‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 2)Chapitre 119 sur 173 · PITYRIASIS RUBRA CHRONIQUE PRIMITIF · texte numérisé non relu

PITYRIASIS RUBRA CHRONIQUE PRIMITIF

Il a été surtout décrit par Hebra. Cette affection, peu commune en France, paraît plus fréquente en Autriche où cependant elle est encore rare et n'atteindrait que les hommes. Ses causes sont inconnues.

DESCRIPTION. — Son début est lent, insidieux, sans prodromes ; des plaques rouges, squameuses, se montrent à la fois sur plusieurs points du corps, mais principalement aux plis articulaires (Kaposi). Elles sont d'un rouge vif, couvertes de squames fines et pityriasiques; peu à peu elles s'étendent, se réunissent par confluence. L'éruption finit par couvrir la totalité du corps, au bout de plusieurs mois, d'un an, de deux ans et même davantage.

A la période d'état le malade présente une rougeur générale, couverte de squames, sans addition d'aucune autre lésion éruptive. Les squames, contrairement à celles de la dermatite exfoliatrice, sont petites, parfois très petites, et constamment sèches. Exceptionnellement les lamelles sont un peu plus grandes. Aux mains et aux pieds, les débris épidermiques sont plus épais, comme stratifiés. Le derme s'épaissit, devient comme œdémateux par places; sur d'autres points il est induré. La peau, dans sa totalité, est roide et tendue; les mouvements sont gênés. Parfois, la rougeur des téguments devient plus foncée, violacée et même livide aux membres inférieurs. Il y a ordinairement peu de réaction générale ; le prurit est très modéré dans la généralité des cas; mais, d'après Hebra et Kaposi, il y a des frissonnements continuels, une sensation de froid presque permanente.

Dans une troisième période^ le derme, infiltré d'abord d'éléments jeunes, subit un processus de sclérose avec toutes ses conséquences: la peau s'atrophie, se rétracte; il en résulte de la gêne dans les mouvements, les malades ferment difficilement les yeux, ouvrent avec peine la bouche. Les téguments sont amincis, tendus sur les parties sous-jacentes; la paume des mains et la plante des pieds

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