d'un précipité; au contraire, toutes les fois (jue l'urine primitive réduisait même très faiblement la liqueur, il y avait après concentration une réduction qui ne pouvait laisser aucun doute sur la présence du sucre.
(*) Traité médical des assurances.