HÉRÉDITÉ INDIRECTF:. — ÉLÉMENT MALE; ÉLÉMENT FEMELLE
paiiiculai'ités. Avec Gley, j'ai pu réulisci- oxpôrimontalomenl dos laits de cet ordre : en imprégnant mâles et iemclles par des toxines, on olAient la genèse de petits normaux, la stérilité des générateurs, puis, dans quelques tentatives, l'apparition de nains, d'anomalies, d'une réceptivité morbide plus ou moins prononcée.
Une des difficultés de ces recherches réside en particulier dans la facilité qui préside à la genèse de l'infécondité; cette infécondité, les naissances avant terme, la morti-natalité sont au nombre des circonstances qui obligent à multiplier beaucoup ces expériences avant d'obtenir des résultats. — Cette obligation, sauf exception, est encore plus stricte, lorsqu'on cherche à influencer la descendance simplement en agissant sur le père. C'est ainsi qu'au cours de nos travaux relatifs à la transmission de l'immunité, dans ces conditions, nous avons dû tenter environ soixante essais avant d'observer deux cas seulement; ce petit nombre de faits, la possibilité des coïncidences, des résistances naturelles, nous ont obligé à formuler des réserves; cependant, d'autres auteurs ont été plus heureux que nous, tandis que Vaillard dans huit essais a échoué.
Pourquoi ces nouveau-nés qui n'ont pris que du lait sont-ils prédisposés à des manifestations pathologiques variées? Peut-être parce que leurs plasmas renferment des poisons assez actifs, comme le prouve de temps à autre l'examen comparatif de la toxicité de leurs urines? Si ces urines, en effet, contiennent de telles substances, c'est que ces substances existent dans l'intimité des tissus ; or, on sait qu'il suffit de faire pénétrer dans l'économie une faible dose de poison pour permettre à un microbe jusque-là inoffensif d'évoluer; dans un laboratoire quand une bactérie est impuissante à tuer un animal, on par vient à la rendre pathogène en empoisonnant légèrement cet animal. Le phénomène est encore plus accentué, lorsque ce poison est d'origine bactérienne ; la débilité qui en résulte se dévoile parfois à longue échéance, conformément à ce que Courmont a indiqué; d'autre part, au travers du placenta d'une femme infectée les toxines passent sans coup férir.
Cette explication ne s'applique qu'à la mère; il ne faudrait pas en déduire que le père est sans influence ; cette influence peut, en effet, s'exercer par d'autres voies. D'ailleurs, à toutes les époques on a admis l'intervention des deux éléments, mâle et femelle ; la clinique proclame à chaque instant cette vérité, en nous montrant des descendants dont le type nutritif, dont l'habitus extérieur jusque dans ses moindres détails, dont les anomalies elles-mêmes rappellent les manières d'être du générateur ; des travaux théoriques, ceux de Zoja, de Riickhert, aussi bien que les récentes observations de Weiss, sont en accord avec ces constatations. Est-il besoin de faire remarquer que des dissemblances dans Faction exercée sur le terrain des rejetons conduisent à des modifications qui sont loin d'être univoques, qui par conséquent ne laisseront pas l'infection se développer de façons identiques ?
Il est, d'ailleurs, facile de prouver que les matières toxiques rencontrées chez ces rejetons engendrent au sein de l'organisme des changements disparates. On observe quelquefois des inflammations chroniques, des dégénérescences viscérales; j'ai constaté, en dehors de la syphilis, des détériorations hépatiques à l'âge de trois ou quatre mois, à un moment où seul le lait, qu'on ne saurait incriminer, avait pénétré dans les tissus. Dans d'autres cas, cette modalité héréditaire, qui répond à celle de la flacherie, aboutit à des adultérations humorales : il y a déficit du côté des chlorures, des phosphates, des matières minérales, matières
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(jui agissent soit sur révolulion dos parasites, soit sur la résistance de Torganisme. — Les cellules du rejeton sont des émanations des cellules génératrices, elles vivent comme elles, parlant comme les générateurs, laissant s'accumuler dans les humeurs ce que ces générateurs n'utilisaient pas.
En tout cas l'expérience établit (pic si on soumet des animaux à des injections longtenn^s poursuivies de toxines s[)éciales, toxines pyocyaniques, diphtériques, tuberculeuses, etc., on peut, dans des cas assez rares à la vérité, le plus souvent après de nombreux essais, voir ces animaux donner le jour à des rejetons mal formés, rachitiques, à des rejetons qui ne croissent pas, qui offrent une résistance amoindrie; avec (îley j'ai mis ces données en lumière? : on les a lueu vile confirmées. Dans ces conditions, je le répète, on modifie la vie des éléments anatomiques des ascendants, de tous ces éléments générateurs, sans excepter ceux de la reproduction ; or, ce sont ces éléments qui à un moment donné représentent l'économie entière ; ils portent en eux les spécificités des organites qui vont se développer; ces organites qui par la suite apparaissent ne sont que des divisions, partant des sortes d'expansions de ces éléments. Comment concevoir ces divisions, ces expansions comme parfaitement normales, puisque ces éléments producteurs ne l'étaient pas? Comment comprendre qu'une sève détériorée en s'étendant puisse devenir saine? Comment admettre qu'un protoplasma souillé pousse des prolongements qui ne le sont pas? Comment supposer qu'un noyau impur émette des divisions sans tache?
Avec Guillemonat, mettant en œuvre les procédés, les appareils, les méthodes du professeur Bouchard, je mesure le carbone, l'azote, le chlore, le phosphore des urines, des fèces, puis l'oxygène, l'acide carbonique, l'eau de la respiration, de la peau ; je tiens compte des aliments, c'est-à-dire du lait, de sa qualité, de sa quantité, de la surface, du poids des nouveau-nés, soit de ceux qui sont issus de parents sains, soit de ceux qui proviennent de générateurs malades. Ces recherches, aidées des constatations anatomiques, des procédés physiologiques, doivent établir les différences qui séparent ces divers nouveau-nés, autrement dit les divers terrains.
Au milieu de ces défectuosités de transmission, il en est qui sont caractéristiques, qui révèlent leurs origines, qui portent des empreintes spécifiques : la tare syphilitique fournit, à cet égard, l'exemple le plus achevé. Quelques-unes sont plus banales ; parmi elles les malformations osseuses, le nanisme, les angusties vasculaires, les perforations, les cavités du névraxe tiennent une large place : elles sont l'œuvre le plus ordinairement du mal vénérien, de la tuberculose, de quelques infections aiguës, de l'alcoolisme, etc.
Ces défauts de taille ne constituent pas de simples anomalies, de pures curiosités anatomiques. Avec juste raison le professeur Bouchard insiste sur l'étendue de cette surface du corps; c'est par elle que s'effectuent, pour une bonne part, environ les trois cinquièmes, le rayonnement, les pertes en calorique; mais perdre ce calorique, c'est solliciter les tissus à le renouveler, c'est influencer directement la nutrition. Or, si, pour un kilogramme de matière vivante, cette surface correspond à 5 décimètres carrés, l'entraînement sera moindre naturellement que dans le cas où cette étendue atteint 6 de ces décimètres : chez un avorton j'ai vu ces 1000 grammes de matière desservis par 8 de ces décimètres, autrement dit la consommation était sollicitée par des déperditions presque deux fois plus considérables qu'à l'état normal, attendu que chez le nouveau-né le nombre habituel est 5; la nature, dans ces circonstances, travaille
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108 TARES HUMORALES. — DIMINUTION DE L'ALCALINITÉ.
contre Forganismo, car cos avorlons, comme les cachectiques, ont besoin de peu détruire, d'économiser.
Il convient, en outre, de compter avec la slructure de l'enveloppe : le pouvoir émissif est fonction et de l'étendue et de la qualité de la surface. Quand, en elTet, la peau repose sur des muscles, elle émet plus de chaleur que si>lle est doublée par une épaisse couche de graisse; de môme, le noir de fumée étalé ou supprimé modifie les déperditions d'une zone déterminée. — Je poursuis, avec Guillemonat, des expériences sur le pouvoir rayonnant des divers tissus, pouvoir étudié par Bordier; ces essais montrent que la conductibilité de cette graisse n'est à peu près que les deux tiers de celle de ce tissu musculaire.
Ces influences héréditaires, aussi bien qu'une mauvaise hygiène, que des maladies, peuvent modifier le milieu humoral, ou les modalités physiques de l'organisme; or ce milieu offre une série d'états distincts les uns des autres.
Sans admettre pleinement les suggestives propositions de Gaube, il y a lieu de remarquer les variantes salines caractéristiques de quelques anomalies cellulaires ou de difl*érentes affections; il y a lieu également de rappeler l'utilité des matériaux basiques pour les corps protéiques, pour les ferments, les affinités fonctionnelles de la chaux et de la pectase, de la potasse et de l'amylase, de la soude et du suc pancréatique. Du reste, d'une part, les beaux travaux de Bertrand portent nettement à soutenir la prédominance de ces substances minérales; d'autre part, nul n'ignore le rôle sans cesse croissant des ferments oxydants; or l'activité de ces ferments, formés de parcelles albuminoïdes, de manganèse ou d'un autre élément, est proprotionnelle à la base.
Fodor conseille de combattre l'infection par des injections de bicarbonate de soude; Buchner estime que ce sont les sels de cette nature qui font la force des tissus; de fait, au cours des fièvres, on voit fléchir l'alcalinité. J'ai du reste établi avec Meyer que tous les sérums — sans excepter l'eau salée qui, dépourvue de principe albuminoïde, porte injustement cette désignation — jouissent de propriétés communes attribuées à leur minéralisation; on retrouve ces propriétés utiles à l'économie aussi bien dans les sérums physiologiques que dans ceux qu'on a par artifice rendus bactéricides ou antitoxiques; si on supprime ces éléments minéraux, on n'obtient plus cette toxicité, ce relèvement des réactions nerveuses étudiées par Chéron, par de Fleury. D'autre part, avec Cassin, à l'aide de dialyseurs formés en partie de membranes animales, j'ai pu commencer une série d'expériences relatives à l'intervention de ces produits dans la fixation, le déplacement, la répartition des toxines, dans les phénomènes de l'osmose, des tensions capillaires, etc.
Je poursuis depuis quelque temps une série de travaux qui me poussent à rechercher des éléments protecteurs contre les toxines non plus dans des produits extraordinaires, rares, mais au milieu des tissus ou des principes les plus normaux. A cet égard, la bile m'a fourni des résultats, comme elle en a fourni contre les venins à Fraser, à Phisalix; de même j'ai atténué le mal avec les principes, les ferments extraits du pancréas, du foie, de la rate, de la glande thyroïde, des chiens, des lapins, des cobayes normaux; de même aussi, peutêtre même avec plus de netteté, j'ai réussi avec des solutions de phosphates, de sulfates sodiques. Ces solutions introduites en même temps que les poisons bactériens m'ont conduit à enregistrer des survies plus ou moins prolongées, atteignant le triple, le quadruple de celle des témoins; j'ai surtout, à dire vrai, noté ces survies en faisant pénétrer ces poisons après leur mise en
IJYSCRAS1I:S ACIUKS. — DISPARITH DKS l'HÉDISPOSITIONS. KI'J
c'onljicl avec ces composés salins, circonslancc [)i'oi)r(' à mellrcî enjeu les iieu- Lralisalions, les précipiLalions, les fixations, elc, de toxines. Je n'ai rien obtenu de délinilir, mais j'ai observé'des phénomènes suffisants pour qu'il soit permis de dire qu'un avenir prochain révélera l'importance du rôle de ces principes, de ces sels, de ces bases, rôle à peine soupeonné aujourd'hui, dans la (N'icnse de l'organisme,
La diminulion des substances salines, des disproportions en carbone, en azote, en soufre, en phosphore, en fer, en chaux, en soude, en potasse, en matériaux hydrocarbonés ou protéiques, des anomalies dans la teneur en albumines fixes ou circulantes, des modifications portant sur les états statiques des appareils, sur leur fonclionnemeiit dynamique, sur la pression, la vitesse du sang, etc., toutes ces conditions, d'autres avec elles, abaissent la résistance. — Dans l'oxalémie, l'uricémie, dans la goutte, l'ostéomalacie, etc., ces principes acides augmentés agissent à la manière de l'acide lactique qui, dans les expériences d'Arloing, favorise le développement de l'agent du charbon symptomatiquc jusque-là latent dans un muscle; or, les travaux de Nocard et Roux prouvent qu'on arrive à ce résultat simplement par la détérioration mécanique de la fibre musculaire : on se trouve là en présence d'une modification du terrain.
D'autres motifs militent dans le même sens. D'une part, l'introduction de cet acide dans une culture atténue l'activité des germes; d'autre part, on aboutit aux mômes effets en injectant ce corps dans un point de l'économie éloigné de la zone d'inoculation. D'ailleurs, toute cause capable de faire fléchir l'alcalinité des plasmas est propre à diminuer la résistance aux virus ; l'infection elle-même va de l'avant, progresse, en atténuant cette alcalinité, ainsi que le prouvent les travaux de Liemcke, de Schiff, de Strauss, etc., qui tous montrent que la fièvre agit dans ce sens.
Néanmoins, si on analyse les différentes dyscrasies acides, on s'aperçoit bien vite que les changements de terrain, que les variations morbides sont loin d'être identiques, bien que dans chaque cas on rencontre cette diminution de l'alcalinité.
Le goutteux, suivant les enseignements de la clinique, n'est pas spécialement prédisposé aux processus infectieux. Peut-être ce résultat tient-il à ce que si l'acide urique, l'acide lactique détériorent l'économie, ces corps parallèlement altèrent les cellules microbiennes ; la première de ces modifications se trouve compensée par la seconde : elles s'annulent.
Chez l'adolescent qui grandit brusquement, les humeurs assez souvent manquent de bases. Or, à cette période, on voit se développer les fièvres éruptives, la dothiénentérie, la diphtérie, les oreillons, etc.; c'est que cet adolescent, obligé de fournir à son système osseux une dose notable de phosphore, prend ce phosphore où il le trouve, dans les aliments d'abord, dans son système nerveux en second lieu; il puise, dans ce névraxe, des lécithines, surtout des nucléines, jjIus aisées à décomposer, à utiliser. Les céphalées, les palpitations, la neurasthénie, parfois les crises nerveuses, etc., de cette période de croissance mettent en lumière les atteintes portées à cet appareil; ainsi désorganisé il réagit défectueusement. Or, depuis les expériences de Charrin et Rûffer, confirmées de tous côtés, l'importance de ces réactions nerveuses n'est mise en doute par personne, lorsqu'il s'agit de la défense de l'organisme. Dans ces conditions, l'acidité peut impressionner à la fois et le microbe et le terrain, neutralisant ces deux effets; mais il y a en plus cette détérioration nerveuse qui crée l'opportunité
[A. CHARRIN }
110 LÉSIONS D'APPAREILS. — RÉCEPTIVITÉS. — LE REIX.
morbide en dégradant rorganisme par un second procédé, tandis que les germes ne subissent qu'une seule influence.
Chez les diabétiques, l'abondance des acides est telle que des accidents, parfois les plus graves, le coma, semblent dus à leur mise en jeu, au composé oxybutyrique [i. Dans ces circonstances, les parasites, à dire vrai, n'échappent pas aux efïels dépresseurs de ces éléments; toutefois, ces effets sont plus que compensés. En premier lieu, le sucre fournit aux infiniment petits un réconfortant qui hâte leur pullulation, qui facilite leur éducation, l'épanouissement de toutes leurs fonctions, de leur rôle de pyogène en particulier, d'après Nicolas, Bujwid, etc.; en deuxième lieu, l'interrogation des réflexes établit un sensible défaut de réaction; en troisième lieu, la déshydratation, conséquence de l'hyperglycémie, draine les tissus, détermine la dégénérescence granuleuse des cellules, d'après Weinland, par suite leur manque de résistance; en quatrième lieu, lefoie est frécjuemment touché, sinon anatomiquement, du moins fonctionnellement; en cinquième lieu, le rein est souvent malade, frappé de néphrite diffuse, de dégénérescence graisseuse, ou d'infiltration glycogénique; ce glycogène, viatique du parenchyme hépatique, est nuisible aux cellules des tubuli, à la partie vraiment glandulaire de l'organe, dont le glomérule représente le fdtre; en sixième lieu, la pression est habituellement anomale, abaissée ou plus ordinairement élevée ; or, il suffit de modifier la vitesse, la tension du sang pour perturber le jeu des glandes; à cet égard, nous le disons avec insistance, on est trop anatomiste, on exige trop instamment des altérations matérielles. Le diabétique, insuffisamment débarrassé des déchets de la nutrition, se trouve donc placé dans la situation de cet animal auquel on injecte une minime fraction de poison pour faire évoluer une bactérie qui, par elle-même, ne possède pas assez d'activité.
Il est par suite aisé de montrer que les différentes dyscrasies acides sont fort distinctes les unes des autres, au point de vue des réceptivités qu'elles engendrent, par suite au point de vue des variations morbides qui en sont les conséquences. Il existe des analogies et des différences entre toutes ces prédispositions, qui relèvent en grande partie de processus chimiques. Dès lors, le microbe rencontre des milieux d'inégale fertilité; dès lors, les sécrétions morbifiques, partant les manifestations pathologiques, doivent être dissemblables.
Il n'en est pas autrement, le plus souvent, quand au lieu de dériver de l'ensemble des cellules, comme dans le cas de diathèse, les causes génératrices de ces réceptivités proviennent d'un groupe particulier de ces cellules, d'un viscère déterminé.
Polacci, Pernice, Fischer, etc., ont aggravé des infections en liant ou simplement en rétrécissant des uretères. J'ai récemment observé, avec Riche, dans mon service de médecine, à la Maternité, une épidémie de rougeole assez bénigne; une seule personne, parmi les adultes, a contracté cette maladie, bien cfu'elle l'ait eue dans son enfance : c'est une brightique reconnue. Non seulement elle a subi cette contagion, mais chez elle la maladie a été singulièrement grave, et grave surtout par un œdème pulmonaire intense attribuable aux influences réunies de ce processus infectieux, qui touche volontiers aux voies respiratoires, et de la néphrite, qui si fréquemment provoque des désordres pulmonaires.
Les principes biliaires détériorent le sang soit les parties solubles, soit les éléments figurés, d'après Pick, Agostini; ces principes sidèrent les neurones,-
DISSEMBLANCES DES RÉCEPTIVITÉS. — FONCTIONS HÉI'ATIOUES. 111
à 011 croire lîii'kel;ils abaissent la pression, [)aralysenL la fibre musculaire. D'autre |)art, si la cellule hépatique est insuffisante, l'organisme ne reçoit plus d'une façon régulière sa ration en sucre, en graisse, aliments éminemment plasticpies, respiratoires, capables de maintenir sa résistance. De même, le foie qui n'emmag'asine plus normalement le glycogènc, dans 1(; cas d'insuffisance, ne recèle plus le fer, ou tout au moins est exposé à ne plus s'ac(juitter convenablement de sa fonction martiale; partant, les réparations hématiques, globulaires, se feront plus péniblement; les attributs relatifs à la coagulation ou à son empêchement laisseront à désirer; les principes protéiques, certains ferments, en particulier certaines oxydases, qui réclament pour agir le concours des matières minérales, seront en souffrance au point de vue de leurs métamorphoses, de leurs activités fonctionnelles. — Les lésions de ce parenchyme font fléchir la dose d'urée émise en 24 heures; des composés ammoniacaux, des acides remplacent ce produit; cette substitution n'est pas de nature à diminuer la toxicité humorale, car, si on injecte des sels d'ammoniaque, on constate que la mort survient dès qu'on a introduit dans le sang, par kilogramme, 0,28 à 0,46 centigrammes de carbonate ou de lactate, tandis que, pour l'urée, il faut arriver à 4, à 5, à 6 grammes. D'un autre côté, si on fait pénétrer comparativement ces sels et dans la veine porte et dans les capillaires périphériques, on voit que, pour produire des effets identiques, la voie portale exige des proportions doubles. — Ces produits dérivent en grande partie de l'intestin, sous l'influence des fermentations figurées; on le prouve clairement en mettant en communication les deux veines porte et cave, à l'exemple de Nencki, IMassen, Eck, Pavlow, Hahn. Dans ces circonstances l'urée des urines fléchit; la toxicité de ces urines croît rapidement; dans le sang, spécialement dans le cas d'une alimentation carnée, on enregistre l'apparition du carbamate ammoniacal, apparition bientôt suivie de convulsions. Du reste, lorsque Schrœder pousse dans les artérioles des membres ou dans celles de divers organes du sang chargé d'ammoniaque, il ne voit augmenter cette urée que dans le cas où il s'adresse aux capillaires de la glande biliaire; Ch. Richet a, d'ailleurs, établi directement que cette glande fabrique ce produit même à l'abri de l'air, par des procédés qui, suivant Gautier, sont de l'ordre des processus anaérobies; Cyon, dosant ce principe, a trouvé des proportions plus considérables dans les veines sus-hépatiques que dans le contenu portai, 0,14 au Heu de 0,9 0/0. Il est donc manifeste que le foie engendre une substance définie, peu toxique, aux dépens de matériaux très nuisibles à nos tissus; dans ce but il utilise non seulement l'ammoniaque, mais encore la leucine, l'asparagine, la sarcine, l'alanino, à s'en rapporter à Schultzen, à Knierin, à Salkowsky. — La mise en jeu de cette fonction diminue le coefficient toxique de l'organisme; or, moins il y a de poisons dans les plasmas, plus les tissus se révèlent capables de lutter. Le foie, à cet égard, assure donc à l'économie une protection manifeste, d'autant plus que cette fonction antitoxique, qui vise les sels ammoniacaux à acides organiques, s'étend à nombre d'alcaloïdes, à la nicotine, à l'atropine, à la strychnine, à l'hyoscyamine, à la morphine, à la vératrine, à la cicutine, à la quinine, au curare, etc., à toute une série d'éléments variés, aux matières pourries, à l'alcool, à la bile, à l'urine, etc. — Une remarque s'impose : l'urine détermine la diurèse; le contenu intestinal sollicite les sécrétions, les mouvements du tube digestif; la bile provoque l'activité hépatique.
Je dois, à la vérité, reconnaître que ces résultats si décisifs, qui monlrent
lA. CHARRIN.'i