PITYRIASIS RUBRA CHRONIQUE PRIMITIF. — DIAGNOSTIC
sont le siège d'une sensibilité douloureuse, qui l'end la préhension et la marche impossibles.
Les phanères ne restent pas indemnes : les poils s'amincissent, deviennent fragiles et tombent; les ongles sont épais ou minces, mais toujours friables. A mesure que la maladie évolue, l'état général s'altère et devient de plus en plus mauvais ; l'ailaiblissement est lent, mais graduel, sans rémission. La peau s'ulcère par places, d'où une nouvelle cause d'épuisement ; des troubles digestifs surviennent, ainsi que de la diarrhée colliquative et des phénomènes cachectiques qui aboutissent à la mort. Quelquefois la terminaison est hâtée par une pneumonie ou une tuberculose pulmonaire intercurrente.
Pityriasis rubra chronique bénin. — A côté du pityriasis rubra chronique grave, il existe un pityriasis chronique bénin ou au moins relativement bénin. Ce dernier a une évolution extrêmement lente, plus lente encore que la forme grave ; mais l'état général reste à peu près satisfaisant. Cette forme bénigne a été observée par Vidal et Brocq et par nous-même. L'un de nous (Gaucher) en a vu un cas l'année dernière, dont la première poussée avait été soignée jadis par Bazin.
La maladie se développe graduellement par des plaques d'abord isolées, finement squameuses, quiseréunissentpeu àpeu, mais laissent pendant longtemps des intervalles de peau saine. L'éruption se généralise avec les mêmes phénomènes objectifs et subjectifs que le pityriasis rubra grave ; les poils et les ongles s'altèrent et tombent ; des ulcérations et d'autres troubles trophiques peuvent se montrer, particulièrement aux membres inférieurs. Mais, point très intéressant et qui différencie cette forme bénigne de la forme grave, l'affection peut subir des rémissions momentanées, s'amender et guérir temporairement par places ; les ongles môme repoussent. Ce n'est pas une guérison, ce n'est qu'une accalmie ; l'éruption reparaît toujours, au bout d'un temps variable, avec les mêmes caractères. Elle peut durer un grand nombre d'années, avec des rémissions et des poussées nouvelles, mais elle ne guérit pas. Cependant l'état général reste très longtemps relativement bon et rend le pronostic de cette forme beaucoup moins grave que celui de la forme précédente.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — D'après Hans Hebra, les lésions du pityriasis rubra chronique sont caractérisées d'abord par une infiltration embryonnaire du derme avec développement des faisceaux fibro-conjonctifs, puis par une sclérose du chorion avec destruction des glandes, des follicules pileux et amincissement de la couche de Malpighi. L'aspect des coupes de la peau, à la dernière période, est celui d'une cicatrice, recouverte d'une mince couche d'épiderme.
DIAGNOSTIC. — Le pityriasis rubra chronique se différenciera facilement de Veczéma, du /),soriasis , quand ces derniers se sont
généralisés, se sont transformés en pityriasis rubra secondaire, les éruptions antérieures ou des restes de celles-ci sur un point du corps mettront sur la voie du diagnostic. Dans le pemphigus foliacé les squames sont humides, larges et il y a des débris de bulles.
TRAITEMENT. — Aucune médication n'a pu empêcher la mort dans tous les cas connus. Les bains continus institués par Hebra apportent quelquefois un certain soulagement. En somme le traitement n'est que palliatif.