‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 3)Chapitre 102 sur 133 · PIGMENTS. — GRANULATIONS. — CELLULES LIBRES · texte numérisé non relu

PIGMENTS. — GRANULATIONS. — CELLULES LIBRES

laires dans le sang de plusieurs malades atteints de diabète bronzé (1).

Réserve faite pour la mélanose, la mélanémie peut être considérée comme un produit exclusif et caractéristique de l'impaludisme etde son agent spécifique, l'hématozoaire. On peut en effet, au microscope, voir naître sous les yeux le pigment dans le parasite, que celui-ci soit endo ou extra-globulaire (Laveran). Ensuite, le pigment se répand dans le torrent circulatoire. Il est, bien entendu, formé aux dépens de l'hémoglobine.

MÉLANOSE. — La découverte des granulations pigmentées dans le sang des individus atteints de tumeurs mélaniques est due à M. Nepveu (2).

Ce pigment est libre ou inclus dans les leucocytes, et ses caractères morphologiques et histochimiques rappellent ceux qu'on observe dans la mélanémie.

Son origine dérive des productions mélaniques et sa présence dans le sang, indice de généralisation, est une contre-indication à l'opération. Mais son défaut n'autorise pas la conclusion contraire, car M. Gilbert n'a pas trouvé la moindre granulation pigmentaire dans le sang d'une femme que l'autopsie, quelques jours après une dernière prise de sang, a montrée atteinte d'un néoplasme mélanique généralisé.

A l'élat normal, le sangcon tient des granulations libres plus ou moins abondantes, les unes graisseuses, les autres de nature indéterminée.

Granulations graisseuses. Lipémie. — Ce sont des globules sphériques d'une extrême petitesse (1 à 2 [jl), formés en apparence par un« matière grasse se colorant en noir par l'acideosmique, plus abondantes chez le nouveau-né que chez l'adulte. On les observe (lipémie) dans l'alcoolisme, le diabète, dans le mal de Bright, à la suite de la diète. Dans certains cas, le sérum prend alors Vaspect laiteux.

Les embolies graisseuses sont une complication des fractures graves par attrition.

Granulations de nature indéterminée. — Petits corpuscules incolores d'une grande réfringence, mesurant 2 à 4 [x de diamètre et ne se colorant pas en noir par l'acide osmique; ces granulations ressemblent complètement à celles qu'on trouve dans les organes hématopoiétiques. Ils ont été signalés dans le sang leucémique par MM. Hayem et Giraudeau.

Cellules libres. — Le sang peut charrier des cellules cancéreuses (Andral,Rokitansky,Virchow, etc.), sarco/7îa/e«ses (Simon) et é/)z7/îe7/omaleuses (Nepveu, Hanot et Gilbert), qui vont se greffer là où ils s'arrêtent, « absolument, dit Virchow, comme si l'on eût répandu une semence qui aurait germé çà et là où elle est tombée ». Les

(1) E. Pakmentieh et Carhion, Examen du sang et dosage du fer dans différents organes dans un cas de diabète bronze (Soc. de biol., 20 février 1897).

{?.) Niipvuu Bull, de la Soc. de biol., t. XXVI, 187i, p. 82, et -Uem. de cliir., 1880. n 163.

cellules sarcomateuses ne sont pas toujours faciles à distinguer des leucocytes. Lorsqu'elles sont allongées ou aplaties, il est difficile de les différencier des cellules endothéliales, qui parfois se détachent de la tunique interne des vaisseaux (Hayem).

Cristaux. — Sur les préparations hislologiques, on peut voir

apparaître autour des globules rouges des formations cristallines, qui

n'offrent aucun caractère particulier au point de vue sémiologique.

Les cristaux à'hémine s'obtiennent en traitant du sang desséché

par le chlorure de sodium et l'acide acétique, sauf le cas de présence

de la graisse ou de putréfaction du sang. Ils se reconnaissent à leur couleur qui varie de la teinte café clair au rouge brun. De forme rhomboédrique, allongée, avec angles opposés arrondis, ils ont une longueur qui peut atteindre 15 à 20 [x; souvent ils sont entrecroisés.

Les cristaux dliématoi'dine se rencontrent dans les vieux foyers sanguins.

La leucine et la tyrosine s'observent Fig. 50. — Cristaux d'hématoïdine. dans le sang des malades qui ont succombé à l'ictère grave.

Enfin les cristaux de Charcot ne sont visibles dans le sang leucémique qu'après la mort. Ce sont des octaèdres très allongés, transparents et incolores, insolubles dans l'éther et l'alcool, solubles dans l'eau, facilement dissous par les acides et les alcalis étendus. Ils se distinguent de la tyrosine parleur solubilité dans l'acide acétique et leur résistance aux acides chromique et azotique.

HÉMO-DIAGNOSTIC. — SANG PUR. — En étudiant les modifications morphologiques et numériques des globules rouges et blancs, des hématoblastes, des globules rouges à noyau, nous avons vu combien grande était la valeur diagnostique et pronostique de l'examen du sang dans les maladies.

Examen de sang frais. — L'examen du sang pur permet de dire s'il s'agit d'une phlegmasie plus ou moins aiguë et intense ou d'une pyrexie, d'une leucocylose inflammatoire ou de la leucémie, d'un degré plus ou moins avancé d'aglobulie. Il permet également dans les anémies intenses ou extrêmes de constater la contractilité pathologique des hématies et de voir les pseudo-parasites. Les vrais parasites seront décrits plus loin.

H. Hay(;m a montré autrefois tout le parti qu'on peut tirer de cel examen simi)lc et rapide, et a décrit une série de types morphologiques Ifig. 51).

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