I. — LÉSIONS ÉLÉMENTAIRES DE LA PEAU
Toutes les éruptions de la peau peuvent être réduites à un certain nombre de lésions distinctes qui, depuis Willan, ont été séparées en deux grandes classes: les lésions primitives et les lésions secondaires.
Les lésions primitives comprennent : les macules ou taches, les squames, les vésicules, les bulles, les pustules, les papules, les tubercules ou tubérosités, car le mot tubercule est pris ici dans son sens morphologique, les tumeurs, les hypertrophies, les atrophies.
Les lésions secondaires, que nous ne faisons que mentionner, sont lesexcoriations, les ulcérations, les fissures, les croûtes et les cicatrices.
LÉSIONS ÉLÉMENTAIRES PRIMITIVES. — Taches. — On doit distinguer d'abord les taches congestives ou inflammatoires, dues à une hyperhémie des vaisseaux papillaires, puis les taches vasculaires ou hématiques, produites soit par la dilatation permanente des vais-
seaux, soit par l'infiltralion du sang dans l'épaisseur de la peau, enfîa les taches hijperchromiques et les taches achromiques, dues à l'accumulation de pigment ou d'une matière colorante quelconque dans les cellules du corps de Malpighi ou à l'absenee de pigment dans ces mêmes cellules.
Taches congestives. — Érythèmes. — Ce sont des lésions très fugaces, qui disparaissent après la mort. Quelquefois l'épiderme présente quelques lésions cellulaires; un certain nombre de cellules de la couche de Malpighi offrent l'altération vésiculaire consistant dans le gonflement du nucléole, puis du noyau, qui remplit toute la cellule. La couleur des taches érythémateuses varie du rose au rouge et s'efface momentanément sous la pression du doigt. Leur forme est généralement arrondie ou polycylique. Elles donnent lieu en général à un peu de cuisson, à quelques démangeaisons, et se terminent par desquamation. Leur dimension est variable ; tantôt la rougeur se présente sous l'aspect de taches limitées à certaines régions du corps, plus ou moins abondantes [érythème maculeux) ou de taches qui se fondent les unes dans les autres [érythème diffus)', tantôt elles s'étendent à toute la surface de la peau, comme dans la rougeole {érythème morbilliforme, rubéoliforme, roséole). D'autres fois la rougeur forme sur toute la surface cutanée une rougeur diffuse, analogue à celle de la scarlatine [érythème scarlatiniforme).
Mais ces taches peuvent affecter encore d'autres dispositions. On appelle érythème marginé celui qui est caractérisé par des taches arrondies, à bords saillants; érythème circiné celui qui est disposé en cercle, laissant au centre une portion de peau saine. Dans d'autres cas, l'éry- Ihème présente de véritables saillies au-dessus de la peau [érythème papuleux, papulo-tubercaleux, érythème urticans, urticaire), comme des papules; parfois la saillie est encore plus profondément enchâssée dans la peau [érythème noueux). Enfin, la congestion des taches crythémateuses peut être telle qu'il y a production d'un exsudât abondant et soulèvement de la couche cornée de l'épiderme [érythème vésiculeux, érythème huileux). La vésicule peut occuper soit le centre, soit toute la surface de la plaque érythémateuse.
Une autre variété de cette érythème vésiculo-bulleux, c'est V herpès iris on hydroa (Voy. Érythème polymorphe rhumatismal).
Taches vasculaires. — Taches hématiques. — Les taches vasculaires sont formées par la dilatation permanente des petits vaisseaux de la peau, constituant ce qu'on appelle soit des nsevi vasculaires, soit des télangiectasies. Bien différentes des taches congestives, elles n'occasionnent ni cuisson ni prurit, ne s'accompagnant pas de desquamation, sont en général permanentes, disparaissent momentanément sous la pression du doigt. Formées par la dilatation des capillaires préexistants et par la formation de capillaires nouveaux, elles ont tantôt une couleur rouge, tantôt une couleur violacée, lie de vin.