CELLULE DU FOIE; SES CHANGEMENTS. — MODIFICATIONS ORGANIQUES
que rinjcclion inlrn-porlalc exige des quantités doubles ou trii)les, sont passibles d'objections déjà mises en évidence. En premier lieu, en supposant la vitesse apparente égale entre les deux injections, celle de la veine abdominale et celle de la veine périphérique, la première devient l'atalement plus lente, parce qu'elle aboutit, tout d'abord, à un lac immense, à un système porte, système à vitesse amoindrie par définition. En second lieu, dans ce lac immense, une dilution primitive s'opère, puis une deuxième, lorsque le poison pénètre dans la circulation générale; c'est après ces deux dilutions que ce poison va agir sur les centres importants, sur le bulbe; le liquide déposé dans les veines ne subit, au contraire, que cette deuxième dilution, avant d'intéresser les centres supérieurs. Il y a donc des différences dans la vitesse de pénétration, dans le titre de la solution : ne sont-ce pas là les deux conditions les plus aptes à influencer la toxicité d'un poison? L'étendue des écarts entre les chiffres de ces deux injections portale et périphérique, les résultats des expériences réalisées, à l'exemple de Schiff, en broyant des parenchymes divers avec d'égales proportions d'une même solution toxique, résultats en faveur de l'action antitoxique de la glande abdominale, etc., toutes ces données, avec elles les troubles d'empoisonnement, conséquences d'une ligature porte, conduisent à admettre cette fonction de défense contre les corps nuisibles; mais cette fonction ne s'exerce pas toujours dans des limites aussi étendues, ni aussi promptement qu'on Ta soutenu — Yis-à-vis de la plupart des sécrétions bactériennes, cette influence est des plus médiocres; elle n'apparaît que si on n'utilise que la partie de ces sécrétions que l'alcool dissout, car, dans une même culture, il existe des poisons distincts : un être vivant ne fabrique jamais un unique produit. L'intestin, de son côté, semble modifier les principes que cet alcool précipite, principes fréquemment les plus importants; l'économie possède donc deux barrières placées l'une derrière l'autre pour arrêter les corps nuisibles.
Le foie recueille les pigments épars dans la circulation; pour le prouver on n'a qu'à injecter, à l'exemple de Wertheimer, des matières colorantes qui n'existent pas dans une économie déterminée : on les retrouve dans la bile, révélées par l'examen spectroscopique. Au cours des cachexies pigmentaires du saturnisme, de la malaria, des maladies du sang, de la chlorose, au cours des processus favorables à l'hématolyse, on découvre dans les cellules une foule de granulations colorées, rubigine, pigment ocre; or, ces granulations sont toxiques : le foie par ce procédé contribue également à protéger l'économie, à atténuer une série de poisons. En maintenant normale la crase sanguine au point de vue des éléments figurés ou solubles, au point de vue des hématies ou de la fibrine, cet organe concourt à asseoir la résistance; malade, il laisse survenir des hémorragies dues aux oscillations physiques du courant sanguin, aux modifications de la contractilité musculaire, aux détériorations humorales, etc. Sa fonction martiale n'est pas étrangère à son rôle hématopoiétique pas plus qu'à ses attributs relatifs à la coagulation, à la thermogénèse, etc.
Ce parenchyme tient donc sous sa dépendance toute une série de détails, de conditions; il est capable de faire fléchir les résistances de mille manières; partant la maladie revêtira des aspects distincts en rapport avec ces variations elles-mêmes distinctes.
Cette cellule hépatique offre des apparences capables de changer avec l'alimentation, le jeûne, les régimes, les saisons, la grossesse, la lactation, plus encore avec les maladies, les fièvres ; de telles influences, aussi bien que l'hyper-
INÉGALITÉS I)K lîKSISTAXCH : l'AXCHÉAS: SAXG; RATK; LVMPIIK, ETf:. Il")
Iheimic, (|uc linanilion, clc. font disparaître lo glycogènc, réduisent par là ce parenchyme à la misère, à l'incapacité fonctionnelle. Récemment LoukianoAv a mesuré les diamètres des noyaux de ces cellules chez des animaux soumis les uns à la diète, les autres au sucre, aux graisses, aux peptones; il a vu, suivant la nature de ralimenlalion, ces diamètres s'allonger ou se raccourcir. Il existe donc des changements anatomiques permettant de comprendre plus aisément ces changemenls fonctionnels qui entraînent des variations de terrain, par suite des variations morbides.
On ajoute encore à la mobilité des prédispositions, à la possibilité de les expliquer, quand on envisage les synergies organi(jues, les rapports du foie et des autres viscères. — Lindmann soutient que le corps thyroïde entre en activité chez les ictériques; Gouget a exposé avec soin les lésions rénales, les anomalies urinaires, qui dérivent des états pathologiques de celte glande, néphrites, imprégnation pigmentaire, peptonurie, ammoniurie, etc. ; Polain, Teissier, Fr. Franck, Arloing, Morel ont mis en lumière les dilatations du cœur droit engendrées par voie réflexe; les composés biliaires exercent une action sur la vitesse, sur la pression, sur les fibres des parois vasculaires, sur le contenu ; Birkel vient d'étudier à nouveau les modifications du névraxe dépendant de ces composés biliaires, modifications se traduisant par des convulsions, du délire, du coma, par la folie hépatique. Les rapports inconstants, il est vrai, de la circulation superficielle et du réseau profond, les éruptions, le prurit observés au cours de la jaunisse, les relations de la taurine et des éléments sulfurés de l'épiderme, vestige des fonctions qui imposent à cette cellule hépatique le devoir de fournir des calcaires à l'enveloppe de certains mollusques, toutes ces données rattachent le fonctionnement de la peau à celui du foie. — La rate s'hypertrophie en même temps que ce parenchyme, soit parce que les mêmes causes, telles que la malaria, la syphilis, la bacillose, les infections, les dégénérescences, amyloïde ou autres, frappent ces deux viscères, soit parce que des troubles mécaniques, circulatoires refoulent le sang, soit parce que des influences toxiques, des relations fonctionnelles, etc., relient ces deux organes. — La communauté vasculaire et nerveuse de l'intestin et de cet organe de la glycogénie explique, en partie, leurs influences réciproques.
Quant au pancréas, assurément il crée des prédispositions en refusant à l'iléon des sucs digestifs, en restreignant l'assimilation, en abaissant le taux nutritif; par ses ferments amylolytique, trypsique, il transforme l'amidon, la dextrine en maltose dont l'invertine fera du glucose, il peptonise les albumines, fait naître de la leucine, de la tyrosine, puis du scatol, de l'indol, etc. : cet organe dédouble aussi les graisses, les émulsionne en partie grâce à ce dédoublement. En somme, cette glande, à elle seule, fait ce que font les sécrétions buccales, gastriques, etc.; on conçoit, dès lors, comment les chiens privés d'estomac ont pu vivre, donnée intéressante en présence des essais de la chirurgie; on conçoit aussi et la stéarrhée et l'amaigrissement foudroyant dans le cas où ce viscère disparaît tout au moins fonctionnellement. La résistance de l'économie dépend donc, pour une bonne part, du pancréas ; ralTaiblissement qu'engendre l'inanition fait comprendre son importance. — Nul n'ignore les conséquences de l'hyperglycémie si propre à la pullulation des germes, à la déchéance des tissus, à leur déshydratation, si bien faite pour créer des obstacles à l'osmose, etc. Or, depuis les travaux de Lancereaux, et surtout do Minkowski, on sait que ce pancréas dégénéré ou supprimé cause le diabète
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