I. - PARASITES VÉGÉTAUX
FAVUS.
Affection parasitaire, caractérisée par la présence de croûtes jaunes, sèches, déprimées à leur centre en forme de godets (2).
NOTIONS BOTANIQUES. — Le parasite du favus a été découvert par Schœnleinen 1839; deux ans plus tard il fut étudié plus complètement par Grûby etRemak qui le dénommèrent /Ic/iono/î Schœnleini.
(1) Hallopeau pense avec raison que l'affection décrite par Hebra, sous le nom d'acne CRchectique, est tics vraisemblablement aussi une folliculite tuberculeuse {Rniipurt an Cnncfrés de Londres, 18961.
(2) Voy. E. Gauchei», Leçons sur les maliidics de la peau, 1895.
L'examen microscopique montre que le champignon se compose de spores et de mycélium. Les spores sont pour la plupart rectangulaires, plus ou moins allongées, non arrondies, dans quelques cas même cubiques; leur diamètre est très variable, depuis 3 et 4 p. jusqu'à 10 [JL. Elles sont isolées ou réunies deux par deux, ou juxtaposées en chapelets au nombre de 3 ou 4; elles ont un double contour caractéristique. Enfin elles sont d'inégale grosseur et forment entre les tubes mycéliaux des amas irréguliers. Le mycélium est formé de tubes cylindriques de 3 a de largeur environ. Ces tubes, très flexueux, souvent obliques par rapporta l'axe du cheveu, sont souvent cloisonnés et articulés. Quelques-uns d'entre eux, un peu plus volumineux que les autres, renferment des spores (tubes sporophores). Les filaments mycéliens sont simples ou ramifiés, suivant le mode tri et tétratomique ; à côté d'eux se trouvent d'autres mycéliums moins nombreux, filiformes, non ramifiés, sans spores.
Sur gélose, les cultures del'achorion forment des amas jaunâtres, déprimés en forme de cupules, semblables aux godets faviques de la peau. D'après Quincke, il y aurait deux espèces d'achorion : l'une qui se développerait sur le cuir chevelu, l'autre sur les parties glabres. Pour Unna, Frank, Neebe il y en aurait davantage ; mais les différences de ces espèces ne sont pas assez marquées pour admettre ces distinctions. Pour Kral, Plaut, Pick, Mibelli, Sabrazès, le champignon du favus constitue une espèce unique qui, d'après les recherches de Bodin (1), présenterait cinq différentes variétés, distinctes seulement par leur culture.
ÉTIOLOGIE. — La seule cause du favus est la contagion. Celle-ci peut résulter des rapports journaliers avec un favique, c'est ainsi que s'opère la transmission dans les familles ; elle se fait encore par inoculation au niveau d'une écorchure (par exemple, un favique peut, en se grattant, s'inoculer) ; ou par les vêtements, les coiffures, les peignes appartenant à un favique ; ou encore au moyen de l'air qui sert de véhicule pour la dissémination de la poussière cryptogamique.
Il faut pourtant tenir compte de certaines causes prédisposantes; d'après Hardy, il y a des individus qui échapperaient à la contagion et seraientmêmeréfractairesà l'inoculation du favus. Ce sont les sujets robustes, tandis que les enfants, surtout les enfants lymphatiques, ainsi que les sujets vivant dans la misère et la malpropreté, en sont facilement atteints. Aussi le favus est-il beaucoup plus fréquent dans les campagnes.
Il existe également chez les animaux et peut se transmettre de ceux-ci à l'homme. Draper, Anderson ont montré que le favus existait chez les animaux domestiques (souris et rat).
(1) Bodin, Sur la pluralité du favus [Ann. de 'lermat., novembre 1894).