‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 2)Chapitre 139 sur 173 · COR · texte numérisé non relu

COR

DESCRIPTION. — Épaississement circonscrit de la couche cornée de l'épiderme, présentant à sa face inférieure un petit cône central qm s'enfonce dans la couche muqueuse, et qui distingue le cor du durillon. — Constitué par des cellules cornées superposées, il siège principalement sur les faces latérales des orteils, souvent sur la face externe du cinquième, et en général sur toutes les saillies des os du pied; on le rencontre aussi à la face plantaire, sous la tcte des premier et deuxième métatarsiens. Il est dû ordinairement à la pression exercée par des chaussures trop étroites. On nomme œil de perdrix le cor situé entre les orteils, dont le centre est déprimé et dont les bords font saillie. Le cor peut s'enflammer et môme devenir le point de départ d'une lymphangite, parfois grave chez les gens âgés et les diabétiques.

TRAITEMENT. — On ramollira le cor à l'aide d'un cataplasme et on le ruginera ensuite avec un grattoir. Si cela ne suffit pas, si le cor est trop dur, on emploiera un de ces topiques tant vantés, par exemple le collodion à l'acide salicylique au dixième. On en applique une couche tous les soirs pendant huit jours ; on met ensuite un cataplasme et on détache avec l'ongle le cor et même quelquefois sa racine. On peut faire aussi des applications répétées de teinture d'iode, qu'on recouvre d'une rondelle de sparadrap diachylon ; au bout de quelques jours le cor est ramolli et on peut l'enlever par le grattage.

DURILLON (KÉRATOSE TRAUMATIQUE).

DÉFINITION. — DESCRIPTION. — On donne le nom de durillon, de callosité {tylosis) à un épaississement plus ou moins étendu de l'épiderme, d'une coloration variait du blanc sale au jaune foncé.

Cet épaississement cpidermique est sec, dur ; la sensibililé cutanée est diminuée à son niveau et les lignes normales de la peau presque effacées. Détaché de la peau, le durillon a l'aspect d'une plaque un peu translucide, paraissant homogène, plus épaisse au centre «jue sur les bords. Le microscope montre qu'il est formé par des couches de cellules cornées, parallèles à la surface de la peau.

ÉTIOLOGIE. — Les durillons sont produits le plus souvent par une pression prolongée sur un point de la peau contre une saillie osseuse sous-jacente. Ils se montrent souvent à la plante du pied, au talon, chez les personnes qui font de longues marches, qui sont forcées de rester longtemps debout; mais la paume des mains est leur siège de prédilection, particulièrement chez les ouvriers manuels. Dans cette région, leur situation, leur étendue, leur forme dépendent des outils qui les ont provoqués. Chez les menuisiers, ils se trouvent aux plis du pouce et de l'index, par suite de l'usage du rabot ; chez les cordonniers, à la paume des mains et sur la cuisse droite, par suite des coups de marteau ; chez les chapeliers, à l'éminence thénar, à cause de l'habitude de rouler un cylindre avec les mains ; chez les violonistes, la pression sur la corde favorise le développement de petits durillons au bout des doigts de la main gauche. Les acides minéraux déterminent également des callosités chez les ouvriers en métaux, les doreurs (Kaposi). Les callosités professionnelles présentent un grand intérêt au point de vue médico-légal.

COMPLICATIONS. —MARCHE. — Lorsque les durillons s'étendent à une grande partie de la paume de la main, ils peuvent gêner les mouvements. Ils peuvent se compliquer de crevasses douloureuses allant jusqu'au derme. Souvent il se forme sous la callosité une bourse séreuse, qui peut s'enflammer et constituer un abcès, le durillon forcé. Lorsque la cause du durillon cesse de s'exercer, celui-ci disparaît peu à peu, ce qui ne se produit pas dans la kératose essentielle.

TRAITEMENT. — On détruira le durillon en y apphquant de l'acide nitrique fumant tous les deux jours. Au bout de huit jours on essayera de le détacher après avoir pris un bain chaud.

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