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CIIVIMTIIE IV LE POLYMORPHISME ET L'ESPÈCE EN BACTÉRIOLOGIE

SoMMMui: : !' Ce ([u'il l'aiit orilcndi-c pnr [)olyinoi-|)hisiiic cl pnr conslonce de forme. — IiilUieiice «lu milieu. — '2" Opinions de Colm, iV.'i'iidi, Zojd', elc. — 5' Hecheiriie.s de Winoi^rad-Uy. — i' Polyniorpliisnie expérinienlnl el |)olynioi'pliisme normal; leurs limites. — 5° N'arialiims physiolopi([ues : forinnlion des races. — (i" Le Iransformisme reste encore à d'.Miionlrei'.

1° CE QU'IL FAUT ENTENDRE PAR POLYMORPHISME ET PAR CONSTANCE DE FORME — INFLUENCE DU MILIEU SUR LA MORPHOLOGIE

La dislinclion de l'espèce, en histoire naturelle, est d'autant moins facile que les organismes sont plus simples. Les êtres supérieurs présentent, au cours de leur évolution, une succession de formes qui servent de caractères spécifiques, et, souvent, il suffît d'en considérer un petit nombre, parfois même une sevde, pour arriver à la détermination. Mais ces formes correspondent à des organes, ou tout au moins à des degrés de diflerenciation qui s'effacent peu à peu chez les Bactéries; ici, les diversités d'aspect se fondent en une apparence monotone et de moins en moins différenciée, pour se réduire à des variations dans la forme d'une cellule, et, alors même qu'on a suivi le développement tout entier, la simplicité des formes bactériennes rend souvent incertaine la détermination spécifique.

A la difficulté qui provient de la ressemblance extérieure offerte par des espèces différentes, vient encore s'ajouter la variation fréquente des caractères morphologiques sous l'influence des milieux; de sorte qu'aucun caractère, pris isolément, ne peut servir de base à une distinction rigoureuse. Il faut donc s'adresser en même temps aux propriétés biologiques, sans oublier qu'ellesmêmes manquent de stabilité. Les agents virulents, par exemple, s'atténuent par l'action de la chaleur, de l'air, de la lumière, du milieu nutritif, etc., et, sans changer de caractères morphologiques, un même microbe peut ne plus jouir des mêmes propriétés.

Ces variations morphologiques et physiologiques ont été, en partie, la cause de la négation de l'espèce chez les Bactéries. Toutefois, on n'a pas tardé à faire justice des théories d'après lesquelles quelques espèces seulement, ou même une seule espèce, pourraient revêtir, en des métamorphoses successives, les aspects les plus imprévus et les fonctions les plus diverses. La Mycologie, elle aussi, a passé par une phase où florissaient de semblables idées, que le polymorphisme normal de divers Champignons avait contribué à faire surgir. Les organismes plus élevés, qui se prêtent mieux au contrôle et sont plus faciles à suivre, ne montrent aucun exemple de ce transformisme à outrance. Il en est de même chez les Bactéries, et la fixité relative de l'espèce reste une loi générale.

Assurément, la forme extérieure peut varier chez ces organismes comme elle varie chez les autres végétaux; mais cette variabilité ne comporte pas une inférer. GUIGIfARD-i

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