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SYCOSIS OU FOLLICULITES DE LA BARBE. — DIAGNOSTIC

temps, les poils perdent leur adhérence et tombent ; souvent cette chute n'est que passagère, les poils repoussent. Si l'inflammation a été assez intense et assez profonde pour détruire la papille pilaire, l'alopécie est définitive. Si l'on détache les croûtes, on trouve audessous d'elles des ulcérations plus ou moins larges, qui se recouvrent de fongosités saillantes, rouges, suintantes et saignant facilement. L'inflammation peut gagner le tissu cellulaire sous-cutané et produire des indurations profondes et même des suppurations sousdermiques. Aux sourcils, le sycosis peut être accompagné d'une blépharite chronique avec destruction des cils. Dans l'intérieur des narines il s'agit le plus souvent d'un eczéma pilaire et non d'un vrai sycosis. A la région pubienne, le sycosis est généralement la conséquence d'un eczéma et ne présente pas la même intensité que sur la région des joues ou du menton.

La marche du sycosis est extensive, chronique; la maladie dure parfois des années et laisse à sa suite des cicatrices plus ou moins marquées, avec destruction des poils.

ÉTIOLOGIE. — Le sycosis se développe rarement d'emblée, il est le plus souvent consécutif à un eczéma. Si, dans un eczéma de la barbe, il n'y a que formation de pustules péripilaires, sans inflammation des follicules, il s'agit d'un simple eczéma pilaire ; mais si rinflammation gagne la profondeur des follicules, le sycosis est alors constitué.

Unna, Bockhart ont trouvé, dans les follicules pileux du sycosis, les cocci du pus ordinaire, aussi l'ont-ils appelé si/cosis coccogenic, pour l'opposer au sycosis trichophytique. Le premier résulterait de la pénétration, par inoculation accidentelle, à la suite d'une coupure de rasoir, par exemple, des cocci dans les follicules pileux. Tommasoli aurait découvert un bacille constitué par de petites baguettes, assez épaisses, à extrémités arrondies, de forme elliptique ; en inoculant à des lapins et à lui-même des cultures pures de ce bacille, cet auteur a pu reproduire une variété de sycosis {sycosis bacillogenic) ; d'ailleurs celui-ci présente des symptômes analogues à ceux du sycosis coccogenic, mais beaucoup moins intenses.

On pourrait peut-être s'étonner de voir une même lésion produite par des bacilles différents, mais ne constatons-nous pas que l'angine, la pleurésie, etc., peuvent être produites par des microorganismes divers? En résumé le sycosis serait une dermatose microbienne qui viendrait le plus souvent compliquer l'eczéma pilaire, par l'inoculation secondaire d'un microbe pyogène dans la profondeur des follicules.

DIAGNOSTIC. — On ne confondra pas le sycosis avec l'eczéma pilaire, caractérisé par des lésions superficielles en nappe, l'absence de pustules profondes formant des nodosités ; il est vrai que l'eczéma pilaire présente parfois de petites pustules circumpilaires, mais

celles-ci sont superficielles. Cependant il y a des faits de transition dans lesquels on est bien embarrassé pour décider si Ton est en présence d'un eczéma pilaire ou d'un sycosis.

Un lupus siégeant dans la barbe, une syphilide tuberculeuse ulcéreuse de la même région pourraient en imposer pour un sycosis; mais, à la périphérie du lupus, on trouvera en général des tubercules caractéristiques ; dans la syphilide, les bords de la plaque sont durs, d'un rouge cuivré. Enfin le sycosis trichophytique se distinguera du sycosis ordinaire par son unilatéralité fréquente, par l'existence antérieure du pityriasis alba parasitaire et par la constatation du trichophyton au microscope.

TRAITEMENT. — Il est bien rare qu'on ne soit pas obligé de couper avec des ciseaux tous les poils aussi ras que possible : cette pratique est préférable à la rasure qui peut exposer à de nouvelles inoculations. On prescrira ensuite des pulvérisations à l'eau tiède boriquée, trois fois par jour, sur les parties malades. On videra les abcès dermiques et sous-dermiques à l'aide du scarificateur et enfin on procédera à l'épilation, qui permet l'évacuation du pus.

L'épilation sera faite en plusieurs séances à cause de la douleur qu'elle détermine ; pour un sycosis des deux joues, il faudra de deux à trois semaines environ pour arracher tous les poils. Après chaque séance, on lotionne les parties malades avec de l'alcool saturé d'acide borique et on fait une pulvérisation d'eau boriquée ; si l'inflammation est trop vive, on appliquera des cataplasmes d'amidon boriques ou des pommades émollientes. Les phénomènes inflammatoires calmés, on essayera les pommades modificatrices au calomel, au turbith minéral, à l'oxyde jaune d'hydrargyre ; si celles-ci ne sont pas supportées, on prescrira la pommade suivante : onguent styrax, 1 partie ; huile d'amandes douces, 2 parties; ou encore la pommade soufrée, la pommade à l'ichtyol. Ces préparations irritantes seront alternées avec les pommades calmantes. L'épilation sera répétée tant que les poils qui repoussent ne paraîtront pas sains et bien implantés. On cautérisera les surfaces bourgeonnantes avec le nitrate d'argent ou la teinture d'iode; on scarifiera les nodosités. La plus parfaite asepsie est d'ailleurs indispensable.

MOLLUSCUM CONTAGIOSUM.

DESCRIPTION. — Ainsi dénommé par Bateman en 1817, il est caractérisé par de petites tumeurs en forme d'élevures globuleuses déprimées au centre. Bazin l'appelait acné varioliforme à cause de l'ombilication de ces petites tumeurs, et de leur vague ressemblance avec les pustules varioliques. Ces élevures, pleines, dures et résistantes, de même couleur que la peau, parfois un peu rosées,

MOLLUSCUM CONTAGIOSUM. — ANAïOMIE PATHOLOGIQUE. 809

semi-transparentes comme des perles, sont du volume d'un grain de millet à celui d'un pois, quelquefois d'une grosse noisette. Ordinairement elles présentent une base large, sessile et forment une petite tumeur hémisphérique, quelquefois un peu acuminée ou renflée en massue ; dans ce dernier cas elles sont pédiculées. Mais toujours, caractère essentiel, chaque élevure présente un aspect ombiliqué , il y a au centre une sorte de dépression, par laquelle on peut faire sortir par la pression le contenu de ia poche, sous la forme d'une masse demi-solide, de coloration laiteuse. Ces petites tumeurs sont le plus souvent isolées et en petit nombre (4 ou 5) ; cependant on a observé quelques cas de molluscum généralisé. Le siège de prédilection de ces élevures est la face, surtout aux paupières, au front, aux joues ; on les observe aussi sur le cou, les organes génitaux, le dos, la poitrine et quelquefois sur les membres. Elles deviennent parfois confluentes et se déforment par pression réciproque. Quand on ne les traite pas, leur durée peut être indéfinie. Parfois elles guérissent spontanément par issue de leur contenu ou par inflammation de la tumeur qui suppure et disparaît, laissant une cicatrice superficielle.

DIAGNOSTIC. — Il est absolument impossible de confondre le molluscum contagiosum avec aucune autre tumeur de la peau : ses faibles dimensions, sa demi-transparence et surtout son ombilication le feront reconnaître aisément. On ne le confondra pas avec le fibroma molluscum qui, même lorsqu'il est à son début, n'a qu'une lointaine ressemblance avec le molluscum de Bateman; le molluscum fibreux est le plus souvent pédicule, présente un volume plus considérable, enfin il n'est jamais ombiliqué. Les kystes sébacés sont des tumeurs plus volumineuses, sans ombilication, offrant parfois un point noir central indiquant l'orifice de la glande sébacée.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Elle a été bien étudiée par Renaut (de Lyon). Le molluscum contagiosum est dû à une altération particulière de la glande sébacée. Dans ces derniers temps, quelques auteurs ont voulu le considérer comme une tumeur formée dans les prolongemeuts interpapillaires de l'épiderme; mais si on fait une coupe de la petite tumeur au début de son développement, coupe passant par l'ombilication centrale, on voit que non seulement l'épiderme, mais le derme se prolongent jusqu'à l'ombilic, ce qui n'arriverait pas si la tumeur se formait dans les couches épilhéliales seulement. Sur cette même coupe, on voit que l'ombilication n'est que l'orifice du conduit de la glande sébacée malade; celle-ci paraît s'étaler, elle présente la forme d'un éventail renversé et ses lobules deviennent bien distincts, séparés qu'ils sont par des prolongements du derme. Ces prolongements ont été pris pour des papilles allongées, ce qui a induit en erreur les auteurs qui sont partisans de l'origine

épilhéliale de l'acné varioliforme. Si on étudie les cellules d'un de ces lobules de bas en haut, on remarque que les cellules du centre du lobule tendent à prendre un aspect globuleux et qu'elles sont remplies de granulations hyalines qui se fondent bientôt en un ou plusieurs blocs de matière translucide. Ces masses hyalines (corpuscules du molluscum) finissent par refouler le protoplasma et le noyau de la cellule contre la paroi cellulaire même. Entre ces cellules ainsi modifiées on trouve, à l'extrémité supérieure du lobule, d'autres cellules qui proviennent de la couche granuleuse et qui sont chargées d'éléidine. Dans quelques-unes des masses hyalines, on rencontre des corps ronds, entourés d'une membrane réfringente mince et contenant une masse nucléaire, qui sont regardés par BoUinger et Neisser comme des grégarines, analogues à celles du foie du lapin ; Darier les considérait comme des psorospermies, mais est revenu sur son opinion. Neisser n'a pu en obtenir la culture, ni en pratiquer des inoculations. Ces corps ronds, comme l'a montré Renaut, ne sont que des produits de dégénérescence cellulaire.

ÉTIOLOGIE. — Le molluscum contagiosum est une maladie contagieuse, comme le croyait déjà Bateman. Cazenave, Caillault, Hardy, Besnier et d'autres ont rapporté des exemples de contagion. C'est aussi une maladie inoculable (Retzius, Vidal, Haab); mais on ne connaît pas la nature du parasite. L'acné varioliforme s'observe surtout chez les enfants et les jeunes sujets.

TRAITEMENT. — On incisera la petite tumeur et on en énucléera le contenu à l'aide d'une curette, puis on cautérisera le sac avec un crayon de nitrate d'argent. Si la tumeur est pédiculée, on peut l'enlever avec des ciseaux courbes. Il sera bon, dans les écoles et les hôpitaux d'enfants, de pratiquer l'isolement pour prévenir la contagion,

ACNÉ CORNÉE.

DESCRIPTION. — « L'acné cornée décrite par Cazenave se présente sous forme de saillies jaunâtres, grises ou noires, acuminées et donnant au toucher la sensation d'une râpe ou d'une brosse ; en pressant à la base de ces petites tumeurs, on les fait saillir davantage, parfois même on les expulse, et l'orifice béant du follicule sébacé montre assez quel a été leur mode de production et à quel endroit elles étaient implantées. On rencontre indifféremment cette altération des follicules sur toutes les régions du corps, sur le front, sur le nez, sur le tronc ou sur les membres, et ces petites tumeurs, tantôt réunies en groupes, tantôt disséminées, n'occasionnent jamais ni cuisson ni démangeaison, et constituent plutôt une infirmité qu'une véritable maladie. Leur marche est, en outre, excessivement chronique, et la sécrétion cornée peut persister des mois et

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