‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 2)Chapitre 124 sur 173 · ACNE INFLAMMATOIRE OU PUSTULEUSE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ACNE INFLAMMATOIRE OU PUSTULEUSE. — TRAITEMENT

laissent à leur suite des indurations tuberculeuses, plus volumineuses que celles de l'acné indurée.

ÉTIOLOGIE. — L'acné peut être produite par l'application de substances médicamenteuses irritantes sur la peau, huile de cade, goudron, acide pyrogallique, acide chrysophanique,ou consécutive à l'administration interne des iodures et des bromures. Il est possible que ces médicaments internes n'agissent pas seulement par leur élimination cutanée, mais par les troubles digestifs qu'ils provoquent. Les résultats obtenus par Féré rendent cette hypothèse fort plausible : Féré est parvenu, chez des épileptiques soumis à de fortes doses de bromure de potassium, à supprimer ou à atténuer l'acné bromique, en leur administrant concurremment des cachets de naphtol. Quant aux causes de l'acné dite spontanée, une des principales provient du mauvais fonctionnement des voies digestives.Lesacnéiques sont souvent atteints de dyspepsie, de dilatation de l'estomac : « La dyspepsie favorise le développement de la séborrhée, puis survient l'éruption acnéique qui n'est que le résultat d'un ensemencement de la peau séborrhéique par les germes venus de l'extérieur (1). » Chez les acnéiques, les poussées sont souvent déterminées par l'ingestion d'aliments épicés, de gibier, de charcuterie, de fromages fermentes, de boissons alcooliques, de café, de thé. Mais tous les dyspeptiques n'ont pas de l'acné, il faut une certaine prédisposition; celle-ci est encore bien mal connue. Il est vrai qu'on observe souvent l'acné chez les sujets lymphatiques, quelquefois chez les arthritiques ; chez ces derniers on observe plutôt l'acné cicatricielle et la couperose. Quelques auteurs pensent qu'il existe une relation entre l'acné et les affections des organes génilo-urinaires, cette opinion est exagérée ; pourtant certaines femmes ont, à chacune de leurs époques menstruelles, une poussée d'acné.

TRAITEMENT. — Dans l'acné médicamenteuse, le traitement consistera par-dessus tout à supprimer la cause initiale, à prescrire des émollients. On pourra conseiller des cachets de poudres absorbantes et antiseptiques. Dans l'acné dite spontanée, il faut d'abord interdire tous les excitants: boissons alcooliques, liqueurs, café, thé, les aliments épicés,le gibier, le poisson, les coquillages, les fromages faits, le bouillon gras, les sauces, tous les corps gras ; ensuite soigner la dyspepsie, combattre la ditatation de l'estomac. Les hypochlorhydriqucs prendront à chaque repas un demi-verre dune solution de 3 grammes de HCl dans un litre d'eau, les hyperchlorhydriques useront des alcalins; on obtiendra l'antisepsie du tube digestif à l'aide de cachets de benzo.-naphlol ; on combattra la constipation à l'aide de laxatifs.

(1) Bamthélemy, Congrès de dermat. Paris, 1889.

800 E. LrAUCHER ET C. BARBE. — MALADIES DE LA PEAU.

Les médicaments diathésiques ont peu d'importance : chez les arthritiques on pourra prescrire les alcalins; chez les lympliatiques on recommandera l'arsenic. On a préconisé le soufre qui agit probablement comme laxatif. Unna recommande l'ichtyol, même à l'intérieur (1 à 3 capsules de 25 centigr. par jour).

Le traitement local consiste à faire tous les soirs des lotions irritantes avec de l'alcool camphré étendu d'eau ou de l'eau de Cologne, avec la solution de sublimé à 1 p. 1000 ou même 1 p. 250 ; pour augmenter l'action irritante de la lotion, on pourra mettre moitié eau, moitié alcool. La lotion mercurielle peut être remplacée par la solution sulfo-camphrée : soufre précipité, 15 gr. ; alcool camphré, 10 gr. ; eau, 250 gr. ; ou la lotion sulfureuse : sulfure de potassium, 1 gr. ; teinture de benjoin, 2 gr. ; eau distillée, 100 gr. Ces lotions doivent être faites le soir avec un tampon de ouate hydrophile aseptique ; on les laissera sécher la nuit sur la peau. Tous les malins on fera un nettoyage de la peau à l'eau chaude, et pour calmer l'irritation cutanée, on appliquera une pommade calmante à base d'oxyde de zinc ou de sous-nitrate de bismuth. Si la peau est déjà grasse, on la saupoudrera avec le mélange suivant : oxyde de zinc, 10 gr. ; poudre d'amidon, 20 gr. ; acide borique, 4 grammes.

Le savon noir appliqué le soir pendant quatre jours de suite a donné des succès dans des cas rebelles ; on calme l'irritation par des pulvérisations tièdes et l'application d'une pommade inerte. Unna considère l'ichtyol comme un médicament éminemment résolutif et antiphlogistique; il l'applique tous les soirs soit pur, soit en solution de 5 à 50 gr. pour 50 gr. d'alcool et 50 gr. d'élher.

Souvent il est indispensable d'associer un traitement chirurgical à cette médication : ce traitement consiste à ponctionner les pustules tous les trois jours ou tous les huit jours avec un petit instrument spécial en forme de fer de lance, à les vider en les pressant, puis à le» cautériser avec la teinture d'iode ou une solution forte de sublimé. On pourra encore se servir du thermocautère à pointe fine ou mieux du galvanocautère ; avec ces instruments on ponctionnera les pustules et on les cautérisera en même temps.

On recommandera les eaux de La Bourboule en boisson ; celles de I.uchon, de Challes, de Saint-Honoré, d'Aix en pulvérisation.

Dans les cas d'acné généralisée, on prescrira des bains sulfureux.

ACNE ROSACEE.

Elle est encore appelée acné congestive, couperose, et constituée parla combinaison de trois lésions différentes : 1° la congestion de la peau et la dilatation permanente des capillaires cutanés ; 2° la production de papules et de pustules semblables à celles de l'acné inflammatoire; 3° l'hypertrophie des glandes sébacées et la prolifération des

ACNÉ ROSACÉE. — DIAGNOSTIC. 801

tissus périglandulaires. Celte congestion de la peau et cette prolifération périglandulaire donnent à l'acné rosacée un caractère propre qui la distingue des autres formes d'acné. Ces trois éléments, suivant qu'ils sont isolés ou associés, font qu'on a décrit trois formes de la maladie: 1° une forme congestive pure ou avec télangiectasies ; 2» une forme congestive, télangiectasique et papulo-pustuleuse ; 3° une forme hypertrophique.

DESCRIPTION. — L'acnée rosacée siège surtout à la face, sur les joues, le nez et le front; Bazin et Hillairet l'ont observée à la région thoracique antérieure Elle débute par des taches rouges, congestives, qui sont d'abord intermittentes et apparaissent surtout après les repas ou l'exposition à l'air froid et qui sont accompagnées de chaleur et de tension de la peau. Puis les taches deviennent permanentes et la rougeur se complique de dilatation des capillaires cutanés ; ces télangiectasies, d'abord appréciables seulement à la loupe, deviennent visibles à l'œil nu à mesure qu'elles grossissent. Elles peuvent prendre une couleur violacée, surtout chez les buveurs. La peau à ce niveau est turgide, un peu épaissie, séborrhéique ; elle présente des dilatations des orifices sébacés.

Plus tard on voit se développer, sur les taches rouges, des papules d'acné qui peuvent rester à cet état, mais qui souvent deviennent des pustules, offrant tous les caractères de l'acné ordinaire. Parfois l'apparition de ces papulo-pustules est primitive ou se fait en même temps que la congestion de la face. Dans bien des cas la couperose s'arrête là, mais dans d'autres elle se complique de prolifération conjonctive des régions atteintes et constitue Vacné hypertrophique.

Dans cette acné, encore appelée acné éléphantiasigue, rhinophyma, les parties malades, rouges ou violacées, sillonnées par des capillaires dilatés, sont épaissies, mamelonnées irrégulièrement. L'hypertrophie porte à la fois sur les glandes sébacées et sur le tissu conjonctif qui entoure ces glandes ; les orifices de celles-ci sont dilatés et, à la périphérie des parties épaissies, on voit quelques pustules d'acné ordinaire. Dans quelques cas d'acné hypertrophique, la peau a conservé sa coloration normale, il n'y a ni congestion ni télangiectasies, mais une tendance à l'hypertrophie des tissus. Quelle que soit la coloration de la peau, le nez peut acquérir des dimensions énormes, descendre jusque sur la lèvre supérieure et gêner l'introduction des aliments dans la bouche ; la cavité des narines peut être tellement rétrécie que l'air n'y passe plus.

PRONOSTIC. — La couperose n'est pas grave, mais très rebelle et, de toutes les formes d'acné, c'est celle qui déforme le plus le visage.

DIAGNOSTIC. — On est quelquefois embarrassé pour distinguer l'acné rosacée du lupus érythémateux, du lupus acnéique : le lupus

Tmaiti; di:^ médecine. III. — 51

érythémateux a une coloration plus foncée, il est constitué par une plaque un peu saillante, à bords nets, tandis que l'acné est diffuse ; de plus, à la surface du lupus on observe quelques croûtes, quelques squames et de petites taches blanches cicatricielles ; enfin le lupus n'a pas de siège précis, tandis que l'acné occupe les joues et le nez. On peut encore confondre l'acné avec l'engelure du nez, mais l'érythèrae [jernio est une maladie aiguë, se montrant en hiver, cuisante, accompagnée d'une tuméfaction des parties, qui n'existe pas dans l'acné. Les lésions syphilitiques acnéiformes du visage se distingueront par la coloration cuivrée des papules, leur tendance à l'ulcération, leurs cicatrices consécutives. L'eczéma séborrhéique de la face est quelquefois très difficile à distinguer de l'acné rosacée : dans la première maladie, la rougeur est beaucoup moins vive et moins diffuse, il n'y a pas de télangiectasies, mais, à la surface des plaques rouges, existent des amas graisseux. Pour Unna, « l'eczéma séborrhéique est chez les femmes une des causes les plus fréquentes de l'acné rosée » ; il y a dans cette assertion une part d'exagération. La kératose rouge pilaire se distinguera de l'acné rosacée par son fin granité, localisé surtout aux régions sous-malaires et préauriculaires.

ÉTIOLOGIE. — Elle se confond avec l'étiologie de l'acné ordinaire, mais il y a en plus quelques causes spéciales : la couperose est une maladie plus fréquente chez la femme, surtout à l'époque de la ménopause ; elle est souvent héréditaire. Une des plus grandes causes adjuvantes est certainement l'alcoolisme : d'après Hebra, on observerait chez les buveurs de vin des nodosités d'un rouge vif; chez les buveurs de bière, l'acné serait violacée; enfin chez les buveurs d'eaude-vie, la peau serait d'un bleu foncé lisse. Cependant on peut observer la couperose chez des individus très sobres. En dehors de l'alcoolisme, les troubles digestifs jouent un grand rôle : la dilatation de l'estomac est une cause très fréquente de la couperose. Mais, au-dessus de toutes les causes occasionnelles, il y a une cause primordiale prédisposante, c'est l'arthritisme (Bazin). On a signalé encore d'autres nfluences secondaires qui n'agissent que comme causes occasionnelles chez des sujets prédisposés : le séjour au bord de la mer, les climats froids, l'exposition aux intempéries atmosphériques, le froid aux pieds (Hardy) ; les personnes atteintes de couperose ont les pieds habituellement froids et les réchauffent difficilement.

TRAITEMENT. — Le traitement général est le même que celui de l'acné inflammatoire : le même régime est applicable aux deux formes d'acné; on combattra les troubles digestifs par les mêmes moyens; comme l'arthritisme est souvent en cause, on ordonnera les alcahns. Quelques auteurs recommandent les préparations d'hamamélis ; nous ne leur avonsjamais trouvé aucune efficacité. Il faudra éviter les irrita-

ACNE PILAIRE CICATRICIELLE. 803

lions cutanées, de même que les variations atmosphériques, recommander aux malades de ne pas avoir froid aux pieds.

La médication locale est analogue à celle de l'acné ordinaire. Il faut lotionner chaque matin la figure avec de l'eau très chaude ou faire des pulvérisations chaudes ; pour calmer l'irritation cutanée, on appliquera une pommade à l'oxyde de zinc. Le soir, on fera une lotion avec la solution sulfo-camphrée (soufre précipité et tamisé, 15 gr. ; alcool camphré, 15 gr. ; eau, 250 gr.). On suivra ce traitement pendant cinq ou six jours, on le suspendra pendant deux ou trois jours et on recommencera pendant deux ou trois mois consécutifs (Hillairet).

On peut encore utiliser la pommade au biiodure de mercure (50 centigr. pour 30 gr. d'excipient), la liqueur de Van Swieten pure ou même la solution de sublimé à 1 p. 500, la pommade soufrée, l'emplâtre de savon noir, la solution de chlorhydrate d'ammoniaque à 1 p. 100. Mais souvent ce traitement sera insuffisant et il faudra avoir recours aux scarifications linéaires quadrillées : celles-ci seront faites perpendiculairement ou obliquement aux vaisseaux dilatés, très rapprochées les unes des autres; après en avoir fait dans un sens, on les coupera par d'autres également parallèles entre elles; enfin les scarifications seront assez profondes pour atteindre les vaisseaux. Ces scarifications, par l'issue du sang, produisent la décongestion des tissus et l'inflammation des parois vasculaires, qui amène leur oblitération. On arrêtera l'hémorragie à l'aide de coton borique, puis on fera une pulvérisation d'eau boriquée. Ces scarifications doivent être répétées tous les huit jours pendant un temps plus ou moins long; dans l'intervalle, on fera des onctions tantôt avec des pommades calmantes, tantôt avec des pommades irritantes. Dans l'acné hypertrophique, les scarifications sont souvent insuffisantes; on doit alors pratiquer la cautérisation ignée ou même l'ablation chirurgicale des parties malades.

Les eaux minérales à prescrire sont les mêmes que dans l'acné inflammatoire.

ACNÉ PILAIRE CICATRICIELLE.

Encore appelée acné atrophique, ulcéreuse, nécrotique ; fréquente chez les arthritiques, d'où son nom d'acné cicatricielle arthritique.

Forme Loe.ALisÉE. — Elle siège surtout au front, près de la bordure des cheveux, sur les tempes, les ailes c^u nez, les joues, le menton; sur le cuir chevelu, cette affection prend le nom de folliculite décalvante.

Forme généralisée. — Les lésions envahissent non seulement la face, mais aussi la barbe, le devant de la poitrine et même le dos.

Dans ces deux formes, la maladie est caractérisée par des papules

rosées ou rouges, rarement violacées, dont le volume varie d'un grain de millet à un grain de chènevis. Ces papules suppurent comme celles de l'acné ordinaire, mais les papulo-pustules de l'acné pilaire sont souvent déprimées à leur centre, parce qu'elles sont traversées par un poil. Elles se recouvrent d'une croûtelle jaunâtre qui persiste quelques jours ; après la chute de cette croûte, on voit au-dessous d'elle une cicatrice rouge, puis blanchâtre, arrondie, déprimée, indélébile, ayant quelque analogie avec celle d'une pustule variolique. C'est une maladie tenace; après une première atteinte surviennent des poussées successives, qui laissent sur les régions envahies des cicatrices multiples.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — La lésion de l'acné cicatricielle est caractérisée par une folliculite et une périfoUiculite pilo-sébacée, avec envahissement assez profond du tissu conjonctif périglandulaire ; cette affection est donc une forme spéciale d'acné inflammatoire.

ÉTIOLOGIE. — Cette acné s'observe généralement chez les arthritiques et débute entre trente et quarante ans. Certains auteurs ont voulu la rattacher à la syphilis, mais on l'a alors confondue avec la syphilide acnéiforme.

DIAGNOSTIC. — On distinguera l'acné cicatricielle de la syphilide acnéiforme en ce que cette dernière est beaucoup plus disséminée ; il y a, de plus, des antécédents spécifiques. En étudiant l'hidrosadénite, nous exposerons les caractères différentiels de cette affection et de l'acné nécrotique.

TRAITEMENT. — Il est le même que celui de l'acné inflammatoire. Dubreuilh s'est bien trouvé de la pommade suivante : axonge, 30 gr. ; savon de potasse et soufre précipité, ââ, 5 grammes.

FOLLICULITES DÉCALVANTES. — PSEUDO-PELADE. — ALOPECIES CICATRICIELLES INNOMINEES (Besnier).

DESCRIPTION. — L'affection dénommée par Lailler acné décalvante a été étudiée par Quinquaud sous le nom de folliculite décalvante : on voit se former, sur le cuir chevelu et par places, de petits abcès» du volume d'une tête d'épingle, du centre desquels émerge un poil qui s'arrache avec facilité. Le poil est détruit et tombe spontanément, il ne repousse pas, car le processus inflammatoire produit l'atrophie du follicule pileux. A ce niveau le cuir chevelu est lisse, d'un blanc mat, comme atrophié, rappelant l'aspect de la pelade. Les plaques alopéciques sont irrégulières, de grandeurs variables, disséminées çà et là sur le cuir chevelu. Quinquaud aurait trouvé dans les pustules un microcoque avec lequel il serait arrivé à produire des folliculites

ACNE CHELOÏDIENNE. — DESCRIPTION. 805

avec chute des poils. La seule différence entre l'acné décalvante de Lailler et la folliculite de Quinquaud, c'est qu'après une phase où la chute des cheveux est précédée de l'apparition des folliculites, l'alopécie peut continuer à se faire dans la maladie de Lailler sans la moindre pustule, absolument comme dans la vraie pelade.

Pseudo-pelade. — A côté de la folliculite décalvante, Brocq décrit sous le nom àe pseudo-pelade une maladie du cuir chevelu caractérisée par une légère tuméfaction et une légère teinte rosée du cuir chevelu autour d'un certain nombre de cheveux. Si l'on tire sur l'un de ces cheveux, celui-ci vient avec la plus grande facilité. Bientôt l'inflammation se calme, mais, à ce niveau, le cuir chevelu est blanc, isse, atrophié, dépourvu de tout cheveu et même de duvet. L'inflammation envahit les parties voisines, suivantdes prolongements irréguliers, à l'inverse de ce que l'on voit dans la pelade vraie.

DIAGNOSTIC. — Ces affections se distinguent assez facilement de la pelade, dans laquelle le cuir chevelu ne présente jamais traces ni d'inflammation, ni de pustules acnéiques. (Voy. Pelade.)

TRAITEMENT. — On lotionnera tous les matins les plaques avec une solution de sublimé à 1/500; puis on appliquera une pommade au soufre et au turbith. Dans la pseudo-pelade, Dubreuilh aurait obtenu d'assez bons résultats avec l'ichtyol.

ACNÉ CHELOÏDIENNE.

DESCRIPTION. — C'est une acné pilaire dans laquelle l'inflammation folliculaire et périfolliculaire aboutit à une induration profonde et fibreuse du derme, ressemblant à une chéloïde.

Cette forme d'acné siège presque exclusivement sur la nuque, audessous de la naissance des cheveux ; elle débute par des éléments d'acné pilaire, agglomérés, autour desquels le tissu conjonctif hyperpiasié subit la transformation fibreuse. De ce travail résultent des nodosités dures, plus ou moins volumineuses, d'une rougeur plus ou moins foncée, qui sont quelquefois couvertes de petites lélangiectasies, semblables à celles qu'on observe sur les chéloïdes vraies. La plupart des follicules pileux sont détruits; de ceux qui subsistent, on voit émerger des poils altérés, déviés, souvent groupés de distance en distance sous forme de houppes, qui sortent perpendiculairement ou obliquement de la plaque chéloïdienne. Fréquemment, on trouve, en plus, des pustules suppurées d'acné pilaire et des pustules d'acné inflammatoire disséminées sur diverses régions de la face, qui montrent bien l'origine acnéique de l'affection; cette acné présente une marche très lente et est très rebelle au traitement.

ÉTIOLOGIE. — Elle est la même que celle de l'acné ordinaire ; l'épaississement des téguments dans la région de la nuque et les frottements du col de chemise favorisent certainement son développement,

DIAGNOSTIC, — Il est très facile ; on ne pourrait confondre cette affection qu'avec une éruption furonculeuse, mais les furoncles aboutissent en général à la suppuration et à l'expulsion d'un bourbillon; les nodosités que les furoncles laissent à leur suite ne sont pas réunies sous forme de plaques traversées par des poils

TRAITEMENT. — On essayera de faire avorter les pustules à l'aide de badigeonnages répétés de teinture d'iode, suivant la méthode préconisée par Gingeot. Quand les papulo-pustules seront en pleine suppuration, il faudra les vider au moyen de la ponction et en pressant sur leur base, puis appliquer sur elles des compresses de tarlatane imbibées d'une solution saturée d'acide borique ou d'une solution de sublimé à 1/1000 qu'on laissera jour et nuit. Pour résoudre les nodosités qui persistent après cette opération, on les recouvrira d'un morceau de sparadrap de Vigo cum mercurio ou d'une couche de savon noir, répétée plusieurs jours de suite et protégée par une bande de flanelle. Souvent ce traitement échoue et il faut alors recourir au raclage avec la curette tranchante ou plutôt aux scarifications.

Page 1