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CARACTÈRES DES I\FECTK)NS SECONDAIRES

Il y a plus. — Les Iroublos de nulrition infliicnconL ordinairomonl la physionomie des infeclions qui viennent se greOer sur récononiie rra})péc par ces troubles : la pneumonie du diabétique n'évolue pas habituellement à l'instar de la jineumonie lojjaire classique; les pyrexies pi'imitives changent également la symj)toiniilologie des pyrexies secondaires, et réciproquement; Tactinomycose, à Téfal de pureté, semble (aire naître des néoplasmes plus ou moins inflammaloires, landis que la suppuration se développe dans les cas où des microbes, lels que les slaphyloco([ues, aj(julent leur aclion; c'est du moins l'avis d'Ulhuann. — Du reste, il y a lieu (fètre réservé dans ce domaine des attributs des bactéries. Poui- saper cette notion (Vntjcnla pfitliO(jèn/->;, je me suis cU'orcé, avec de Nittis, d'éduquer le bacille subtil, l^acille considéré comme un type de saprophyte par une série d'auteurs ; grâce aux passages dans l'animal, grâce à des cultures dans des bouillons de plus en plus riches en sang ou en toxines actives, j'ai réussi à abaisser la dose capable de tuer en 2i heures de 7 centimètres cubes à 0",o; en outre, j'ai constaté que ce bacille déterminait des accidents à l'aide de ses sécrétions.

Ces divers rapprochements découlent des analogies anatomiques, chimiques, fonctionnelles, des ditrérentes cellules, tant organiques que parasitaires ('). Une maladie donnée est tantôt primitive, isolée, tantôt seconde, combinée ; le plus ordinairement, suivant ces conditions, le tableau change.

D'une manière générale, on peut dire, en considérant les symptômes dans leur ensemble, que les infections secondaires qui se développent dans la période d'état des infections primitives sont souvent masquées; elles demandent à être recherchées, sauf lorsqu'elles siègent en quelque sorte à l'extérieur, comme les phlegmons, les gangrènes ; ordinairement, la santé générale affaiblie réagit peu ; telle se comporte une diphtérie survenant au sixième, au septième jour d'une scarlatine. Parfois, leur peu d'importance fait que ces infections se révèlent à peine.

Si cependant on les examine de près, on voit que, de temps à autre, les lésions sont modifiées jusque dans leurs moindres détails; par exemple, les fausses membranes de ces diphtéries secondaires, dont nous venons de parler, se rapprochent quelquefois des exsudats simplement inflammatoires, à ce point qu'on est obligé de recourir à d'autres signes pour établir le diagnostic, diagnostic qui semble de plus en plus exiger l'examen bactériologique. Par réciprocité, la maladie greffée peut amener des changements dans les symptômes de celle qui a débuté. C'est ainsi que la fièvre d'une broncho-pneumonie peut suspendre les quintes de la coqueluche; Chelmonski a noté les oscillations de la bacillose dues aux pyrexies; on observe des processus septicémiques, pyohémiques, hémorragiques, cutanés, etc.

Lorsque l'affection seconde apparaît dans le cours de la convalescence, elle passe moins inaperçue; la fièvre se rallume, car les hypothermies, rappelant celle de l'ictère grave à bacille du côlon, sont rares; on est quelquefois appelé à se demander s'il s'agit d'une rechute ou d'une autre complication. — En somme, pour formuler sûrement le diagnostic, il sera souvent nécessaire de recourir aux cultures, aux examens des produits solides ou liquides, aux inoculations, comme aux renseignements sur l'âge, sur les maladies antérieures, sur la contagion, sur le génie épidémique, sur les réactions causées par certaines toxines, par la tuberculine, la malléine, etc.

(') Voy. chap. vi.

[-•. CHARRINJ

180 MÉC.\iyiSME DES INFECTIONS MIXTES.

Est-il besoin de dire qu'une invasion secondaire aggrave le pronostic (')? L'organisme débililé sait mal se défendre contre un nouvel assaut. Dans les hôpitaux d'enfants, en particulier, on voit la maladie première, la rougeole, par exemple, guérir; quelquefois encore la maladie seconde, la scarlatine, guérit à son tour; enfin, la mort survient, quand se surajoute une troisième attaque, celle de la diphtérie. C'est surtout, en elTet, chez les enfants qu'on observe ces associations microbiennes en nombre multiple ; on peut les rencontrer dans d'autres circonstances, même à propos de virus bien définis. — Blachstein et Zumpf soutiennent que la virgule du choléra n'évolue que si, à son œuvre, s'associent deux ou trois saprophytes; Metchnikoff prétend que la flore intestinale exerce sur le développement de cet agent une action des plus marquées; cet auteur va même jusqu'à expliquer, par l'absence ou la réalité de cette intervention, la disparition, le défaut d'éclosion ou l'extension des épidémies ; Sanarelli estime que le bacille du côlon doit prêter son concours à celui d'Eberth pour créer la dotlîiénentérie; Vaillard, Vincent, Rouget affirment que le bacille de Nicolaïer réclame fréquemment l'aide de germes vulgaires; Galtier revivifie la bactéridie en injectant l'agent du charbon .symptomatique; du deuxième vaccin il fait, dans ces conditions, un virus énergique; Babès enseigne que les pyogènes rendent le microbe de la morve singulièrement redoutable; le staphylocoque se comporte ainsi, d'après Mosny, vis-à-vis du pneumocoque; Trombetta montre que du nombre des espèces réunies dépend la gravité de l'infection purulente. — On pourrait citer à. peu près toutes les maladies, comme en témoigne la lecture des intéressants rapports de Malvoz, de Widal, de Spillmann; parfois chaque agent crée des désordres spéciaux à son activité et à l'état du terrain.

Du reste, le professeur Bouchard a observé que, chez les personnes atteintes de furonculose, on fait souvent disparaître des inflammations des glandes de la peau, en réalisant l'antisepsie intestinale. Or, comment agit cette antisepsie, sinon en diminuant le nombre des ferm.ents qui peuplent le tube digestif? Il en résulte que les éléments putrides qui se fabriquent, qui sont absorbés dans Le trajet compris entre l'estomac et le rectum, sont sensiblement amoindris. Il semble donc que ces matières chimiques aient une action favorable au fonctionnement des staphylocoques pyogènes, puisque leur suppression hâte la disparition des manifestations de ces staphylocoques; ces faits ont la valeur d'une donnée expérimentale, etc., etc. Parfois, cependant, l'influence des toxines sur les germes peut s'exercer contre ces germes, au profit de l'économie.

Bouchard a étudié l'action du microbe du pus bleu sur la bactéridie charbonneuse, étude poursuivie également par Freudenreich, par Woodhead et Cartwright Wood, plus récemment par Blagovestchenski (Ann. Inst. Past., novembre 1890); chacun de leur côté, ces chercheurs sont arrivés sensiblement aux mêmes données, à savoir la possibilité de combattre ainsi le charbon.

A la suite des recherches de ces savants, Guignard et Charrin se sont efforcés de pénétrer le mécanisme de cette atténuation. Dans ce but, le bacille du pus bleu a été semé dans des cultures bactéridiennes en pleine végétation, en pleine activité; la coloration, les réactions caractéristiques de la pyocyanine n'ont pas tardé à apparaître, presque aussi facilement dans ces conditions que dans le bouillon pur. Observant ces cultures mixtes, les auteurs ont suivi les modifica-

(*) Les lois d'association des toxiques, j'ai eu l'occasion de le prouver avec Modinos (Soc. de bioL, 1895), indiquent que, le plus halMtuellement, ces associations exaltent la toxicité; parfois, cette toxicité ne varie pas ; rarement, elle se trouve abaissée.

VÉGKTATIOX DKS liACTKIUES DANS LKS TOXINES. I«l

lions que poiiL y subir la hacItM-idio, dans sa virulcnco, dans sa l'orme; en oulrc, ces cultures ont tWc in()(Md<'es au cobaye. — Pour luer cet animal, il faut, si l'activité est moyenne, des (joses assez (•onsidéra])les de virus pyocyaniciue, un demi à un centimètre cube environ, tandis que deux ou trois gouttes de virus du charbon sont suffisantes pour amener la mort. Dès lors, en injectant sous la peau au plus un centimètre cube, on ne peut agir que par ce virus du charbon.

Pendant les six premiers jours du développement du bacille pyocyanogènc au contact des germes charbonneux, la virulence de ces derniers ne paraît pas modifiée d'une façon sensible, constante. A partir du huitième, cette virulence décroît légèrement; les animaux inoculés succombent, mais la survie augmente; alors qu'une culture de sang de rate de même âge, indemne de tout microbe du pus bleu, tue en 70 à 96 heures, la culture mixte ne fait périr qu'au bout de 5, 7, 8 jours. Après deux semaines, les animaux résistent durant 6 à 9 jours. A l'autopsie, on constate habituellement des bactéi-ies fragmenlées. plus granuleuses que dans les cas de mort rapide; on observe aussi ces longs filaments qui rappellent ceux des ballons, filaments considérés, quand on les rencontre dans les organes de l'animal, comme les signes d'un charbon atténué. — Au bout de quatre semaines et au delà, le cobaye se montre parfois réfractaire, quoique les résultats ne soient pas absolument constants. Il est aisé de voir qu'à cette date, même plus tard, si on sème la bactéridie ainsi affaiblie dans du bouillon pur, elle reprend sa virulence : elle a été plus ou moins détériorée; elle n'est pas morte.

Parallèlement à ces changements de virulence s'observent des modifications morphologiques. — Dans la culture du charbon, on introduit pour 10 centimètres cubes de liquide quelques gouttes, 1 à o, de la culture du bacille pyocyanogène; les ballons sont mis à des températures allant de 50 à 57 degrés : habituellement, la bactéridie saine s'altère rapidement. Dès la quarante-huitième heure, les bâtonnets rassemblent leur contenu, en certains points, sous l'apparence de grains de volumes variables, autour desquels on aperçoit une mince paroi; le troisième ou quatrième jour, l'aspect régulier a disparu; on note soit des formes d'involution consistant en filaments renflés, plus ou moins contournés, soit des articles isolés ou soudés, réduits par places à leur enveloppe, renfermant des granulations, dont le diamètre, tantôt égal à la normale, tantôt plus petit, se révèle mobile. Ces granulations sont aisément colorables. même au bout de plusieurs semaines; il n'y a pas formation de spores: la plupart d'entre elles se séparent bientôt; d'autres restent accolées sous la membrane, dans les points où elles ont pris naissance. Une fois mis en liberté, ces éléments ressemblent à des microcoques d'inégale grosseur, seuls ou groupés par deux, ou en plus grand nombre; on retrouve, cependant, après plusieurs semaines, plusieurs mois, quelques microbes courts, incurvés, déformés, présentant un contenu granuleux. Il est, d'ailleurs, facile de concevoir que la morphologie puisse varier jusqu'à une certaine limite, suivant que celle bactéridie s'est trouvée à la surface ou dans la profondeur du liquide. D'autre part, si on sème ces organismes ainsi altérés sur des milieux appropriés, la végétation, comme tout à l'heure la virulence, ne tarde pas à réapparaître. — Les principes empêchants sont beaucoup moins puissants, quand, au lieu d'êlre à Télal naissant, la culture est en pleine floraison.

Poursuivant ces expériences, Charrin et Guignard ont semé du charbon actif à l'état de filaments, dans des principes solubles stérilisés, filtrés, du bacille de la suppuration bleue. Dans ces nouvelles conditions, des modifications de

[A. CHARRIN ]

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