MODES DACTION DES DIVERS PROCESSUS. — ANALOGIES
ces ennemis sont prèls à nous surprendre, dès que noire résistance faiblit, dès que la phagocytose nest plus suffisamment active pour les détruire.
D'autres considérations peuvent être invoquées, car il existe une grande ressemblance entre les procédés employés par l'infection et les moyens utilisés par des maladies d'un autre ordre pour favoriser l'entrée en scène des germes secondaires.
La cellule du diabétique ne travaille-t-elle pas à l'accumulation dans les tissus d'une substance chimique spéciale, le sucre? La cellule du diabétique n'élaboret-elle pas souvent d'une façon anormale, ainsi que le prouvent l'azoturie, la phosphaturie, l'albuminurie, compagnes si fréquentes de la glycosurie? En définitive, les recherches du professeur Gautier ne nous ont-elles pas appris qu'il n'existe pas une énorme différence entre certains produits de sécrétion des cellules de l'organisme et des principes nés des cellules végétales? Les unes, parmi ces cellules, ne peuvent-elles pas engendrer des substances pyrétogènes(^), comme dans la goutte, des substances provoquant la dyspnée, le délire, les flux intestinaux, comme dans l'urémie? les autres, l'expérience le démontre, ne donnent-elles pas naissance également à des corps élevant la température, à la pyrotoxine de Centanni, à des corps créant l'oppression, l'ataxie cérébrale, l'entérite? Les premières, comme les secondes, produisent des composés stables, des gaz, gaz de la plèvre, gaz de la vessie, etc.; elles font apparaître et des toxiques et vraisemblablement des produits antitoxiques. Tous ces organites, en un mot, ne possèdent-ils point des propriétés capables de modifier la constitution chimique des milieux intérieurs, la teneur en glycogène, en sucre, partant des bouillons de culture p)?
La pathologie générale se refuse à établir des différences radicales, fondamentales, entre les voies et moyens qui préparent les infections secondaires au cours des maladies de divers ordres. Il suffit, du reste, pour se convaincre, d'en appeler à la clinique; elle enseigne que ces infections suivent aussi bien les désordres traumatiques, les perturbations nerveuses, les troubles de nutrition, que les déterminations bactériennes vraies : toutes ces affections détériorent les activités cellulaires.
On ne saurait, d'ailleurs, oublier qu'avant la découverte des microbes nous connaissions déjà des parasites végétaux plus élevés, agissant comme je l'ai vu, comme l'a vu Kotliar, plutôt directement que par leurs sécrétions : tels le pityriasis versicolor, Voïdium albicans, tels quelques représentants du groupe aspergillus, etc. Or, l'observation apprend précisément que l'arthritisme, trouble de nutrition, facilite l'éclosion de ce pityriasis, au même titre que la tuberculose, maladie bacillaire; on sait également que le muguet se développe soit à la suite des pyrexies prolongées, soit à la suite d'autres maladies ; les associations de bactéries et de parasites tout différents (favus, actinomyces, tœnia, etc.) sont établies. — Au cours de ces maladies premières, il suffît d'affaiblir le terrain pouF faire pousser l'agent venu secondairement. Et où fructifient ces champignons relativement supérieurs? De préférence, sur la peau, dans le tube digestif, dans le poumon, c'est-à-dire dans tous les points où, tout à l'heure, nous avons trouvé les germes, causes habituelles des affections deutéropathiques.
(*) Avec Rijffer, 1889, j'ai, le premier, établi que les produits microbiens, après une culture pure, sont thei'mogènes ; j'ai également montré que le muscle contient des éléments de même oi"dre. — Les confirmations n'ont pas manqué (Roger, Rouquès, etc.).
(*) Voy. chap. m, vi.