PSEUDO-DIABÈTES AVEC ÉLIMINATION DE SUBSTANCES SALINES
DIABETE PHOSPHATURIQUE
La pliosphaturie, qui a été décrile par M. J. Teissicr sous le nom de diabète phosphatique ('), est généralement symptomatique d'une dénutrition phosphatée sous rinfluence de la tuberculose pulmonaire et ganglionnaire ou d'une maladie nerveuse.
Quand les urines contiennent des phosphates en excès, on y remarque souvent des paillettes brillantes tenant à la présence de gros cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien et une légère couche irisée à la surface, surtout s'il y a en même temps excès d'urales et oxalurie. Ces urines deviennent rapidement alcalines.
MM. Laveran et J. Teissier (^) divisent en trois catégories les faits de pliosphaturie, qu'ils désignent en bloc sous la rubrique diabète phosphatique.
1'^ Il y a des cas de polyurie avec déperdition exagérée des phosphates à bases alcalines dans diverses affections du système nerveux avec ou sans lésions organiques.
2" Il y a des individus qui meurent tuberculeux après avoir traversé toutes les phases de la consomption. Au fur et à mesure de l'évolution tuberculeuse, la déminéralisation du parenchyme pulmonaire s'accentue progressivement, et il y a relation étroite entre la tuberculose et la phosphaturie, ainsi que le prouvent les travaux de Marcet (de Londres) et de G. Daremberg sur la constitution chimique des crachats des tuberculeux.
5" Des individus aifectés de polyurie phosphaturique ont été glycosuriques ou le deviennent plus tard; chez ces malades, qui ont plusieurs des symptômes du diabète sucré (troubles de la vue, altérations cutanées), le diabète phosphatique serait, suivant J. Teissier, un diabète sucré latent, « le diabète phosphatique pouvant être la conséquence d'un dédoublement dans le sang de la glycose en acide lactique, condition qui favoriserait la dissolution et par conséquent l'élimination des phosphates ».
4« Enfin MM. Laveran et Teissier signalent une forme juvénile de diabète phosphatique, comme l'oxalurie avec laquelle elle coïncide fréquemment, et qui, accompagnée souvent d'un excès d'élimination d'acide urique ou d'une légère déperdition albumineuse, serait symptomatique de la diathèse urique et prémonitoire parfois de la goutte. La phosphaturie, qui implique nécessairement l'idée d'un certain degré de phosphatémie, suffit pour expliquer la plupart des symptômes diabétiques observés : polyurie, polydipsie, etc. Des expériences très nettes l'ont démontré.
Parmi les quatre formes de phosphaturie admises par ces auteurs, la seconde et la troisième sont celles dont le pronostic est le plus grave.
Le traitement de la phosphaturie dépend évidemment de la cause qui Icngendre; il faut enrayer la déperdition minérale en diminuant la production des
(') Thèse de Paris, 1886.
(*) Nouveaux éléments de pathologie médicale, 1889.
TRAITÉ DE MÉDECINE, 2'= édit. — I. 57
acides (cas du diabète latent), en combattant l'infection (cas des luljcreuleux), en calmant le système nerveux à l'aide des nervins. Comme agents de récrémentition, on utilisera les aliments riches en phosphates (céréales, poisson, œufs), on donnera les phosphates solubles(').
Pour loxalurie (ou pseudo-diabète oxalurique), nous renvoyons à la page 379, où nous l'avons étudiée avec les dyscrasies acides.