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Fi^. 10. — Fièvre quarte. A partir du 20 mars le malade prend de la quinine.
quarte ; aussi est-il très difficile d'admettre avec quelques observateurs l'existence de parasites différents pour les différents types fébriles.
Il résulte des recherches de Maillot que dans les deux tiers des cas, les fièvres intermittentes, quel que soit leur type, ont leurs accès de midi à minuit, que le maximum de fréquence des accès pour les fièvres quotidiennes et pour les fièvres tierces est à dix heures du matin et le minimum de neuf heures du soir à minuit (1).
Cette loi qui a été confirmée par tous les auteurs qui ont entrepris de la contrôler, notamment par Finot et Durand (de Lunel) est très intéressante au point de vue clinique, car, dans la plupart des fièvres non paUislres et notamment dans la fièvre hectique, les paroxysmes félîriles ont lieu le soir.
La description des fièvres intermittentes se réduit presque à celle de l'accès de fièvre qui est le même, quel que soit le type fébrile.
L'accès régulier de fièvre intermittente est caractérisé par les trois stades : de frisson, de chaleur et de sueurs.
L'étude de la marche de la température dans les accès de fièvre a été très bien faite par Gavarret, Michael, Wunch^rlich et Lorain. Gavarret a montré dès 183'J que l'ascension thermique commence un
(1) Mau-lot, op. cit., p. 11.
74 A. LAVERAN. — PALUDISME.
peu avant l'apparition du frisson et qu'elle continue pendant toute la durée de celui-ci, bien que les malades éprouvent une sensation de froid très pénible (1).
Le stade de frisson peut manquer et alors il arrive assez souvent que les malades n'ont pas conscience de leur état fébrile. D'autres fois le stade de frisson dure longtemps et constitue la période la plus pénible de l'accès de fièvre ; les membres et le tronc sont secoués par le frisson, les dents claquent, la peau présente le phénomène de la chair de poule ; les extrémités sont parfois refroidies en réalité, mais a température des parties centrales (rectum, aisselle) est toujours fébrile et souvent, en plein frisson, on note déjà 40° dans l'aisselle.
Le tracé reproduit dans la figure II, d'après Lorain, donne les températures du rectum, de la bouche, de l'aisselle et de la main pendant un accès de fièvre intermittente. On voit par ce tracé que la température de l'aisselle subit des variations analogues à celles de la température du rectum, à quelques dixièmes de degré au-dessous, on peut donc étudier très bien la thermométrie des fièvres palustres en se bornant à prendre la température axillaire. Les tracés thermo métriques que nous donnons ont été établis avec les températures axillaires.
Dans les cas où le refroidissement des parties périphériques est très marqué, on s'explique facilement la sensation de froid éprouvée par les malades malgré l'ascension de la température centrale ; mais il s'en faut de beaucoup que les choses se passent toujours ainsi.
Comme Griesinger et Lorain l'ont fait observer, il arrive souvent que le refroidissement des parties périphériques est nul pendant le frisson, ou même que la température de ces parties s'élève progressivement en même temps que celle des parties centrales, bien que les malades éprouvent une sensation de froid très pénible.
A la sensation de froid succède une sensation de chaleur intense, les malades accusent une soif ardente, une céphalalgie très forte ; parfois un peu de délire se produit pendant ce stade, même dans les accès de moyenne intensité, qui ne méritent pas de figurer parmi les accès pernicieux.
Le fastigium thermométrique s'observe d'ordinaire vers le milieu du stade de chaleur ; la température atteint le plus souvent ou dépasse 40° ; le thermomètre monte parfois dans l'aisselle à 41° et 42°. Hirtz a noté dans un cas le chiffre tout à fait exceptionnel de 44°.
Le pouls, petit et tremblé pendant le frisson, devient plus ample dans le stade de chaleur encore plus ample dans le stade de sueurs (2).
(1) Gavarret, Journal l'Expérience, 1839. — Michael, Archiv f. phijsiol. Ileilk., 1S56. — WuNDEnLicn, De la temp 'rature dans les maladies, trad. fr., 18"2. — Lorain, Éludes de mcd. clin., t. II, p. 5.
(2) Lorain, op. cit.
La défervescence se produit plus ou moins rapidement suivant l'intensité de l'accès et, en général, elle s'accompagne de sueurs; le malade éprouve une sensation de bien-être. Dans certains cas la peau devient seulement moite, dans d'autres, les sueurs sont si abondantes
Juillet 1
Heure 5 1
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Fig. 11. — Un accès de fièvre intermittente. Courbes des températures du rectum, Je la bouche, de l'aisselle et de la main.
Température du rectum.
Température de la bouche.
Température de l'aisselle.
•*** Température de la main.
qu'il faut changer à plusieurs reprises le linge des malades. A la fin du stade de sueurs la température s'abaisse souvent au-dessous delà normale, à 36°, voire même à 35°; en môme temps le pouls se ralentit, il ne bat plus chez quelques malades que cinquante fois à la minute.
Au point de vue de la durée on peut classer ainsi qu'il suit les accès de fièvre :
Accès courts qui durent de quatre à huit heures;
Accès moyensqui durent de huit à douze heures;
Accès longs qui durent plus de douze heures.
Les tracés des figures 12 et 13indi(iiionl lamarchedela température dans deux accès de fièvre, le premier léger et court (fig. 12), l'autre de
A. LAYERAN.
PALUDISME
durée moyenne (fig. 13). Pour établir ces tracés la température
a clé prise d'heure en heure dans Taissellc.
Les accès de longue durée présentent, comme les accès moyens qui sont de beaucoup les plus communs, les trois stades de frisson, de chaleur et de sueurs, mais c'est surtout le stade de chaleur qui est prolongé. Ces longs accès de fièvre expliquent le mode de production des accès subinlranls, l'accès commençant avant la fin du précédent, la température ne revient pas à la normale dans l'intervalle des accès (fig. 14).
Il est fréquent d'observer de Vherpès à la suite des accès de fièvre intermittente ; l'herpès siège aux lèvres, aux joues, aux ailes du nez, aux oreilles, quelquefois sur les muqueuses.
Après l'herpès, l'éruption la
plus commune est Vurlicaire. L'urticaire se présente sous sa forme
ordinaire; les poussées sont plus ou moins générales. Les palustres
— ) — 1 midi
fiî