HERPES DE CAUSE EXTERNE. — ETIOLOGIE
Il débute par une sensation de cuisson, d'une durée de deux ou trois jours, et est constitué par un ou plusieurs groupes de vésicules, reposant sur une base enflammée. Sur la face externe du prépuce et ■des grandes lèvres, l'berpès présente son évolution habituelle, les vésicules donnent naissance le plus souvent à des croûtes, tandis que sur la face interne du prépuce et des grandes lèvres et à l'orifice vulvaire, les vésicules sont toujours excoriées et donnent lieu à des exulcérations qui se recouvrent d'un exsudât blanchâtre. Ces exulcérations sont arrondies, quelquefois isolées, quelquefois groupées en plaque à bords polycycliques, ainsi que l'a bien établi le professeur Fournier. La base de ces ulcérations est parfois tuméfiée, mais jamais indurée. L'herpès génital peut être accompagné d'adénites inguinales plus ou moins douloureuses, mais qui ne suppurent presque jamais.
Les ulcérations herpétiques se cicatrisent en deux ou trois jours, sans laisser de cicatrices. Cependant, dans ïherpès confluent de la vulve, chez les sujets malpropres, la durée peut se prolonger pendant <lix ou quinze jours; parfois les téguments, en se cicatrisant, subissent une sorte d'hypertrophie, forment des plaques saillantes, semblables à des plaques muqueuses ; mais jamais les plaques herpétiques ne sont aussi végétantes et elles durent rarement plus de huit jours. Il n'est pas rare de voir une éruption d'herpès en même temps que la blennorragie, il est encore moins rare de voir l'herpès accompagner un chancre syphilitique.
Herpès névralgique des organes génitaux. — Dans certains cas, la cuisson accompagnant l'herpès fait place à une véritable douleur névralgique qui siège non seulement au niveau de l'éruption, mais est ressentie le long des branches nerveuses innervant la région atteinte. Ces herpès névralgiques, bien décrits par Mauriac, sont peut-être des zonas partiels distincts de l'herpès de cause externe.
ETIOLOGIE. — Chez l'homme, l'herpès génital semble provoqué par le coït : certains individus, à chaque coït, ont une poussée d'herpès ; d'autres ont une poussée d'herpès chaque fois qu'ils ont des rapports avec une femme nouvelle. C'est essenliellement un herpès récidivant^ qui ne laisse pas que d'occasionner des inquiétudes aux sujets affectés, qui redoutent à chaque poussée d'avoir contracté une affection vénérienne. Pour Diday et Doyon, l'herpès récidivant serait la conséquence à longue échéance d'un chancre simple ; cette opinion est exagérée, très souvent l'herpès se développe chez des individus qui n'ont eu ni chancre mou, ni blennorragie, ni chancre syphilitique.
Chez la femme, l'herpès génital se manifeste également à la suite du coït, surtout à la suite d'excès de coït; certaines femmes contractent de l'herpès après des rapports avec un homme atteint de cette aflection. Il n'est pas rare d'observerune éruption d'herpès, à la suite des premiers rapports sexuels, chez les jeunes mariées, ou au cours de la leucorrhée.
DIAGNOSTIC. — On ne confondra pas l'herpès avec les gerçures traumaliques se produisant pendant le coït, qui occupent le filet ou le sillon balano-préputial chez Ihomme, l'orifice vulvaire chez la femme," et ont une forme allongée, linéaire.
Les érosions de la balano-posthite érosive, plus superficielles, plus larges, moins régulières que les exulcérations d'herpès, sont accompagnées d'une rougeur générale de la région malade. Le chancre simple donne lieu à une ulcération plus profonde et plus large que celle de l'herpès, les bords du chancre sont décollés et le fond de l'ulcération fournit une suppuration abondante ; l'exulcération de l'herpès a un bord festonné microcyclique et polycyclique (Fournier). L'adénopathie est insignifiante dans l'herpès, tandis que le bubon suppuré est la règle dans le chancre mou. Enfin on pourra avoir recours à l'inoculation, toujours positive en cas de chancremou.
L'herpès est d'autant plus difficile àdistinguer du chancre induré que ces deux lésions coexistent quelquefois. Un malade est atteint d'herpès récidivant; au milieu des vésicules se dissimule un jour un chancre, l'herpès guérit et on est tout étonné de voir évoluer la syphilis. Le diagnostic est difficile aussi entre le chancre induré et l'herpès solitaire {^herpès chancriforme de Ricord) ; celui-ci est constitué par une seule ulcération qui peut se distinguer du chancre par les caractères suivants: l'herpès est plus superficiel, plus douloureux, dure moins longtemps que le chancre induré, tandis que ce dernier est indolent, a une évolution de longue durée, repose sur une base dure, s'accompagne d'une adénopathie multiple ; quelquefois le diagnostic doit être réservé.
Les plaques muqueuses, surtout celles de la vulve, peuvent être confondues avec l'herpès, mais ce sont des érosions plates ou végétantes, au lieu d'être creusées comme les vésicules herpétiques; presque indolentes, elles répandent une odeur sui^enem et s'accompagnent d'adénopathies multiples.
TRAITEMENT. — Il consistera à saupoudrer la région balano-préputiale d'un mélange à parties égales de poudre d'amidon et de poudre d'alun. Si ce moyen ne réussit pas, on badigeonnera la région malade avec une solution de nitrate d'argent au 1/50 ou au 1/20 ou avec de l'eau blanche. Pour l'herpès de la vuh'e, on appliquera des compresses imbibées d'une solution saturée boriquée, puis on saupoudrera avec la poudre ci-dessus indiquée. Dans l'herpès névralgique, on se servira d'une pommade calmante : oxyde de zinc, 3gr. ; chlorhydrate de cocaïne ou de morphine, 30 centigr. ; vaseline, 30 grammes.
Diday et Doyon préconisent les eaux d'Uriage contre l'herpès récidivant.
L'herpès de cause externe n'est pas rare sur les lèvres, les bords et la pointe de la langue, sur le reste de la muqueuse buccale ; il se