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HERPÈS SYMPTOMATIQUE

L'herpès symptomatique s'observe dans l'embarras gastrique fébrile, la pneumonie, la méningite cérébro-spinale, la fièvre typhoïde, la fièvre palustre, etc. Il présente une localisation spéciale ; toujours paramuqueux, il siège autour des orifices des muqueuses, surtout <Jes lèvres [herpès labialis), parfois des narines. Quelquefois les vésicules herpétiques apparaissent sur le gland, le prépuce, la vulve et l'anus; parfois il se forme des groupes sur les joues et même à la face interne des lèvres.

Ces vésicules sont peu nombreuses, se dessèchent rapidement et donnent lieu à de petites croûtes jaunâtres ou brunâtres.

D'après M. Leloir on pourrait faire avorter l'herpès en touchant la

(1) Voy. E. Gaucher, Leçons sur les maladies de la peau, 1895.

:i8 E. GAUCHER ET C. BARBE. — MALADIES DE LA PEAU.

K'gion atteinte avec de l'alcool pur à 90°; si ce moyen échoue, on !-uupoudrera les vésicules avec des poudres inertes.

FIÈVRE HERPÉTIQUE.

DEFINITION. — La fièvre herpétique est caractérisée par une fièvre plus ou moins vive et une éruption herpétique disséminée; elle doit donc être considérée comme une fièvre exanthématique spéciale (1).

DESCRIPTION. — Cette maladie est précédée de prodromes, consistant en une fièvre plus ou moins vive, en malaise, courbature, anorexie ; quelquefois il y a des épistaxis.

Dans certains cas, ces phénomènes généraux sont presque inquiétants, la température peut atteindre 40°, les malades délirent ; on craint texplosion d'une maladie grave; puis, au bout de deux ou trois jours, la fièvre tombe, les symptômes généraux disparaissent et l'éruption se montre. Celle-ci est constituée par des groupes d'herpès qui présentent les caractères ordinaires, mais qui n'occupent pas seulement le pourtour des orifices muqueux. Les vésicules siègent de chaque côté de la face, sans ordre, sur les joues, le nez, les paupières, les oreilles ; elles s'étendent parfois au reste du corps et peuvent occuper le cou, la poitrine, exceptionnellement les membres ; elles sont toujours discrètes. L'éruption peut affecter les muqueuses isolément : on observe des vésicules dans la bouche, oîi elles se rompent et deviennentdouloureuses ; dans le pharynx, elles sont encore plus fréquentes et constituent l'a/z^me herpétique on angine couenneuse commune. Souvent l'éruption sur les muqueuses coexiste avec de l'herpès cutané, preuve de l'identité de ces diverses manifestations. Les vésicules suivent leur évolution habituelle : sur la peau, elles se dessèchent et donnent lieu à des croûtes qui tombent ; sur les muqueuses, il n'y a pas de croûtes, l'exsudat pseudo-membraneux recouvrant la surface ulcéreuse se détache et l'exulcération se cicatrise.

En somme la fièvre herpétique est une affection bénigne.

ÉTIOLOGIE. — Elle est encore bien obscure; on suppose qu'il s'agit d'une maladie infectieuse se développant à l'occasion de fatigues, d'excès, chez les femmes au moment des règles. Le liquide des vésicules renferme toujours des microorganismes (stapliylocoques, Girode), mais aucun jusqu'à présent n'a été reconnu comme spécifique. Les auto-inoculations réussissent quelquefois. Certaines formes d'herpès peuvent être contagieuses ; la contagion de l'angine herpétique, bien que minime, n'est pas douteuse,

DIAGNOSTIC. — La fièvre herpétique ne peut être confondue avec la varicelle, dont les vésicules sont isolées et non groupées par plaques.

(1) Voy. HiLLAiRET et Gaucher, Traité des maladies de la peau, 1884.

ZONA. — ÉTIOLOGIE. 7^9

L'éruption de la gale est polymorphe, non exclusivement vésiculeuse. Avant l'éruption, la fièvre herpétique peut être confondue avec la fièvre typhoïde. L'herpès peut passer inaperçu s'il siège aux organes génitaux, surtout chez la femme.

TRAITEMENT. — 11 consiste à donner du sulfate de quinine, un purgatif, à saupoudrer les vésicules avec des poudres inertes.

ZONA.

DÉFINITION. — Le zona est caractérisé par des groupes de vésicules JjL'rpétiques disposés en séries linéaires sur le trajet des nerfs cutanés.

PATHO GÉNIE. — Parrot a montré que le zona doit être considéré comme un trouble trophique de la peau; les recherches histologiques de Danielscn, de Baerensprung, de Weidner, de Ghandelux, etc. ont montré que les altérations nerveuses étaient constantes dans le zona. Baerensprung a constaté dans un cas de zona intercostal que les nerfs intercostaux de la région malade étaient atteints de névrite interstitielle et que les ganglions rachidiens correspondants présentaient des lésion d'inflammation insterstitielle.

Dans le zona ophtalmique, Wyss et Horner ont constaté l'inflammation interstitielle du gangUon de Gasser.

ÉTIOLOGIE. — La lésion nerveuse n'est qu'un intermédiaire entre la dermatose et la véritable cause du zona. Or l'observation clinique apprend que cette cause peut être multiple.

D'abord le zona survient souvent sous forme quasi-épidémique, particulièrement au printemps ; dans ce cas, il est accompagné de phénomènes généraux plus ou moins légers, et paraît conférer l'immunité, bien qu'il existe quelques cas authentiques de récidive. Il semble donc que dans de tels faits la cause du zona soit une infection qui porte son action sur les nerfs et qui, par suite de la lésion nerveuse, donne lieu à l'éruption cutanée. Cette conception est due à M. Landouzy, pour qui le zona est une véritable fièvre zostérienne. Dans un fait observé par l'un de nous il y avait, avec un zona, une éruption d'herpès fébrile disséminée sur tout le corps.

La contagion paraît avoir été observée dans quelques cas ; mais d'autre part les inoculations ont été négatives.

Dans d'autres cas le zona paraît survenir à la suite d'un coupde froid.

Il y a aussi des zonas symplomatiques d'alfections de la moelle atteignant les cordons postérieurs ; dans le tabès dorsalis, on voit parfois un zona apparaître sur les membres atteints de douleurs fulgurantes (Golard et Ollivier). Le zona a été signalé encore à la suite de névrite, par périostite ou par pleurésie de voisinage, de névrite

consécutive aux plaies ou aux contusions des nerfs, d'après Weir- Mitchell, Keen et Morehouse {éruptions zosléri formes).

On a encore observé le zona à la suite des accidents nerveux déterminés par l'intoxication oxycarbonique (Leudet) et des névrites périphériques produites par l'intoxication arsenicale (J. Hutchinson).

SYMPTOMATOLOGIE. — Quelle que soit l'étiologie du zona, l'éruption se présente avec les mêmes caractères, mais les phénomènes généraux, qui marquent le début de la fièvre zostérienne, font défaut dans les zonas secondaires aux affections de la moelle ou aux lésions primitives des nerfs. Ces symptômes généraux sont en général très légers, passent souvent inaperçus et consistent en une fièvre très modérée, précédée ou non d'un léger frisson, accompagnée d'un peu d'embarras gastrique, de céphalalgie, de malaise. Ilscessent avec la fin de l'éruption, et même quelquefois dès que l'éruption est constituée.

Celle-ci est souvent précédée de douleurs névralgiques, qui peuvent persister pendant tout le cours de la maladie et même après elle ; fréquemment il n'y a que des picotements. Lezona est localisé à une moitié du corps très exactement ; sur le tronc il affecte la forme d'une demiceinture, surles membres celle de traînées parallèl es à l'axe des membres. Très rarement, il est bilatéral; on a observé des zonas multiples, occupant le tronc et le membre inférieur (zona hémiplégique direct ou croisé).

L'éruption est constituée par des plaques rouges, sur lesquelles se montrent des vésicules ordinairement petites, quelquefois très volumineuses, comme de petites bulles. Les plaques sont disposées sur le trajet d'une ramification nerveuse et se montrent successivement en quatre à huit jours (Kaposi). Les premiers groupes qui apparaissent sont situés en général aux deux extrémités de la région atteinte ; dans le zona thoracique, les deux premiers groupes herpétiques sont situés l'un, en avant, à côté de la ligne médiane et l'autre, en arrière, à côté des apophyses épineuses.

Les vésicules, quand elles ne sont pas excoriées, se dessèchent sans se rompre, donnant lieu à une croûtelle brunâtre qui tombe au bout de huit à dix jours et laisse à sa place une tache pigmentaire, qui disparaît parfois, mais est remplacée le plus souvent par une macule cicatricielle achromique.

La durée du zona est de deux à trois septénaires environ.

Complications. — Parfois les vésicules se rompent et forment des exulcérations qui augmentent la douleur de l'éruption et laissent des cicatrices ; ces ulcérations peuvent s'entourer d'une zone inflammatoire érysipélatoïde. Les ganglions lymphatiques qui correspondent au territoire envahi sont quelquefois pris, mais suppurent rarement.

Chez les vieillards et les sujets débilités, le zona devient souvent hémorragique. Tous les zonas présentent des vésicules hémorragiques sans importance ; mais, dans la forme hémorragique, toutes les vési-

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cules sont remplies de sang ; elles se déchirent au lieu de se dessécher et donnent lieu à des ulcérations plus ou moins profondes, qui suppurent longtemps, quelquefois deux ou trois mois et laissent des cicatrices permanentes.

Chez les vieillards et les diabétiques, on peut observer le zona gangreneux, caractérisé par des plaques de sphacèle situées au-dessous des groupes vésiculeux, d'une durée quelquefois très longue, suivant l'étendue des lésions et aussi suivant l'état du sujet.

A côté de ces formes graves il y en a une bénigne [forme abortiue), constituée par un petit nombre de groupes de vésicules, quelquefois seulement un ou deux. Parfois les vésicules avortent, restent à l'état de papules. Mais si ce zona est aborlif quanta l'éruption, il peut être douloureux, aussi douloureux que le zona ordinaire.

Les douleurs névralgiques, qui ne sont pas constantes dans le zona, ont une intensité quelquefois insolite. Elles persistent parfois longtemps après l'éruption, etsont quelquefois accompagnées de troubles de la sensibilité, anesthésie et hyperesthésie, occupant le territoire du nerf que recouvre l'éruption (anesthésie douloureuse). Mais ces plaques d'anesthésie et d'hyperesthésie sont sans rapport direct avec les groupes de vésicules (Rendu). Quelquefois le zona s'accompagne d'atrophie musculaire localisée à certains muscles, de la chute des cheveux, des dents (dans le zona du trijumeau), de parésies et de paralysies partielles, notamment de paralysie des muscles moteurs de l'œil, de paralysie du bras, enfin de troubles vaso-moteurs et sécrétoires.

Variétés topographiques . — Le zona peut se montrer sur le trajcL de tous les nerfs, mais certaines localisations sont plus communes et plus importantes à connaître. Il siège de préférence sur le thorax, puis, par ordre de fréquence, sur l'abdomen, sur les membres inférieurs, la face, le cou, les membres supérieurs et le périnée.

Zona thoracique. — Il occupe un des espaces intercostaux, quelquefois deux de ces espaces. Il siège sur le trajet d'un nerf intercostal, de préférence sur le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième ou le septième nerf intercostal. Il est limité régulièrement à une moitié du corps, de la colonne vertébrale à la ligne médiane antérieure, sans jamais dépasser ces deux lignes, sauf de quelques millimètres. Lorsqu'il est accompagné de névralgie, celle-ci peut présenter les trois points douloureux caractéristiques de la névralgie intercostale. Parfois un point de côté précède l'éruption et fait craindre alors le développement d'une affection thoracique.

Zona abdominal. — II présente deux sous-variétés. Dans la première, l'éruption siège à la partie inférieure du dos depuis la huitième vertèbre dorsale jusqu'à la première lombaire, s'étendant en avant jusqu'à la ligne blanche {zona lombo-abdominal) ; elle occupe le trajet des huitième, neuvième, dixième, onzième et douzième nerfs thoraciques. Dans l'autre, l'éruption suit le trajet des nerfs supérieurs Traitic de médecine. III. — 46

lombaires {lombo-inguinal), descend en avant jusqu'au Dubis dans la région inguino-scrotale ou inguino-vulvaire et en arrière jusqu'à la région fessière.

Zona lombo-fémoral. — Il siège aux membres inférieurs sur le trajet des branches cutanées des deuxième, troisième et quatrième nerfs lombaires. Il présente alors une surface éruptive très étendue sur le trajet des nerfs fémoro-cutané, génito-crural, obturateur et crural. Il occupe la fesse, les faces antérieure, externe et interne de la cuisse, le mollet ; il s'étend en avant sur le scrotum ou sur la grande lèvre. Parfois il est localisé à la fesse {zona fessier) ou à la cuisse {zona fémoral).

Zona sacro-ischiatique. — Il suit la distribution cutanée des branches du plexus sacré et se traduit par des éruptions sur les régions de la fesse et du sacrum, le périnée, la face postérieure des bourses, un des côtés de la verge, une des grandes lèvres; à la jambe il se manifeste par une éruption occupant la demi -circonférence externe de la jambe et la face dorsale du pied (territoire du nerf sciatique poplité externe) ou encore le trajet du sciatique poplité interne (faces postérieure de la jambe et plantaire). Limité au nerf honteux il constitue le zona génital.

Zona facial. — Le zona facial ou zona du trijumeau peut être total ou occuper seulement une des branches de ce nerf. S'il est total, l'éruption siège sur toute la face, particulièrement au point d'émergence des nerfs : au niveau de l'échancrure sus-orbitaire, à la sortie du nerf frontal externe; au niveau du trou sous-orbitaire, point d'émergence du nerf sous-orbitaire ; sur la pommette, au niveau du trou malaire d'où sort le rameau temporo-malaire de la branche orbitaire du nerf maxillaire supérieur ; au niveau du trou mentonnier, à la terminaison du nerf dentaire inférieur. Parfois on observe dans le pharynx une éruption herpétique, unilatérale, caractérisée par des vésicules ou les fausses membranes qui leur succèdent, situées sur un des côtés du voile du palais, particulièrement sur le pilier antérieur, au niveau de la terminaison des nerfs palatins émanés du ganglion de Meckel.

Quand elle occupe le trajetdu nerf ophtalmique de Willis, l'éruption constitue le zona ophtalmique. Elle siège à la fois ou séparément sur la paupière supérieure, la tempe, le front et même sur le cuir chevelu jusqu'à la suture lambdoïde. En bas elle descend jusqu'à la moitié correspondante de la face dorsale du nez le long du rameau nasal ; la muqueuse nasale peut être tuméfiée par altération du filet nasal interne. Les membranes externes de l'œil sont parfois atteintes : la conjonctive, rouge, présente une éruption vésiculeuse ; l'iris est enflammé. Ces lésions oculaires trophiques, décrites par Hutchinson, parWyss et par Hybord, résultent de la propagation de la névrite du nerf ophtalmique à la racine sensi-i\e du ganglion ophtalmique et aux nerfs ciliaires. Quelquefois on obstrve des ulcérations et parfois même

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une perforation de la cornée amenant la fonte de l'œil. Les troubles fonctionnels sont une photophobie très prononcée et des douleurs névralgiques très vives, persistant souvent longtemps après l'éruption.

Ce zona peut également occuper les branches du nerf maxillaire supérieur. L'éruption siège alors sur la joue, sur la paupière inférieure, sur l'aile du nez, sur la lèvre supérieure; il y a quelquefois des groupes vésiculeux sur un des côtés du voile du palais et du pharynx; la névrite peut aussi se propager aux nerfs dentaires, amenant des névralgies tenaces et quelquefois même la chute des dents.

Quand il occupe les ramifications du nerf maxillaire inférieur, le zona siège sur le menton, sur la lèvre inférieure, quelquefois sur le lobule de l'oreille, dans le conduit auditif externe et sur la région temporale. Il peut envahir la muqueuse buccale, le long des ramifications du nerf buccal, et môme atteindre la moitié correspondante de la langue et constituer alors le zona lingual.

Zona du cuir chevelu. — C'est une localisation rare ; les vésicules sont difficiles à voir, excepté chez les chauves. Ce zona n'est jamais isolé; il résulte de la propagation d'un zona du front, le long du nerf frontal externe, ou n'est qu'une dépendance du zona du maxillaire inférieur et occupe les ramifications crâniennes du nerf auriculotemporal, ou bien encore résulte de l'extension d'un zona de la nuque, situé sur le trajet du nerf grand occipital, ou d'un zona du plexus cervical superficiel.

ZoiNA du cou. — Il correspond aux branches du plexus cervical superficiel et présente deux variétés : une première, zona ascendant^ qui siège au niveau des branches auriculaire, mastoïdienne et cervicale transverse de ce plexus ; l'éruption occupe alors la partie latérale du cou, l'oreille et la région mastoïdienne; elle peut même s'étendre jusiqu'à l'angle de la mâchoire et jusqu'à la région sushyoïdienne suivant le trajet du rameau descendant de la branche cervicale transvorse. L'autre variété, zona descendant, occupe les branches descendantes du plexus cervical superficiel, les rameaux sus-claviculaires et sus-acromiaux. L'éruption siège sur la partie latérale et inférieure du cou, le moignon de l'épaule et descend même jusque sur le thorax.

Zona brachial. — C'est celui qui siège sur les branches cutanées des nerfs du plexus brachial ; il occupe la région inférieure et postérieure de l'épaule, descend sur le bras plus ou moins loin, en avant ou en arrière, ju^^que sur l'avant-bras et sur la main. Lorsqu'il siège sur le territoire des quatre ou cinq premières paires dorsales, il forme une denii-ceinture au niveau des espaces intercostaux, et de plus, quelques groupes de vésicules sont disséminés à la partie interne du bras [zdua bifurqué, de Fabre), par anastomose des rameaux perforants des premiers nerfs intercostaux avec la branche accessoire du nerf brachial cutané interne et ce dernier nerf lui-même.

DIAGNOSTIC. — En général le zona est une affection facile à reconnaître. Le zona des membres peut parfois être pris pour un érythème polymorphe vésiculeux, mais celui-ci est le plus souvent mêlé de bulles, de taches érythémateuses, il est toujours symétrique et jamais localisé à un seul membre. On ne confondra pas le zona avec les éruptions zoniformes (naevi zoniformes, syphilides zoniformes). Reste à savoir de quelles affections le zona est symptomatique.

TRAITEMENT. — Il est très simple. Il faut éviter la rupture des vésicules ; on se gardera d'appliquer sur l'éruption des cataplasmes, du collodion, etc. On saupoudrera les vésicules avec de la poudre d'amidon ou d'oxyde de zinc en appliquant une couche d'ouate, maintenue par un bandage de corps, s'il s'agit d'un zona thoracique. Si les vésicules sont rompues et douloureuses, on appliquera une pommade à l'oxyde de zinc dans laquelle on pourra incorporer une petite quantité d'extrait d'opium ou de chlorhydrate de morphine ; on pourra encore, d'après Besnier, appliquer du Uniment oléo-calcaire recouvert d'ouate. Contre les névralgies, on prescrira les injections sous-cutanées de morphine, si les applications externes (liniment chloroformé, au chloral, baume tranquille mélangé avec de l'amidon [Vidal]) ne suffisent pas à calmer les douleurs. L'électricité, sous forme de courants induits ou de courants continus, a donné parfois de bons résultats. On a encore appliqué des vésicatoires ou des pointes de feu sur le trajet du nerf malade. Le zona ophtalmique est du ressort de l'oculislique.

Les eaux de Néris sont conseillées comme sédatives et calmantes, dans les cas de névralgies consécutives rebelles.

DESCRIPTION. — L'herpès peut reconnaître une autre origine que les formes précédemment étudiées; il paraît naître sous l'influence de causes externes multiples et semble parfois d'origine microbienne (il existe des cas de contagion), mais la cause extérieure n'agit que sur des sujets prédisposés, sur les arthritiques.

L'herpès de cause externe s'observe sur les régions dont l'épiderme est mince et délicat, sur le bord des lèvres, aux parties génitales et sur les muqueuses. La variété la plus importante est l'herpès génital, préputial ou vulvaire (1).

Herpès génital. — Chez l'homme, il occupe le prépuce, le sillon balano-préputial, plusrarement le gland et le fourreau de la verge ; chez la femme, il siège sur les faces interne et externe des grandes et des petites lèvres, sur la fourchette; il peut s'étendre jusqu'au pourtour de l'anus et jusqu'au pli inguino-vulvaire, et même se propager jusque sur la muqueuse du vagin et du col utérin.

(1) Voy. E. CrAUCHEH, Lcçons sur les maladies de la peau, 1895, p. 512.

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